Citations équestres

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Citations sur les chevaux et extraits de textes équestres

Peinture de Laetitia Plinguet

Citations équestres, ou citant des chevaux.

Collectées depuis plusieurs années et ça continue :)

Extraites de livres, phrases d'internet, paroles de chansons, commentaires ou statuts fb, vidéos, etc.. J'indique après chaque citation ou ensemble de citations l'auteur ou la source (Parfois plusieurs citations au-dessus d'un même auteur).

Je ne suis pas en accord avec toutes les phrases retranscrites, mais elle m'ont séduit Ou intéressé, fait rire, fait réfléchir. Quelques rares sont à l'opposé de mes convictions, et gardées pour cela, pour rire ou me rappeler que le chemin n'est pas terminé.  

Classées par ordre alphabétique des auteurs. 

(Avec CRTL+F vous pouvez rechercher un mot ou un nom, sur cette page)

"J'ai appris la position avant l'action du cheval et j'ai mis des années avant d'être souple. On m'a mis des enrênements et j'ai eu longtemps la mains dure. Merci de m'avoir convaincu du contraire et de m'avoir obligé à sentir pour ressentir mon cheval. Courage a tous."

Bertrand Agutte (comm fb)

 

"Les chevaux sont comme les femmes, comme les hirondelles. Si tu les serre trop ils étouffent, si tu ne les serre pas assez ils s'échappent."

Lino Aldani (Quand les racines)

 

"Il y a un principe qu'il ne faut jamais abandonner, à savoir que le cavalier doit apprendre à se maîtriser avant de pouvoir maîtriser son cheval. C'est le principe le plus important et le plus fondamental de l'équitation."

Colonel Alois Podhajsky

"Tous les exercices de compression sont suivis d'un moment de détente et de relâchement. Un ressort garde son élasticité s'il est toujours capable de retrouver sa longueur initiale et de restituer l'énergie emmagasinée.

Si vous prolongez un exercice difficile longtemps, cela n'amène que souffrance et asphyxie... Le ressort se casse, le cheval ne veut plus jouer... et la locomotion se détériore."

 

"Quand aux vrais chevaux paresseux, ils peuvent pousser leur cavalier au désespoir et même à l'asphyxie." 

Kathy Amos Jacob

 

"En imaginant les vastes troupeaux préhistoriques parcourant librement un monde sans hommes, songer que votre cheval garde en mémoire, enfoui au plus profond de chacune de ses cellules, le souvenir inaltéré de ces perpétuelles migrations qui ont forgé son essence, et qu'il en éprouve à n'en pas douter une inconsolable nostalgie."

Eric Ancelet

"On dit qu'un cheval est calme lorsqu'il limite l'emploi de ses forces aux exigences de son cavalier. Tout travail entreprit sur un cheval irrité, impatient, inquiet, préoccupé de ce qui l'entoure ou en crainte de son cavalier, ne peut être que mauvais.

Le calme n'est donc pas comparable à de l'apathie et n'est pas le propre des chevaux manquant d'influx nerveux. Un cheval endormi n'est pas nécessairement un cheval calme et la résignation du cheval recherchée quelques fois par la mise en œuvre de procédures brutales n'est pas non plus une source de calme.

On a trop tendance à associer le calme à un "manque de vie", voire un obstacle à la performance sportive.

C'est tout le contraire, un cheval calme est vivant, réactif et ordonné."

Guillaume Antoine

"- L'ami écoutes, t'as déjà vu un cavalier parler à son cheval ?

- Oui.

- Alors tu es encore un imbécile. Pour parler à un cheval il n'y a pas besoin de mots, c'est une étreinte charnelle qui alimente nos rêves.

Tiens, regarde un cavalier sans son cheval... Il lui manque la moitié de son sang."

"Pense à la caresse qui dénoue ta partenaire […] Ne veux rien qu'elle ne veuille. A cheval, je ne fais que cela. Je n'impose pas, je propose. En somme, nous forniquons. Passionnément."

"Sois déraisonnable, mais ne veux rien que le cheval ne veuille."

"Je vois parfois dans le regard d'un cheval la beauté inhumaine d'un monde d'avant le passage des hommes."

 

"Dresser un cheval, ce n'est pas lui faire acquérir des automatismes, c'est d'abord se construire avec lui un vocabulaire commun, puis une grammaire commune, puis, s'il le veut bien, finir par dire des poèmes ensemble."

Bartabas

 

"Au fond, dans le travail Alexander et dans le travail classique du cheval, on recherche la même chose : une attitude juste dans le mouvement.

Lorsque je travaillais mon cheval, en équitation classique, on me disait : "Donne-lui du dos, fais-lui monter le dos, assouplis-le, garde-le en équilibre, monte-le en avançant, redresse-le..." bref, beaucoup de consignes concernant l'attitude de mon cheval et pouvant aussi bien s'appliquer à la mienne.

En Alexander, on me disait pratiquement les mêmes choses, mais cette fois il s'agissait de moi. Cela concernait mon dos, ma tête, mes jambes, mes bras, mon équilibre, mon calme, mon mental et tout mon être dans son ensemble. Bref, on s'intéressait à moi, à ma façon de fonctionner et de fonctionner avec mon cheval."

"Avant d'être un cavalier, on est une personne ; un être qui pense, qui ressent, qui désire et qui vibre : il serait temps de s'y intéresser de près. Pour que le cheval se sente bien, s'utilise bien, se dresse bien saute bien, il est indispensable que le cavalier, lui aussi, se sente bien, s'utilise bien, se dresse bien !

Grâce à ce travail de prise de conscience de soi, la technique Alexander permet à la personne d'explorer ses mécanismes internes, c'est à dire son système de pensée, sa manière de bouger, la façon dont elle gère ses émotions."

 

"Bien que nous décortiquions la personne en différentes parties, par souci d'analyse, nous partons du principe qu'elle est un tout indivisible. Le propos est de considérer l'individu dans son ensemble, dans son intégrité psychophysique. Ce que nous pensons a une influence sur ce que nous ressentons et, en fonction de ce que nous ressentons, notre corps bouge et vibre différemment. Il existe une perpétuelle interaction entre les différentes parties de notre être."

"Le professeur Alexander s'intéresse à la personne avant de s'intéresser au cavalier, puis au cheval. Il écoute la personne et l'incite à s'écouter elle-même, à découvrir son propre mode de fonctionnement mental et corporel. Quand il propose un apprentissage, celui-ci concerne en premier lieu la personne, sa posture, ses perceptions, les moyens mis en œuvre, avant d'évoquer le résultat à obtenir avec le cheval. Parfois, la solution à un problème rencontré à cheval se trouve grâce à des procédures à pied. L'élève prend conscience, sur un ballon ou sur une chaise, d'une posture inadaptée. Il découvre, en lui et à pied, une solution qu'il transpose ensuite lorsqu'il est en selle."

"L'équitation Alexander cherche à développer, chez le cavalier, la connaissance et la maîtrise de ces processus mentaux. L'enseignant l'incite à se centrer sur les moyens sans penser au résultat."

"Frédéric Mathias Alexander est né en 1869 à Wynyard, sur la côte Ouest de la Tasmanie, une île située au sud de l'Australie. Fils d'agriculteur, il fut élevé à la campagne.

Il voulait devenir acteur et y parvint ; il commençait à être reconnu dans ce métier lorsqu'il rencontra des problèmes de voix. Il était victime d'enrouements périodiques et avait de plus en plus de difficultés à aller au bout de ses spectacles. Ses aphonies devinrent si fréquentes qu'il dût abandonner la scène.

Il se tourna vers différents médecins, alla voir des spécialistes de la voix, mais aucun ne fut capable de poser un diagnostic. Il essaya divers traitements, sans succès ; ils n'apportaient d'amélioration que s'il s'abstenait de se servir de sa voix !

Alexander prit conscience, petit à petit, qu'il provoquait peut-être lui-même le problème. Lorsqu'il montait sur scène, il faisait vraisemblablement quelque chose, malgré lui, qui fatiguait ses cordes vocales et lui faisait perdre la voix. En d'autres termes, il s'y prenait d'une façon qui affectait le bon fonctionnement de son appareil vocal. Devait-il admettre qu'il était responsable de ce dysfonctionnement ?

Alexander entreprit de chercher dans cette direction. Pour pouvoir mieux s'observer lorsqu'il déclamait, il se mit à pratiquer devant un jeu de miroirs : c'est ainsi que la technique Alexander commença à voir le jour ; il ne pensait sûrement pas, alors, qu'il découvrirait tant de choses !"

 

"Le principe fondateur de sa méthode est que l'être humain est un tout indissociable, que notre mental et notre corps, nos émotions et nos actions, sont en perpétuelle interaction. L'attitude mentale ou les états émotionnels déterminent l'attitude corporelle. De même, les tensions physiques jouent sur le mental ou sur la couleur des émotions."

"Cette mauvaise coordination, ce mauvais usage de soi est en quelque sorte "acquis" : les enfants, jusqu'à l'âge de 4-5 ans, ont naturellement un bon usage d'eux-mêmes. Il suffit de les observer pour constater qu'ils ne font aucun geste "en force" et qu'ils parviennent à déployer une énergie formidable tout en restant "relâchés", sans contractions inutiles. Mais ensuite, peu à peu, des gestes ou des attitudes fausses s'installent et cette merveilleuse justesse naturelle s'estompe. Néanmoins, notre corps garde la mémoire de ce bon usage, que nous pouvons retrouver par un travail sur nous-mêmes."

"Alexander fut confronté à un deuxième problème : son appréciation sensorielle. En effet, il dut admettre qu'il ne pouvait pas se fier à ses sensations : ce qu'il voyait dans la glace ne correspondait pas du tout à ce qu'il ressentait. Ses sensations le trompaient et n'étaient donc pas fiables.

Un cavalier peut se sentir à l'aise en s'affaissant, par exemple, alors qu'il malmène grossièrement son corps. Ce qui signifie que le cerveau reçoit des messages lui indiquant que "tout va bien" quand en fait, tout va de travers !"

"Avant d'être l'instrument de l'action, le cerveau doit être l'outil de la préparation. Cette capacité à retarder notre réponse jusqu'à ce que nous soyons tout à fait prêts est ce que Alexander a appelé l'inhibition. L'inhibition signifiant ici le refus conscient à une réponse automatique et non un refoulement, comme en psychanalyse.

Cette notion d'inhibition, cette capacité à ne pas répondre immédiatement au stimulus, nous permet peu à peu de nous défaire de nos habitudes. C'est une phase primordiale dans le processus d'apprentissage.

Il est essentiel de savoir ce que nous mettons en jeu et d'en connaître les implications physiques ou psychologiques sur la personne. Ainsi, nous nous donnons les moyens de changer, de progresser et nous cessons donc de subir nos habitudes.

Ce procédé n'implique pas de se figer, ou de bloquer toute spontanéité. C'est plutôt un moyen de refuser consciemment de répondre de manière systématique, stéréotypée, pour qu'une véritable spontanéité puisse se manifester, donnant alors plus de liberté à l'action et plus de choix à la personne."

"Récapitulons les principes établis par Alexander au cours de son expérience :

  • Observation de soi et prise de conscience du contrôle primaire : tête, cou, dos

  • débusquer les sensations fausses dues à un mauvais usage de soi

  • prévenir le mauvais usage par l'inhibition

  • se donner des directions mentales

  • se centrer sur les moyens et non sur la fin."
     

"Vous serez certainement étonnés de constater que beaucoup de ces pratiques se déroulent à pied, sans le cheval : avec un ballon, une chaise, des balles, un trampoline et d'autres outils très simples.

En effet, bien souvent, les postures qui nous limitent dans notre plaisir et dans notre progression à cheval se manifestent à l'identique dans notre comportement de piéton. Il est généralement plus simple, mentalement ou émotionnellement, de s'exercer à de nouvelles postures à pied avant de transposer ces nouvelles sensations et ces nouvelles attitudes en selle."

"Être dans son axe, c'est être en équilibre, exactement centré par rapport à son cheval, quoi qu'il arrive, quelle que soit l'allure, le rythme, la vitesse. C'est avoir chaque vertèbre bien en place, l'une au-dessus de l'autre, de la tête jusqu'au coccyx."

"Nous avons passé beaucoup de temps à traiter le dos dans son ensemble, parce qu'il est la "structure-mère" de notre corps. Sans un dos en place, fort et souple à la fois, la position du cavalier n'est ni juste ni stable. En abordant maintenant la question des jambes, nous considérons que l'emploi du contrôle primaire de la personne est correct. Car la plupart du temps, si nos jambes ne sont pas en place, c'est parce que notre dos ne l'est pas non plus. Les jambes ne sont-elles pas accrochées au dos ? Elles en sont le prolongement.

Il est assez fréquent que quelqu'un vienne pour un problème de fonctionnement des jambes et que nous travaillions d'abord la mise en place du dos. Plus le dos est fort, plus les jambes sont efficaces.

J'ai mis des années à comprendre cela ! Et pendant des années aussi, j'ai cru que je n'avais pas de jambes !"

"Au pas, puis au trot, elle se concentre sur le poser des postérieurs, l'un après l'autre. Cela l'aide à rester souple et à savoir quand intervenir avec ses jambes, l'une après l'autre. Car mettre des jambes c'est bien, mais quand les mettre ? A quel moment ?

La jambe gauche doit se rapprocher au moment où le postérieur gauche se lève, la droite quand le droit se lève, afin d'améliorer leur engagement."

 

"Nous avons appris à fonctionner en nous centrant sur le but plus que sur les moyens de l'atteindre. Nous avons appris à réagir aux événements plus qu'à nous organiser pour les gérer. Nous avons appris à nier nos émotions ou à les juger. Nous avons appris à construire des raisonnements plus qu'à faire confiance à nos intuitions. Nous avons appris à séparer le corps de l'esprit, le physique du mental.

Nous sommes tous tributaires de ces apprentissages, particulièrement nous les Français et Européens. Ces habitudes issues de nos apprentissages demandent à être changées tant elles limitent notre potentiel, tant elles gâchent nos talents.

Et elles peuvent changer.

Dans ce mouvement pour changer nos habitudes vont se révéler des ressources personnelles insoupçonnées. Des ressources enfouies au fond de nous. Car si notre fonctionnement est singulier, les difficultés que nous rencontrons sont partagées par beaucoup. Et nous sommes de plus en plus nombreux, parmi les cavaliers, les enseignants et les entraîneurs à nous en rendre compte.

Dans la voie du changement, des ressources vont progressivement éclore et se révéler à nous-même. De belles surprises en perspective."

Véronique Bartin (L'équitation par la technique Alexander / Le cavalier idéal)

 

"L'éperon est un rasoir dans les mains d'un singe."

"Il faut d'abord commencer par l'encolure et ne passer outre qu'après elle aura acquis toute la souplesse désirable."

 

"L'équilibre doit s'obtenir sans altérer le mouvement en avant, le mouvement en avant tout en s'opérant ne doit porter aucune atteinte à l'équilibre."

 

"Dès que la sueur apparaît, c'est que l'homme a dépassé la mesure."

 

"Il est rare que les défenses aient d'autres causes que la faiblesse du cheval ou l'ignorance du cavalier."

 

"Se faire comprendre et laisser faire."

 

"Après avoir fait quelques pas a l'allure a laquelle il se trouve, le cavalier s'arrête s'il rencontre une résistance, rétablit l'équilibre, donne aux fibres musculaires le temps de se relâcher et au calme de renaître.

Qu'il demeure arrêté plusieurs minutes, s'il le faut, jusqu'à ce que le cheval soit "décontracté", c'est a dire que le mouvement précédent "ne résonne plus"

"Le cheval dans la main est celui dont l'encolure, la tête et le corps sont dans un tel état d'équilibre que l'on ne sait nullement le poids que présente cette forte masse. Cette légèreté met le cheval en position d'obéir aux plus imperceptibles mouvements du cavalier."

François Baucher

 

"Après des années passées à étudier les chevaux dans leur environnement, Dans est parvenu à une conclusion : ils ont effectivement un langage corporel, mais qui ne constitue pas plus de 25% de leur mode de communication, le reste se faisant par une perception intuitive des pensées. Toute action commence par l'idée de l'action ; pour lui, les chevaux peuvent percevoir la pensée correspondante bien avant de lire le langage corporel qui précède l'action. Pour communiquer, les chevaux utilisent entre eux un langage très positif, direct mais doux. "La pensée positive est pour eux vitale ; la pensée négative, c'est la mort", explique Dan. A l'inverse, l'homme possède un langage agressif et négatif ; c'est là que réside le fond du problème, ce qui rend le malentendu si fréquent."

A propos de Dan Franklin

"Michael pense que les chevaux ont une fourchette de tolérance, ce qu'il appelle la zone intermédiaire, dans laquelle ils vous accordent un droit à l'erreur sans prendre l'avantage sur vous ou vous en vouloir. Plus le cheval est "innocent", plus cette zone intermédiaire est vaste. Par exemple, un jeune cheval 'intact', qui n'a jamais été maltraité et qui n'a connu que l'équité a une plus grande fourchette de tolérance qu'un autre déjà victime d'abus, et dont la zone intermédiaire pourra ne pas dépasser l'épaisseur d'un cheveu... C'est pourquoi les chevaux à problèmes ont besoin de plus de compréhension et nécessitent plus de précautions, entre les mains d'un dresseur expérimenté."

A propos de Michael Peace

Lesley Bayley (Le travail à pied de votre cheval)

 

"Vallerine […] m'a définitivement convaincu qu'en persistant longtemps à perfectionner seulement le préparer, la légèreté de bouche et celle des hanches, on obtient sans difficulté, et tout d'un coup, les airs les plus compliqués. Le dressage réside donc réellement dans le préparer. Le reste n'est que de l'application."

"En pesant sur la fesse gauche, on dégage le côté et l'épaule droite du cheval et on le dispose à partir au galop à droite. Or, en pesant, au contraire, à droite, on charge le côté et l'épaule droite du cheval et on provoque presque sûrement le galop à droite.

Tout est opposition ou nuance, sauf la compréhension du cheval lequel ne se trompe jamais. Il obéit à ce qui lui est réellement demandé, ce qui n'est pas toujours, tant s'en faut, ce que le cavalier désire obtenir.

Quant au cavalier, il n'y a pour lui, avec quelques principes élémentaires, que le tact guidant l'expérience et un travail assidu."

 

"Il ne faut plus maintenant demander le ramener outré. Il faut prendre, étant du côté du montoir, les deux rênes de filet ou les deux rênes de bride, dans la main droite (ou la main gauche si l'on est à droite), placée au-dessus du pommeau de la selle et exiger la légèreté, la tête bien perpendiculaire avec l'élévation maximale de l'encolure, au moyen d'une demi-pression des doigts sur les rênes, la main s'élevant au besoin et de moins en moins au-dessus du pommeau, ou bien la main gauche élevant la tête par une rêne gauche tenue à 0m30 environ du mors.

La légèreté obtenue, descente de main, et laisser la jument mâcher le ou les mors plusieurs minutes sans modifier aucunement sa position de tête."

 

"Pendant que je suis sur la bride, laisse-moi te recommander de bien soigner le cuir de tes brides, celui des rênes surtout. J'ai vu beaucoup d'officiers monter avec des rênes presque rigides tant elles étaient cirées. C'est très mauvais. Moi, j'entretiens mes brides avec de la vaseline seulement. Elles ne brillent pas, mais les rênes sont souples comme un gant. S'il en était autrement, je ne pourrai pas transmettre ma pensée à la bouche du cheval par de simples petites pressions des doigts sur des rênes demi-tendues."

 

"Tu aurai pu monter mes derniers chevaux en filet comme en mors, sans éperons comme avec éperons, et, pourtant, ils étaient comme Vallerine qui ne fait attention à un serrement de jambe ou à un coup d'éperon que quand elle doit leur obéir, autrement, elle n'en fait pas cas. Et si un de tes élèves aime les chevaux qui tirent, il n'a qu'à laisser Vallerine s'appuyer."

"Le cavalier ressent l'impression de bien-être, de contentement que seul procure le travail exécuté avec légèreté, avec descente de main et de jambes.

C'est une joie indéfinissable et si agréable qu'on s'en passionne et qu'elle chasse loin derrière elle toutes les sensations enivrantes de l'équitation. Promenades dans les plus jolis sites à l'air si pur de l’aurore, vitesse, sauts, chasse à courre, succès en public, etc., tout cela amène peut-être plus d'excitation, d'enthousiasme, mais rien n'égale le charme réel, complet, pur de tout sentiment étranger à l'équitation, que la légèreté procure. C'est le charme suprême auquel rien ne saurait être comparé."

"Je ne te dis pas d'enseigner le chant, ni de battre la mesure à tes élèves, mais pour toi, pour tes chevaux, laisse-toi conduire mentalement par la musique et tu seras surpris du résultat."

"La seule chose que j'ambitionne, tu le sais, est de contribuer à éviter au cheval les mauvais traitements dont il est trop souvent victime au dressage, et tu sais aussi que je suis un ours absolument insensible aux compliments.

Étranger à tout espèce de vanité, je n'ai jamais eu qu'une idée : le dressage complet des chevaux, sans brutalité, sans fatigue, sans difficultés ni pour le cavalier, ni pour le cheval.

Hélas ! Je n'ai pas fait pour cela ce que j'aurais voulu, mais, en me retirant, je n'ai pas non plus à me faire de reproche, car j'ai "la conviction d'avoir agi pour le mieux dans la sphère d'action que la destinée m'a tracée."

"La main fixe : Là se trouve le secret qui seul permet de maîtriser la bouche du cheval soit à l'extérieur, soit en haute-école, c'est-à-dire d'obtenir la légèreté relative qui suffit à retenir l'emballeur, ou la légèreté presque complète qui, dans le travail de haute-école, met le cheval à la disposition du cavalier (la main agit sans prendre sur l'impulsion).

Seulement il faut savoir fixer la main, et moi qui n'ai jamais eu de professeur, je n'ai compris que tout récemment."

"Agir soi-même le mois possible et laisser le plus possible le cheval agir de lui-même, parce que d'instinct, il sait mieux que son cavalier obéir aux lois de l'équilibre."

"Tant que le cheval ne sera pas une machine sans âme, tant qu'il jouira d'une faculté intellectuelle lui permettant d'impressionner toutes les parties de son corps plus rapidement que ne pourra le faire l'application de nos calculs, son dressage mathématique restera une utopie."

 

"Et c'est ainsi que pour rétablir l'équilibre, tant de cavaliers commencent par chercher l'engagement des postérieurs qui lui-même favorisera l'encolure haute. Or c'est exactement à l'opposé qu'il faut raisonner. C'est en mettant l'encolure haute, en mettant le poids en équilibre que les postérieurs viendront naturellement à leur place et prêts à donner l'action demandée.Il est, en effet, très difficile au cheval, pour ne pas dire impossible, d'engager ses postérieurs sous une masse qui est en avant. C'est en voulant l’y contraindre que le cavalier ruine ses jarrets et provoque les résistances..."

 

"Mettre en confiance et faire ensuite acte de douceur en même temps que d'une autorité calme mais inflexible , telle est la règle immuable et souveraine en éducation, même pour le cheval."

 

"Mettre le cheval dans la position du mouvement envisagé, demander, laisser faire."

 

"Je ne prétends pas avoir raison. J'obéis seulement à mon idée fixe de tâcher d'imiter la nature et à l'idéal que je me fais du dressage en observant les chevaux en liberté."

 

"Le talent de l'écuyer consiste à faire prendre au cheval des positions se rapprochant de celles qu'il prend spontanément quand il est indépendant, puis à paraître s'effacer de lui-même, lui le maître. L'animal se croyant libre, s'échauffe au contact imperceptible des aides du cavalier et l'ardeur qu'il déploie dans le sens vers lequel il est guidé comme à son insu, donne aux mouvements toute leur splendeur."

Beudan (Vallerine, le testament d'un écuyer)

 

"Agissez avec l'autorité du maître, le calme du moine et la bienveillance du père."

"Nous sommes à un tournant de l'histoire : non seulement l'équitation éthologique offre l'opportunité de revoir "notre" équitation de légèreté à l'aune d'un savoir et d'une approche revisités, mais leur fusion est susceptible d'entraîner une révolution majeure : faire entrer le couple cavalier-cheval de plain-pied dans l'équitation de légèreté, et ce dès les premiers pas de la relation."

"Une fois le cheval suffisamment désensibilisé (il est en champ détendu dans son nouvel environnement), l'objectif de malléabilité consiste à lui apprendre à céder de bon gré à tout type de pressions : à distance, au contact ou par effets de rênes.

Ces pressions créent un inconfort qui va le faire réagir. Le point clé de la légèreté consiste à ce que la situation redevienne confortacle dès qu'il aura donné la bonne réponse. Nous retrouvons là le principe de a descente des aides. Le cheval, y trouvant son compte, y répondra de plus en plus volontiers. C'est ainsi que nous allons créer les automatismes nécessaires (les conditionnements) : ) tel type de demande, tel type de réponse. Ainsi, avec le temps, l'action des aides se transforme en un signal (d'ordre linguistique) que le cheval comprend de mieux en mieux. S'ouvrent alors les portes du dialogue."

"Dans ce champ détendu, l'esprit [du cheval] n'étant plus accaparé par rien est donc ouvert et disponible. Nous en déduisons une règle impérative, ne travailler qu'en champ détendu, et son corollaire, refuser le conflit. Elles sont la clé d'une compréhension optimale de l'animal et d'une relation parfaitement sereine au sein du couple."

"Le conditionnement opérant a pour objet d'obtenir une réponse donnée, et habituelle, à l'action de nos aides (stimuli) grâce à une récompense appelée "renforcement".

Ce renforcement est qualifié de négatif lorsqu'il entraîne la suppression du stimulus : le cheval répond volontiers à notre demande parce que cette réponse supprime l'inconfort. Il en est ainsi parce que cette aide est fixe (le cheval s'en écarte et retrouve le confort) et qu'elle devient silencieuse (la pression cesse). Tel est le mécanisme de la "descente des aides" par lequel le cheval se retrouve dans son mouvement en pleine liberté musculaire. Il se "soutient de lui-même" dans l'harmonie naturelle de son équilibre. Nous voyons que le conditionnement opérant à renforcement négatif est l'expression même de l'équitation de légèreté."

"Le conditionnement opérant apprend au cheval à céder, non à résister. […] Seule l'aide fixe permet ce renforcement."

 

"On distingue les punitions positives (lorsqu'on ajoute un stimulus aversif, qui contraint) et les punitions négatives (retrait d'une récompense ou non accès à une récompense attendue). Dans notre équitation de légèreté, nous bannissons les punitions positives (de nature conflictuelle) pour n'accepter que les "rappels à l'ordre" : inconforts destinés à montrer au cheval que sa réponse n'est pas la bonne (par exemple, contrer un cheval qui fuit ou s'oppose par un arrêt d'urgence)."

 

"L'appui constant de l'équitation d'appui crée un inconfort qui persiste toute la durée du mouvement, autrement dit un stimulus aversif qui oblige le cheval à son exécution. Il s'agit donc d'un conditionnement opérant à punition positive. Remarquons en outre que les pressions des aides qui s'exercent en permanence entraînent des tensions musculaires parasites, générant un équilibre artificiel qui modifie celui naturel de l'animal."

 

"Pour qu'un résultat soit définitivement acquis, il doit être confirmé et généralisé." Confirmer veut dire répéter, afin que ce résultat s'inscrive dans la mémoire de l'animal. "Le cheval apprend, en principe, après trois expériences sensorielles identiques", nous dit Robert Miller. Généraliser signifie que la réponse doit être obtenue ici, là ou ailleurs. Dans l'esprit du cheval, une réponse confirmée dans un endroit peut être liée uniquement à cet endroit. Il est donc important de la répéter ailleurs. De même, veillons à ce que le résultat obtenu avec une personne le soit également avec d'autres."

"Le cheval ne résistera à aucune des demandes qu'on pourra lui faire, toutes les fois qu'il les comprendra parfaitement, et que l'on agira sur lui par des moyens compatibles avec les lois de sa nature."

"Tant qu'il n'a pas mal, le cheval peut tout supporter. En fonction de ce principe, nous savons que, si le cheval a peur de quelque chose qui ne le fait pas souffrir, il peut s'y habituer."

"Le cheval n'a pas conscience de sa force tant qu'il ne l'a pas expérimentée. En bref, il ne sait pas qu'il est plus fort que nous, sauf s'il nous résiste et que nous ne parvenons pas à reprendre la situation en main. Il prend alors conscience de son pouvoir et va avoir tendance à récidiver (développant ainsi ce qu'on appelle une "défense")."

[Citant : l'art de dompter les chevaux - Favre]

"L'équitation de légèreté est avant tout un état d'esprit, une culture basée sur le respect de l'animal et le refus du conflit. En ce sens, elle est chevaleresque : le cavalier n'use pas de sa supériorité pour abuser de son cheval mais il prend en considération sa nature et sa personnalité, lui accorde sa confiance et lui laisse l'initiative du geste. Il sait que sa beauté procède d'un équilibre naturel, d'une harmonie, non d'une contrainte ou d'une soumission.

Cette légèreté se doit d'imprégner l'esprit du cavalier – c'est lui le maître du jeu - , mais également le mental du cheval, et ce dès les premiers instants de la relation. Insistons sur ce point car, jusqu'ici, cette culture était considérée comme l'apanage d'une équitation savante."

 

"Le procédé privilégié de l'équitation de légèreté est l'aide fixe, celle qui ne tire ni ne pousse. Elle n'est autre chose qu'une barrière qui permet au cheval de se positionner : elle cesse alors d'être inconfortable. Nous voyons que l'aide fixe est intimement liée à la descente des aides. Elle est active (puisqu'elle déclenche un mouvement) mais non-violente (elle propose mais n'impose pas et est toujours suivie d'une situation de confort). Elle engendre le calme et l'apaisement.

Dans le mouvement, c'est le seul procédé qui permette à l'animal d'évoluer dans le cadre des aides, sans appui, dans son équilibre.

Tout l'art de l'étholégèreté consiste à placer les bonnes barrières aux bons endroits."

 

"Un cheval léger se soutient de lui-même ; il est en équilibre, n'appuie pas sur la main et ne songe pas à fuir. Nous sommes dans une équitation d'adhésion.

Inversement, dès qu'il y a appui, il se crée un équilibre artificiel."

 

"La légèreté s'éduque, aussi bien chez le cheval que chez le cavalier. Comme chez le cheval, nos conditionnements naturels nous poussent à nous appuyer ou à résister. Et comme lui, nous avons besoin de nous éduquer pour mettre en œuvre une communication non violente. […] l'école primaire du cheval est aussi l'école du cavalier."

 

"Pour le cheval dauriste, l'impulsion répond à la définition de nos manuels : "désir constant de se porter en avant avec énergie". Chez le cheval bauchériste, l'attention prime ; son impulsion consiste à mobiliser l'ensemble de ses facultés mentales et physiques pour répondre à la demande de son cavalier. Le premier "poussé" par les jambes, s'appuie sur le mors, à travers un contact constant avec la main du cavalier qu'on essaie de rendre

"moelleux et confiant" ; le second se soutient de lui-même, encadré par des jambes fixes et des rênes semi-tendues, "fluides" disait d'Orgeix. "Il n'est pas nécessaire que le fil soit tendu pour que le courant passe" ajoutait le Colonel Carde. Le premier est dans un équilibre artificiel ; le second est en pleine liberté musculaire dans son équilibre. Le premier se soumet, mené par des aides toujours agissantes ; le second sait qu'en donnant la bonne réponse à son cavalier, il retrouvera le confort de la liberté musculaire dans le cadre du mouvement ; Cela calme ses appréhensions, il en vient à coopérer dans une équitation d'adhésion."

 

"Plus que la force, qui provoque la crainte, ce qui place un individu sur un rang hiérarchique supérieur est son ascendant. Il inspire le respect, engendre la confiance et entraîne l'adhésion. L'autorité du meneur de jeu est l'opposé de l'autoritarisme.

L'ascendant se construit. Il est le fait de celui qui sait quoi faire et comment faire. Dans l'étholégèreté, cherchez à fusionner les rôles de chef, de dominant et de leader afin d'être reconnu comme "meneur de jeu", celui à qui on fait confiance parce qu'il connaît les règles et est capable de les expliquer clairement, parce que son enthousiasme est communicatif, parce qu'il est tolérant e compréhensif. Le meneur de jeu a cet ascendant qui fait qu'on l'écoute et qu'on le respecte. Il a l'autorité d'un maître, le calme d'un moine et la bienveillance d'un père."

 

"la non-violence active de la barrière des aides, autrement dit l'aide fixe contre laquelle le cheval bute s'il essaie de la franchir, et derrière laquelle il retrouve aisance et confort s'il la respecte. "Hais le péché, non le pêcheur", disait Gandhi. La neutralité de la barrière nous permet ce dédoublement. C'est avec elle que le cheval et le cavalier composent désormais. Le conflit s'est déplacé, nous pouvons garder notre sérénité, notre bienveillance et notre détermination."

 

"La règle normale est de finir le travail que l'on a commencé. Elle est dans la nature du prédateur : aller jusqu'au bout de son action. En équitation de légèreté, c'est le contraire, on ne termine pas ce que l'on entreprend. En effet :

  • soit le cheval exécute convenablement ce que nous lui demandons et il y a lieu de laisser faire (descente des aides)

  • soit il s'y oppose et entre en conflit, et il n'y a alors plus rien de bon à tirer de cette situation. Nous arrêtons tout et recommençons.

Dans tous les cas, nous lâchons prise."

"Poil, peau, chair, os... pourquoi ces paliers ? Parce que nous ne connaissons pas encore le moment où le cheval va céder. Ainsi, nous sommes sûrs que la pression ne sera jamais supérieure à la résistance qu'il oppose (par incompréhension la plupart du temps). Cela est important car il suffit de dépasser cette mesure pour que le cheval monte en tension, manifeste sa désapprobation par des résistances et perdre la confiance qu'il avait en nous. "C'est toujours un trop grand emploi de la force de la part du cavalier qui amène les défenses" disait Baucher."

 

"Les résistances de poids et de force que le cheval oppose à la main du cavalier, soit en baissant la tête et en descendant l'encolure (résistances de poids), soit en bloquant les muscles de sa mâchoire, de sa nuque et de son encolure (résistance de force), sont les plus fréquentes. […] On connaît les remèdes préconisés par nos maîtres classiques : demi-arrêts dans le premier cas, vibrations dans le second. Ce n'est, à mon avis, pas si simple !"

"Le rôle du cavalier n'est pas simple. Il évolue en permanence sur deux plans de conscience, il est à la fois l'acteur, et observateur de son action. En tant qu'acteur, il veille à la justesse et à la mesure de ses gestes – en contrôlant ses émotions - ; en tant que metteur en scène, il observe ce qui se passe avec un œil critique pour réajuster en permanence la pièce en train de se jouer. Il aura besoin de rassembler toutes ses ressources pour être à la hauteur de sa tâche."

"La main experte appartient à la bouche du cheval. Elle est donc indépendante des mouvements du cavalier. Pour cela, les coudes sont libres et les épaules, si elles sont fixes, restent souples."

"Une main accompagnante est une main en descente. Elle se contente de suivre le mouvement de la bouche de façon moelleuse, rênes semi-tendues.[…]

Une main fixe est une main immobile par rapport à la bouche du cheval. Elle a un rôle transitoire. Elle sert essentiellement à déclencher un mouvement ou une attitude. Une fois la réponse obtenue, elle redescend aussitôt, c'est à dire qu'elle redevient accompagnante, rênes fluides."

"Dans les tourners, la main fera attention à ne pas compresser la colonne vertébrale. Toute incurvation doit s'accompagner d'un étirement, ce qui amène à tourner en cédant la main extérieure au lieu d'agir avec la main intérieure (selon la technique utilisée pour l'attelage)."

"Pour mettre la cuisse et le genou au contact sans que la jambe elle-même ne touche le flanc du cheval, un excellent procédé consiste à peser sur l'étrier avec le gros orteil. Si, en plus, vous avez le talon bas, vous aurez une assiette inébranlable. Vos jambes auront alors la fixité et la disponibilité nécessaires."

"On dit qu'un cheval est en équilibre lorsqu'il répartit son poids de façon à peu près égale ("équitable" dit-on) sur les antérieurs et les postérieurs. Cet équilibre 50/50 favorise sa mobilité. C'est lui qu'à choisi l'équitation classique pour ses pratiques équestres, notamment au travers du ramener. Il se caractérise par une verticalisation de la tête (qui se "ramène" vers le poitrail) et un grandissement du cheval : la base de l'encolure remonte et la nuque devient le point le plus haut. Cette posture entraîne de facto un certain engagement des postérieurs sous la masse qui contribue au relèvement du garrot (le cheval se porte)."

"Le cheval léger est celui qui, à la demande de son cavalier, prend l'initiative du geste. Il lui faut pour cela être dans son équilibre et se rassembler, mentalement, émotionnellement et physiquement. Il est alors dans l'impulsion. L'impulsion est l'état d'esprit du cheval qui se "prête au jeu". Il est attentif aux demandes de son cavalier les comprend et se mobilise pour y répondre.

Physiquement, il est juste derrière la main – autrement dit "en main" ; rien ne pèse – et devant les jambes : il se soutient de lui-même. "La nuque fléchit, le dos se soulève, les postérieurs s'engagent", constate Nuno Oliveira. Il se rassemble."

"Contrairement à nous, qui ne pouvons nous déplacer qu'en nous déséquilibrant, le cheval à toujours deux manières de se porter dans une allure : par "perte" ou par "prise" d'équilibre."

"La présence d'un cavalier sur le dos d'un cheval a deux conséquences majeures : son pois a tendance à enfoncer la cage thoracique de l'animal entre ses omoplates ; il surcharge les épaules. […] Le cheval, s'il veut retrouver sa liberté de mouvement, doit compenser cet affaissement en relevant son thorax (certains disent "la base de l'encolure", d'autres "le garrot", d'autres encore "le dos" mais tous parlent de la même chose puisque ces éléments font partie du même "bloc"). En bref, il doit se "grandir". Il le fait naturellement en actionnant la musculature qui soutient le thorax et en engageant les postérieurs (qui portent ainsi une partie du poids de l'avant-main). Ce faisant, il "s'allège du devant"."

 

"Pour comprendre l'importance de votre position, imaginez que vous êtes le conducteur d'une moto avec un passager assis derrière vous. Si, lors d'un virage, il prend l'initiative de se pencher (pensant vous aider), il va déséquilibrer l'engin et vous obliger à faire des manœuvres acrobatiques pour rattraper ce déséquilibre tout en négociant la courbe. Cela peut aller jusqu'à l'accident. Ce n'est pas au passager de gérer l'équilibre, c'est au conducteur de le faire.

En équitation, ce conducteur est le cheval et nous sommes le passager. Notre posture se doit d'être neutre. Nous pouvons nous grandir ou nous accroupir sur les étriers (pour franchir un obstacle ou pour faire du trot enlevé par exemple) mais toujours "au droit du cheval", selon le même axe intangible.

Michel Robert l'appelle la "position du milieu". Elle n'a pas à être modifiée, nous dit-il, lorsqu'on accélère, ralentit, tourne à droite ou à gauche. "Être dans la position idéale, c'est être prêt à aller dans toutes les directions." Il confirme ce que disait le général L'Hotte : "Les déplacements d'assiette sont à proscrire en toutes circonstances.

Nous éliminons donc l'assiette comme aide de poids dans notre école primaire. Réservons-la pour la haute école. Si, toutefois, vous étiez tenté de l'utiliser, retenez deux règles fondamentales :

  • Ne vous penchez jamais. L'aide d'assiette est un déplacement discret sur les ischions, le torse restant droit. Autrement dit, on s'assied un peu à droite ou un peu à gauche sur la selle mais on ne se penche pas.

  • Si par hasard vous l'utilisez, les lois de l'équilibre ordonnent qu'elle soit toujours dans la direction du mouvement... contrairement à ce que vous entendrez souvent affirmer."

 

"Les muserolles ont comme fonction de verrouiller la bouche du cheval lorsqu'il cherche, en réponse à une main agressive, à ouvrir ses mâchoires pour diminuer la douleur. Ce rôle de bâillon, expression d'une équitation conflictuelle, est antinomique de l'équitation de légèreté et contraire à nos principes d'éducation. Nous les supprimerons de nos harnachements."

 

"Action sur la commissure des lèvres : demi-arrêt et mobilisation de la mâchoire. […] Action sur les barres : cession de mâchoire et flexion de nuque."

 

"Les flexions sont des décontractions : le cheval cède à une demande de son cavalier et, pour cela, décontracte les muscles de sa nuque, de son encolure ou de sa mâchoire au lieu de les bloquer. D'une manière générale, donner sa tête est une marque de confiance. […] Dans la mesure où elles inhibent des réactions de survie, elles induisent une certaine dépendance psychique de l'animal."

 

"Les mors releveurs (montage en Colbert) : En tirant sur les rênes, les montants coulissent dans les anneaux du mors et relèvent le canon. Il agit alors sur la commissure des lèvres du cheval, ce qui a normalement un effet releveur... sauf que si le canon remonte, c'est grâce à l'appui de la rêne sur la nuque. Plus on tire, plus cette pression est forte. Ce mors prétendument releveur n'a qu'un effet, comprimer la tête du cheval dans un étau. Il ne peut que provoquer anxiété et défenses. Il est donc à proscrire, sauf pour les bourreaux et les tortionnaires !"

 

"Rappels à l'ordre : Ils se font en augmentant la pression pendant une courte période à la suite d'une désobéissance caractérisée. Ne punissez jamais, affirmez votre dominance. Faites marcher votre cheval dans la direction que vous avez choisie, imposez des allures vives, enchaînez les transitions, les changements de main fréquents (c'est toujours une pression majeure). Faites-le avec détermination mais sans colère, et surtout limitez ce rappel à l'ordre dans le temps (chez le cheval, la sanction d'un dominant est intense mais brève). Sinon, il sera traumatisant et entraînera une méfiance irréversible. Après ce rappel à l'ordre, demandez-lui l'immobilité et le retour au calme. Dès cette immobilité obtenue, cessez toute pression et attendez. Le temps que l'émotion créée par cette montée en tension "ne résonne plus dans son organisme"... ni dans le votre."

 

"Le rassembler dans la légèreté consiste à faire de son cheval un seigneur. Il est la plus haute expression de sa noblesse. Il se demande comme une prière, il s'obtient comme une grâce. C'est le cheval lui-même qui se grandit, qui s'arrondit, qui se place, qui se porte. Pur feeling, sensation exquise où soudain plus rien ne pèse."

 

"Notons qu'il ne vient pas "sur la main" ou "en avant de la main", c'est à dire en appui, ni "en arrière de la main" (avec le cheval qui fuit le mors et s'encapuchonne), mais "en main" : le mors étant "en barrière", le cheval se place juste derrière, attentif à ses messages. Pour qu'il en soit ainsi, il est en impulsion, c'est à dire "en avant des jambes" de son cavalier, dans une attitude mentale de disponibilité, de mobilisation et d'acceptation. Les rênes sont alors semi-tendues, sans poids pour le cavalier."

 

"La logique d'un débourrage répond à deux grandes questions : qu'est-ce qui va effrayer votre jeune cheval dans son nouvel environnement ? A quelles pressions allez-vous lui demander de céder pour qu'il coopère sans se rebeller ?

Faites l'inventaire de quelques opérations habituelles : vous allez l'aborder pour entrer dans sa bulle, lui passer un licol, l'emmener avec vous, l'attacher, le toucher, le manipuler. Puis, vous vous approcherez de lui avec un attirail qui va entrer dans sa bouche, emprisonner sa tête, enserrer son poitrail. Ensuite, vous allez prendre appui sur un étrier et lui tirailler le thorax, pour tout à coup l'enjamber et vous encastrer sur son dos de tout votre poids. Enfin, vous allez lui demander des mouvements au moyen de pressions auxquelles sa nature commande à priori de résister. Tout cela ne peut être mené à bien si l'animal n'a pas confiance en vous, s'il n'a pas été désensibilisé à toutes ces nouveautés et si vous ne lui avez pas appris à céder aux pressions basiques que vous allez exercer sur lui."

 

"John Lyons, dans son livre "Dressage des chevaux", nous parle de la règle des trois secondes qu'il emploie lorsque le cheval s'oppose violemment à lui : "Son acte est extrêmement dangereux ; ma règle est donc très simple. J'ai trois secondes pour tuer cette bête de 500 kilos. Seule restriction : sa tête est intouchable. […] Passé ces trois secondes meurtrières, je le caresse pour le rassurer sur l'amour que je continue à lui porter. Mais il sait qu'il a commis une très grave erreur qui a failli lui coûter la vie."

 

"L'équitation n'est pas une science exacte, cavaliers et chevaux sont une matière vivante et il y a toujours un cheval pour vous montrer que les exceptions confirment la règle."

 

"Pour certains, la colère est la conséquence de leur propre peur ou de leur propre timidité dont elle permet de s'affranchir. Pour d'autres, incapables de contrôler leur mental ("l'homme de peu" de Confucius), elle est devenue le mode d'expression habituel en cas de contrariété.

Dans un milieu humain, elle donne généralement le pouvoir. En premier lieu parce qu'elle place le coléreux sur le rang hiérarchique de celui qui s'octroie le droit de juger et de punir (ainsi sa colère devient juste). En second lieu, elle stresse l'entourage et lui fait adopter profil bas.

Avec un cheval l'effet est inverse. Le cavalier qui s'emporte contre son cheval et le punit croyant le mettre au pas, détruit à coup sûr la relation, provoque des réactions de fuite ou de survie et engendre une méfiance permanente. Adieu la complicité et l'équitation d'adhésion. Un tel cavalier n'obtient tout au plus qu'une soumission apeurée et son cheval a toutes les chances de devenir rétif ou caractériel. La solution pour les cavaliers soumis à ces pulsions est de faire un travail sur eux-mêmes. […] Un cavalier digne de ce nom est un "homme de bien" qui ne perd jamais son calme, ni sa patience, ce qui n'exclut ni la fermeté ni l'autorité."

"Le cheval vit dans un monde hiérarchisé et n'accorde respect et attention qu'envers ceux de ses congénères auxquels il a reconnu un rang supérieur au sien. Les autres, exception faite du cheval ami, ne doivent ni le gêner ni le contraire, même s'il entretient de bonnes relations avec eux."

"Quand un cheval est en alerte, il monte en tension instantanément. Comme il gère tout avec sa tête, ses perceptions principales mais aussi l'équilibre de ses mouvements, celle-ci est fondamentale pour lui. Son instinct le pousse à résister avec la dernière énergie à tout enfermement de cette partie du corps."

Stéphane Bigot (L'équitation de légèreté par l'éthologie)

"Pensez comme un cheval mais ne le dotez pas de qualités, d'émotions ou de sentiments humains, parce que, par bonheur pour lui, il n'est pas humain."

Henry Blake

"Dans mon école, les chevaux ne connaîtront pas d'allures artificielles et j'appliquerai toutes les ressources de l'art à perfectionner celles que la nature leur a donné."

Bohan

"Le regard profond, sérieux et doux des chevaux ne manque jamais de me troubler. C'est comme un miroir sur nous-mêmes, le regard posé par un sage sur nos errements sentimentaux, nos échafaudages mentaux, tout ce qui nous empêche si souvent d'être pleinement dans l'instant."

Gabrielle Boiselle 

 

"Il y a toujours un cheval pour nous expliquer qu'on sait pas tout. je suis sûr et certain que dans le futur, on va voir la science dans l'équitation et dans notre relation avec les chevaux, on va voir des choses que actuellement on imagine même pas.

Ce genre de relations entre les hommes et les chevaux, je pense qu'on a vu juste le début."

Andy Booth

 

"Au départ la monte est 95% physique et 5% mentale et puis éventuellement avec beaucoup de travail, cela devient 5% physique et 95% mental."

 

"Le cheval est n'a pas d'a-priori , il ne s'occupe pas de votre belle apparence, ou de votre richesse, ou de votre puissance – Il s'occupe de ce que vous lui faites ressentir."

 

"Il y a des choses que les chevaux ont fait pour moi, que les humains n'auraient pas pu faire."

Buck Brannaman

"S'il est rétif pour avoir été trop gourmandé et contraint, il faudra observer autant de douceur et de cérémonies comme s'il était poulain."

"[…] mais je veux que toujours la capacité et le naturel du cheval soit l'objet et le sujet principal du Cavalerice. Le libre consentement du cheval amène plus de commodité que les remèdes par lesquels on tâche de la contraindre."

Salomon de la Broue 

"Alors qu'il courrait vers vous en sanglotant pour une petite coupure au doigt, aujourd'hui on vous le ramène avec une jambe cassée, des bleus partout, souriant vaillamment : "Ce n'était pas la faute de Jézabel, papa !""

Pam Brown

 

"Mille chevaux à la queue flottante, la crinière envolée, aux naseaux dilatés – ces naseaux qui jamais n'ont palpité dans l'effort du travail ! Mille chevaux dont la bouche n'a jamais connu le mors et la bride, dont les sabots n'ont jamais chaussé le fer, dont les flancs n'ont jamais été labourés par l'éperon ou la cravache – mais qui, dans leur liberté farouche, sont indomptés ainsi que les flots de la mer – accourent vers nous d'un galop de foudre …"

Lord Byron 

 

"Plus il y a de ficelles, moins il y a de cavaliers..."

"Le travail, l'étude, ne sont jamais finis. Celui qui dit "je sais" trouvera toujours un cheval pour lui prouver le contraire."

Robert de Cant (Comm fb)

 

"Il arrive que, rentrant tard,

Par les longues routes du soir,

Les chevaux tout à coup s'arrêtent,

Et, comme las, baissent la tête.

 

Dans la charrette le fermier

N'esquisse pas le moindre geste

Pour les contraindre à se presser.

La lune, sur les blés jaunis,

Vient lentement de se lever,

Et l'on entend comme le bruit

D'une eau qui coule dans l'été.

 

Quand les chevaux rentrent très tard,

Le fermier ne sait pas pourquoi,

Le long des routes infinies,

Il les laisse avidement boire

Aux fontaines bleues de la nuit."

Maurice Carême

 

"Être pleinement à cheval pour moi est le résultat d'un chemin de vie, j’aurais pu être Moine ou Yogi et aspirer au même résultat. Quand le but est atteint la relation au cheval devient différente, l'agressivité n'a plus sa place, elle est remplacée par la volonté, volonté profonde, puissante, d'avancer ensemble, dans le respect."

"Les chevaux m'apprennent la conscience-vigilance totale. Que ce soit au sol ou en les chevauchant, ils me forment à ce taux de présence accru, à l'utilisation des sens.

Eux qui vivent en permanence tous sens en éveil, capables de regarder à deux cent quatre-vingt degrés autour d'eux, de sentir les effluves du vent, d'entendre et de localiser avec une précision inouïe, de ressentir les vibrations telluriques de la Terre, chaque millimètre de peau sensible au déplacement d'air du vol d'une mouche, l'attention sans tension, à l'écoute permanente, en vigilance extrême et en confiance, le corps à l'écoute sensitive, quel cadeau de la vie pour moi d'avoir psi conscience, de rester attentif à leurs enseignements. Quel est donc le plus grand maître que je peux côtoyer tous les jours ? Dans mon corps je ressens à travers lui, le sol, la pierre qui roule, la terre cède, je me sens un, agrandi par ce corps animal, parabole terrestre captant à tout instant l'information de l'instant."

"Ils m'ont appris à transformer le terme "Attention !" chargé de peur, d'interdit, en état d'attention sans tension. Cet état d'écoute profonde accompagnée du maintien de l'intention a pour effet visible de grandir le corps et met tous les sens en éveil ! Pour enfin m'amener à porter mille petites attentions, tel un amoureux, à l'instant, à la vie."

"Savoir avec à-propos récompenser le cheval en lui redonnant sa liberté de mouvement est le plus sûr chemin vers l'impulsion, ce désir incoercible du mouvement en avant. Vouloir à toute force maîtriser le cheval en le brimant est le plus court chemin entre la position du cavalier et celle du gisant.

Jacques Charandack (Cheval d'illusion)

"En attendant, le travail sans mors et sans éperons sur Jastero est devenu quotidien depuis qu’un jour, alors que je décidais de réintroduire la bride sans muserolle et les éperons (juste pour voir ce que ça donnait en harnachement classique), je connus vingt minutes d’échauffement pénible au pas et décidai de mettre pied à terre pour enlever bride et éperons et poursuivre sans mors… Je retrouvais alors instantanément un cheval parfaitement à l’écoute, réellement aux ordres, prêt à s’engager, en équilibre, dans les pirouettes et les airs relevés – On n’était plus dans la croyance religieuse, mais dans l’épreuve des faits – Ça devenait troublant… Finalement, il faut bien l’admettre, la bride et les éperons, fussent-ils utilisés avec tact et mesure, gênent et contractent nos chevaux, même si ces derniers ont l’air de s’y faire."

 

"Aujourd’hui, plus j’avance dans l’étude du travail sans mors et sans éperons et plus je me dis que finalement des pans entiers de l’équitation concernent peut-être l’art de régler avec un mors et des éperons des problèmes qu’on n’aurait pas sans eux…

Pour moi, très subjectivement, un cheval qui n’a plus de fer ni dans la bouche ni contre les flancs semble véritablement transformé en termes d’écoute de son cavalier, de relaxation et de réactivité."

Bernard Cheru (Article Alter Equus)

"L'incessante interaction entre le physique, le mental et l'émotionnel a un impact sur la qualité des actions du cavalier, sur son fonctionnement et sur ses possibilités d'évolution harmonieuse, ainsi que sur le comportement du cheval.

Notre esprit brasse des centaines de pensées, plus ou moins nettes, mais certaines envahissent notre esprit et parasitent profondément nos comportements dès lors que nous sommes focalisés sur un objectif à atteindre.

Les doutes, les manques de confiance en soi, la mauvaise estime de soi, la colère refoulée, les blessures dues à la désapprobation, le désir de prouver qui on est vraiment, que l'on mérite d'être aimé, les peurs de ne pas y arriver... Toutes ces émotions sont mises en scène dans la relation avec le cheval. Miroir du cavalier, le cheval révèle la personnalité profonde de chacun."

"Chacun des membres de la relation est soumis à un système émotionnel fluctuant, qui nécessite une adaptation permanente. La relation se construit à chaque rencontre avec le cheval. Si le socle des connaissances et des sensations se solidifie chaque jour, le cheval remet en cause le cavalier à chaque rencontre, à chaque séance. Cette instabilité continuelle peut devenir, lorsqu'elle est bien gérée, une source de progrès pour le cavalier dans sa pratique équestre comme dans sa vie personnelle."

"L'état émotionnel du moment ne doit pas être un handicap qui bloque l'apprentissage, la progression ou le perfectionnement du cheval et du cavalier. Si le cavalier reconnaît cet état, s'il l'accepte, il libère son cœur, s'apaise, devient réceptif, et s'ouvre la voie du progrès. Les barrières se lèvent, la communication est de nouveau possible, l'écoute se réinstalle, le langage se clarifie. Le cavalier est en phase avec lui-même. La relation devient harmonieuse avec le cheval, l'enseignant, les autres, l'environnement. La pratique redevient source de joie. Elle développe alors l'intuition et la créativité du cavalier."

"Quel que soit le niveau technique du cavalier, son désir de progresser va l'amener à être confronté à des blocages. Il a alors la sensation de stagner, de régresser. Dans ces situations, souvent perçues comme un échec personnel, beaucoup de cavaliers nient les problèmes, se figent dans leur comportement, accusent le cheval, l'enseignant ou la méthode, s'accusent eux-même.

La passion est mal vécue et le scénario pessimiste débute. Le "mal-être", la déception et la frustration s'installent, le cavalier se sent découragé, perd confiance en lui et en son cheval. La communication s'altère, la relation se dégrade, le cavalier et le cheval ne se comprennent plus. Ce "mal-être" est une des causes principales de l'abandon de l'équitation."

"Cependant il est communément admis que les situations de crise favorisent la progression, parce qu'il est nécessaire de trouver une solution pour soulager l'inconfort physique, psychologique, matériel ou spirituel que l'on ressent. La motivation pour sortir de cet état est réelle. C'est elle qui permet l'acceptation des remises en question qui peuvent être nécessaires.

Mais tant que le cavalier désapprouve l'expérience qu'il vit en la qualifiant d'échec, il lui sera difficile d'utiliser cette situation comme déclencheur d'une progression.

C'est pourtant une opportunité !

C'est là où l'amour du cheval peut fournir l'énergie et le courage nécessaires pour aller au-delà des blocages, pour faire sauter les verrous et se remettre en question, pour trouver des solutions.

Le cavalier, s'il ose en parler et accepter la situation en toute humilité, va alors pouvoir dépasser le stade de l'échec, se remettre en mouvement.

Le blocage va devenir un tremplin."

"Toute technique sportive et artistique pratiquée avec cette qualité d'attention et ce désir de progression, va placer la personne qui la pratique face à ses blocages. L'extrême sensibilité et la grande réactivité du cheval mettent le cavalier face à lui-même et le renvoient à ses états d'âme les plus profonds. Les interactions entre le cavalier et le cheval viennent encore compliquer le jeu : chacun des deux partenaires est à la fois confronté à ses propres problèmes et aux problèmes de l'autre !

Le bon enseignant va pouvoir, en regardant le couple travailler, identifier les blocages de chacun des partenaires et offrir des solutions au cavalier. Il ne s'agit pas de transformer l'enseignant d'équitation en psychothérapeute, mais simplement de ne pas ou de ne plus dénier l'aspect émotionnel."

 

"Chaque activité pratiquée avec l'intention de réellement progresser nécessite une pratique assidue, un centrage, une persévérance et une discipline qui engagent toute la personne. C'est une des voies d'accès au niveau spirituel, c'est-à-dire le niveau le plus élevé de l'Être. Le cavalier ressent alors une complétude, une communion profonde avec son cheval et ce qui l'entoure. Il vit des moments d'intense bonheur."

"Le cheval est ton miroir. Il ne te flatte jamais. Il reflète ton tempérament. Il reflète même ses vacillations. Ne te fâche jamais contre ton cheval, tu pourrais aussi bien te fâcher contre ton miroir."

(Citant Binding)

 

"En prenant soin du cheval, le cavalier prend soin de lui, soin de l'enfant qui est en lui. Même sans en avoir conscience, le fait de projeter son histoire sur le cheval va donner au cavalier la possibilité de guérir, parce que l'on est souvent plus tendre, plus doux, plus attentif, plus respectueux avec un animal désiré et choisi, qu'avec soi-même."

"La capacité de se remettre d'une blessure n'est pas fonction de sa profondeur, mais dépend de notre capacité à l'accepter... Ne commence pas ta journée avec les blessures d'hier."

 

"Un cavalier qui accepte et arrive à mettre à jour une croyance profonde dévalorisante ou négative sur lui ou sur le cheval, peut modifier profondément son attitude en faisant sauter les verrous. Prendre conscience de ce type de pensées et en trouver les origines peut devenir un atout. En comprenant l'origine de cette pensée et en acceptant de ressentir la souffrance que cela lui a causé, mais aussi les besoins que cela nourrit chez lui, le cavalier se met ou se remet en marche. Il peut alors évoluer !"

"Le cheval, véritable éponge, va capter l'ensemble des émotions du cavalier dans ses moindres nuances. Il va les utiliser pour prendre le pouvoir sur son partenaire, se défendre ou se laisser lui aussi contaminer par la peur."

 

"Il est important de savoir que le cavalier peut ressentir de la peur, mais que la peur n'a pas de consistance. C'est seulement une émotion qui engendre le plus souvent des réponses inadaptées, irréfléchies, qui sont, elles, potentiellement dangereuses."

 

"L'abandon de l'équitation : Continuellement confronté à sa peur, le cavalier peut perdre totalement confiance en lui. Il peut se sentir dévalorisé, incapable de réaliser quelque chose. Il est d'autant plus touché qu'il met toute son énergie à vivre sa passion. Il abandonne comme on divorce, dans la douleur, la déception et la frustration.

Le cavalier perd beaucoup dans cet abandon : l'estime de lui, le lien affectif avec le cheval, la famille équestre. Il peut même éprouver une grande souffrance […]. Il peut aller jusqu'à se voir comme étant lui-même un échec, non seulement au niveau de l'équitation, mais dans toute sa vie, dans son être."

 

"Surcompensation : Le cavalier occulte son ressenti. L'émotionnel est étouffé. L'équitation devient une lutte contre sa peur, mais aussi contre lui-même. Il se contrôle au maximum, n'en parle pas, est dur aec lui-même et avec les autres.

Il peut même mettre la barre "plus haut" et forcer sa peur. C'est l'attitude la plus souvent choisie. Une grande partie de la vie du cavalier se passe alors en bagarre avec lui-même, bagarre à laquelle il va s'habituer. Cette attitude peut répondre à des injonctions parentales, récentes ou anciennes, mais aussi à la volonté ou à l'orgueil du cavalier.

Cette attitude sans accompagnement est très douloureuse, parce que contrairement à la précédente (l'abandon était un évitement de la douleur), le cavalier est en permanence dans sa peur, sans arriver à s'en débarrasser."

 

"Le cavalier est coincé entre son amour, sa passion du cheval et sa peur : Cette situation est beaucoup plus fréquente qu'il n'y paraît.

Le cavalier continue à monter la peur au ventre, sans la nier, mais sans ne jamais arriver véritablement à la dépasser. Il ressent un malaise général. Il a le sentiment diffus qu'un danger imminent le guette. […]

C'est une attitude douloureuse, qui empêche le cavalier de progresser, et génère une grande frustration malgré la volonté déployée."

 

"Le déni de la peur : Le cavalier affirme ne pas avoir peur. Il fait comme si la peur n'existait pas chez lui et se coupe de son émotion. Il entre en résistance avec elle, mais la peur va s'amplifier.

La culture et la tradition équestre, qui méprisent les attitudes de pur et les aveux de faiblesse en général, renforcent cette attitude. […]

Reconnaître sa peur pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une énergie en mouvement qui évolue à l'intérieur de soi, une information, le signal d'un risque possible, en évaluer les avantages et les inconvénients, permet de reprendre contact avec soi-même. Et de retrouver l'étrange excitation et la griserie qui vous avaient saisis la première fois où vous étiez monté à cheval, lorsque l'attrait de l'inconnu vous poussait vers l'avant."

 

"La peur de se laisser emmener : Être entraîné vers l'inconnu est une des situations les plus anxiogènes pour l'être humain.

La simple idée de perdre le contrôle du cheval, de ne pls pouvoir le diriger, de ne pas arriver à l'arrêter, provoque chez le cavalier une violente émotion. […] Prendre conscience de la réalité des risques, les évaluer, apprendre à les maîtriser... voilà quelques pistes de travail en ce domaine."

 

"La peur du galop : Le galop est associé à la vitesse, au danger, à la mort. "C'est à cheval, au triple galop, qu'elle avait éprouvé à la fois l'extrême jouissance de vivre et l'acceptation de mourir." rapporte Jérôme Garcin à propos de Françoise Sagan. Le galop appelle une respiration profonde, puissante. Il semble au cavalier difficile, déstabilisant, potentiellement explosif. Brûler les étapes dans l'apprentissage de l'équilibre, du contrôle de soi et de la maîtrise du cheval, met le cavalier en situation de stress. Nier le ressenti du cavalier, vouloir forcer la peur du galop est pour l'enseignant une faute grave."

"La peur de l'obstacle : L'explosion d'énergie liée au saut déstabilise le cavalier. Elle peut provoquer de grands déséquilibres lorsqu'il n'est pas en phase avec son cheval. Sauter est perçu comme une difficulté supplémentaire, parfois insurmontable, souvent associée à l'idée de chute. L'émotionnel est alors fortement sollicité. Vivre ces moments en conscience, reconnaître son émotion, apprivoiser son appréhension, accorder sa confiance au cheval, être à l'écoute, c'est accepter que le cheval libère l'énergie qui est en lui."

 

"Nos peurs sont à la hauteur de nos désirs !"

 

"La peur de la chute :

Corollaire des peurs précédentes, la peur de la chute engendre l'idée de douleur, de handicap, de mort. Elle rejoint celle de l'accident dans l'inconscient de chaque cavalier. Renforcée par toutes les histoires édifiantes de fractures, de chutes spectaculaires et autres cicatrices que les cavaliers évoquent lors des soirées, elle agit comme repoussoir pour les débutants, inhibe et limite le cavalier dans son apprentissage. […]

La chute, quoiqu'en pensent nombre de cavaliers et certains enseignants, n'est pas une fatalité ni un moyen de pédagogie ! Le débutant doit être préservé, autant que faire se peut, de cette expérience traumatisante. […]

Si la chute survient malgré tout, accepter de ressentir et laisser s'exprimer son émotion en limite l'impact psychologique. Prendre conscience de son émotion, en analyser les causes, en tirer les leçons, remettre l'événement à sa juste place... voilà encore quelques précautions permettant d'éviter qu'une blessure psychologique ne s'installe peu à peu."

 

"La connaissance du cheval et la connaissance de soi aident à la résolution de la peur. Il ne s'agit pas de vaincre la peur, ce qui impliquerait la lutte, la bagarre, mais d'entrer en collaboration avec elle par la prise de conscience et par l'acceptation de cette émotion. L'essentiel est de ne pas nier la peur, ni de se laisser dominer par ce sentiment qui parasite notre vie de cavalier. Quelle que soit son origine, la peur n'est qu'un état émotionnel, dont on peut se dissocier. S'observer en train d'avoir peur permet de s'en libérer, de faire la paix avec elle."

"La découverte du poney se fait dès la toute première enfance. Après les bébés nageurs apparaissent maintenant les bébés cavaliers, entre dix-huit et trente-six mois ! L'objectif n'est pas d'en faire de futurs champions, mais de favoriser leur épanouissement, d'en faire des enfants bien dans leur peau. "Porté, bercé par le poney, le petit quitte les bras du parent pour un autre corps à corps. Cela lui permet de se séparer en douceur. Plus tard, ces gamins s'adapteront très bien à l'école" (Claudine Pelletier-Milet – Un poney pour être grand)

La relation, basée sur l'affectivité, passe volontiers chez l'enfant par le langge corporel. Il explore et découvre le corps du poney, frotte son nez contre sa fourrure, s'imprègne de son odeur, l'entoure de ses bras et l'embrasse tendrement. Il est souvent émouvant de le voir faire. L'émotionnel n'est pas encore inhibé et l'enfant déborde d'affection pour cette peluche grandeur nature à laquelle il confie ses émotions, ses joies, ses chagrins, ses craintes et ses espoirs. […] Couvé à la maison par sa mère, l'enfant apprend à prendre soin de quelqu'un d'autre. […]

A cet âge, l'attrait exercé par le poney ou le cheval est le même pour les deux sexes."

 

"La passion et l'amour du cheval ne paraissent pas à cet âge suffisants pour aider les garçons à dépasser la difficulté d'être minoritaire et d'avoir à se confronter au sexe opposé. Ils reviennent ou arrivent à l'équitation plus tard, quand ils sont plus matures."

 

"L'affectif est au centre de la relation de l'adolescente avec le cheval."

"Le cavalier trouve à la fois un exutoire et une compensation, voire une surcompensation, dans la relation avec le cheval. Le cheval devient le réceptacle de cet amour si difficile à recevoir et à donner aux humains."

"Oublier que le cheval a des besoins propres et des attentes particulières, liés aux caractéristiques et aux prérogatives de son espèce, de sa nature, qu'il possède des droits inhérents à son état de cheval, c'est installer un malentendu et aller au-devant de problèmes importants, tant pour le cheval que pour le cavalier.

Un cheval n'est pas un être humain !

En prendre conscience, en tenir compte, remettre chacun à la place qui doit être la sienne, adapter ses comportements à la nature de l'animal, permet d'établir une relation basée sur la connaissance mutuelle et le respect de chacun."

 

"L'implication affective excessive crée souvent des frustrations chez le cavalier. Il est alors très difficile d'avoir le recul nécessaire pour communiquer avec le cheval. Le cavalier se sent personnellement remis en question, parce qu'il échoue dans sa mission. Le cheval devient la vitrine de l'échec du cavalier.

Les difficultés à résoudre, les problèmes équestres rencontrés, pour des raisons diverses liées à la complexité de l'équitation, engendrent selon le caractère du cavalier des comportements allant du simple abandon de l'équitation aux actes de maltraitance et de violence vis-à-vis de l'animal. La colère est une décharge émotionnelle forte. L'animal devient porteur des frustrations de son cavalier."

 

"Inversement, celui qui n'ose pas demander ou qui se refuse par amour du cheval à fixer des limites à un partenaire turbulent ou rendu méfiant, par peur de le blesser ou d'altérer la relation, éprouve lui aussi des difficultés. […] Le cavalier, rendu aveugle par son amour indéfectible, n'analyse plus correctement la situation. Il est incapable de s'apercevoir que son cheval a besoin d'être éduqué et d'être mis aux ordres."

 

"Le cavalier est responsable du bien-être et de la santé de son cheval. Mais il y a une grande différence entre se sentir responsable, et vivre dans la culpabilité et l'anxiété par rapport au cheval."

 

"L'attachement excessif set une dépendance. Ce n'est pas de l'amour !"

 

"La culpabilité devient un fléau quand, dans sa manifestation excessive, elle nous empêche de vivre. C'est dans son exagération que la culpabilité est toxique. […] Nous sommes responsables de nos actes, mais nous punir pour cela ne nous appartient pas. Nous pouvons en revanche en tirer es conséquences et transformer nos comportements."

"Si l'attitude du cavalier arrive parfois à masquer aux yeux des humains une piètre estime de soi, elle ne trompe pas le cheval qui évalue presque instantanément chacun à sa juste valeur. Le manque de confiance en soi du cavalier parasite tous ses rapports avec les chevaux. Il l'empêche de ressentir, de choisir la bonne solution, d'agir au bon moment avec efficacité. Il se transmet au cheval et le couple ne fonctionne plus.

L'estime de soi basse ne permet pas de mobiliser ses ressources pour trouver en soi les solutions face aux difficultés, pour se relever rapidement des échecs et rebondir facilement. Plus le cavalier part de bas, plus l'obstacle lui paraît haut à franchir !

Pourtant, accepter de se regarder faire, avec un regard neuf et lucide, sans jugement, offre l'occasion au cavalier de prendre conscience de la mauvaise image qu'il a de lui, et de se libérer des entraves inconscientes ou choisies qui le limitent.

Faire sauter ces entraves, offrir à chacun la possibilité de se libérer et de s'épanouir est peut-être pour l'enseignant la tâche la plus difficile. Elle est aussi la plus exaltante !"

"Les encouragements, la bienveillance, la confiance accordée, les félicitations, les signes de reconnaissance, le regard positif sur toutes choses, construisent dès le plus jeune âge une estime de soi positive, source d'énergie, de vitalité et de confiance en soi. Elle procure une endurance et une force intérieure, une philosophie de vie.

Elle fonctionne comme un amortisseur pour les "coups durs". Les tâtonnements et les échecs sont vécus sans culpabilité, comme de simples péripéties de l’existence, et l'enfant apprend très vite à les dépasser. Si la réussite immédiate n'est pas indispensable, chaque réussite renforce l'image que chacun se fait de lui-même.

Une estime de soi haute permet de transcender les blessures de l'Être. Avoir une bonne estime de soi est donc un atout pour le cavalier. Elle lui permet d'aller de l'avant et de surmonter les difficultés immanquablement rencontrées.

Mais là encore tout est affaire de dosage. Une estime de soi beaucoup trop mauvaise paralyse le cavalier et le met en situation de doutes et d'échecs permanents. Mais la prétention peut le rendre arrogant et égocentrique. D'une certaine manière, elle l'empêche aussi de progresser dans la mesure où le cavalier ne se remet pas en cause. Le cheval n'est plus qu'un piédestal qui flatte la vanité de l'homme."

"Celui qui dispose depuis longtemps d'un bon capital confiance bénéficie dès son premier contact avec les chevaux et l'équitation d'un atout non négligeable. L'appréhension légitime sera légère, les progrès rapides. Mais quel que soit le niveau de confiance au départ, la pratique équestre, lorsqu'elle est bien menée ou guidée par un enseignant réellement compétent, est un formidable outil pour acquérir développer et renforcer la confiance et l'estime de soi, parce qu'elle demande de persévérance et de dépassement de ses limites, qu'elles soient physiques ou mentales.

A l'inverse, un apprentissage mal conduit, où le cavalier est dépassé par l'ampleur et la complexité de la tâche, la difficulté d'un cheval mal dressé ou trop impétueux, peut avoir un effet très négatif en écornant la confiance de n'importe quel débutant. Elle écarte d'emblée le cavalier en herbe peu sûr de lui !"

"La confiance en soi dépend beaucoup du regard que les autres portent sur vous dans la vie. La pratique équestre, parce qu'elle donne à voir, confronte presque toujours le cavalier au regard des autres : famille, amis, enseignants, jurys, concurrents, public... Ces regards réveillent toutes les peurs d'être vu, d'être jugé, et réactive les croyances limitantes sur nous-mêmes. Les expériences négatives du passé rejaillissent, principalement la peur d'être rejeté, de ne plus faire partie, de ne plus être aimé. Ces peurs sont parmi les plus fréquentes du genre humain."

 

"Le regard que porte l'enseignant sur son élève d'équitation en particulier et la façon dont celui-ci est perçu est très complexe. Son regard est à la fois celui du père ou de la mère, du professeur, du juge, de l'ami ou du confident, du public... Le cavalier lui attribue tous ces rôles à la fois, mais privilégie tel type de regard selon son tempérament, l'estime qu'il a de lui-même, et les circonstances."

 

"Les cavaliers n'ont pas toujours une analyse très objective de leur niveau et de leurs aptitudes réelles. Ils se leurrent souvent en se surestimant ou en se sous-estimant : ils ont du mal à reconnaître dans le regard de l'enseignant. Aussi l'attitude de celui-ci est-elle déterminante.

Un regard bienveillant est rassurant, stimulant pour l'élève : il conforte l'estime de soi en favorisant l'appropriation d'une image plus positive de soi. Le cavalier investissant plus positivement sa propre image va prendre progressivement de l'assurance. A l'inverse, tout regard tenté de mépris dévalorise et renforce une mésestime de soi latente ou évidente."

 

"Si le cavalier de compétition doit montrer qu'il est le meilleur, l'artiste doit créer, séduire, étonner tout en faisant partager un plaisir et passer une émotion."

"Beaucoup de cavaliers semblent avoir un rapport compliqué avec les humains, et le cheval peut-être pour eux la passerelle qui les rapproche des autres, s'ils acceptent la confrontation avec les zones d'ombres que le cheval leur révèle. Ce que le cavalier gagne en connaissance de lui-même lui sert pour sa pratique équestre, mais aussi dans sa vie quotidienne, dans son travail, dans son positionnement vis-à-vis de lui-même et des autres.

 

"L'essence de l'équitation, mais nous pourrions dire de la méditation, est d'être dans l'ici et maintenant dans une conscience et une vigilance extrême, sans alimenter aucune des pensées inutiles qui nous traversent l'esprit.

C'est d'ailleurs l'expérience fréquemment vécue par les cavaliers qui oublient à cheval soucis et stress, et trouvent la vie moins pesante le pied mis à terre. Laisser le mental au repos, ne pas s'accrocher aux pensées parasites, permet de se retrouver vraiment et de se relaxer, à cheval comme dans la vie."

"Même si beaucoup d'entre nous utilisent le cheval pour s'évader de ce qui nous pèse dans d'autres domaines de l'existence, aucune séparation entre nos différents espaces n'existe vraiment. Ce qui n'est pas résolu dans notre vie quotidienne se représentera sous une autre forme en équitation, afin d'être compris et transformé."

"Entendre le chuchotement subtil du langage corporel du cheval, être à l'écoute de ses pensées et de ses émotions, percevoir dans le même temps les multiples messages envoyés par son propre corps, prendre conscience de ses propres émotions, permet au cavalier d'établir une communication d'une grande finesse. Les interactions entre les deux partenaires sont d'une richesse telle, qu'elles en deviennent des communions, véritables voies d'accès à l'équilibre intérieur et au bien-être."

"Communiquer avec le cheval demande une authenticité de tous les instants, une disponibilité mentale, une approche créative dans la résolution des problèmes, sans montrer d'impatience ou d'agacement, et sans s'attacher à des préjugés ou des méthodes rigides pour atteindre ses objectifs."

 

"Le dialogue entre l'homme et le cheval est fait de mille petits détails dont aucun ne doit être négligé. Construit jour après jour, il peut être remis en cause à chaque séance ! D'essence non verbale, il passe par la sensibilité et la finesse du cavalier.

Avoir du tact, c'est établir instantanément un dialogue avec le cheval, agir avec justesse, opportunité, délicatesse et discrétion. "Il y a le tact de la main, le tact des jambes, le tact de l'assiette et le tact de la tête" écrivait Nuno Oliveira."

"Mettre en confiance l'élève afin qu'il s'ouvre, conserver la sérénité du cheval et maintenir son intérêt, sont des préoccupations permanentes pour l'enseignant. Il doit s'efforcer de trouver le langage le plus compréhensible par son élève, adapté à son âge et à son niveau socioculturel. Il doit aussi sentir que tel cavalier a besoin d'explications très détaillées, celui-ci de silences entrecoupés par quelques mots afin de se concentrer, celui-là de comprendre avant de sentir, à l'inverse de ce dernier. Certains ont besoin d'approbation et d'encouragements, d'autres attendent une critique de ce qu'ils font.

Mais il n'y a pas de bonne communication entre l'élève et son maître sans un langage clair, précis, imagé et immédiat, rythmé par la respiration des silences."

 

"L'élève-cavalier a une tâche difficile. Il doit enregistrer une foule d'informations émanant à la fois du professeur, du cheval, de son propre corps, de l'environnement, et gérer ses propres émotions et ses pensées."

 

"L'objectif de l'enseignant est essentiellement d'aider cavaliers et chevaux à prendre du plaisir ensemble, à évoluer et à s'épanouir. […]

C'est pourquoi, sans renoncer au sérieux et à la qualité de son enseignement, notamment technique, il doit mettre l'accent sur le plaisir, la détente, la relaxation et l'apprentissage sans stress, en favorisant une monte libre de tensions et de douleurs pour les deux partenaires."

 

"Aider les cavaliers à découvrir ce qu'ils sont vraiment, en utilisant les formidables capacités du cheval en ce domaine, demande à l'enseignant un engagement qui va bien au-delà d'un simple cours technique. […]

L'enseignant, s'il veut pleinement assurer son rôle, doit être en rechercher perpétuelle, et ne pas rester prisonnier d'une méthode, d'un mode de pensée unique."

 

"L'abus de pouvoir sur le cheval est donc condamnable. Il l'est tout autant vis-à-vis des élèves ! Le savoir donne souvent le pouvoir...

Le rôle de l'enseignant n'est pas d'imposer ce qui lui plait, bien qu'il soit très intéressant d'amener les élèves à découvrir et à aimer ce qui le passionne, mais de susciter leur curiosité et de leur ouvrir des horizons. Proposer une large palette de pratiques équestres incite le cavalier à découvrir ce qui l'attire vraiment, à préciser ses choix et à définir son projet."

 

"La cordialité des rapports, la bienveillance et la confiance de l'enseignant, qui n'excluent pas la fermeté et l'exigence, facilite l'apprentissage en évacuant le sentiment de stress. L'enseignement bâti sur le mépris, la force, la peur et la sanction le renforce."

Bernard Chiris (S'épanouir à cheval) 

"Le cheval est dangereux devant, dangereux derrière et inconfortable au milieu"

Winston Churchill

"Les chevaux n'ont pas inventé le fer ! Ils se sont déplacés sur tous les continents pendant des millions d'années avant qu'ils ne rencontrent l'homme ! Si on place cette évolution à l'échelle d'une année, les chevaux évoluent pieds nus depuis 365 jours et ne connaissent le ferrage que de puis 5 à 10 minutes."

Jean-Claude Creignou

"L'équitation et le saut d'obstacles captivent leurs initiés à un point tel qu'on se retrouve comme pris dans un courant, à essayer de nager furieusement, sans pourtant faire d'effort réel pour savoir exactement où l'on désire aboutir. […] Je n'ai personnellement pris conscience de la valeur d'un conseil qu'au bout de plusieurs années douloureuses passées dans une quasi totale inconscience. […] En vérité, on vieillit trop vite et on ne devient esthétique que trop tard."

A.Eugene Cunningham

"Tous les grands auteurs équestres ont été des écuyers exceptionnellement doués pour lesquels les difficultés n'existaient pour ainsi dire pas. Ne les ayant jamais rencontrées, ils ne les mentionnent guère, et indiquent bien moins encore les moyens de les surmonter. Leurs lecteurs, même très sensiblement au-dessus de la moyenne des cavaliers expérimentés, se heurtent au contraire à chaque pas à ces difficultés dont la solution ne leur est pas fournie, ni même suggérée."

"L'équitation académique se propose d'abord de rendre au cheval monté la grâce des attitudes et des mouvements qu'il avait naturellement en liberté, et qui se trouve altérée par le poids et les interventions du cavalier."

"Mais la soumission "utile" du cheval ne s'acquiert pas "en bloc", au moyen d'un domptage qui mettrait une fois pour toutes aux mains du cavalier le pouvoir d'obtenir dorénavant de sa monture n'importe quel acte nouveau imposé par lui.

Le cheval ne peut exécuter que les ordres dont il comprend le sens, et sa constitution mentale ne permet pas à l'homme d'entreprendre séparément l'enseignement du sens d'un de ses ordres, et l'obtention du consentement à l'exécution de celui-ci. En réalité, se faire comprendre et se faire obéir ne font qu'un en dressage, et la certitude d'être compris n'existe jamais pour le cavalier qui n'est pas obéi."

 

"C'est seulement en plaçant le cheval dans un ensemble de conditions tel que leur influence détermine l'instinct à accomplir tel acte, que l'exécution de cet acte peut être obtenue de lui ;

La reconstitution du même ensemble déterminant reste indispensable pendant e temps nécessaire à la formation de l'habitude, grâce à laquelle l'exécution de l'acte prend un caractère de fatalité analogue à celui du réflexe de l'homme."

 

"Dans la Basse Ecole, le cheval est exercé sur une et sur deux pistes dans toutes ses allures naturelles amenées à leur plus haut degré de régularité à toutes les vitesses, ainsi qu'à l'inversion instantanée du galop dans les changements de direction.

Dans la Haute Ecole, les allures prennent la forme relevée du pas, du trot et du galop dits "d'école". Pour certaines d'entre elles, cette transformation est poussée plus loin, jusqu'aux airs dits "près de terre." Il n'existe pas d'air classique issu du pas.

L'air issu du trot est le passage, qui prend le nom de piaffer quand il est exécuté sur place. […] L'alternance du galop à battues comptées sur l'un et l'autre pied, sans allure intermédiaire, constitue l'air des changements de pied, dits "au temps" ou "du tact au tact". La pirouette s'exécute au passage ou au galop."

"Il en résulte qu'au moindre trouble de sa sérénité, le cavalier est dans la nécessité absolue de laisser le temps exercer son action pour le rétablissement intégral de son calme physique, qui commande celui du cheval. Un temps "mort" ou un temps de repos, si la soumission n'est pas en jeu, sont indispensables avant la reprise de la leçon. Après une vive contrariété, n'eût-elle rien à voir avec le cheval, le dresseur doit avoir la sagesse de remettre au lendemain la leçon du jour et savoir se contenter d'offrir à son élève une simple promenade de santé."

 

"Le désir passionné du mouvement en avant doit prendre chez le cheval dressé la puissante rigueur, l'intensité lancinante d'un besoin physique impérieux et permanent. Il faut que l'entretien et le développement, s'il y a lieu, de cette 'passion' prenne le caractère de hantise d'une idée fixe chez le cavalier, qui doit avoir toujours présente à l'esprit l'impuissance où il est réduit aussitôt que l'impulsion disparaît."

"L'excès d'ouverture ou de fermeture des angles au grasset et au jarret est toujours une source de difficultés dans le travail de "façonnement" de l'arrière-main, mais l'excès de fermeture est presque toujours plus défavorable que celui d'ouverture, parce qu'il place le cheval dans un demi-rassembler permanent sans effet utile pour les allures, et très difficile à augmenter dans la mesure qui convient pour leur procurer une élévation sensible."

"Dans l'avant-main, l'importance du garrot est capitale, parce que sa disposition commande celle du bout de devant tout entier. Si le garrot est suffisamment prolongé en arrière et élevé, la tension des muscles du dessus, quand la croupe s'abaisse par l'engagement des postérieurs, provoque tout naturellement celle des muscles releveurs de l'encolure, sur lesquels le cavalier n'a pas de moyens d'action directs."

 

"L'encolure doit aussi être étudiée attentivement. En premier lieu, c'est son orientation par rapport au tronc, au sortir des épaules, qui doit être examinée. Elle doit être aussi voisine que possible de 45° au-dessus de l'horizontale."

 

"La flexion de l'encolure vers la troisième ou la quatrième vertèbre, au lieu de la nuque, peut bien amener le chanfrein à la verticale, et donner au cheval l'apparence du ramener, mais la réaction de ce ploiement de l'encolure sur les courbures naturelles du rachis est bien loin d'avoir la puissance de celle du véritable ramener pour la compression des ressorts de l'épine dorsale, qui constitue le "rassembler" du dessus, c'est à dire l'essentiel du rassembler."

 

"Les aplombs des membres doivent être vérifiés avec soin. D profil, dans l'arrière-main, la ligne qui joint la pointe de la fesse à celle du jarret dot être aussi près possible de la verticale, et passer par la saillie postérieure du boulet. L'inclinaison du bas de cette ligne en avant ou en arrière de la verticale est toujours défavorable au rassembler. Quand les postérieurs sont naturellement campés, leurs pieds atteignent difficilement la position avancée sous la masse qui procure les avantages de cette attitude d'ensemble. Quand ils sont en avant de la verticale et placés naturellement sous le cheval, leurs pieds dépassent trop facilement l'emplacement utile au rassembler, et toutes les articulations de l'arrière-main sont alors soumises à un effet de flexion qui les paralyse."

"Les allures naturelles du cheval ne sont jamais complètement transformées par le dressage. Elles peuvent seulement être régularisées et développées dans une certaine mesure, difficile à prévoir, et dont il vaut mieux préjuger sans optimisme."

 

"Si, en tournant du côté opposé au pied sur lequel il galope, le cheval reste sur ce pied et continue à galoper à faux, c'est déjà l'indice d'une maladresse naturelle à cette allure. S'il se désunit, et reste désuni, cette maladresse est encore plus grave. Si enfin, il passe d'un pied à l'autre en intercalant une battue de trot dans chaque changement de pied, il est prudent de renoncer à son dressage, qui ne donnera que des déboires au galop.

Les changements de pied naturels en liberté doivent être faciles, légers et instantanés, pour donner toute garantie sur leur future exécution au commandement."

"Pour le moral, la méchanceté et le mauvais caractère invétérés sont rédhibitoires. Même après des années de travail méthodique, de fermeté unie à la douceur, après de longues périodes de soumission en apparence parfaite, jamais le cavalier n'aura la certitude d'obtenir l'obéissance totale, confiante, joyeuse, prévenante, que réclame une présentation. Même si la domination du cavalier est complète, la nécessité éventuelle de recourir à la contrainte risque de provoquer au minimum le coucher des oreilles, ou le fouaillement de la queue, et le juge consciencieux sera dans l’obligation d'en tenir compte dans sa note de soumission."

 

"Le cheval froid, pour le travail académique, est souvent un sujet ingrat. Faute d'impulsion naturelle, le cavalier est dans la nécessité permanente d'entretenir, sinon de surexciter l'action. Il arrive souvent que ses efforts pour y parvenir demeurent visibles. La note 'd'impulsion' du juge en sera influencée. De plus l'emploi continuel et accentué des jambes nuit toujours plus ou moins à la régularité de la position du cavalier, aux dépens de sa note de 'correction'."

 

"Le cheval trop chaud, surtout si le public augmente sa nervosité, est aussi souvent bien délicat à présenter, car il devient fréquemment brouillon et inattentif. Il vaut cependant mieux disposer en permanence d'un léger excès d'énergie que d'être sous la menace continuelle d'une chute de tension."

 

"Donc, au moral, il faut un "brave homme" de cheval, généreux sans fanatisme, pourvu de bons yeux, bien élevé et civilisé."

"Les aides sont les jambes, la main, la disposition du poids du cavalier, la cravache, la caresse, la voix, et l'exploitation des conditions extérieures."

"L'insuffisance de l'action impulsive des jambes rend cette exécution languissante et endormie. Les actions directrices de la main ne doivent leur efficacité qu'à l'opposition partielle qu'elles forment à l'impulsion, et elles deviennent indistinctes quand cette opposition ne reçoit plus de poussée suffisante pour s'exercer nettement. Si le cavalier, pour tenter de les rendre plus précises, commettait la faute de recourir à des tractions sur les rênes, il en réduirait encore l'activité déjà déficiente de son cheval qui se mettrait "derrière la main". Déjà hésitant dans son obéissance, il ne tarderait pas à devenir douteux, et à s'engager sur la voie de la rétivité."

"L'action impulsive des jambes doit toujours s'exercer sous forme de contact bref avec le corps du cheval. Toute prolongation de ce contact, tout appui des jambes, avec ou sans augmentation de leur pression, est défavorable à la production ou à l'augmentation de l'impulsion."

 

"Le coup de talon, surtout quand il est armé d'un éperon, est la forme la plus rigoureuse des indications impulsives de la jambe, et le coup de mollet sa forme ordinaire. Ces coups ne doivent jamais être appuyés mais élastiques comme ceux du marteau à ressort d'une sonnette électrique."

 

"L'effet minimum résulte d'appuis brefs et rapprochés du pied sur l'étrier, sans perte du contact de celui-ci, et sans déplacement de la jambe. […] Entre ces deux formes extrêmes de leur emploi, les jambes sont utilisées dans leur rôle impulsif par vibrations des mollets, résultant de brèves contractions de leurs muscles sans déplacement visible du bas de la jambe. C'est la forme ordinaire des actions impulsives."

 

"Dans l'équitation académique, l'appui doit être rendu aussi léger que possible, et rapproché au plus près du simple contact, qui ne doit jamais être perdu."

 

"Demi-arrêt : Action ferme de bas en haut sur rênes tendues, et doigts bien fermés, suivie rapidement du relâchement progressif des doigt, et d'une cession de la main. Cette action présente de l'analogie avec celle qui permet d'arracher de terre un lourd pavé placé au pied d'un escalier, pour le déposer sur une des marches de cet escalier, sans endommager en quoi que ce soit la surface de cette marche, et sans faire de bruit."

 

"Vibration : Frémissement de l'extrémité des doigts faiblement serrés sur la rêne, analogue à celui du violoniste sur les cordes de son instrument pour obtenir le vibrato."

 

"La mise en main : Ou décontraction de la bouche dans le ramener, réduit momentanément l'appui au contact minimum.

La descente de main : Prolonge et maintien cette réduction de l'appui au contact minimum."

 

"Le procédé le plus efficace pour régler aux moindres frais la vitesse du cheval trop chaud est le relèvement de son encolure. Pour pousser son encolure de haut en bas, le cheval ne dispose que d'une force restreinte. Il lui est impossible de l'exercer d'une façon continue, et c'est seulement par des plongées sur la main, plus ou moins espacées, qu'il peut lutter pour se soustraire à l'attitude élevée que le cavalier veut imposer à son encolure. […] C'est en faisant porter à la main son bout de devant abandonné sur elle que le cheval exerce cette pesée. En refusant le soutien de celle-ci à la tête du cheval, inlassablement replacée dès qu'elle s'abandonne, le cavalier parvient à provoquer peu à peu l'entrée en action des muscles releveurs, jusqu'à ce que leur effort suffise à lui seul pour assurer le soutien de l'encolure."

 

"Un tel résultat ne s'obtient qu'avec beaucoup d'habileté et de persévérance. A chaque demande de ralentissement, l'intensité de la nouvelle indication doit toujours être inférieure à celle qui, dans la précédente, a suffi pour obtenir la soumission. Quand elle s'avère insuffisante, son augmentation soit être effectuée par degrés à peine sensibles, et cesser au premier signe d'obéissance. C'est seulement par une longue pratique de cette parcimonie calculée, dont la moindre impatience compromet les résultats, que la domination absolue du moral peut-être obtenue, et la persuasion substituée à la contrainte."

 

"Pour donner aux rênes, par rapport à la bouche, les directions qui déterminent leurs effets, le cavalier est dans la nécessité de déplacer ses mains en tous sens. L'amplitude de ces déplacements est assez étendue en équitation d'extérieur, et le reste au début du dressage d'école. Elle diminue avec les progrès de ce dressage jusqu'à donner au spectateur l'illusion de l'immobilité de la main, qui, en réalité, est au contraire n évolution presque continue, mais insensible."

 

"Théoriquement, la main ne devrait pas se déplacer d'avant en arrière, puisque toute traction sur la bouche est une faute de main. […] Il faut donc s'efforcer de conserver la continuité de l'appui en suivant la bouche dans ses déplacements, tant en arrière qu'en avant."

 

"En réalité, les effets qu'il croit provoquer grâce aux déplacements de son corps sont obtenus la plupart du temps malgré ceux-ci. Loin d'aider le cheval, ces déplacements ne constituent pour lui que des obstacles, qu'il s'attache d'ailleurs à franchir bravement, pour avoir la paix.

Il est donc prudent, en équitation académique, de réduire les déplacements du buste au strict indispensable […]"

 

"Le cavalier peut encore déplacer très sensiblement le point d'application de son poids sur le dos du cheval sans modifier la position de son buste. En relâchant l'étreinte des jambes jusqu'au simple contact avec le corps du cheval, et en prenant sur les étriers le moins d'appui qu'il est possible sans les perdre, le cavalier fait porter tout son poids sur ses ischions, et par conséquent sur la partie du dos du cheval qui se trouve à peu près sous le tiers postérieur de la selle. En faisant au contraire porter sur les étriers la plus grande partie de son poids, et en dégageant l'assiette imperceptiblement soulevée, le cavalier fait porter son poids sur la partie du dos située au-dessous des portes-étrivières, c'est-à-dire vers le tiers antérieur de la selle.

Tous les chevaux sont sensibles à ces déplacements de point d'application du poids du cavalier, et quelques-uns le sont tout particulièrement en ce qui concerne l'activité du "dessus". L'allègement de l'assiette dégage le rein, et facilite les mouvements de flexion du rachis. Les chevaux qui reculent difficilement, par exemple, en sont aidés d'une manière très sensible."

 

"La caresse est un moyen de dressage d'importance capitale. Tous les chevaux y sont plus ou moins sensibles naturellement, et leur sensibilité peut être accrue considérablement quand le cavalier prend le soin de aire longtemps suivre la caresse, dans les débuts du dressage, de satisfactions immédiates encore plus vives, telles que friandises, pied à terre, retour à l'écurie, etc."

 

"Ainsi, pour enseigner quoi que ce soit au cheval, le cavalier ne dispose jamais que d'un seul moyen : placer son élève dans un ensemble de conditions tel que la réaction de son instinct consiste précisément dans ce que le cavalier veut obtenir. Or, quelle que soit l'habileté du dresseur, il est à peu près impossible que l'ensemble de conditions qu'il a réalisé détermine une seule réaction. Le cheval en essaie presque toujours plusieurs, plus ou moins différentes, et le dresseur 'guette' l'apparition de celle qu'il désire pour la récompenser le plus rapidement possible, par la caresse, notamment. Le cheval, lui, met toujours du temps, et souvent longtemps avant de discerner exactement quelle est, dans l'ensemble des réactions qu'il a essayées, celle qui provoque l'octroi de satisfactions. C'est seulement par la répétition des demandes du cavalier au cours desquelles les tâtonnements du cheval se réduisent peu à peu, qu'arrive à se fixer dans l'entendement de ce dernier l'association : tel acte = caresse."

 

"Il faut donc expérimenter d'abord les effets de la voix sur le cheval qu'on prend en dressage, puis les confirmer ou les redresser par la méthode habituelle d'associations des sensations, qui permet seule à l'homme d'atteindre le moral et l'intellect du cheval.

En tout cas il faut toujours exploiter la finesse de son ouïe et éviter d'élever la voix, qu'il perçoit aussi faiblement qu'elle soit émise.

"La gourmette fait partie intégrante du mors qui, sans elle, cesse de fonctionner comme levier, faute de point d'appui. Les effets du mors se bornent alors à ceux d'un filet sans brisure, et très mal ajusté."

"Filet : à moins que le cheval ne souffre de la commissure des lèvres, ou de la langue, il n'y a aucune raison qui justifie l’épaisseur du filet. Il y a au contraire avantage à ce qu'il soit mince, et tienne le moins de place possible."

"Les branches (filet baucher) ne sont pas indispensables, mais elles ont l'avantage de bien fixer le filet à sa place, de l'empêcher de pendre sur la langue, et elles n'ont aucun inconvénient."

 

"La décontraction de la bouche consiste essentiellement en un mouvement de la langue analogue à celui qu'elle exécute pour la déglutition, la mâchoire inférieure ne s'écartant de la lèvre supérieure que dans la mesure nécessaire pour permettre le mouvement de la langue."

 

"La tête doit rester fixe, sans même esquisser aucun mouvement d'aucune sorte, fût-ce celle du "oui", pendant que la mâchoire inférieure se détache moelleusement et seulement dans la faible mesure indispensable au cheval pour mobiliser sa langue."

 

"En obtenant préalablement au moyen d'exercices spéciaux appelés flexions de mâchoire la décontraction de la bouche, et en exerçant le cheval avec une savante gradation à se mouvoir en ous sens sans altérer cette décontraction, le cavalier aura la certitude de conserver son cheval constamment et parfaitement en équilibre." Il en était certainement ainsi pour les chevaux dressés par Baucher. […] Mais pour ceux d'entre eux qui durent travailler seuls avec le livre pour tout guide, il en alla tot autrement. C'est que, par l'abus des flexions de mâchoire, celle-ci devient plus souple que le reste du corps. Elle cède bientôt trop vite et trop facilement, avant que tout le système musculaire soit décontracté ; et même sans qu'il le soit sensiblement."

 

"Le mutisme de certains chevaux malgré la juste répartition de leurs forces, rendue manifeste par l'aisance de leurs mouvements et par le moelleux des réactions subies par l'assiette du cavalier, provient presque toujours de leur défiance de la main, dont les fautes de tact ont découragé leurs première décontractions. Il suffit le plus souvent, avec ces chevaux, de rétablir leur confiance par la générosité des remises de main au plus faible signe de mobilisation de la bouche, qu'il faut savoir attendre avec patience, et guetter avec l'attention la plus soutenue."

 

"Le ramener, c'est la fermeture de l'angle de la tête avec l'encolure, la nuque restant le point le plus élevé de cette dernière. Le ramener est dit complet quand le chanfrein atteint la verticale ; quand il la dépasse le cheval n'est plus ramené, mais encapuchonné."

 

"Avant de passer à la recherche directe du ramener, le dresseur procédera à quelques flexions latérales de la nuque, en ayant surtout en vue l'égalisation de sa flexibilité des deux côtés."

 

"Comme les flexions de la mâchoire, les flexions de la nuque seront demandées en mouvement et sans chercher à rapprocher la tête du poitrail.

Enfin le dresseur pourra, par une lente gradation, rechercher le ramener, et toujours dans le mouvement, par le jeu des variations de vitesse, des départs et des arrêts.

Dans les ralentissements et les arrêts, le cavalier s'efforcera de prolonger, imperceptiblement d'abord, puis de plus en plus effectivement, la progression du corps du cheval, tandis que, s'étant emparé de la bouche par décontraction, il s'efforcera d'arrêter d'abord la tête, de manière à éteindre avec plus de lenteur le mouvement des membres que celui du bout de devant.

Dans les allongements et les départs, il ne cédera de la main, après son action de jambe, qu'avec plus de réserve qu'auparavant, n'ouvrant les doigts pour laisser passer l'impulsion qu'après la cession de mâchoire du cheval."

"Aussi le relèvement total, du but en blanc, de l'encolure seule, la tête horizontale, est-il générateur d'illusion d'abord, et de déboires ensuite.

De plus, le rein et toutes les articulations de l'arrière-main ont besoin d'être longuement préparés par une gymnastique appropriée à la surcharge réelle qui résulte du relèvement d'encolure avec ramener. Sans cela, elles perdent leur mobilité et leur souplesse.

Le relèvement d'encolure doit sont se faire progressivement, dans tout le cours du dressage, à mesure qu l'arrière-main devient apte à se ployer de partout, donc à s'abaisser. Ce n'est pas le relèvement de l'encolure, c'est l'abaissement des hanches qui est le but à poursuivre. Le relèvement de l'encolure n'est qu'une partie de l'ensemble du travail qui permet d'y arriver."

 

"Aussi longtemps que le cheval ne conserve son élévation d'encolure qu'en l'étayant plus ou moins sur la main par la tension des rênes ; aussi longtemps qu'il la laisse retomber dès que le cavalier cesse de faire agir les rênes de bas en haut en élevant la main, le cheval n'est pas "relevé du devant." Ce relèvement n'est acquis et efficace que lorsque le cheval le conserve par ses propres forces, sans recourir en rien à celles du cavalier, dont la main doit rester alors à sa place normale, sensiblement à la hauteur de la ceinture."

 

"La descente de main est un relâchement de la pression des doigts sur les rênes, qui glissent et s'allongent progressivement, tandis que le cheval, préalablement équilibré et placé en vue de la perfection de son allure, conserve celle-ci intégralement, sans modifier en quoi que ce soit son attitude. […] La descente de main permet au cavalier de donner à son cheval plus de liberté, plus d'aisance dans son attitude inchangée, quand cette attitude lui est devenue familière, et qu'il la conserve volontiers."

 

"Sur une action de jambes, les doigts ouverts, il sait déjà qu'il doit prendre la vitesse correspondante, et l'attitude d'encolure qui convient à cette vitesse : c'est l'essentiel de la descente d'encolure.

Sans action de jambes, celles-ci étant déjà et continuant à rester passives, l'ouverture des doigts lui donnera seulement la liberté sur parole, dont il aura appris à n'user que dans le maintien de son allure et de son attitude, c'est à dire dans la descente de main."

"En rapprochant du corps la main de bride, et en fermant les jambes rapidement et progressivement jusqu'à un appui franc, continu et énergique des deux éperons, on produit ce qu'on appelle l'effet d'ensemble sur l'éperon. On est ainsi absolument maître d'empêcher toute défense, et de conduire son cheval où on le veut, et à l'allure qu'on désire"

"L'effet d'ensemble sur l'éperon permet de "forcer l'obéissance", mais ce n'est pas une obéissance forcée qui convient à l'équitation académique, car elle ne saurait être gracieuse. […] Dans le cas particulier du dressage envisagé ici, les avantages de l'effet d'ensemble ne dépassent pas suffisamment leurs inconvénients pour le rendre recommandable dans tous les cas."

"Le rassembler doit en premier lieu assurer au cheval le maximum de mobilité en tous sens, et l'aptitude aux changements rapides de vitesse.

Il doit en outre lui permettre de donner à ses allures, sur la demande du cavalier, et sans délai le maximum d'élévation compatible avec l'étendue que ce dernier entend leur laisser.

La mobilité exige d'une part des bases de sustentation courtes, qui ne peuvent être établies que par le poser des postérieurs au-delà de leur emplacement dans l'allure libre, c'est-à-dire par leur engagement. Elle exige d'autre part le maintien constant de la masse dans une position moyenne telle que son centre de gravité s'écarte le moins possible de la verticale élevée au centre de chacune des bases successives."

"On peut bien prendre un cheval neuf, et, en le confinant entre quatre murs, lui faire suivre de bout en bout une progression qui le conduise jusqu'aux airs d'école, dans un temps relativement court. Il sera, en apparence, dressé, mais l'éducation "morale", si l'on peut dire, lui fera défaut dans ce qu'elle a d'indispensable, non seulement pour le service courant d'un cheval de selle, mais pour l'exploitation de ce qu'il a appris au manège.

Dès qu'on l'en sortira, tout l'inconnu dont il sera environné lui fournira d'innombrables causes de surprise, de trouble, de frayeur, ou d'excitation. Cette dernière surtout mettra immanquablement en jeu toute son émotivité de poulain, et la tension de son système nerveux se traduira, entre autres désordres, par l'exécution des plus beaux airs de son répertoire, malgré toutes les objurgations de son cavalier pour l'en dissuader. Si ce dernier réussit à l'en empêcher, le cheval, quand on les lui demandera par la suite, éprouvera naturellement la crainte de s'exposer à la répression dont ils ont été l'objet précédemment. Le désordre, ou tout au moins l'inquiétude s'ensuivront dans le travail d'école.

Mais la plupart du temps, le cavalier ne réussira pas complètement à interdire ces manifestations intempestives et ridicules. Le cheval deviendra insupportable à l'extérieur. De plus, il aura rapidement transformé cette agitation en défense."

"Le pas est l'allure la plus favorable aux explications du maître à son élève. Au pas, le cavalier est avec son cheval en liaison intime, constante, et à peu près invariable par l'assiette. Aucune réaction violente ne peut le gêner pour donner à ses indications le maximum de précision. Le développement de leurs effets est relativement lent, le cavalier à tout son temps pour les observer, et peut modifier ses actions en conséquence s'il y a lieu."

 

"Dans la poursuite de ces deux buts, le trot présente sur le galop de sérieux avantages. C'est l'allure essentielle du dressage académique. Les mouvements des membres y sont symétriques, et c'est l'allure où les oscillations de l'encolure sont le plus limitées en tous sens. Le cheval y conserve une attitude d'ensemble à peu près constante, particulièrement dans la disposition de son rachis. C'est l'allure qui renseigne avec le plus de continuité le cavalier sur la forme et le degré de maintien acquis par son élève, et qui lui permet d'apporter le plus de suite dans les interventions qu'il est conduit à y effectuer, parce que les défectuosités qui les nécessitent y sont peu variées dans leur forme, et particulièrement persistantes dans leurs manifestations."

 

"Toutefois par ses dissymétries mêmes, et pourvu qu'il en soit fait un usage judicieux, le galop permet de combattre directement les dissymétries opposées du cheval. C'est ainsi par exemple qu'un cheval dont le diagonal gauche manque, à toutes les allures, d'activité et d'ampleur dans son jeu développera très sensiblement celles-ci par la pratique fréquente du galop à gauche, surtout à faux. Mais les oscillations de l'encolure et les ondulations de la colonne vertébrale sont trop marquées à l'allure du galop pour permettre le travail de fixation et de composition du maintien, qui constituent la base de l'équitation académique."

 

"Dans le dressage, c'est la fréquente répétition de courtes leçons, et non leur prolongation qui permet au cheval de les assimiler. La persistance des actions ne s'impose pour le cavalier qu'en cas de contestation, devant une volonté de résistance bien nette, et qui ne peut être que fort rare quand les exigences du dresseur sont sagement graduées.

Pour l'assouplissement, la répétition (courte) s'impose encore davantage, et la prolongation excessive des exercices devient nuisible, car elle provoque des spasmes musculaires douloureux comme de véritables crampes, qui persistent souvent pendant plusieurs jours, et qui peuvent provoquer des résistances exaspérées."

 

"Concurremment avec le travail au trot, et dès le début de celui-ci, le travail au galop doit être entrepris, sans recherche préalable de la perfection du pas de départ. Ce travail comprend d'abord la confirmation du cheval dans son équilibre sur chaque pied, quelles que soient les sinuosités de son parcours, et particulièrement à faux."

 

"Dans tout le développement de sa progression, le dresseur doit s'attacher à exploiter au maximum l'instinct du cheval et, au moins dans les débuts, agir toujours en conformité avec les impulsions naturelles de son élève. Par la suite, il évitera le plus possible d'entrer en opposition avec elles, tant que l'accroissement de la sensibilité du cheval à ses indications ne lui assurera pas la supériorité sur les manifestations naturelles instinctives de celui-ci.

C'est ainsi que les premiers changement de vitesse seront demandés sur le chemin du retour à l'écurie.

Les allongements seront alors exécutés généreusement pour un minimum d'action de jambes, et, dans les ralentissements, le cheval gardera naturellement cette envie de reprendre la vitesse supérieure qui constitue l'âme du travail académique, et la clef de son brillant."

 

"Le dresseur tiendra compte avec soin de l'influence douloureuse que les chocs accusés de son assiette ne manqueraient pas d'avoir sur le dos du cheval. A la montée, où les réactions des battues sont faibles, le cavalier peut prendre franchement appui sur la selle, en s'asseyant le plus près possible du garrot et en avançant franchement la tête et le buste. Mais à la descente, où la violence des réactions provoque le brusque retour en selle, le dresseur doit prendre le plus possible appui sur les étriers, en allégeant son assiette, pour épargner le dos déjà creusé, et particulièrement mal disposé en conséquence pour supporter les chocs."

"Le cheval peut tourner quelle que soit l'orientation de son encolure. Plus il tourne vite et court, plus son encolure tend à se plier du côté opposé à celui du tournant."

 

"De la tête aux hanches, dit le général L'Hotte, le cheval oit être droit quand il suit une ligne droite, et infléchi dans le cas où il suit une ligne courbe.

Le travail sur les courbes à pour but de satisfaire à ces exigences. Or, tous les chevaux sont infléchis. L'axe de leur épine dorsale n'est pas dans le plan vertical médian longitudinal de leur corps. Seule, une partie de cet axe, vers le milieu de son étendue, se trouve à peu près dans ce plan. Ses deux extrémités s'en écartent plus ou moins, et toujours du même côté."

 

"Pour "arrondir" son cheval, il y a théoriquement deux moyens :

  1. Maintenir le milieu du cheval sur le cercle, et pousser tête et queue sur le cercle en dehors ou en dedans.

Dans ce cas à main gauche : jambe gauche à la sangle qui s'oppose au déplacement du milieu du cheval. La main ramène la tête sur le cercle en les attirant à gauche. Jambe droite ramène l'arrière-main sur le cercle en la poussant à gauche.

La jambe interne est passive et fait barrière. Main et jambe externes actives.

  1. Maintenir tête et queue sur le cercle, et pousser le milieu en dedans ou en dehors.

Dans ce cas à main gauche : Main et jambe externes maintiennent tête et arrière-main sur le cercle et s'opposent à leur écartement. Jambe interne pousse le cheval pour agrandir le cercle."

 

"La rêne intérieure devra le plus souvent agir par un léger écartement de ce côté, la main plutôt basse, parce que l'encolure est d'autant plus flexible latéralement qu'elle est plus basse."

 

"Quand le cheval restera bien ajusté pendant quelques tours sans résistances sur le cercle de base, le dresseur l'engagera peu à peu à l'intérieur du cercle sur une spirale, en augmentant insensiblement sa courbure à mesure que la tête, l'encolure, les épaules et le reste du corps entreront à leur tour sur le nouveau circuit.

Dès que le cavalier, averti par son tact, sentira arriver la résistance, et autant que possible avant qu'elle ne se soit produite, il rendra de toutes ses aides en commençant par la rêne intérieure, qui, par le contact de la bouche, lui donne les plus précieuses indications sur l'état de souplesse générale de son élève, et laissera le cheval se détendre librement sur le droit."

 

"Le cercle de base étant celui qui correspond à la courbure habituelle du cheval, le dresseur l'en détachera peu à peu sur une spirale extérieure, à mesure que l'ouverture de son infléchissement deviendra plus facile sous l'influence des aides, et l'amènera progressivement jusqu'au redressement complet sur une ligne droite, suivi de l'enroulement dans l'autre sens."

"La marche de travers n'est pas naturelle pour le cheval. En liberté il ne l'emploie qu'accidentellement, et par bonds, pour s'éloigner d'une cause de frayeur subite."

 

"Les modifications qui en résultent dans le jeu de l'appareil locomoteur sont très favorables au développement des allures dans le sens réclamé par l'équitation académique, but du dressage dont il est ici question.

En particulier, dans le croisement des membres, l'antérieur externe doit, pls qu'il ne le fait dans la marche directe, et même dans la marche circulaire, élever son épaule te son genou pour éviter de heurter l'interne en passant devant lui, le postérieur externe doit de même arrondir son geste et le prolonger en avant, pour le même motif."

 

"C'est pourquoi les pas de côté donnent souvent si peu de résultat pour l'ensemble du dressage, et surtout au point de vue de la recherche du rassembler, quand ils sont entrepris sans avoir été précédés du travail sur le cercle, qui fournit précisément au cavalier le moyen de régler les mouvements du postérieur interne, d'interdire sa dérobade latérale et d'imposer son engagement sous le centre."

 

"Ainsi balancé entre l'épaule et la hanche en dedans, par l'intermédiaire du cercle, le cheval acquiert peu à peu :

  • l'aptitude à ranger ses épaules par rapport à ses hanches, et réciproquement.

  • L'aptitude à déplacer ses membres latéralement, en ramenant ses postérieurs à leur position d'engagement, et ses antérieurs à leur position d'aplomb.

Emploi des aides : dans ces deux mouvements, le rôle des aides est sensiblement le même que dans l'infléchissement sur le cercle. Mais dans l'épaule en dedans, le talon inférieur doit accentuer son action d'arrière en avant, pour provoquer le déplacement de la masse dans la direction de l'épaule externe et la rêne extérieure doit en outre "conduire" l'avant-main sur la piste.

Dans la hanche en dedans le talon extérieur transforme son rôle passif de barrière du travail en cercle en rôle actif, pour ranger le postérieur externe, et la rêne intérieure ajoute à son rôle d'infléchissement celui de "conductrice" de l'avant-main sur la piste."

 

"Ce qu'il faut surtout, c'est que le cavalier sache régler l'action de la rêne qui donne le pli de manière qu'elle produise bien l'effet qu'il en attend, et non l'effet inverse. Dans le pli à droite, par exemple, si le cavalier donne à la rêne droite la direction de la hanche gauche, en l'appuyant plus ou moins sur l'encolure, il rejette le poids de cette dernière sur l'épaule gauche, et gêne celle-ci au lieu de l'aider.

Il faut donc que, dans la demande de pli, la main agisse à sa place normale, ou à l'extérieur de celle-ci, mais jamais à l'intérieur – à moins que le cavaler n'ait une raison quelconque de modérer le déplacement à droite de l'épaule gauche – ce qui est bien rare."

 

"Le travail de l'appuyer doit être fréquemment entremêlé de reprises d'épaules en dedans, qui n'est pas seulement un exercice préparatoire à l'appuyer, mais procure aussi des moyens d'assouplissement et de développement musculaire qui lui sont propres.

Pour un égal degré d'obliquité dans les deux mouvements le jeu des membres est très sensiblement différencié parce que l'inflexion du cheval modifie la répartition de son poids, surcharge les membres du côté concave, et décharge par conséquent les autres.

Si le mouvement a lieu de gauche à droite, par exemple, le postérieur gauche, dans les deux cas, détermine le sens de la marche par celui de sa poussée, mais il est en surcharge dans l'épaule en dedans, et son mouvement d'extension en avant et à droite est nécessairement influencé différemment dans chacun de ces mouvements."

 

"L'effort de croisement des membres sur les pas de côté ne peut être entièrement exploité qu'à l'allure du pas, parce que les temps de suspension du trot permettent au cheval d'y échapper en partie.

Au lieu de lever le membre qui devrait être croisé seulement quand celui qui devrait le croiser se pose à terre, le cheval saute au trot d'un pied sur l'autre, et évite ainsi plus ou moins le croisement complet, en dégageant le membre croisé plus ou moins prématurément.

Dans le pas, au contraire, le croisement est complet, et l'assouplissement qui en résulte pour les muscles adducteurs et abducteurs des quatre membres, ainsi (et surtout) que pour tous ceux de la région dorsale par le croisement des postérieurs, est beaucoup plus étend et plus efficace qu'au trot.

Il est donc utile de reprendre et de parfaire au pas, où il demande plus d'efforts, le travail de deux pistes commencé au trot, où il est facilité au cheval par les temps de suspension."

"Pirouettes : Bien engagé dans l'épaule gauche en dedans sur un cercle à gauche, par exemple, le cheval en sera détach peu à peu sur une spirale rétrécissante, et rapproché peu à peu du centre. Le cercle des antérieurs, de plus en plus rétréci, atteindra sa limite quand l'antérieur gauche se déplacera de haut en bas et de bas en haut seulement, pour retomber à chaque poser dans sa trace au centre du cercle, tandis que les trois autres membres tourneront autour de lui. Le cheval exécutera ainsi la pirouette renversée de gauche à droite, avec placer intérieur. La même pirouette, avec placer extérieur, sera obtenue en partant de la coupe en dedans sur le même cercle et par la même spirale.

[…] Avec ou sans inflexion, les pirouettes qui se font sur les épaules allongent et étirent les muscles du rein, qu'elles tendent à affaisser, à creuser. Celles qui se font sur les hanches raccourcissent, gonflent les mêmes muscles, et tendent à hausser le rein, à le vousser.

On voit quelles ressources offre au dresseur chacun de ces mouvements pour façonner son élève. Leur enchaînement en offre davantage encore, en permettant d'alterner le sens de l'assouplissement des muscles tantôt en élongation, tantôt en raccourcissement.

Le type de ces mouvements alternatifs est la valse, ou passage successif et plus ou moins rapproché de la demi-pirouette sur les hanches à la demi-pirouette sur les épaules, et réciproquement. […]

Enfin, c'est pendant les pirouettes renversées que la bouche du cheval a le plus de tendances à se mobiliser naturellement et que celui-ci tombe le plus facilement dans la mise en main."

"Dans la première manière de Baucher, les assouplissements directs de la mâchoire consistent principalement en actions exercées simultanément sur les deux mâchoires, et en sens inverse, pour provoquer leur ouverture ;

La flexion type est celle qui consiste à contourner le mors de bride dans la bouche, en tirant une des rênes de ce mors en avant, et l'autre en arrière, de telle façon que l'une des extrémités du canon pousse la mâchoire supérieure en avant, tandis que l'autre tire la mâchoire inférieure en arrière."

 

"Dans la seconde manière de Baucher, c'est la mobilisation de la langue, dans l'immobilité de la têt et de l'encolure, qui devient le but principal de la flexion de mâchoire. Les flexions d'encolure sont extrêmement réduites, et celles qui ont pour but de rapprocher le menton du poitrail sont supprimées."

 

"Dans la seconde comme dans la première manière, les flexions de Baucher sont exécutées en place, le cheval immobile. Or, en station, quand les postérieurs ne sont pas placés très exactement à leur aplomb, le cheval peut appuyer ses résistances à la main sur l'un ou l'autre, ou sur tous les deux, et il ne manque jamais de le faire. Même quand la station est régulière, l'immobilité des postérieurs n'est pas favorable à l'obtention de la légèreté. Elle entraîne une certaine atonie des muscles du dessus qui atteint généralement ceux de la mâchoire, intimement reliés aux premiers."

 

"La marche d'une seule piste en ligne droite est déjà moins défavorable que la station à la mobilité de la mâchoire, pourvu que l'allure employée, pas ou petit trot, par exemple, ne réclame pas d'efforts musculaires trop accentués.

Les trajets courbes d'une seule piste, à petit rayon, augmentent l'aptitude de la mâchoire à se mobiliser, et cette aptitude devient une tendance dès que le cheval se déplace latéralement, dans la marche de deux pistes. Quand les postérieurs se croisent franchement, le jeu des muscles du rein est considérablement développé, et leur réaction sur ceux de la mâchoire, analogue à celle des effets de la cravache appliquée dans la même région du rein, tend à mobiliser la bouche. Cette tendance se développe au fur et à mesure que la mobilité des hanches s'accroît par rapport à celle des épaules, et elle atteint son maximum dans la pirouette renversée, dont l'exécution suffisamment prolongée provoque presque immanquablement la mise en main "naturelle", si l'on peut dire."

 

"Ainsi, au cours du dressage, l'appui du cheval sur la main s'est d'abord fixé, puis régularisé, et progressivement allégé à mesure que le cheval a pris du maintien , qu'il s'est composé sous le cavalier.

De temps à autre, pendant l'exécution d'un mouvement particulièrement réussi par la mise en action des seuls forces utiles et la parfaite adaptation de l'équilibre à ce mouvement, le cheval a encore amenuisé son appui. Sa langue, à peine effleurée par l'embouchure, a esquissé sous le frôlement du mors, la tentative de soulèvement qui constitue le début de la décontraction, et le cavalier n'a pas manqué de récompenser son élève dès qu'elle s'est produite.

Mais la fréquence de ces tentatives, et leur ampleur, varie beaucoup avec la nature du mouvement exécuté. La rotation des hanches autour des épaules qu'il faut bien se garder de fixer en place, mais au contraire maintenir en mouvement sur un petit cercle, fournit un moyen presque infaillible de provoquer l'esquisse de mobilisation de la bouche qui, encouragée et régularisée, deviendra bientôt la mise en main complète."

 

"Le mors de bride, par la nature des effets dus à son agencement, favorise la communication à la nuque de la souplesse de la bouche. C'est donc lui qui devra être employé principalement en vue du ramener, et c'est la combinaison indiquée plus haut d'une rêne de bride et de la rêne de filet opposée qui prépare et assure le mieux cette propagation à la nuque de la souplesse de la mâchoire."

 

"Fréquemment, le cavalier portera son cheval énergiquement en avant, sans aucune opposition des doigts, et vérifiera la permanence de l'impulsion ; il rétablira celle-ci par une action vigoureuse des jambes dans le cas où elle laisserait à désirer."

 

"Dans la pratique des flexions, il est absolument indispensable pour obtenir la décontraction du cheval que le cavalier soit lui-même complètement décontracté dans toutes les parties de son corps. La moindre crispation des doigts se transmet à la bouche par la rêne comme l'électricité par son fil, et retarde ou empêche la décontraction.

Bien entendu, dans aucun cas, aucune traction, aussi légère qu'elle soit, ne doit être employée. La rêne qui sollicite doit être tendue juste assez pour que son contact soit nettement perceptible au cheval. Elle se fixe dans cette position, demande poliment, et doit savoir attendre avec patience. L'autre rêne, qui sert à exécuter les demi-arrets, ou les vibrations, doit être maniée avec une délicatesse attentive parce que l'intensité de ses actions ne doit jamais dépasser celle des résistances du cheval."

"Le reculer régulier et correct constitue un des moyens les plus efficaces pour le développement de la flexibilité du rein et de l'arrière-main, tandis que son emploi, quand il est pratiqué dans de mauvaises conditions d'exécution, est au contraire pernicieux pour ce développement."

 

"Il recule par foulées amples, et nettement diagonalisées. Ses pieds s'élèvent au-dessus du sol autant que dans le mouvement en avant. Il est en mesure à chaque instant de cesser de reculer, et de repartir en avant sans difficulté."

 

"Au lieu de demander le ralentissement par une action continue de la main, le dresseur s'efforcera de réduire successivement l'étendue de chacun des enjambées du cheval, par des actions intermittentes, réglées sur la marche des antérieurs.

Quand l'antérieur droit s'élève, le cavalier porte le poids de l'avant-main sur l'épaule droite de manière à hâter l'atterrissage de ce membre, en limitant l'étendue de sa progression. Il procède ainsi alternativement de chaque côté, et exerce le cheval à ce raccourcissement des enjambées poursuivi jusqu'au moment où la progression est réduite à quelques centimètres, le cheval continuant à faire mouvoir ses membres mais n'avançant plus qu'insensiblement."

 

"L'alternance du mouvement en avant et en arrière est encore plus utile que le reculer lui-même comme procédé gymnastique. C'est surtout la souplesse du rein qu'elle développe, et son influence s'exerce immédiatement sur le fonctionnement de l'appareil locomoteur tout entier. Dans son emploi, c'est la fréquence des alternances qui importe, et la longueur des trajets, en avant comme en arrière, doit être réduite en conséquence."

"Le passage est caractérisé par la surélévation et la prolongation de la suspension de la masse, quelle que soit l'étendue des foulées du cheval.

La forme du passage peut donc être infiniment variée, comme la proportion de la hauteur des battues à leur étendue. […]

Dans ce que les anciens appelaient le "doux passage", la suspension augmente au détriment de l'étendue des foulées. L'allure se raccourcit en se cadençant.

Dans le trot passagé, un surcroît d'énergie des postérieurs permet au cheval d'élever ses battues sans les raccourcir (et même en les allongeant)."

"Le premier but à poursuivre dans la gymnastique du galop est son affermissement sur chacun des deux pieds, c'est-à-dire le maintien de l'ordre et du rythme des posers des membres, quelles que soient les sinuosités du parcours effectué."

 

"Il faut éviter avec le plus grand soin de punir – ou même de gronder – le cheval quand il change de pied et se désunit, et, avec une inlassable ténacité, le ramener sans brusquerie sur le pied primitif.

Le procédé le plus commode pour y réussir consiste, le cheval étant en ligne droite sur le pied droit, par exemple, à l'acheminer peu à peu sur un très large cercle à gauche, de rayon assez grand pour que l'allure n'en soit pas troublée immédiatement. Dès que le galop s'altère, le cavalier détourne aussitôt le cheval sur une large volte à droite, en dehors du cercle, et le maintient sur cette volte jusqu'à ce que le galop à droite soit rétabli, et qu'il ait repris toute sa régularité."

 

"Tout mouvement, tout geste, toute modification dans la répartition de son poids doivent être évités. C'est une souple passivité, avec un minimum d'intervention qui doivent être réalisés."

 

"Les rênes doivent fournir au cheval un encadrement fixe et léger. Le tourner juste sera toujours demandé par la rêne d'appui du côté opposé, qui pousse les épaules devant les hanches, et le tourner faux par la rêne directe, écartée le moins possible pour éviter de chasser les hanches en dehors par réaction."

"La rectitude absolue dans la longueur n'est naturelle au cheval à aucune allure, à cause de ses asymétries congénitales, mais c'est au galop que le cheval en est toujours le plus éloigné, et son redressement rigoureux à cette allure est particulièrement difficile."

 

"Concurremment avec ce travail de redressement, le cavalier doit entreprendre le ralentissement du galop.

Il pousse d'abord le cheval à une vitesse nettement supérieure à celle de son galop moyen à l’extérieur, et quand la régularité, l'équilibre et le calme sont bien établis à cette allure allongée, il s'efforce de ramener le cheval insensiblement à sa vitesse moyenne habituelle.

L'influence d'une pente légèrement descendante est très favorable à ce ralentissement. Le cheval s'y place instinctivement dans l'attitude qui allège son avant-main, et la disposition du terrain s'oppose au raccourcissement des enjambées de l'arrière-main.

Les actions de la main doivent être successives, et non continues, et s'exercer de bas en haut, à chaque battue. Le cavalier doit s'efforcer de réduire l'étendue des foulées des antérieurs, en évitant le plus possible de précipiter celles des postérieurs. En même temps, ses effets doivent être dirigés de manière à replacer systématiquement les épaules devant les hanches, car la demande de ralentissement provoque toujours une augmentation marquée de la tendance du cheval à se traverser et à s'infléchir."

 

"Le problème des départs au galop a reçu, depuis Xénophon, les solutions les plus variées – ce qui conduit à penser qu'il n'est pas simple. Il semble bien en effet ue le fameux principe 'de position et d'action' s'y révèle insuffisant, sans doute parce qu'il n'y a pas de 'position' qui impose le galop au cheval ; il y en a seulement qui le favorisent, il n'y en a pas qui l'exigent."

 

"Jusqu'à l'invention du cinématographe, l'imperfection de l’œil et de l'oreille humaine a conduit les observateurs les plus attentifs et les plus sagaces à des erreurs sur la locomotion du galop, qui n'ont été révélées que par la caméra. Il n'est sans doute pas inutile d'en relever quelques-unes.

  • Le galop à trois temps, considéré cependant comme le galop type, dans lequel les deux membres du diagonal central se poseraient et se lèveraient simultanément, est tellement rare qu'on pourrait presque dire qu'il 'existe pas. En réalité, […] ils se posent et se lèvent à un intervalle de temps trop court pour que nous puissions toujours le percevoir, mais la simultanéité absolue de leurs posers ou de leurs levers ne se produit quasi jamais. Le cheval galope donc presque toujours en quatre temps."

 

"Il ne faut pas chercher à déclencher le mécanisme par des moyens infaillibles, mais à se faire comprendre, et laisser faire, tout en utilisant le moins mal possible ce qui paraît certain dans la locomotion du galop révélée par le cinéma."

 

"Avec un cheval dont le dressage est réduit à l'indispensable, la poussée de la croupe à droite qui résulte d'une action du talon gauche en arrière peut provoquer le lever du postérieur droit, déplacé rapidement par le cheval pour venir étayer de ce côté l'arrière-main qui perd l'équilibre à droite. L'évolution qui conduit au galop est donc commencée, mais le cheval pose alors son postérieur droit franchement à droite, plutôt qu'en avant : il se traverse.

Avec un cheval dressé à l'effet du talon droit à sa place normale, près de la sangle, qui attire le postérieur en avant, la précipitation du lever du postérieur droit sera également obtenue, et avec un déplacement latéral beaucoup plus réduit, sinon nul. Le cheval se traversa peu, ou pas."

 

"C'est donc le départ par "jambe et rêne directe" comme le prescrit Baucher dans sa dernière manière, qui convient le mieux aux exigences de l'équitation académique.

Toutefois, leur emploi, quoique très rapproché dans le temps, ne doit pas être absolument simultané. Pour passer du pas au galop, en dehors de la nécessité éventuelle d'augmenter l'impulsion, c'est la jambe qui doit précéder la main, puisque le cheval commence son évolution par l'arrière-main. La main droite ne doit agir qu'immédiatement ensuite, pour alléger l'antérieur droit par un soupçon de placer de ce côté, ou, s'il en est besoin, pour s'opposer au traversement de gauche à droite qui pourrait se produire, et attirer les épaules devant les hanches.

Au trot, ou l'évolution commence par l'avant-main, c'est la rêne qui doit précéder la jambe, et son action, qui est la plus marquée, pourra aller jusqu'au demi-arrêt, s'il est nécessaire, pour précipiter le poser de l'antérieur droit. La jambe n'interviendra qu'ensuite, mais immédiatement, et seulement dans la mesure nécessaire pour activer le postérieur droit et rétablir au besoin l'impulsion."

"Pour que le cheval puisse aisément inverser ses postérieurs, qui doivent toujours changer les premiers, il est nécessaire que son arrière-main soit très libre, et donc sensiblement allégée. Dans les premières demandes de changement de pied, le cheval devra donc en conséquence être abaissé du devant, l'encolure peu raccourcie, et l'angle à la nuque plutôt un peu ouvert que trop fermé. Le cavalier doit éviter de peser lourdement sur le rein en portant ses épaules en arrière.

Le galop ne doit être ni trop lent, ni trop rassemblé. La durée et l'étendue de la projection augmentent beaucoup la facilité d'inversion des membres. Il s'ensuit qu'une allure un peu étendue et bien horizontale est tout particulièrement favorable à la production des premiers changements de pied."

"Toute flexion dans laquelle les rênes agissent par traction d'avant en arrière, aussi légèrement que ce soit, est un exercice de mise derrière la main."

 

"Dans le travail de longues rênes, surtout en ligne droite, la présence de la chambrière derrière lui engage puissamment le cheval sur la main, et le fait entrer dans ses rênes plus facilement que tout autre procédé. C'est donc un acheminement commode vers le rassembler."

 

"Plus un procédé est puissant, plus les dangers de son application sont grands."

Général Decarpentry (Equitation Académique) 

"les jeunes chevaux, et peut-être particulièrement les jeunes étalons – quand on ne les en a pas encore découragés – ont en général envie d'entrer en communication avec nous. Il est triste de constater que, par la suite, la plupart renoncent à "parler" aux gens quand ils découvrent qu'ils ne sont pas compris. Nous, nous les y encourageons, et pour la plupart, ils deviennent très communicatifs."

 

"Une indication, même techniquement impeccable, ne suffit pas si elle n'est pas accompagnée d'une intention tout à fait claire pour le cheval."

Magali Delgado (Au galop vers la liberté) 

"Les accidents modifient le schéma corporel : le membre douloureux inquiète et perturbe, entraîne un geste gauche qui se rééduquera lentement par la reprise du mouvement sain et indolore. Ainsi la réadaptation du cheval accidenté en milieu sportif doit se faire très progressivement.

Souvent les cavaliers n'excusent pas leur cheval dans ses maladresses de convalescence, deviennent exigeants, créant par ce fait des perturbations parfois indélébiles telles que :

  • perte des coordinations

  • anxiété du cheval, hyper-excitabilité, disparition de la générosité."

 

"Lors d'un accident, le schéma corporel est modifié ; la douleur et l'impotence (boiterie) amènent des images nouvelles. Progressivement le corps s'organise autour de ces nouvelles sensations bio-dynamiques et modifie son comportement, soit par épargne devant la douleur, soit par le jeu des compensations musculaires, parfois par l'association des deux.

La thérapeutique doit tenir compte de ces données, il faut aller au-delà du traitement ponctuel d'une lésion pour envisager de soulager des muscles à distance qui ont haubané un squelette fuyant la douleur (contracture réflexe para-vertébrale pour une lésion d'un membre).

Par ailleurs, le cheval recouvrant un geste sain, gardera plusieurs semaines encore l'image de ces troubles, cherchant encore la douleur, limitent les déplacements par l'appréhension de retrouver les gestes douloureux. Il faut retenir ce fait, qui excuse le convalescent et demande une remise en confiance par des exercices très dosés où ce corps momentanément agressé doit se retrouver."

 

"Lorsqu'ils sont maîtrisés et programmés, les étirements éveillent les neuro-récepteurs. Ils sont donc conseillés, voire thérapeutiques et à coup sûr préparent à l'effort. Ils peuvent être passifs (pratiqués au box) ou bien actifs (allongements, grandissements). Ils sont fondamentaux car ils possèdent un rôle d'alarme des propriocepteurs ligamentaires et tendineux. Ils favorisent l'équilibration et le geste ample, sans risquer un effort précoce sur des muscles au tonus inadapté.

Dans le cas contraire, en l'absence de ces étirements préalables, une mise au travail brutale peut entraîner : Des contractures dorso-lombaires ; des réflexes de défense liés à un dos froid, qui au lieu de dégager le segment vertébral pour permettre l'engagement des postérieurs, déclenchent la contracture des muscles extenseurs.

Le verrouillage de ces derniers limite la flexion du dos dont dépend l'engagement."

 

"L'alphabet du cheval sera d'abord celui des grosses lettres et l'enseignement portera sur des relations essentiellement musculaires. Mais dès les premiers acquis de rectitude et d'impulsion, il faudra en fin de séance faire ressentir au cheval l'écoute des gestes mesurés. […]

Au fur et à mesure de l'apprentissage du geste, le dresseur associe les sollicitations franches et dynamiques dont le jeune cheval a besoin, au message plus limité musculairement, caractérisé par moins d'aides et plus de sensitif. L'alphabet devient progressivement celui des lettres fines. L'économie des facteurs articulaires, musculaires et moraux est permanente car le rapport de force est remplacé par la communication, l'écoute du geste sobre, sain et indolore, qui assure la conservation du corps et de l'esprit et la présentation de l'avenir."

 

"En équitation sportive ou académique, la légèreté de l'avant-main doit procéder de l'abaissement des hanches déterminé par la mise sous tension de la chaîne musculaire du dessous.

Elle ne doit pas résulter du seul relèvement de l'encolure dû à une accentuation de la courbure cervico-thoracique qui entraînerait l'opposition entre 2 groupes musculaires antagoniste mais complémentaires (chaîne cervicale ventrale – chaîne abdominale) et l'obtention d'allures artificielles, voire de troubles locomoteurs."

 

"Il existe un point d'équilibre entre ces couples antagonistes dessus-dessous qui doit être recherché dans toute équitation.

Ce point d'équilibre ne peut être atteint que lorsque la musculature abdominale est suffisamment tonique et raccourcie. Cette réussite dans le travail de la musculation du cheval ne peut être obtenue sans la confiance et la décontraction sans lesquelles la chaîne dorsale restant prédominante interdit l'amplitude des gestes par le verrouillage de la ligne du dessus."

 

"Un autre aspect exposant de nombreux risques biomécaniques est la spécialisation dans une discipline donnée. La spécialisation induit toujours les mêmes sollicitations musculo-articulaires, et comme en médecine sportive humaine, des pathologies spécifiques peuvent apparaître. Les athlètes humains, meilleurs comptables de leur santé, compensent et préviennent par des préparations réfléchies et des traitements précoces."

 

"Pour le jeune athlète cheval, la compétition est traumatisante et parfois anti-physiologique ; en CSO, elle génère des micro-traumatismes répétés lors des réceptions, se allures forcées sur des cartilages épiphysaires (de croissance) et des chocs des processus épineux à la réception ; en dressage, elle favorise des conflits d'engagement et de rassembler.

Ces micro-traumatismes s'additionnent et font des lendemains douloureux, ils passent souvent inaperçus et ne suscitent que peu d'intérêt car le commerce du jeune cheval est quelques fois basé sur le court terme.

La croissance osseuse n'est que rarement considérée. Le surdosage sportif du poulain entraîne une pathologie qui se retrouvera à l'âge adulte."

 

"Pour le jeune cheval, il ne doit pas y avoir de séances de saut, mais des séances de dressage au cours desquelles, et seulement lorsqu'il est prêt, on se trouve devant un obstacle."

 

"L'équitation académique : Ici encore, trop souvent pour le jeune cheval, on attend des attitudes ou des prouesses physiques qu'à l'échelle humaine on ne concevrait pas, tant elles s'écartent du respect de l'âge biomécanique (exigence d'un placer trop élevé, travail sur 2 pistes sans l'acquis de la flexibilité latérale et antéro-postérieure, oubli de la cadence pour s'échapper dans d'interminables diagonales au trot).

Le dos lâche ou plutôt ne viendra jamais, les jarrets commencent à accuser le travail loin derrière. Par ailleurs, à plus haut niveau, le risque sera l'absence de diversification et de gymnastique d’étirement pour compenser les excès du travail rassembler.

Il ne résultera des dos hypertoniques, spasmés et souvent en rébellion avec lombalgies chroniques, ainsi que des jarrets fatigués."

 

"Pas d'abdominaux, pas de dos ! Dans le sens où le bon mouvement procède du bon dos, et le bon dos des bons abdominaux. L'engagement est l'indispensable moyen de disposer de son cheval sans le faire souffrir."

 

"Chez l'homme et le cheval, les glandes sudoripares sont plus élevées en nombre que chez les autres mammifères. Chez le cheval, la sueur est acide."

 

"La peau est richement innervée, c'est un immense récepteur nerveux étalé dont les ultimes terminaisons dermiques et hypodermiques sont en arborisations libres. Il existe des connections synaptiques entre les récepteurs sensoriels cutanés et les organes profonds, ce qui a permis d'établir des investigations thérapeutiques : cutanéo-musculo-organiques (massage réflexe sur un organe par stimulation cutanée)."

 

"Pour être Vécu, le massage doit être la perception à travers la pulpe des doigts, des tensions et des relâchements du muscle malade.

Le massage n'est pas seulement un geste, c'est une relation thérapeutique, où l'intelligence d'écoute sensitive assure des échanges, un dialogue entre l'organe qui souffre et la main qui ressent et résout.

Il est impossible de soigner avec ses mains si le désir de soulager n'existe pas. Il faut conserver toute son attention, s'isoler avec le cheval, de préférence dans un box, ou bien dans un lieu calme, ne pas l'oublier pendant la détection des points sensibles, car ses nombreux comportements provoqués par vos contacts (regard du cheval vers l'opérateur, tension, décontraction) constituent le langage de la méthode."

J.M. Denoix (Approche de la kinésithérapie du cheval) 

"Si vous l'avez c'est pour la vie, c'est une maladie incurable. Vous continuerez à monter même s'il faut vous hisser sur un vieil hongre bien inconfortable avec des sabots tout élargis et un dos comme un bon vieux fauteuil à bascule."

Monica Dickens 

"Les chevaux et leur calme message, plein de confiance, touche une nostalgie ancestrale et réveille un rêve que nous ne pouvons oublier."

 

"L'idée fondamentale de ce travail repose sur le fait que ce n'est pas le cheval qui doit s'adapter, mais l'être humain. Qu'une vraie communication avec le cheval est possible uniquement quand l'être humain redevient ce qu'il est profondément : un être de la Nature, une créature qui recherche l'amour, la connexion et l'épanouissement, comme tout être vivant. Les chevaux nous mènent sur ce chemin."

 

"Notre tradition culturelle a rompu le lien profond qui nous attache à la Nature. Les animaux sont assujettis à l'homme. Les capacités des animaux à être des compagnons et des maîtres ne sont plus perçues."

 

"La faiblesse et la vulnérabilité sont des sujets impopulaires dans cette société où nous travaillons sans cesse à être forts et sans faille.

Pourtant les chevaux rient de nous lorsque nous arrivons au trot devant eux, avec cette manière de faire la démonstration de notre force, telle que l'on nous l'a inculquée. Ce n'est pas la force telle qu'ils la connaissent. Ce n'est pas une force véritable, mais une force inoculée. Devant les chevaux, elle part en fumée comme un pétard du Nouvel An. Alors je préfère une faiblesse véritable.

Une faiblesse véritable est un bon point de départ. Grâce à elle, les chevaux peuvent vraiment nous voir. Face à une faiblesse authentique, ils baissent la tête et disent : Ah, te voilà ! Nous sommes amis. C'est là tout le secret de la communication avec les chevaux."

 

"Les animaux reflètent nos états intérieurs. Leurs comportements suivent des énergies invisibles. C'est un fait qui m'émerveille toujours autant à chaque fois. Ils rendent l'invisible visible."

 

"Peut-être ai-je mérité d'être traitée avec sensibilité, empathie et compréhension, non seulement par les autres, mais aussi par moi-même ? Peut-être ai-je mérité de bouger sans crainte, d'avoir confiance, de suivre mon instinct, mes sentiments et de me sentir bien partout ? D'être créative, de coopérer, de danser, heureuse et contente en sécurité et d'être gardée ? D'être traitée non pas comme un monstre de la civilisation mais comme une créature innocente."La plupart des gens ne se rendent pas compte, dit Ted Andrews, praticien de communication intuitive, qu'ils traitent les animaux comme ils se traitent eux-même.""

 

"J'étais assise au milieu de la prairie, sous un peuplier, complètement silencieuse et repliée sur moi-même. Tout à coup quelque chose m'incita à me retourner. Derrière moi, un cheval me regardait. Personne ne m'avait jamais regardée ainsi, comme s'il pouvait lire dans les plus profonds recoins de mon âme. Il me comprenait totalement."

 

"Les chevaux nous parlent tout bas et pour les comprendre nous devons écouter avec les oreilles grandes ouvertes, regarder avec les yeux grands ouverts et ressentir avec toute notre énergie. Dès lors que nous avons appris ce langage, nous les comprenons facilement et nous sommes étonnés d'avoir manqué l'évidence."

 

"Les chevaux ressentent notre peur. Il n'y a pas un seul endroit dans notre corps, nos émotions, nos pensées, notre conscience où nous pouvons la leur dissimuler. La perception des chevaux est beaucoup plus sensible que ce que la plupart des gens s'imaginent. […]

Les chevaux ont besoin d'un guide en accord avec lui-même, dont le corps n'est pas séparé de la tête. Une "rupture" pourtant fort répandue dans notre civilisation. Nous n'avons pas appris à être en harmonie avec notre corps et nos sentiments. Nous vivons principalement dans notre tête.

Nos pensées vont de-ci de-là, nous effleurons à peine le moment présent, alors que les chevaux y résident à chaque instant. Eux, au contraire, vivent dans la présence pure et une tête sans corps est, à leurs yeux, une apparition effrayante."

 

"Votre vision a beau être aussi claire que possible, il arrive toujours un moment où les premières fissures apparaissent. Des fissures par lesquelles l'obscurité, le danger et la blessure s'infiltrent. Le voyage du héros est une descente dans le monde des ombres, dans le royaume des sentiments refoulés. Plus vite tu reconnaîtras l'obscurité, mieux tu seras armée."

 

"Les chevaux nous enseignent que l'obscur est clair et que le clair est obscur. Ils ne jugent pas, ils dansent. La danse de l'ombre qui se transforme en lumière."

 

"Dans l'esprit de notre culture, une défaite représente un point final, une infamie, une honte. Nous sommes à nu, notre masque s'est envolé. […] Là où nous baissons les bras, où nous avons l'impression d'être des ratés, c'est là que tout commence pour les chevaux. Enfin nous sommes normaux. Enfin nous sommes réveillés de nos rêves."

 

"Le message derrière la vulnérabilité est que nous sommes timides comme les chevaux. Comme eux, nous aspirons à la rencontre authentique. Je me souviens que, déjà dans mon enfance, je cherchais l'Être derrière les apparences trompeuses, cet état qui ressemble au soleil couchant après une chaude journée d'été. C'est pour cela que je recherche la présence des chevaux : parce que je le retrouve auprès d'eux.

Ce sont les chevaux qui m'ont permis, très tôt, d'accéder ce royaume, qui m'ont sauvée de cet état de glaciation intérieure, du pourrissement, alors que j'étais bien vivante."

 

"Lorsque j'ai fait entrer ma jument dans ma vie, j'avais comme but de trouver quelques moments de détente par des promenades à cheval et de l'utiliser comme objet de recherche pour mes romans sur les chevaux. Aujourd'hui, je suis devenue l'objet de recherche de mon cheval. Il essaye de découvrir avec quel genre d'aventures il peut encore m'émouvoir. Je suis ses propositions. Ma vie a beaucoup gagné en dynamisme."

 

"Est-ce pour cette raison que nous évoluons parmi les chevaux ? Leur soumission est-elle notre but, lorsque nous les voyons galoper à travers nos rêves, crinières au vent ?"

 

"La peur, le désespoir, la désespérance n'étaient que les portes d'entrée. Ils sont la tempête qui t'arrache de ton ancrage et te mène à la lumière, si tu arrives à la surmonter.

La voie vers la lumière n'est pas un lever de soleil un matin de bon printemps, mais le fait de rester présent et de regarder l'obscurité en face.

Les chevaux nous astreignent à rester présents. Ils se cabrent et font des ruades, ils prennent le mors aux dents pour nous rappeler que tout se passe ici et maintenant. C'est une erreur de croire que nous devons corriger les chevaux. Ils nous corrigent."

 

"Des parties entières de nous-mêmes restent inaccessibles. Nos émotions sont sans saveurs, la sensation de notre corps reste périphérique, notre spiritualité dort du sommeil de la Belle au Bois Dormant, entourée de buissons épineux."

 

"Être délibérément calme est exactement le contraire d'être véritablement calme. Dans le premier cas, nous sommes guidés par notre volonté, dans l'autre, tout notre être respire le calme. […] Être délibérément calme signifie que nous réprimons la peur, et c'est exactement ce qui inquiète le cheval. Il ne peut pas faire confiance à un guide qui n'est pas conscient de son chaos intérieur. Que fera ce paquet de chaos quand quelque chose d'important arrivera ? Certainement rien de bon."

 

"Nous avons le droit d'échouer et de nous tromper, de respirer un bon coup et de continuer. Le véritable échec ne prend pas de temps. Ce qui prend du temps, c'est de tenter de le refouler."

 

"Les chevaux sont doux et nous aussi. Mais il y a un cocon autour de nous, si impénétrable que nous ne percevons plus notre douceur. Nous nous réfugions auprès des chevaux pour nous le rappeler. Je veux être aussi douce que les chevaux, libérée des désirs qui me rapetissent, libérée de l'ambition, du besoin de me mettre en valeur."

 

"Traverse ta vie. Trouve tout ce qui est desséché et facilement combustible. Trouve toutes les confusions, tout ce qui est vague et banal, tout ce qui est en train de flétrir depuis longtemps. Brûle-le ! Attise le grand feu. Lances-y tes offrandes pour la déesse.

Lorsque tu as terminé, rends-toi à l'écurie et fais quelque chose de simple avec ton cheval. Quelque chose de TRES simple. Sans ambition, sans loucher sur un but. Respire avec ton cheval. N'oublie jamais cet instant."

 

"La difficulté dans le maniement des chevaux réside dans leur perception trop fine pour nos sens devenus insensibles. Nous n'entendons par le message de la Nature, car il se trouve à la limite de notre perceptibilité. Lorsque nous affinons notre perceptibilité, un nouveau monde s'ouvre à nous.

Toute personne qui le vit en reste sans voix."

 

"Nous n'avons pas besoin d'apprendre la communication intuitive avec les animaux. Nous devons seulement détruire les blocages qui nous empêchent d'écouter, de voir et de ressentir, ce que de toute façon nous percevons. Les animaux nous parlent à travers des voies intuitives, chacun à sa manière."

Ulrike Dietmann (Le cheval guérisseur de l'homme) 

"Une fois en selle, les cavalières réussissent souvent là où les cavaliers échouent, car elles sont moins tentées qu'eux d'entrer dans une lutte perdue d'avance avec leur monture : contrairement à beaucoup d'hommes, elles n'ont pas l'illusion de pouvoir vaincre par la force d'éventuelles résistances du cheval ; spontanément, elles préfèrent, avec raison, la douceur et la persuasion."

 

"Enfin les femmes font preuve à cheval d'une persévérance qui manque souvent aux hommes : "Les hommes tombent, ne pleurent pas mais ne reviennent pas ; les femmes tombent, pleurent mais reviennent" ; avec cette contrepartie : "Les femmes persistent, même quand elles sont médiocres, alors que seuls les hommes doués restent."

Jean-Pierre Digard (Les français et leurs animaux)

"Non, j'viendrai pas sur un cheval t’amener sous des cascades

J'suis blessé à l'intérieur, le cœur pas stable."

Don Choa (Jardin secret)

"Si sa glaise est trop dure, un sculpteur ne peut la modeler. Que d'abord et tout le temps, le cheval soit décontracté, souple, alors, mais alors seulement le cavalier peut travailler sa masse."

 

"Un cheval réagit en fonction de lois mécaniques et psychiques. Elles peuvent s'apprendre. Mais comment se servir à bon escient de cette connaissance si le cavalier ne "sent" pas à chaque instant les conditions mécaniques et psychiques dans lesquelles se trouve son cheval ? Et les actions du cavalier, même justes dans l'esprit, perdent toute valeur si l'expression manque de "tact", c'est-à-dire n'a pas la douceur ou la fermeté, le moelleux ou la vigueur correspondant à l'effet cherché ; ou encore, si l'action n'est pas effectuée au moment même, souvent fugitif, où elle doit être accomplie."

 

"En aucun cas l'armée, en tant que corps constitué, ne pouvait prétendre à des connaissances spéciales concernant l'instruction équestre civile. Pourtant en France elle y définit un véritable monopole de sa part en ce domaine.

Plus grave ! Le Cadre noir, donc l'armée, fut chargé de l'instruction, mais aussi de l'organisation des examens équestres. Tout naturellement il appliqua le principe militaire : imposer aux cavaliers une totale uniformité. Les examens furent et sont encore le moyen dictatorial de cette volonté.

Les examinateurs jugent la forme, l'obéissance à l'instruction officielle, et non le fond, c'est-à-dire la seule qualité de la monte."

 

"Réalise-t-on la colossale faute pédagogique, le non-sens psychologique qu'il y a à mettre un débutant sur un cheval et à lui faire "ajuster" ses rênes… Et sur une main bien fermée par surcroît !

Voilà un être qui est tout naturellement inquiet de se trouver perché sur un animal qu'il ne peut encore contrôler ; la crainte de base est évidemment celle de tomber. […] Ainsi pour la mise en selle des débutants il est mis à leur disposition comme moyen de raccrochage : la bouche du cheval ! […]

L'élève prend ainsi l'habitude de tirailler sur la bouche de son cheval puisque instinctivement il se sert comme moyen de tenue de ses étriers et… de ses rênes. Les rênes seules même, quand il lui est demandé du trot sans étriers. Bien entendu au fur et à mesure de ses progrès il se raccrochera de moins en moins à ses rênes mais de ses débuts il aura acquis un non-respect de la bouche du cheval. Tirer dessus lui semble normal et appartenant aux lois régissant la pratique équestre. La chose est très grave car il lui sera beaucoup plus difficile par la suite d'acquérir une "bonne main".

Au contraire, dès le début de l'instruction il faut expliquer, répéter à l'élève, que la bouche du cheval est chose éminemment fragile, qu'il faut agir sur elle avec extrême douceur. Mais bien entendu faudra-t-il d'abord que ce jeune cavalier commence à avoir la fixité des mains. Et la chose ne pourra se réaliser que lorsqu'il aura acquis la solidité à cheval et même une certaine aisance.

Alors, mais alors seulement, il sera possible de lui parler de l'action des aides supérieures, de la façon de tenir ses rênes, de la manière de travailler la bouche d'un cheval… c'est-à-dire lui ouvrir la porte d'une équitation de rassembler.

Mais impérativement, la mise en selle ayant pour objectif de donner solidité et aisance doit s'effectuer rênes flottantes pour éviter que l'élève prenne de fâcheuses habitudes, et aussi… cela compte… par respect pour le cheval."

 

"L'équitation doit être une source de joies, de plaisirs, une sorte d'ivresse bienheureuse. Le cheval, c'est galoper dans une campagne baignée de soleil, c'est la griserie de se laisser emporter par sa monture dans un air frais qui fouette le visage. […] Voilà ce qu'il faut d'abord répéter à ceux qui viennent à l'équitation. Monter à cheval doit se faire dans un grand éclat de rire de bonheur. C'est cette disposition morale qui favorise, engendre tout naturellement la décontraction et l'aisance, alors que la gravité, le souci des apparences, des règles, forment des équitants et non des cavaliers."

 

"Donnons le fond, la forme deviendra pure."

 

"Donc le jeune cavalier doit apprendre et comprendre le plus tôt possible que le mouvement en avant du cheval en réponse à une action de jambe du cavaliers n'est pas une réaction d'ordre mécanique, mais le fruit du dressage."

 

"Il faut donc expliquer et faire comprendre que toutes les actions sur la bouche d'un cheval, aussi infimes soit-elles, doivent toujours partir des épaules du cavalier, jamais d'une contraction des biceps. […] Il n'est pas possible d'agir souplement par ses épaules que si les mains sont ouvertes !

Tout un chacun peut en faire immédiatement l'expérience : mettre ses mains devant soi et les fermer ; les biceps immédiatement se contractent et automatiquement le cavalier les utilise pour ses actions. Automatiquement ! Et avec les à-coups, les brusqueries, le manque de douceur que le fait implique. Même si le cavalier a beaucoup de tact et de talent, il aura par le fait des lois mécaniques une mauvaise main.

Par contre si les mains sont ouvertes, alors toutes les actions peuvent provenir du jeu souple des épaules.

Mains ouvertes ? Mais il est pourtant nécessaire de tenir les rênes ?

Disons pour être plus nuancé qu'il s'agit de les retenir."

 

"Libérer l'élève du réflexe de tenir les rênes, c'est lui ouvrir la porte donnant accès à la possibilité d'avoir une bonne main. C'est le mettre sur la voie de comprendre que les ordres à un cheval se communiquent par des "touches" sur les rênes, des "pressions" et données toujours de façon indirectes. Non en tirant sur les rênes par les biceps et avec une main fermée."

 

"[…] avoir un cheval totalement sous les ordres du cavalier mais en complète liberté musculaire. C'est le principe que nos anciens considéraient d'ailleurs comme le grand objectif de l'équitation ; la pratique du fameux "descente de main, descente de jambes". Cela signifiait : mettre le cheval dans une allure, un "air", un placer ; puis les jambes s'écartant et les mains en descendant détendant les rênes, le cheval doit continuer sans rien changer à son placer ni à son allure. […]

Il suffit pour l'apprendre aux chevaux d'utiliser ce que j'appelle le principe du cadre. Le cavalier met son cheval dans un certain placer, à une certaine allure, dans un certain équilibrage… et ensuite il détend ses rênes, conserve ses jambes non au contact. Les aides n'agissent plus mais sont très proches. Si le cheval veut sortir du cadre dans lequel son cavalier l'a mis, il doit se cogner sur la main, ou sur les jambes agissant sèchement. Lorsqu'un cheval s'est ainsi cogné un certain nombre de fois il comprend qu'il lui est interdit de changer quoi que ce soir à l'allure, l'équilibrage, le placer dans lesquels son cavalier l'a mis.

C'est pour cette raison que nous appelons cette manière de faire le principe du cadre ; le cheval apprenant aussi à rester tel que son cavalier l'a mis, travaille avec une totale liberté musculaire et donc avec la plénitude de ses moyens physiques."

 

"C'est l'épaule qui compte, non l'encolure."

 

"La base fondamentale du saut est donc qu'un cheval entrant dans la zone d'abord (15 à 18 derniers mètres) soit dans un équilibrage lui donnant la possibilité de varier ses foulées autant que nécessaire. Sinon le saut devient une loterie – un coup ça "passe", parce que la chance a bien voulu que les foulées se présentent relativement bien, un coup les barres dégringolent parce que la battue se présentant mal, le cheval et son cavalier ne pouvaient physiquement pas varier suffisamment l'amplitude des foulées."

(L'équitation – Une méthode française d'instruction angles et rythmes)

"Méfions-nous des allures rapides. Le cheval en profite pour reporter son poids sur l'avant-main. Il se laisse entraîner et ne travaille plus. Des allures lentes, cadencées, l'obligent à s'élever, donc à travailler."

 

"En 1924, l'école de Saumur enseignait toujours à sauter en étrivant très long, en restant assis durant toute la trajectoire et en effectuant un retrait du corps durant la 2ème partie du saut. Principes anciens de la fin du Xxème siècle, communément appelés : monte en arrière.

Après une terrible défaite de notre équipe à Nice en 1924, Saumur se décida à enseigner la "monte en avant" (raccourcissement des étrivières et cavalier restant en équilibre sur ses étriers durant le saut). En dehors de cette position de base, il n'y avait pas de doctrine officielle française concernant le concours hippique et les problèmes posés par cette discipline devaient être résolus par les pratiquants eux-mêmes."

 

"Dire : Dans les compétitions, nous attachons plus d'importance aux qualités esthétiques des concurrents qu'aux résultats bruts de leurs performances" est un point de vue qui était d'ailleurs officiellement à l'honneur lorsque, aux pénalisations dues aux fautes, les juges ajoutaient des notes de style. Cette manière de juger fut abandonnée dans l'immédiate après-guerre en 1918 en raison des conflits que ces appréciations totalement subjectives engendraient."

 

"La noblesse, la grandeur de la compétition résident dans l'obligation pour un athlète de se dépasser. Les compétitions de saut d'obstacles n'échappent pas à la règle. Pour 'gagner', pour réaliser ce petit quelque chose qui donne la victoire, le cavalier doit aller toujours plus loin dans l'expression de sa technique et de sa science. C'est de cette manière seulement que l'équitation de compétition de saut d'obstacles atteint des sommets merveilleux. Celui-là seul est un cavalier digne de respect, qui tente de vaincre et d'aller toujours plus loin dans la connaissance et l'expression de son art."

 

"La nouvelle école allemande s'attacha elle à deux aspects du problème de l'obstacle : d'abord la musculation du cheval. Auparavant la chose était très négligée. L’entraînement physique consistait en "trotting" et quelques "galops" pour "ouvrir les poumons". C'était à peu près tout ! En parlant d'un cheval, on disait "il est puissant" ou "il manque de puissance" ; c'était une constatation. Personne ne songeait que cette fameuse "puissance" étant la conséquence du développement musculaire, celui-ci pouvait être complètement transformé grâce à une entraînement intensif."

 

"La dernière grande évolution vint d'Angleterre. Elle adoptait le souci de musculation germanique, les avantages énormes donnés par "le contrôle permanent" (prôné autrefois par certains cavaliers français) mais en évitant les pertes d'expression musculaire engendrées par des contractions, en dressant le cheval à travailler dans une totale légèreté. Seulement au lieu d'avoir des chevaux "derrière la main" comme les Allemands des années soixante, encapuchonnés, compactés, ils relevèrent l'encolure pour être maître de la puissance grâce à l'abaissement des hanches sous la masse.

C'est l'équitation d'aujourd'hui. Elle a été reprise dans ses grandes lignes par tous les principaux cavaliers."

 

"Dans toutes les activités humaines, les faits prouvent à l'évidence qu'il peut toujours y avoir progrès ; que la somme de nos connaissances peut toujours s'accroître. Nous pouvons sans crainte poser en postulat absolu que la perfection est inaccessible, il y a donc toujours lieu de nous critiquer, puisque nous pouvons toujours faire mieux. Le sportif qui ne remet pas constamment en cause sa technique, qui n'évolue pas, est fatalement condamné à être dépassé par tous ceux qui progressent en permanence."

 

"Pour un cavalier, des victoires en saut d'obstacle n'ont de valeur exemplaire que si elles sont régulières et remportées avec des chevaux différents. Alors, amis alors seulement, on peut être certain qu'il s'agit de victoires dues à la technicité, c'est à dire à la classe de l'homme. Toute l'histoire du concours hippique est là pour en attester. Les véritables grands cavaliers ne manquent jamais de grands chevaux, pour la simple raison que sachant amener leur monture à l'abord de l'obstacle dans d'excellentes conditions technique, le nombre de sujets qu'ils peuvent ainsi rendre compétitifs dans les plus hautes épreuves est considérable."

 

"Un autre grand écueil de ce sport réside dans la présence du cheval, qui permet à l'homme de se voir comme il le souhaite et non comme il est.

Lorsqu'un joueur de tennis sort d'un court battu 6-0, 6-2, il lui est impossible de ne pas reconnaître que son vainqueur joue mieux que lui. En saut d'obstacles, il est toujours loisible de penser que c’est le cheval qui est moins bon que les autres.

Si nous évoquons ce manque de lucidité, c’est pour mettre en garde ceux qui veulent travailler, qui souhaitent progresser. Ils doivent se garder de tomber dans cet habituel travers, faute de quoi ils perdront envers eux-mêmes l'indispensable esprit critique. Il ne faut jamais oublier que sur dix fautes faites en parcours, neuf sont imputables au cavalier :

Soit parce qu'il a provoqué la faute par erreur de monte, soit parce qu'il n'a pas su l'empêcher. Les fautes commises par le cheval, alors que le cavalier a parfaitement monté son rares."

 

"La primauté à la battue des antérieurs exige qu'à l'abord de l'obstacle le cheval puisse jouer de son balancier, car le mouvement de celui-ci au moment de la battue est nécessaire à la puissance de cette dernière. Dans ce style, si le cheval utilise bien la souplesse de son encolure, le saut sera dit "rond".

La primauté à la battue des postérieurs, quant à elle, nécessite un équilibrage du centre de gravité du cheval très reculé, donc un placer assez haut et un ramener relatif de l'encolure. Dans ce style, si le cheval utilise bien sa ligne dorsale, le saut sera basculé.

La différence entre le saut rond et le saut basculé est très nette et doit aider à faire comprendre la différence fondamentale de ces deux styles aux personnes qui n'ont pas bien réfléchi à cet aspect du problème.

Poursuivons les comparaisons :

Dans le premier style, le cavalier, d'une façon générale, "pousse" son cheval vers l'obstacle. Nous disons bien d'une façon générale, car bien entendu il existe de nombreux procédés différents et des nuances dans l'exécution. Au cours des deux ou trois dernières foulées, le cavalier n'intervient pas avec ses aides supérieures (certains cavaliers montent même dans le vide) ; les jambes agissent assez fort pour inciter le cheval à "taper dans le pied". Servons-nous de cette locution couramment employée en France (elle est relativement nouvelle dans le langage équestre) et qui exprime parfaitement ce que nous définissons. Le cheval qui 'tape dans le pied", c'est le cheval qui prend sa battue grâce à un violent coup d'épaule. Comme nous l'avons déjà dit, dans ce style, le bon cheval, en montant ses épaules tout en allongeant vers le bas son encolure, donne au cavalier la sensation d'un saut rond.

Dans le deuxième style au contraire, le cavalier va provoquer à l'abord de l'obstacle, un recul du centre de gravité du cheval. Ce recul ne sera obtenu que si le cheval conserve un placer haut, conjugué avec un certain ramener ; c'est donc une élévation de la base de l'encolure pendant que les hanches s'abaissent, en reculant fortement le centre de gravité du cheval. La battue des antérieurs est sensiblement moins 'frappée' que dans le premier cas le cheval ayant beaucoup moins de poids sur l'avant-main. Elle sert essentiellement à "amorcer" la trajectoire, mais c’est la très violente détente des postérieurs qui propulse le cheval. Le centre de gravité de ce dernier se trouvant très reculé durant la première partie du saut, c'est grâce à un coup de rein que le cheval doit "basculer" au sommet de la trajectoire."

 

"Au fil des générations, la technique, ou plutôt les techniques ont évolué. Il existe diverses écoles qui conçoivent différemment tant le dressage du cheval que l'action du cavalier. Si les nuances sont très variées, il est possible cependant de définir quatre styles de base, d'où sont issus tous les cavaliers de saut d'obstacle depuis une cinquantaine d'années.

  1. Le premier d'entre-eux est celui dit de la "non-intervention". Il consiste, pour le cavalier, à contrôler, éventuellement à doser, l'équilibrage et l'allure, mais à laisser au cheval le soin de régler lui-même ses foulées à l'abord et de choisir l'emplacement de sa battue. Durant cette phase, le cavalier se contente d'inciter à l'engagement et de provoquer l'impulsion. Le cheval se "comprime" entre les jambes et l'obstacle." […]

  2. Le cavalier exige de son cheval un engagement extrêmement accentué dans des allures très rassemblées. Le cheval est en grande impulsion, car il sait que dès l'ouverture des doigts, il va devoir attaquer l'obstacle, en impulsion croissante. […] La qualité de l'encadrement est sacrifiée et remplacée par la qualité et l'importance de l'engagement. […]

  3. Le cavalier arrive dans un bon train sur l'obstacle. Si la battue ne tombe pas juste, c'est lui qui ordonnera au cheval l'allongement ou le raccourcissement des foulées nécessaires. Éventuellement, une moindre qualité des facteurs engagement et encadrement est alors compensée par l'élan.

  4. Le cavalier assume toute la responsabilité du réglage, de l'équilibrage, du choix e l'emplacement de la battue. Cela dans un train et dans un style variables selon le problème à résoudre."

 

"La non-intervention revient à poser le postulat qu'il vaut mieux laisser faire le cheval à l'abord de l'obstacle, qu'il saura mieux choisir lui-même l'emplacement de sa battue, engager instinctivement ses postérieurs en fonction de l'obstacle à franchir et sautera ainsi dans de meilleurs conditions que si le cavalier intervient, car il risque alors de provoquer des contractions musculaires. Mais pour être appliqué efficacement, ce principe exige les deux conditions suivantes : l'équilibrage préalable ; la véritable non-intervention. […] Il faut dans ce cas, un cheval d'une très grande légèreté, se soutenant de lui-même. Un cheval qui "s'appuie" n'est obligatoirement pas dans son équilibre naturel. […] Or, si le cheval doit assumer lui-même l'abord de l'obstacle et le choix de la battue, le premier impératif est qu'il se trouve dans son équilibre naturel, faute de quoi il ne sera pas parfaitement et totalement maître de sa masse."

 

"Le général Lhotte a raconté, dans Questions équestres, que, se trouvant dans un régiment, il faisait sauter à tout son escadron une sorte de gros tronc d'arbre, quand il constata la chose suivante: lorsque les cavaliers arrivaient, pourtant uniquement sur les rênes de filet et avec ordre "d'ouvrir les doigts" au moment du saut, il entendait de nombreux chocs provoqués par des sabots touchant l'obstacle. Il fit repasser l'escadron entier, mais en ordonnant cette fois aux cavaliers de laisser leurs rênes flottantes. Il n'entendit plus rien. Pas un cheval ne touchait l'obstacle. Cela s'explique très bien. Un cavalier a décidé de ne pas intervenir et de laisser faire le cheval à l'abord de l'obstacle ? … Bien ! Lui le sait, mais le cheval ? Quand et comment l'a-t-on prévenu qu'il devenait le patron ? Cela peut étonner, mais qu'on y réfléchisse bien : beaucoup de grosses fautes des non-interventionnistes viennent de là.

Si le cavalier, en arrivant sur l'obstacle, conserve son cheval appuyé sur la main – cet appui fut-il léger – l'animal attend les ordres. […] A une quinzaine de mètres de l'obstacle, le cavalier doit s’asseoir en arrière de la selle pour alléger l'avant-main ; mettre le cheval franchement dans le vide, rênes flottantes. L'animal comprend parfaitement que le cavalier lui abandonne l'initiative de l'abord. Il a ainsi trois foulées pour placer sa battue, varier son équilibrage."

 

"Parmi les quelques aspects mal compris de cette monte, le plus important est celui touchant à la légèreté. Dans un style général différent, avec une autre approche technique du problème, il n'en demeure pas moins que, là encore, on ne saurait "monter" en action impulsive sur un cheval qui ne serait pas au préalable dans la plus complète légèreté, ne s'appuyant donc pas et étant dans un équilibrage très reculé."

 

"Tout le monde est d'accord sur ce point : la souplesse du balancier durant le saut est une nécessité absolue. T, en effet, l'intervention au cours de deux dernières foulées peut provoquer des résistances de la part du cheval, résistances engendrant une contraction de l'encolure avec répercussion sur toute l'épine dorsal. Le cheval est alors gêné pour monter ses épaules et passer ses postérieurs. […] Nos connaissances actuelles, la voie ouverte par tant de grands artistes, démontrent que la chose est parfaitement possible sans provoquer de contractions gênantes du balancier mais à deux conditions :

Le dressage permet d'agir autant que nécessaire et jusqu'au pied de l'obstacle, dans la légèreté ; car si le cheval répond parfaitement à des actions des aides très légères, il n'y aura pas de contractions. La certitude acquise par le cheval que quelles que soient les actions de main de son cavalier, celui-ci lui rendra toute la liberté de toute son encolure, durant la trajectoire."

"Nocif par son poids, qui diminue les moyens du cheval. Pour un animal de 600kg, une charge de 85kg représente le 1/7ème de son propre poids. Imaginons un homme auquel on demanderait de courir, de sauter, avec une charge de 10 à 12 kg sur les épaules."

 

"Nous avons dit qu'en dehors des mains et des jambes, tout le reste du cavalier est inutile et malheureusement lourds. Cette évidence a voulu que beaucoup de chercheurs – donc de méthodes – se soient essentiellement préoccupés de diminuer la nocivité de ce poids en étudiant :

  1. Son placer par rapport au centre de gravité du cheval

  2. La manière d'éviter à ce poids des mouvements inutiles, risquant d'augmenter la gêne qu'il représente pour l'animal."

 

"Pour résumer, les impératifs concernant la position du cavalier en compétition de saut d'obstacle sont donc :

  • un très fort moyen de tenue

  • une indépendance totale des aides inférieures et supérieures, laquelle permet de donner des ordres nets, clairs et extrêmement dosés

  • La possibilité pour le cavalier de rester toujours maître de son équilibre, tout en étant capable cependant d'opposer, si nécessaire, à la bouche du cheval des résistances parfois fortes.

  • Monter indifféremment en équilibre ou dans la selle

  • avoir la possibilité de déplacer aisément son buste."

 

"De nombreux cavaliers mettent leurs chevaux "dans le vide" sur l'obstacle, soit uniquement pendant le saut, soit pendant le ou les deux foulées précédant la battue. D'autres, lors de la trajectoire, conservent un contact avec la bouche du cheval. […]

Mettre un cheval dans le vide n'est pas autre chose qu'effectuer une descente de mains. Or, en équitation académique, la descente de mains ne se conçoit que lorsque le cheval est dans une parfaite légèreté et se soutient tout seul. […] Sur un cheval résistant, ou s'appuyant à quelque degré que ce soit sur la main, la soudaine mise dans le vide engendre instantanément un report de poids sur les épaules. Ce changement d'équilibre par surcharge soudaine de l'avant-main engendrera mécaniquement un abaissement de la trajectoire avec le risque de faute que cela comporte.

Nous en concluons que la descente de main, c'est à dire la mise dans le vide à l'abord de l'obstacle ou juste avant la prise de battue, est à proscrire formellement si le cheval n'est pas auparavant parfaitement léger."

 

"Il ne faut jamais oublier la sensibilité des commissures des lèvres d'un cheval, sa répugnance pour tout choc, même léger sur elles. Un cheval qui ne sent plus le contact des rênes hésitera toujours à allonger brusquement son encolure, dans la crainte de se heurter à la main, de subir une reprise de contact sèche, voire brutale."

 

"La première remarque à faire est que plus les foulées du cheval arrivant sur l'obstacle sont longues, plus les variations d'amplitude à effectuer risquent d'être fortes. Par contre, plus un cheval aborde sur des foulées courtes, moins le réglage n’excédera une grande variation."

 

"Ainsi, la puissance supplémentaire engendrée par l'élan augmente la zone valable, ce qui compense en partie les plus grandes variations nécessaires pour le réglage d'une arrivée sur grandes foulées."

 

"La conclusion de cette analyse est qu'en réalité, la foulée croissante n'existe pratiquement pas et que, dans la faible mesure où il y a effectivement accroissement des foulées, c'est au détriment de la facilité du saut. C'set pourquoi, en dehors des cas ne nécessitant que de faibles variations, nous constatons que le réglage de la battue s'effectue toujours par une diminution de l'amplitude des foulées. Par contre on peut monter en "action croissante" ce qui se traduit par une légère accélération de la cadence donc augmentation de l'élan."

 

"Le cavalier doit contrôler et régir totalement les forces musculaires de son cheval. C'est lui qui assume la responsabilité de l'abord de l'obstacle et du déroulement de tout le parcours. Le cheval doit mettre à la disposition du cavalier tous ses moyens (physiques et moraux), il ne doit plus être qu'un outil entre les mains de l'homme."

 

"Rapidité : elle ne peut se concevoir sans un dressage de haute qualité.

Un cavalier ne peut être très vite en parcours que s'il tourne très court et que s'il lui est possible d'effectuer des transitions extrêmement fortes, très rapidement et sans contractions musculaires."

 

"Nous parlons du dressage proprement dit. Là, les temps de travail ne doivent jamais excéder chacun deux à trois minutes au maximum. Il faut toutes les deux ou trois minutes arrêter le cheval sur un mouvement bien fait, et le mettre en récréation. Cette mise en récréation consiste à laisser toute liberté au cheval de s'étirer, se gratter, brouter... Cet arrêt n'a pas besoin d'être long – trente à soixante secondes suffisent – mais il ets nécessaire. Ce moment de détente totale suffit au cheval à se relaxer et, à la reprise du travail, il redevient aisément attentif."

 

"Nous en venons donc à constater que le placement du cavalier sur son cheval doit être pris à l'encontre de la manière habituelle de procéder. Il ne faut pas d'abord asseoir le cavalier, pour ensuite le laisser se mettre en équilibre comme il pourra, mais bien mettre le cavalier en équilibre sur ses étriers et ensuite, sans que sa jambe bouge, le faire asseoir par simple fermeture de l'articulation du genou."

 

"Nous savons qu'en équitation sportive, le cavalier doit pouvoir rattraper un équilibre compromis par un mouvement brusque et imprévu du cheval, et ce grâce à un moyen de tenue. Plus ce moyen sera haut, c'est à dire près du milieu du cavalier, meilleur il sera. A l'opposé, plus le moyen de tenue sera bas, plus le cavalier aura du ballant."

 

"Sur le plan de la solidité à cheval, il est donc préférable d'utiliser le haut des jambes (la cuisse) comme moyen de tenue. C'est cette partie qui doit être adhérente, fixe et si besoin est, assurer la solidité par une augmentation de son adhérence.

Mais cela ne peut être vrai que lorsque le cavalier est assis dans sa selle. A partir de l'instant où il est en équilibre, l'articulation du genou jouant, la cuisse n'est plus fixe et ne saurait donc être un moyen de tenue. Sauf toutefois en son extrémité inférieure le genou.

Ce dernier ne bougeant jamais, pour permettre la fixité du bas de la jambe, peut et doit donc, assurer seul, lorsque le cavalier est en équilibre sur ses étriers, l'adhérence nécessaire à la tenue. Mais bien entendu cette adhérence ne doit pas provenir d'une contraction musculaire de la cuisse ce qui serait à l'encontre de la souplesse générale et de l'aisance du cavalier.

L'adhérence est naturelle, sans nécessiter le moindre effort musculaire si le cavalier prend appui sur son gros orteil. Cela a tendance à tourner la semelle vers l'extérieur, à écarter légèrement le bas de jmbe et donc de plaquer naturellement la cuisse et le genou. Une contraction musculaire afin d'augmenter cette adhérence ne s'effectue que durant quelques secondes en cas d'un brusque mouvement du cheval nécessitant le renforcement du moyen de tenue. Cette importance de l'appui sur le gros orteil a d'ailleurs été découverte et prôné par Frederico Caprilli."

 

"Le cavalier se mettant en équilibre sur ses étriers, peut passer alternativement de 30 à 0 kilos de tensions de rênes, d'une fraction de seconde à l'autre, sans aucun effort, sans perdre son aisance ni le contrôle de ses actions. Instinctivement le bas de la jambe se déplace (il avance si la tension des rênes augmente), afin de contrebalancer la traction subie par le cavalier au niveau des épaules. Ainsi, l'homme ne fait pas d'effort. C'est son propre poids qui agit. Il se contente, par l'action musculaire des épaules et des bras, d'assurer le fini, le dosage."

 

"Un cavalier d'obstacle doit travailler ses chevaux en passant indifféremment d'une position assise dans le fond de sa selle à une position en équilibre sur les étriers. Toutefois, en cas de tension des rênes supérieures à deux kilos, il doit obligatoirement adopter la position en équilibre."

 

"Il est important que le cavalier en équilibre ne s'appuie jamais sur la plante des pieds (ce qui a pour effet de faire pivoter le genou, reculer la jambe et déplacer tout le centre de gravité). Le poids doit toujours se situer dans les talons et l'appui s'effectuer sur le gros orteil."

 

"Un vieux principe veut qu'une action soit préparée. Le cavalier d'obstacle ne sachant pas ce qu'il va tout d'un falloir lui demander doit préparer son cheval à répondre à n'importe quel ordre. Pour ce faire, il doit monopoliser son attention et veiller à l'absence de contraction."

 

"Le cavalier ne peut être assuré de la disponibilité du cheval que dans la mesure où, donnant un ordre, il sent une obéissance immédiate. Et il ne peut être assuré de la disponibilité général que dans la mesure où il donne des ordres dans tous les sens :

  • le cheval doit réagir à la moindre pression du haut des mollets

  • à l'ouverture des doigts, il doit allonger sa foulée

  • à la fermeture, il doit la diminuer

  • à une action conjuguée, il doit amorcer un abaissement des hanches, venir en position de ramener, et reporter du poids sur l'arrière-main

  • à une légère traction de la main, il doit céder et venir en flexion latérale

S'assurer de la disponibilité de la masse, c'est recommencer en permanence cette série d'ordres. Bien entendu, cela doit être obtenu par des actions infiniment légères, cessat dès l'amorce de l'obéissance du cheval. […]

Aussi pendant toute la durée d'un parcours le cavalier doit-il s'assurer en permanence de la disponibilité de la masse. Bien entendu, il doit à l'entraînement s'habituer et habituer son cheval à cette constante recherche, afin que la chose devienne instinctive."

 

"Pour nous, un saut ne se résume pas à la trajectoire au-dessus de l'obstacle. Depuis déjà longtemps, on sait que le saut est fini avant même que le cheval ne prenne sa battue. Lorsque l'arrivée est bonne, l'emplacement de la battue, l'équilibrage et l'engagement corrects, le saut en lui-même n'offre plus de difficultés, et la faute est alors rarissime.

Le problème du saut, c'est d'abord et surtout celui de l'abord de l'obstacle. Après quoi, il faut naturellement que le cheval bascule pour passer sans risques les postérieurs, mais c'est un problème complémentaire, non celui de base."

 

"Il est d'une extrême importance, tant pour la compréhension par le cheval du mécanisme du saut que pour le mettre en confiance, condition indispensable de l'impulsion et de la générosité, que toute la formation de base lui donne le sentiment que sauter est une chose aisée, facile, n'offrant aucun danger.

Lorsque plus tard, le cavalier-dresseur devra lui demander des efforts plus grands, des abords sur des rythmes plus élevés, la différence sera énorme entre ce cheval confiant, sans inquiétudes, calme, et un animal excité, énervé, craignant de se faire mal et appréhendant l'arrivée de l'obstacle.

C'est pourquoi il importe, durant toute cette première période, de ne jamais laisser le cheval sauter dans de mauvaises conditions techniques. Dans ce cas, il faut arrêter, et recommencer l'abord. Cela autant de fois que nécessaire, jusqu'à ce que de bonnes conditions techniques soient réalisées. Le cavalier laisse alors le saut se terminer."

 

"Le cheval doit être systématiquement arrêté, immobilisé, trois ou quatre foulées après chaque saut. Et cette immobilité doit être suivie d'un reculer.

Sachant qu'il doit automatiquement s'arrêter, le cheval prend l'habitude dès la réception de reporter du poids sur les hanches et d’engager ses postérieurs pour être maître de sa masse.

L'automatisme de ce mouvement sera fort utile plus tard, lors du franchissement des combinaisons d'obstacle et pour tourner à l'issue d'une réception. Alors qu'un cheval ayant l'habitude de laisser son poids l'entraîner durant deux, trois, quatre foulées après la réception tournera moins vite et se mettra sur les épaules au milieu des combinaisons.

Par ailleurs, l'habitude de s'arrêter tout de suite après le saut incite le cheval à ne pas se précipiter sur l'obstacle, et la progression du travail de l'abord en est accélérée."

 

"Les obstacles ont toujours évolué, et évolueront forcément encore. Nous l'avons déjà dit, lors des débuts du concours hippique, il s'agissait essentiellement de la reproduction d'obstacles d'extérieur : haies barrières, buttes, rivières et fossés.

Durant la période de l'entre-deux guerres, si les parcours devinrent peu à peu beaucoup plus gros que précédemment, la variété fut telle que les cavaliers d'aujourd'hui peuvent mal l'imaginer. D'autant plus que tous les principaux chefs de piste avaient à cœur d'inventer de nouveaux obstacles. Barrières en tous genre, claies, stationnatas, passages de route, haies barrées, haies de toutes formes et de toutes tailles devant, derrière, sous les obstacles, oxers de murs, barres de spa de murs, bull-finches, X horizontal, large de trois à quatre mètres formé par une succession de cavalettis, talus, buttes, en tous genres... dont le premier plan vertical pouvait aller jusqu'à 1m80 avec fossés avant, au-dessus, ou à la sortie de la butte, contrebas parfois de plus de 2m de haut...

Quand aux combinaisons, les distances entre les obstacles allaient de 6 à 12 mètres. Que tout cavalier de concours aujourd'hui imagine qu'il aborde un double de 6 mètres ! La plupart du temps les chefs de piste plaçaient les obstacles sans s'occuper des distances, c'était aux cavaliers à se débrouiller. Ainsi les combinaisons présentaient les distances les plus variées : 8,50m, 9m, 9,50m, 12m !

Quand aux parcours de chasse, là l'imagination des chefs de piste était débridée. Il s'agissait comme le nom l'indique de tester la franchise du cheval face à tout ce qui pouvait se rencontrer dans la campagne. Aussi on trouvait des canards dans la rivière (attachés par une patte) qui évidemment battaient des ailes à l'arrivée de chaque concurrent. Parc à moutons avec au milieu un cochon en liberté, bûches de bois jetées par terre au hasard devant un obstacle, jets d'eau horizontal qu'il fallait ou franchir, ou traverser, mais qui évidemment faisait hésiter les chevaux, oxers de plus de 2m de large, etc.

Dans les concours nationaux, il existait des handicaps. Aussi les meilleurs chevaux, sur un parcours d'environ 1m30 se trouvaient soudain devant des verticaux d'1m60.

Il est indiscutable que les parcours de cette époque étaient certainement moins gros qu'aujourd'hui mais beaucoup plus techniques et les obstacles plus difficiles à négocier.

Cela dura jusqu'en 1952. A ce moment il y eut une campagne au sein de la FEI contre ce qu'ils appelaient "les cavaliers adroits". Aussi les obstacles évoluèrent pour diminuer l'importance du cavalier : obstacles de plus en plus denses, des distances dans les combinaisons stéréotypées, la suppression peu à peu de toute "terre", les barres de SPA réduites en largeur au point de ne plus avoir de signification, la hauteur égalisée... donc au détriment du vertical, car pour conserver une égalité dans le problème posé entre les oxers et les verticaux il est bien certain que ces derniers devaient être plus haut de 15 à 20cm. […]

C'est à partir de la fin des années soixante-dix que la nouvelle évolution commença. Les obstacles se dépouillèrent, devinrent moins massifs, les barres tombaient plus facilement.

Nous pouvons dire qu'il y a progrès sur le plan des problèmes posés à l'art équestre depuis la fin des années soixante-dix, mais que cependant les véritables problèmes techniques (variété du style des obstacles, des hauteurs au sein d'un même parcours, et des variations de distances dans des combinaisons) ne sont malheureusement pas posés.

Un jour fatalement le saut d’obstacle reviendra au style des parcours d'antan. […] aujourd'hui il n'existe pratiquement aucune différence de style, sinon de devoir couvrir un peu plus large sur un oxer que sur un vertical."

 

"Pour un vertical, partir de loin. Plus l'emplacement de la battue sera éloigné de l'obstacle plus l'incidence de la trajectoire sera faible et plus le saut sera aisé. […] Pour empêcher l’aplatissement de la trajectoire et s'assurer une marge de sécurité, il faut et il suffit que son équilibrage soit suffisamment reculé pour augmenter l'incidence de sa trajectoire. Il est bien évident que moins un cheval a d'élan, plus il est aisé de reculer son centre de gravité et plus il lui est difficile de couler. Donc : très peu d'élan, battue longue, équilibrage très reculé.

Si ces conditions sont remplies, la faute est presque impossible aussi longtemps que la hauteur reste dans les moyens musculaires du cheval."

 

"Que ce soit volontairement ou non, si le cheval se rapproche d'un vertical, le cavalier doit alors lui reculer de façon correspondante son centre de gravité, et diminuer le plus possible l'élan afin que le cheval puisse monter sans trop de difficulté son avant-main pour éviter une faute des antérieurs."

"Pour sauter de très gros oxers, avec un maximum de chances de ne pas commettre de faute, même avec des chevaux sans beaucoup de puissance naturelle nous conseillons le style suivant :

Arriver vite. A une vitesse variable selon la taille des obstacles à franchir et les moyens musculaires du cheval. Seuls le sentiment et l'expérience apprennent au cavalier à doser cette vitesse initiale.

Elle doit être suffisamment grande pour qu'en cas de mauvaise arrivée, provoquant une certaine diminution de l'élan, il en reste suffisamment pour que le cheval puisse couvrir l'obstacle."

"Dans la zone de pré-abord, le cavalier commence une action décroissante. Ce mouvement régulier consiste à diminuer progressivement l'amplitude de chaque foulée, augmenter l'engagement par abaissement des hanches et alléger l'avant-main en élevant la base de l'encolure."

"Cependant, étant donné la faible largeur des rivières actuelles, elles sont faciles à passer pour presque tous les chevaux, à condition qu'il aient beaucoup d'élan. Un cheval arrivant très vite, mais sans être sur les épaules commet rarement une faute."

"Le passage d'une combinaison est conditionné par la trajectoire décrite sur le premier obstacle. Il n'y a que celui-ci qui compte. […]

Une battue longue est mauvaise, car le cheval a alors tendance à ne pas bien encadrer l'obstacle. Craignant de se recevoir trop près du suivant, il chercher à retrouver le sol plus tôt qu'il ne le devrait normalement, et le risque est grand d'une faute commise par les postérieurs dans la phase descendante de la trajectoire. Par ailleurs, à la réception d'une trajectoire allongée, le cheval a beaucoup de poids sur les antérieurs et les postérieurs restent assez en retrait ; les conditions sont donc mauvaises pour attaquer l'obstacle suivant.

Sur une battue courte, la trajectoire est forcément plus étroite à sa base. Le cheval se reçoit donc plus près de l'obstacle qu'il a franchi. Dans une combinaison courte c'est excellent, mais si la combinaison est longue le cheval qui a alors entre 1m et 1m50 à couvrir en plus risque de faire une faute.

Il est donc capital que l'emplacement de la battue soit réglée de façon très précise afin d'avoir une trajectoire normale, ni trop longue ni trop courte."

"En une seule courbe, un cavalier faisant très attention au dessin de son tournant a vite fait de parcourir 4 à 6 mètres de moins que la plupart de ses concurrents. Il a gagné plus d'une demi seconde sans même que les spectateurs, sauf les plus avertis s'en rendent compte."

"Le cavalier doit impérativement être habitué à aborder un obstacle de travers jusque sous un angle d'au moins 45°. Il est ainsi possible de gagner énormément de terrain par rapport à tous les cavaliers qui instinctivement effectuent des courbes pour sauter droit, chose tout à fait inutile."

"Si le tracé du parcours tourne selon un angle de plus de 90° après le franchissement d'un obstacle, il faut que le cavalier commence à tourner avant le saut. Ce n'est pas difficile à condition de s'y être entraîné et mécanisé. Non seulement le fait de prendre l'obstacle avec un certain angle diminue fortement le tracé de la courbe à effectuer, mais par le fait d'avoir amorcé le mouvement, le cheval comprend qu'il doit tourner et effectue le mouvement de lui-même, d'où un gain de temps supplémentaire."

"La lenteur et le caractère progressif et répétitif de chaque leçon sont non seulement nécessaires au dressage d'un cheval mais constituent aussi la garantie rapide de ce dressage.

D'une façon générale les progressions ne sont jamais constantes, leurs graphiques sont en dents de scie. La chose est aussi vraie, d'ailleurs, pour la formation d'un jeune cavalier que pour le dressage d'un cheval. Durant certaines périodes, des progrès sont quotidiennement accomplis, de façon nette et visible, puis soudain, rien ne va plus ! Hésitations, tâtonnements, incertitudes, il semble que le niveau soit retombé plus bas qu'avant le début de la progression. C'est tout à fait normal.

La pire chose à faire est de s'inquiéter, de s'énerver, de chercher à tout changer. Il faut au contraire savoir que ce passage à vide est dans l'ordre logique d'une progression générale. L'enseignement donné au cheval (comme au jeune cavalier) doit avoir le temps d'être assimilé. Après une première période durant laquelle il a réagit instinctivement, arrive où il pense ce qu'il fait et à partir de cet instant il y a raideur, blocage, difficultés.

Le dresseur ou l'instructeur doit alors continuer calmement, répétant les mêmes leçons, sans excès, sans chercher à forcer le travail. Après quelques jours, quelques semaines, les choses se mettent en place d'elles-mêmes. Les progrès sont alors de qualité ; après une période d'incubation, l'élève a franchi un nouvel échelon, et accédé à un stade supérieur."

"Bien entendu, on ne saurait prétendre créer un climat de confiance et de gaieté en empêchant le cheval de manifester sa joie. Non seulement, on ne doit pas empêcher ces manifestations, mais il faut au contraire les favoriser. C'est une excellente chose si, au petit galop, le cheval commence à jouer en secouant son encolure alternativement à gauche et à droite, mouvement qui l'amène généralement à deux ou trois sauts de gaieté.

Un cheval qui "pétarade", qui joue, qui rit est un cheval heureux qui sera beaucoup plus généreux au moment du travail. Quand un cheval effectue des sauts de mouton, il faut non seulement le laisser faire mais même, par une approbation vocale et de grandes claques sur l'encolure, partager sa gaieté."

"Il y a deux raisons pour lesquelles nous nous sommes attardés sur ce dressage permettant d'obtenir l'immobilité. D'abord parce que c'est une base psychologique. Un cheval ne bougeant plus dès qu'il en reçoit l'ordre, c'est le principe de la soumission à la volonté de l'homme qui est acquis, c'est le "down" britannique, l'animal aux ordres. C'est aussi, et nous nous en servirons beaucoup durant le travail, l'assurance du retour au calme chaque fois que besoin est."

"Un dressage n'est de qualité que si l'obéissance du cheval à toute action est immédiate. Lorsque nous rentrons la nuit dans une pièce noire, notre main appuie sur le commutateur, et nous SAVONS que la lumière va s'allumer. Il doit en être de même en équitation. Nous devons savoir que mathématiquement notre cheval obéira à notre indication.

Pour cela il faut et il suffit qu'après avoir appris à notre cheval le mouvement qu'il doit effectuer lors d'une certaine action des aides, nous lui faisons recommencer ce même mouvement le plus grand nombre de fois possible dans un laps de temps très court.

Alors ce mouvement deviendra un geste réflexe. Dès le premier temps, le cheval ayant compris ce qu'il devait faire donne des ordres à ses nerfs moteurs pour effectuer le mouvement demandé par son cavalier. Si ce geste est répété des centaines de fois en quelques jours, il devient instinctif. Lorsque le cavalier donne son ordre, les nerfs moteurs répondent automatiquement, même si le cheval à ce moment est distrait et pense à autre chose. Son cerveau a été en quelque sorte déconnecté. Par la création de ces gestes réflexes le cavalier commande directement aux nerfs moteurs du cheval."

"Si le cavalier parvient à s'inculquer à lui-même ce besoin de faire travailler sans cesse l'arrière-main de son cheval, celui-ci prendra rapidement l'habitude de rester toujours sur ses hanches et le développement musculaire sera plus rapide et plus important. S'il ne parvient pas à se donner cette deuxième nature, s'il ne souffre pas physiquement en sentant son cheval reporter du poids sur l'avant-main, s'il le laisse se mettre sur les épaules pour se porter en avant, alors ce cavalier rencontre toujours d'énormes problèmes. Le travail qu'il donne s'apparente à la construction d'une maison pour laquelle nulle fondation n'a été réalisée au préalable. Très vite et sans cesse, les murs se lézarderont, s'inclineront et peut-être même s'effondreront."

"Grâce au réflexe conditionné, le cavalier commande directement aux propulseurs. Ainsi la rapidité de l'exécution de l'ordre reçu est légèrement plus grande et surtout, dans les cas où un élément extérieur risque d'effrayer le cheval (obstacle très impressionnant par exemple), sous l'attaque impulsive des jambes le cheval y répondra automatiquement avant même d'avoir réalisé son mouvement, alors que si la soumission avait dépendu de son libre arbitre, la peur de l'obstacle aurait peut-être provoqué un refus ou une mauvaise qualité d'obéissance."

"Un cavalier pourra peut-être ainsi avoir des chevaux "sensibles aux jambes". Tout est question de vocabulaire et surtout du degré d'exigence que l'on a. Certains cavaliers sont très satisfaits lorsque leur cheval se porte en avant parce qu'ils frottent énergiquement leurs talons sur ses flancs. Nous pensons, et nous ne le répéterons jamais assez, que la très grande équitation exige des chevaux "jaillissant" à la moindre pression du mollet.

Voilà pourquoi nous préconisons de ne jamais utiliser les jambes durant les 5 premières minutes du travail. Un claquement de langue, éventuellement un tapotement de la cravache sur l'arrière-main suffisent comme indications. Une fois que le cheval a fait (rênes longues) un petit temps de trot et deux ou trois cent mètres de galop, il est "réveillé". A partir de ce moment, les jambes vont agir normalement et aucune mollesse ne sera tolérée."

"Il en est de même pour l'action des aides supérieures ; le cavalier ne doit pas admettre le moindre appui, la moindre résistance du cheval. Un cheval pèse sur la main ? La sanction doit être immédiate et éventuellement sévère : un arrêt instantané sur une action de rênes sèche, suivi d'un reculer rapide sur 10 à 15 mètres. Ce rappel doit sanctionner immédiatement toute résistance du cheval aux oppositions de la main."

"Son cavalier veut que lorsqu'il serre les jambes, le cheval jaillisse en avant. S'il ne le fait pas ou mollement, le cavalier se fâche et le punit ; s'il le fait bien, il reçoit approbation et récompense. Aussitôt, le cheval redevient très calme car il a compris.

Mais il faut tout de suite lui apprendre que sa réponse impulsive doit être proportionnée à l'action de la jambe. Pour cela il suffit d'effectuer, à partir de l'arrêt, des départs soit au pas, au trot ou au galop. Pour le premier, le simple mouvement de l'assiette et pression de la cuisse. Pour le trot, un très très légère pression du haut des mollets. Enfin pour le galop, une pression plus nette, plus accentuée mais uniquement de la jambe extérieure."

"Nous allons inclure dans nos plans de travail, des exercices de musculation, en utilisant ce ploiement latéral, mais il faut aussi que le cavalier acquiert le réflexe de ne jamais changer de direction sans ployer l'encolure avec un report de poids sur l'épaule externe pour obliger l'avancée du postérieur interne sous la masse. Chaque changement de direction sera ainsi dans le même temps un geste de musculation. […] toujours pour éviter de se fatiguer, le cheval a une tendance naturelle à reporter (laisser tomber) du poids sur l'épaule intérieure à sa courbe. Ainsi ce poids entraîne sa masse et ses postérieurs s'engagent automatiquement moins. Par contre si un cavalier veille à ne jamais laisser tourner son cheval sans lui avoir au préalable ployé l'encolure et reporté du poids sur l'épaule externe, ce mouvement deviendra naturel et instinctif chez l'animal."

"Il faut sanctionner le cheval qui ne répond pas à des actions légères. Ne jamais avoir le réflexe d'augmenter l'intensité de ces actions car c'est alors rentrer dans un processus de force et dire adieu à la base même de toute bonne équitation : la légèreté."

"Le cheval est en récréation. Pour le mettre en travail, le cavalier doit lui ordonner l'immobilité totale, puis par une infime tension des rênes le faire céder dans sa nuque et le conserver ainsi immobile durant cinq à sept secondes. Alors le cavalier travaillera son cheval, en le conservant dans le même placé, et en jouant toujours avec sa bouche.

Pour finir chaque temps de travail, il faut s'arrêter, conserver l'immobilité totale durant cinq à six secondes, demander un reculer de trois à quatre mètres. Nouvelle immobilité totale toujours de l'ordre de 5 à 6 secondes, puis lâcher brusquement les rênes en flattant vigouerusement le cheval des deux côtés de l'encolure.

Nous garantissons, si ce double cérémonial est scrupuleusement respecté, une transformation du cheval (très spectaculaire s'il s'agit d'un cheval nerveux) et des progrès beaucoup plus rapides dans le dressage proprement dit."

"Le galop sera l'allure de l'utilisation en parcours mais c'est également celle exigeant le plus de travail musculaire, donc correspondant le plus au développement de l'arrière-main du cheval. Mais précisons bien, je parle du GALOP ! Or je ne veux faire de peine à personne, mais il y a malheureusement de nombreux cavaliers qui ne galopent Jamais. Ils se déplacent dans une allure à trois temps, c'est tout !

Leurs chevaux reportent du poids sur l'avant-main et se laissent entraîner par le poids de leur masse. D'ailleurs il est symptomatique de constater que si l'on cherche à renvoyer du poids vers l'arrière-main de ces chevaux, la plupart du temps, ils se creusent et retombent au trot. C'est leur absence de musculation qui est en cause. Le galop, le vrai, est extrêmement lent, rassemblé, sur les hanches. A chaque foulée, ce sont les propulseurs qui déplacent la masse."

"Le cheval en liberté voulant franchir une clôture au galop reporte du poids sur ses épaules durant les deux dernières foulées et par une forte frappe des antérieurs, élève son avant-main. Il ne se rend pas compte que son saut exigerait moins d'effort s'il reportait du poids sur les hanches. Il nous appartient donc en premier de lui faire faire cette découverte.

Ce travail consistera d'abord à lui apprendre à ne pas reporter de poids sur ses épaules avant et au moment de la battue. Ce sera le saut en équilibrage constant. Ceci acquis, nous passerons au deuxième stade, lui apprendre cette fois à reculer son centre de gravité durant les deux dernières foulées. Ce sera le saut en foulées décroissantes."

"Foulée décroissante : L'objectif n'est absolument pas d'aborder un obstacle en diminuant les foulées, mais de faire reculer le centre de gravité du cheval. Évidemment dans la pratique, le report de poids sur les hanches engendre une diminution des foulées. C'est une conséquence, ce n'est pas un but !

Il ne s'agit donc pas de ralentir mais de comprimer. Il y a bien effectivement diminution de l'allure, puisque l'amplitude des foulées est moindre mais le report de poids sur les hanches et l'avancée des postérieurs provoque la compression des ressorts du cheval."

"Ainsi nous posons le principe que au cours de la période de dressage, durant laquelle nous allons essayer de fabriquer une machine à sauter, nous arrêtons notre cheval chaque fois que les conditions ne seront pas excellentes afin de ne lui donner presque exclusivement que de bons sauts d'instruction."

"Rappelons que le grand Goyoaga, le premier champion du monde de saut d'obstacle, parvenait à passer un double composé de deux verticaux d'un mètre vingt, distants de 9,75 mètres et en rentrant sur le premier de la même manière, à faire à volonté à l'intérieur de la combinaison de une à sept foulées. Pour cela dès la réception il rassemblait son cheval au point de lui faire faire des foulées de 0,50m. C'est l'illustration du saut en mécanisation : aborder dans un galop totalement sur les hanches et placer la battue très près."

"Deux principes clef à ne jamais oublier :

  • L'action des jambes doit être dosée exactement comme celle des mains

  • Toute action de jambe à l'abord de l'obstacle, supérieure au stricte nécessaire est au détriment de la hauteur de la trajectoire."
     

"Le cavalier ne doit pas demander le départ à l'instant où il veut partir. Cela souvent surprendrait le cheval trop tard pour qu'il obéisse. Mais indiquer clairement sur quelle foulée il veut que se situe la battue dès qu'il a visualisé l'abord et décidé sur quelle foulée il exigeait la battue.

Autrement dit : lorsque le cavalier à 3 ou 4 foulées de l'obstacle décide de l'abord, il indique et règle ces dernières foulées par des actions rythmées des doigts, de l'assiette, de tout son corps et par pression progressive des jambes."

"Il est étrange de constater qu'à de rares exceptions près, les cavaliers ne se soucient pas de dire au cheval qu'il n'a pas le droit de toucher les barres. Il suffit pourtant de recourir toujours aux mêmes procédés, très simples et de bon sens.

Chaque fois que le cheval touche une barre, il faut l'arrêter immédiatement, sèchement, le reculer et surtout avec de grands éclats vocaux de colère. C'est essentiellement cette "engueulade" qui donne au cheval le sentiment de sa culpabilité et une certaine peur de la colère de l'homme. Il faut alors revenir tout de suite sur l'obstacle et, quand le cheval passe sans toucher, lui manifester fortement son approbation."

 

"La trajectoire de votre cheval est dans la paume de votre main."

"Le principe clef, fondamental du dressage est de savoir grâce à quelles actions des aides le cavalier doit agir afin que le cheval automatiquement réagisse de telle ou telle manière. Seulement alors cela appelle certaines constatations.

Tout d'abord, chaque fois que le cavalier veut ré exécuter un même mouvement, il lui faut recommencer les mêmes actions incitatives ou coercitives. Petit danger : si pour une raison quelconque le cheval ne répond pas aussi généreusement que souhaitable aux actions des aides, le cavalier sera obligé d'augmenter l'intensité de celles-ci. Dans ce cas, il existe un risque évident de contraction du cheval. Or, nous savons que toute contraction engendre une certaine perte de son expression musculaire ; ce qui peut être dommageable au moment de réaliser certains airs d'école, comme au moment de sauter certains obstacles.

Il semble incontestablement préférable d'apprendre au cheval que l'orsqu'il reçoit tel ou tel signal, lui et lui seul, doit effectuer tel ou tel mouvement. Alors il sera en totale liberté physique, donc complètement souple, et donc en possession de l'intégralité de son expression musculaire ainsi que de ses possibilités de détente.

Dans cette optique, quelle est la différence fondamentale concernant les rapports entre le cavalier et son cheval ? Il ne s'agit plus de contrôler la masse musculaire par des actions engendrant des réactions physiques du cheval mais de lui apprendre les lois régissant l'équitation.

Le cavalier ne s'adresse plus au physique du cheval mais uniquement à son mental ! Autrement dit, il ne doit pas le dresser mais l'éduquer."

"Toute l'équitation repose sur quatre piliers : La décontraction, la musculation, le contrôle latéral, le contrôle longitudinal."

"Deux points de vue se sont affrontés en équitation, depuis longtemps, concernant la priorité à donner au mouvement ou à la position.

Disons tout de suite que nous sommes partisans de la priorité à la position. Elle est en effet la forme dans laquelle le cheval va devoir travailler. Il paraît donc logique qu'elle soit la base première de tout travail. Si elle est bonne, le travail aura des chances d'être de qualité. Si elle est défectueuse, le travail sera médiocre."

"La vérité est que celui qui, il y a longtemps, a pensé à enseigner aux cavaliers à mettre le poids dans les talons, l'a fait pour qu'ainsi la cheville ne puisse plus jouer. Pour éviter le désordre engendré par des jambes non fixées, il fallait pour cela bloquer la cheville et la chose ne pouvait s'obtenir que par un poids l'empêchant de bouger.

Ainsi le "poids dans les talons", en bloquant la cheville, donne des jambes fixes, toujours à leur place, à tout moment, y compris au-dessus d'un obstacle et tout naturellement alors le cavalier reste ainsi derrière son cheval."

"Si l'objectif est véritablement l'équitation, la légèreté n'est pas une théorie, un point de vue, une préférence, une doctrine ; elle n'est ni plus ni moins qu'une nécessité absolue.

En équitation, l'athlète, celui qui doit faire les efforts musculaires est le cheval. Et ceci quelle que soit la discipline pratiquée. Or dans tous les sports humains, il a été constaté que plus l'athlète est souple, décontracté, plus ses capacités physiques sont puissantes. Ceci est vrai autant pour des compétitions demandant des efforts prolongés – course de fond en athlétisme par exemple – que pour des efforts basés sur les possibilités de détente – saut en hauteur, à la perche, boxe, etc.

Le cheval étant l'athlète sur le plan physique des compétitions équestres, il est donc primordial de lui donner de ses moyens musculaires et pour cela la décontraction engendrant la souplesse.

Nous savons par ailleurs que s'il existe une tension dans les rênes, il y a forcément dans l'encolure du cheval une contraction correspondante à cette tension-traction. Nous savons également que tous les muscles accompagnant la ligne dorsale sont solidaires. S'il existe une contraction dans l'encolure elle est également dans les reins et dans toute la partie dorsale devant jouer lors d'un abaissement des hanches. […]

La grande équitation implique la volonté de pouvoir obtenir la quintessence des possibilités physiques du cheval et cette quintessence exige, elle, une totale souplesse.

Donc cette dernière ne peut exister que si le cheval est monté dans une parfaite légèreté."

"Autrement dit, c'est un cheval qui, quelle que soit son allure, se soutient de lui-même et ne cherche jamais à modifier ni cadence, ni vitesse. Les rênes du cavalier sont alors ce que j'appelle fluides. Elles pourraient être flottantes sans que cela fasse changer quoi que ce soit à l'allure et l'équilibrage du cheval. […] Il existe pourtant une barrière pour le cheval sinon il se porterait en avant et n'élèverait pas ses membres. Mais cette barrière n'implique aucune tension de rênes. On ne tient pas le cheval, il est éduqué à demeurer derrière la main."

"Dans le cadre de l'éducation du cheval, il est nécessaire en premier chef de lui apprendre que jamais il n'a le droit de s'appuyer le moins du monde sur la main, de tendre ses rênes en tirant peu ou prou. Jamais !

Comment cela ? De la façon la plus simple qui soit : Si le cheval s'appuie, c'est à dire tire sur la main, même légèrement, le cavalier doit le sanctionner par un coup sec sur sa bouche, en agissant selon un angle d'au moins 40 à 50° ayant pour effet de lui relever l'encolure. Et, et cela est capital, en accompagnant cette action d'un éclat de voix pour faire comprendre au cheval qu'il vient de commettre un acte interdit. Précisons qu'il s'agit bien d'une action sévère et sèche sur la bouche et absolument pas d'une traction."

"Certes, ô combien faut-il être animalier. C'est à dire réfléchir à ce que pense le cheval, à ses réactions, naturelles et inculquées. Cela dans telle ou telle circonstance, répondant à telle ou telle action. Bien entendu il fait le comprendre psychiquement pour mieux pouvoir régir physiquement ses forces musculaires. Mais être "à l'écoute de son cheval", ça veut dire quoi ?

C'est LUI qui doit être à l'écoute de son cavalier, de ce que celui-ci lui dit, lui indique, lui ordonne.

On confond de nos jours autorité, et autoritarisme. Le principe de l'autorité, répétons-le n'est pas condamnable, c'est ce que l'on en fait qui peut l'être. Pour nous, la grande équitation n'est pas pratiquée par un couple mais par un seul être : le cavalier et cette équitation devient un art quand ce dernier est physiquement prolongé par la masse musculaire du cheval. Elle s'inscrit dans le sublime principe de François Baucher : "Détruire les forces instinctives et les remplacer par les forces transmises. […] Le cheval doit sentir qu'il existe sur son dos une volonté absolue. Celle-ci est toujours calme, jamais violente, jamais brutale mais elle ne transigera jamais et sur rien. Si le cavalier désire quelque chose, il recommencera avec un calme à toute épreuve, mais avec la volonté absolue d'obtenir ce qu'il veut ; il recommencera autant que nécessaire et jamais il ne renoncera."

"Nous pensons qu'au travail, les allures doivent être énergiques, jamais molles, mais lentes afin que le cheval élève sa masse et donc développe toute son arrière-main.

Bien entendu, partant de ces allures lentes, tous les allongements sont possibles et même nécessaires, mais en revenant toujours aux allures de base, lentes et cadencées."

"Quel est l'objectif suprême pour un cavalier éduquant un cheval ? Que celui-ci devienne son prolongement physique."

"Nous avons énoncé là le cadre dans lequel nous allons éduquer le cheval :

  • D'abord capter son attention ; le mettre dans un climat de confiance et même d'intérêt

  • lui dire, mouvement par mouvement, ce qu'il doit faire et ce qui lui est interdit

  • recommencer ces mouvements jusqu'à les transformer en gestes réflexes

  • Donner au cheval l'habitude de bien faire, ceci de façon très progressive et en commençant bien sûr par des actions très simples.

Et c'est ainsi que l'on progresse vite."

"Le premier impératif en vue de pratiquer l'équitation de qualité est donc pour le cavalier, un absolu contrôle de lui-même. Chaque geste, chaque action ayant trait à la communication cheval-cavalier est importante."

"Un des plus bénéfiques effets des temps de travail courts est que cela donne au cheval la notion de "travail" que cela implique.

Le cheval apprend très vite qu'à partir de l'instant où il est "mis en travail", tout mouvement, fut-ce de baisser un peu son encolure, de tourner sa tête même d'à peine 15°, lui est interdit. Il doit conserver une immobilité de pierre dans l'attitude que lui a donnée son cavalier. Et réagir instantanément à toutes les indications qu'il en recevra. Par la force des choses, il est alors obligé de demeurer très attentif aux moindres actions du cavalier ; il perd ainsi toute velléité d'indépendance.

Seulement ces moments de farouche discipline ne sont pas long et ensuite par contre il va être "mis en récréation". Or à partir de cet instant, il peut faire absolument tout ce qu'il veut, hormis changer de place. Mais il peut allonger son encolure, la tourner pour regarder à la ronde, se gratter, chasser les mouches, etc.

Le contraste entre ces deux moments tellement différents lui fait comprendre qu'il est des instants où il n'a plus le droit de faire autre chose que ce qui lui est prescrit. S'il ignore toujours le mot travail, il en comprend et en accepte le principe.

Très rapidement, grâce dans les premiers temps à la brièveté des temps de travail, le cheval s'adapte à ce rythme et l'accepte totalement. Alors il en résulte un effet capital : il commence à s'intéresser à ce que son cavalier lui demande."

"A tout mouvement condamnable du cheval, l'interdiction de ce geste doit provenir d'un éclat de voix ; un seul, bref, mais impérieux. Même un cheval non habitué doit immédiatement sentir la colère du cavalier. Bien entendu, il n'est pas question un seul instant qu'il le soit réellement. Nous pensons même que si, pour une raison ou une autre, un cavalier sent monter en lui le moindre sentiment de colère, il doit immédiatement arrêter de travailler et ne rependre que lorsqu’il se sentira parfaitement détendu. Mais par contre, très souvent il doit "simuler" la colère. Et il ne le peut que par la tonalité de sa voix. Il ne s'agit pas de faire peur au cheval, mais de lui faire comprendre que son cavalier ne plaisante pas."

"Quand le cheval donne une flexion de nuque, c'est à dire lorsqu'elle est obtenue sans aucune traction des rênes, cela implique une totale décontraction. Mais aussi la possibilité pour les reins de ployer et donc d'abaisser les hanches. Un chanfrein ouvert ne permet pas ce mouvement. Aussi il n'est pas exagéré de dire qu'une cheval allant avec un chanfrein ouvert se "déplace" mais ne travaille pas physiquement au sens réel du terme."

"La décontraction de la main : elle entretient la décontraction du cheval. A ce titre, elle est fondamentale. Surtout pas de mains mortes ! Le cavalier doit avoir une main vivante ! On ne saurait tolérer une bouche sèche !

Cela a été dit, répété par toutes les grandes voix équestres... Mais propos rarement suivis. Or pourtant si un cheval joue avec son mors, sa bouche est "fraîche", elle salive ; c'est là une des conditions clefs de la décontraction, donc de la souplesse du cheval. Aussi nous pensons que l'entretien de cette décontraction doit être quasi permanent."

"Si le cavalier appuie sur la rêne droite, il doit attendre de sentir la rêne se détendre parce que la mâchoire a cédé. Et aussitôt il effectue la même action sur la rêne gauche, etc.

Un cheval habitué cède immédiatement donc cette mobilité de mâchoire devient permanente et les mains n'ont plus alors qu'à l'entretenir par une infime vibration. Mais bien entendu si les mouvements de la mâchoire s'arrêtent l'appui sur la rêne recommence aussitôt jusqu'à nouvelle cession. La vivacité des mains, leur travail constant afin d'entretenir cette décontraction doit être un réflexe permanent du cavalier."

"Nous posons le principe de ne partir dans une allure, pas, trot, galop, que de l'arrêt, et directement dans cette allure en ce qui concerne le trot et le galop. Aussi nous condamnons absolument dans le cadre de l'éducation d'un cheval les transitions montantes. Lorsqu'elles sont descendantes elles n'ont pas de nocivité ; encore qu'il soit préférable d'apprendre au cheval à s'arrêter net en prise d'équilibre. Mais effectuer des transitions montantes nous apparaît comme plus qu'une erreur, une véritable faute !

Un cheval passant du pas au trot, et du trot au galop, cherche instinctivement à reporter du poids sur ses épaules. Certains manuels d'ailleurs n'hésitent pas à écrire : "pousser le trot afin que le cheval tombe au galop" TOMBE ! Donc habituer le cheval à se laisser aller sur les épaules.

Pour notre part, il nous semble extrêmement important, et dès le début de l'éducation d'un cheval, d'exiger son départ directement dans l'allure désirée, sans jamais lui permettre d'effectuer le moindre report de poids sur son avant-main. […]

Aussi nous incorporons parmi les fondamentaux techniques l'impératif d'exiger que tout départ dans une allure s'effectue par une engagement et une poussée de l'arrière-main, donc en prise d'équilibre."

"Imperturbablement, il est répété que le cheval s'incurve autour de la jambe lorsque celle-ci effectue une pression latérale à la sangle. Cela est faux, archifaux !

L'incurvation telle qu'elle est généralement décrite n'existe pas.

Lorsqu'un cheval sur une courbe abaisse une hanche pour avancer son postérieur interne, le cavalier a la sensation que son cheval s'arrondit. Mais ce n'est qu'une impression. Qu'est-ce qui a fait douter certains chercheurs de la réalité de l'incurvation du cheval ? La photographie. Peu à peu un doute s'est instauré jusqu'au jour où les plus hautes autorités vétérinaires anglo-saxonnes ont confirmé. Mais en précisant d'ailleurs : "Curieusement les milieux équestre ne semblent pas désireux d'en tenir compte." En effet, plusieurs dizaines d'années après ces découvertes scientifiques, il est toujours enseigné que le cheval s'incurve autour de la jambe, ce qui fait croire à presque tout le monde que l'épine dorsale se ploie en arc de cercle... […]

Un cheval ne peut s'incurver. Bon ! Mais l'encolure elle peut être totalement ployée et malaxée dans tous les sens. Or nous constatons que si elle est ployée latéralement de façon importante (entre 60 et 90°) et que le cheval remet du poids sur son épaule extérieure afin d'équilibrer le poids déplacé par le ploiement de l'encolure, il est alors mécaniquement obligé d'avancer son postérieur interne, il ne peut le faire que grâce à un léger abaissement de la hanche correspondante."

"Posons un principe absolu : ne jamais changer de direction fut-ce de 20 à 30° seulement, sans :

  • ployer l'encolure

  • reporter le poids correspondant sur l'épaule extérieure

  • et ceci avant de s'engager sur la courbe à parcourir"
     

"La force d'un cheval est totale lorsqu'il s'encapuchonne légèrement en s'appuyant vers le bas. Dans cette attitude il peut opposer une résistance de force et de poids qu'aucun cavalier ne peut contrôler. Aussi voit-on alors fleurir des embouchures plus ou moins puissantes afin que le cheval hésite à tirer en raison de la douleur causée par cette embouchure. Par contre un cheval n'a pratiquement aucun force, aucune capacité de résistance s'il se trouve en placer relevé.

Par ailleurs, toute action des mains du cavalier agit directement sur l'équilibre du cheval. Ce qui n'est pas le cas sans ce relèvement. Il ne faut jamais oublier cette phrase de François Baucher : "Si l'encolure est basse ou tendue, il n'y a plus d'action possible du cavalier sur le cheval parce que toutes celles qu'il exerce ne sont ressenties que par l'encolure seule et n'agit pas sur le reste du corps."

Tandis que si cette l'encolure est complètement relevée, c'est toute la masse qui répondra aux actions demandant des reports de poids sur l'arrière-main. Enfin, le relèvement est l'évidente et indispensable préparation à l'abaissement des hanches qui est, nous l'avons déjà dit, la seule forme efficace de l'engagement des postérieurs."

"En réalité, le reculer a un double effet, physique et psychique. Dans la mesure toutefois, et la chose est primordiale, où le cheval ne se porte en arrière qu'en ayant donné au préalable et conservé durant tout le temps du mouvement, une complète flexion de nuque. Il peut même sans dommage être légèrement encapuchonné. Dans cette attitude, le cheval est absolument obligé d'abaisser complètement ses hanches. Il en résulte donc un important travail musculaire. Sur le plan psychique tous les mouvements habituant les chevaux à ces reports de poids sur l'arrière-main ne peuvent être que bénéfiques.

Par contre, si le cheval ouvre sa nuque, il reculera uniquement par le jeu de ses membres sans que la ligne dorsale, l'arrière-main et les abdominaux travaillent donc sans aucune conséquence utile. […]

L'impulsion n'est pas l'apanage du mouvement en avant. Un cheval qui recule instantanément, régulièrement et parfois dans une cadence accélérée est un cheval en pleine impulsion."

Jean d'Orgeix

"J'ai observé les chevaux en liberté, seuls ou en groupes ; élevés par l'homme ou sauvages ça n'a pas d'importance, leur naturel ressort toujours."

 

"Accéder à la véritable unité (true unity) et à la communication spontanée (willing communication) avec un cheval n'est pas quelque chose qui peut simplement être transmis. Cela doit être étudié et venir du fond de soi et du fond du cheval.

Je crois que les chevaux ont naturellement une foi incroyable en l'être humain. Mais pour gagner leur confiance, nous avons besoin de comprendre ce besoin fondamental qu'ils ont de se sentir en sécurité. J'ai trop souvent pu constater à quel point les gens n'en avaient pas conscience, cela causait chez le cheval un manque de cette même confiance qu'il s'efforce tellement de gagner. Donc si une personne est capable d'aborder un cheval de manière compréhensible pour lui, ce qui permet à la confiance de s'établir, il se montrera vraiment tolérant."

"Pour l'être humain comme pour le cheval, les choses semblent procéder par étapes, et chacune requiert un temps donné. Il y a un moment où il ne faut pas mettre le cheval sous pression s'il n'est pas prêt à franchir une nouvelle étape. Si l'on continue simplement à demander en essayant de l’encourager autant que possible sans trop le perturber, il arrive un jour où tout devient plus clair ; il comprend ce que l'on voulait. Je pense qu'une personne fonctionne en grande partie de la même manière."

"Beaucoup de gens ne réalisent pas avec quelle facilité il est possible de détruire les liens que le cheval a développés envers l'être humain. Le fait de permettre au cheval de fortifier cette relation de confiance et ces liens "solides" veut dire beaucoup pour lui. Or ce besoin dont est rempli le cheval de mieux connaître l'être humain passe généralement inaperçu. Les gens n'ont même aucune idée de ce dont je veux parler. Le cheval a besoin qu'on reconnaisse son désir d'aller à la découverte de l'homme, et il attend en retour que l'homme ait envie de le découvrir."

"Certaines personnes peuvent monter un cheval durant toute leur vie sans jamais obtenir ce bon état d'esprit que j'essaie d'établir le plus tôt possible, comme fondation. Je ne recherche pas la perfection dès le départ, seulement des bases suffisantes pour que le cheval se tourne vers moi s'il a des problèmes. S'il ne le fait pas de lui-même, je fais en sorte qu'il recherche confort et protection auprès de moi. Sans ces fondations je me sens en grande insécurité avec lui."

"Aucun cheval ne veut se blesser ou être maltraité. Il arrive qu'ils fassent des choses qui provoquent des blessures, mais en général ce n'est pas ce qu'ils recherchaient, ce n'était pas leur intention. Ils ne sont pas différents de nous, ils ont simplement un instinct d'auto-protection très développé. Cet instinct de survie existe chez tous les êtres vivants mais s'il n'avait pas été aussi fort chez les chevaux, il n'y en aurait plus sur terre depuis bien longtemps."

"Quand j'aidais des cavaliers qui pensaient avoir un problème avec leurs chevaux je leur disais que "c'était le cheval qui avait un problème avec eux.""

"Parfois les cavaliers sont impatients de passer à un niveau supérieur. La plupart du temps, il n'est pas possible de répondre à leurs questions sans prendre en compte tous les éléments d'une situation (l'environnement, son niveau, celui du cheval, etc.) Si je pouvais tout arranger pour que la situation corresponde à la question, ce serait fantastique, mais il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte que cela représenterait de toute façon trop de paramètres par rapport aux connaissances du cavalier.

Les cavaliers aimeraient avoir une réponse type, immédiate et superficielle à leur question. Je veux qu'ils fassent eux-même l'effort de comprendre ; de comprendre le cheval tout entier, incluant son mental, son physique et son esprit. Peut-être alors entreverront-ils tout ce qui leur reste à découvrir."

"Certaines personnes ont le sentiment que le cavalier fait une erreur s'il ne relâche pas la pression après que le cheval a exécuté le mouvement désiré. En réalité, il faut la relâcher quand le cheval est sur le point de céder. C'est à dire avant que le mouvement ne se déclenche. Si vous pouvez sentir ce qui va se passer, relâchez votre pression avant que l'action désirée se produise. Si vous la maintenez quand le cheval commence à effectuer son mouvement, vous représentez une gêne pour lui, vous êtes en travers de son chemin. Il essaie d'utiliser sa propre réflexion, son propre corps, mais vous ne le lui permettez pas car vous interférez sur le processus."

"Quand vous placez le cheval en première position et que vous essayez de travailler à partir de là où il en est, il comprends plus facilement ce que vous voulez. Je dirais que la plupart des gens se placent en premier, ils essaient de faire en sorte que le cheval s'adapte à eux. Le cheval essaie tout le temps de nous dire où il se situe (comment il se sent, ce qui se passe en lui). Écoutez-le. Essayez de comprendre ce qu'il tente de vous dire."

"Parfois votre cheval sait ce que vous voulez, il essaie de le faire, mais ça lui prend du temps pour coordonner ses gestes. Tom a pris l'exemple de quelqu'un qui vous demande d'enfoncer un clou avec un marteau de la main gauche. Vous savez ce que la personne attend de vous, vous essayez de le faire mais il vous faut plus de temps pour coordonner vos gestes. Si on vous met la pression pour vous faire progresser, cela vous gêne."

"Par exemple, si vous avez un problème persistant avec votre cheval, plus vous vous acharnerez à vouloir le corriger, plus il s'amplifie. Grâce à Tom, j'ai appris à ignorer le problème tout en y restant attentive. Si vous ne vous laissez pas perturber par ce dernier il disparaîtra dans la plupart des cas. Tom m'a appris à ne pas me soucier d'un gros problème mais de le fragmenter en petits problèmes et de travailler sur chacun d'entre eux. Lorsqu'on les a résolus, on s'aperçoit que le gros problème n'existe plus."

"A l'époque, vous savez, on ne se préoccupait pas de savoir si le cheval était perturbé. On allait de l'avant et on faisait ce qu'on avait à faire. On ne se posait pas de questions. Pour qu'il s'arrête, on disait "Whoua !" un point c'est tout. Et il avait intérêt à s'arrêter pile. Ce qui nous a le plus servi dans l'enseignement de Tom c'est de réussir une chose avec un cheval en évitant de le perturber. Tom nous demande d'agir sans contrarier le cheval. C'est ça le plus extraordinaire. Mais c'est également une philosophie de vie. Ça ne s'applique pas uniquement aux chevaux et c'est la raison pour laquelle c'est si extraordinaire. Personnellement, ça a changé complètement mon attitude dans la vie."

"Vous devez d'abord apprendre à accompagner le cheval pour qu'à son tour le cheval vous accompagne. Pour résumer l'équitation en quelques mots, c'est aussi simple que ça."

"Il y a un point qu'un cavalier peu expérimenté oublie parfois de travailler. Au moment de se mettre en avant, il est possible qu'il ne soit pas conscient de l'importance d'orienter son corps en direction d'un endroit choisi. […] Il faut offrir cela à votre cheval, en dirigeant son corps vers un but, puis en partant dans cette direction. Après un certain temps, les chevaux parviennent à rester exactement sous vous (entre vos jambes), quelle que soit la direction dans laquelle vous orientez votre corps. Vous n'avez plus réellement besoin d'utiliser les rênes, ils restent parfaitement avec vous."

"Parfois,pour parvenir à arrêter son cheval facilement, le cavalier peut le faire trotter, et quand celui-ci est décontracté, au lieu de lui demander de s'arrêter d'un seul coup sur une ligne droite, le cavalier se met sur une volte qu'il rétrécit graduellement, pour donner au cheval le temps de penser à l'arrêt. Il lui laisse avoir lui-même l'idée de s'arrêter. Simplement laisser le cheval trouver l'arrêt, ne pas essayer de le forcer à s'arrêter. Ce que vous essayez d'obtenir c'est qu'il pense à s'arrêter. Une fois qu'il y parviendra, vous pourrez lui demander de s'arrêter sur une ligne droite. Il pensera alors à s'arrêter au lieu de continuer à avancer.

Soyez particulièrement attentif à ne pas lui mettre la moindre pression à l'instant où il s'apprête à s'arrêter. La raison pour laquelle je dis cela, c'est parce que si vous gardez de la pression, le cheval fera quelques pas de trop. C'est parce que vous le retenez qu'il s'appuie sur vos rênes. Mais s'il s'apprête à s'arrêter et qu'il ne trouve rien sur quoi s'appuyer, il va apprendre à s'arrêter lorsque vous devenez passif. Au lieu de lui tirer dessus pour l'arrêter, indiquez-lui donc simplement que vous voulez vous arrêter, relâchez la pression et il s'arrêtera."

Tom Dorrance - True Unity

"Demander souvent ; se contenter de peu ; récompenser beaucoup."

"La leçon doit être, pour le cheval comme pour le cavalier, un exercice salutaire, un jeu instructif qui n'amène jamais la fatigue. Dès que la sueur apparaît, c'est que l'homme a dépassé la mesure."

Faverot

"Comme toute l'équitation réside dans des translations de poids, le premier acte du dressage doit être de répartir également ce poids, afin que le bon équilibre, maintenu dans le mouvement, assure plus tard la légèreté dans toutes les allures."

James Fillis

"L'observation d'un débutant, tout comme celle d'un professionnel estimé et titré, apporte une pierre de plus à l'édifice. Tel qui travaille violemment et s'emporte sans cesse est une exemple, pour moi, à ne pas suivre. Tel qui fait preuve d'une grande patience, qui met sa réflexion et son savoir au service de son cheval, grave en moi l'idée de l'imiter, de m'améliorer sans relâche.

Les élèves également m'ont beaucoup appris : comment peut-on blâmer leur position de buste ou de main à cheval, et être soi-même penché en avant, avoir poignets cassés et pointes de pieds en gendarme ?

Instruire un cavalier débutant oblige à avoir de la méthode un discours raisonnable et précis, de la pédagogie. Expliquer et réexpliquer, ne pas crier comme le font tant d'enseignants. Créer un climat de crainte et de doute décourage l'élève, qu'il soit d'ailleurs humain ou cheval..."

"Pour parvenir au but fixé et penser de moi : "Je suis un honnête cavalier", une vie malheureusement ne suffira pas. Mais "je fais tous les jours des progrès, l'essentiel est là" (Paul Cézanne).

Dans un doute quotidien, je me remémore cet aphorisme : "même ceux qui boitent ne vont pas en arrière." (Khalil Gibran)"

"Hâte-toi lentement". Cette maxime, je me la répète chaque fois avant de monter."

"Avec l'accord du cavalier (certains rechignent, d'autres vous proposent d'emblée un cheval dangereux...) je monte quelques minutes le cheval des nouveaux élèves. Cela pour infirmer ou confirmer mon premier diagnostique du travail du couple.

Mes premières observations, même au pas, sont fréquemment les suivantes :

  • manque de bonne volonté à se porter en avant, sorte de nonchalance teintée d'indifférence

  • résistances dans la bouche et méfiance vis-à-vis des mains du cavalier

  • cheval "en deux morceaux" (absence de liaison entre l'avant-main et l'arrière-main)

A chacun de ses défauts, j'apporte les corrections suivantes :

  • mise en avant inconditionnelle avec descente totale de jambes et d'éperon et ouverture de l'assiette, au plus petit signe d'obéissance.

  • Vibration sur la rêne intérieure, rêne extérieure au contact léger, descente de main à la moindre mobilisation de la mâchoire inférieure du cheval

  • rectitude du cheval en replaçant les épaules devant les hanches ; activité égale des postérieurs ; encouragement de la voix qui caresse et décontracte.

Le remède convient quasiment à tous les chevaux endormis, raides, braqués ou paresseux. Leurs cavaliers, remontés en selle me gratifient en général d'un simple mais éloquent : "Ce n'est plus le même !"

 

"Concernant le refus d'incurvation dans les coins, le plus souvent à main droite : rêne gauche en appui sur la base de l'encolure, déplaçant l'épaule gauche du cheval vers la droite et ploiement par la rêne droite semi-tendue."

"J'opère, en outre, de plus en plus des descentes de main et de jambe, auxquelles Goepher est sensible. Comme tout cheval fin, il attache de l'importance, de l'attention à un ordre doux et discret ; au contraire, il réagit avec irritation à une aide dure et prolongée."

"Ce triste spectacle achevé, un élève vient au manège prendre un cours auprès du brillantissime dresseur, sur un cheval visiblement fatigué. L'enseignant vocifère : "Vous n'arriverez jamais à rien, vous n'avez pas de jambes !" Et l'élève de taper le plus fort possible avec les talons dans les flancs de son cheval pour faire plaisir à son médiocre professeur. Rien n'y fait !

La méthode ne convient pas, elle abruti et décourage les chevaux. Les aides vulgaires et brutales sont à bannir. Les aides fines et intelligentes doivent être discrètes et le cavalier doit en être avare car, à tout prendre, si des jambes doivent bouger, il vaut mieux que ce soient celles du cheval !"

Me revient en mémoire cette citation de Machiavel : "Vous semez de la ciguë et prétendez voir mûrir des épis ?"

J'imagine cet animal mis en liberté dans le manège retrouvant instantanément, comme beaucoup d'autres dans ce cas, des allures altières."

"Je multiplie raisonnablement les départs au galop juste aux deux mains à partir du trot sur de grands cercles, tente de franchir les coins avec plus de rigueur et me contente chaque jour d'un progrès si minime soit-il. Excès de gaieté ou de nervosité, j'ai droit à des micro sauts de mouton, des mouvements d'encolure et des irrégularités de cadence et d’amplitude. Heureusement, les progrès du cheval m'amènent petit à petit à évoluer moi-même : aides plus discrètes encore, meilleur équilibre du corps en selle, fixité des mains par rapport à la bouche, décrispations. Tout cela conjugué améliore radicalement l'allure.

Une fois de plus, le cavalier est largement responsable des fautes commises par son élève... Et quel dresseur, confronté à un cheval désobéissant, peut-il être assuré d'avoir été bien compris ?"

"Changement de méthode : contre-galoper avec le pli vers l'intérieur du manège (par exemple pli à gauche au galop à droite) : Départ au contre-galop au début du grand côté du manège et passage du coin au trot. Progressivement, je retarde la demande de retour au trot et le cheval, me comprenant, exécute en quelques jours un tour complet de manège au contre-galop ; sans s'inquiéter ni se désunir."

"Cette tenue des rênes à la française, j'admets qu'elle demande au cavalier quelques heures de tâtonnements pour arriver à la maîtriser. Mais si l'on demande aux chevaux de choisir entre ces deux méthodes, leur réponse est claire : ceux sur qui, depuis toujours, l'on pratique la tenue des rênes à la française, semblent rapidement vous demander ce que vous faites si vous croisez vos rênes et inversement on constate que les chevaux en défense contre la main (tenue des rênes à l'allemande) se calment et retrouvent une attitude conforme aux directives de la Fédération Équestre Internationale de dressage : une encolure étendue, la nuque comme point le plus haut, un chanfrein très légèrement en avant de la verticale.

Cette méthode, décrite dans le manuel de la Fédération Française d'équitation sous le nom de tenue des rênes "à la française" ou "de l'école de Versailles", est bien évidemment autorisée en compétition officielle, mais elle n'est que fort peu pratiquée. Je crois d'ailleurs savoir qu'en Allemagne certains juge la récusent.

Cependant, la tenu des rênes à la française ne prend toute sa valeur que liée à l'emploi des flexions de mâchoire et de nuque."

"Je me penche aujourd'hui sur la question du reculer.

Bonne surprise : depuis un arrêt décontracté, sur une discrète élévation des rênes de filet suivie d'un retrait léger de la main, le cheval recule d'un pas. J'ai pris soin de ne pas mettre de jambes, comme beaucoup le font, par simple bon sens : les jambes, c'est pour aller en avant ! Et de ne pas non plus me pencher en avant pour alléger le rein du cheval qui, au contraire, doit apprendre à transférer du poids de son avant-main vers son arrière-main. Surtout ne pas tirer sur les rênes. Inviter simplement chaque diagonal à se poser en arrière, par simple tension de la rêne associée. Je me contente d'un seul pas puis, en quelques leçons, de deux, puis trois, puis quatre pas."

"Ces dernières années, au cours de précédents dressages, j'ai essayé différentes techniques pour enseigner les changements de pied en l'air à mes chevaux. Pour cela, tour à tour et suivant les influences du moment (chevaux, livres, professeurs, etc.) j'ai utilisé :

  • Le contre-changement de main en appuyer au galop, avec un problème permanent à résoudre celui des chevaux qui se traversent ou se balancent latéralement

  • la technique du nombre décroissant de foulées intermédiaires au pas, avec un inconvénient majeur, celui de la perte d'impulsion. Elle avait cependant l'avantage de ne pas altérer la rectitude et de favoriser un bon équilibre pour le nouveau départ au galop.

  • Le changement demandé en arrivant à la paroi, àla fin de demi-voltes de dimensions progressivement réduites, avec inversion du pli sur l'oblique, en exploitant la perspective d'un changement de direction.

  • L'étude des changements de pied sur la serpentine ou le huit de chiffre (longtemps ma préférée) décrite par le général Decarpentry :

. Le cheval conserve le galop sur le pied du dedans en contre-pli, les aides du cavalier restant sans ambiguïté conformes avec le pied sur lequel le cheval galope.

. Au point de tangence des deux cercles, le cavalier inverse son assiette et la position de ses jambes, en accord avec le nouveau galop.

. Si le cheval change correctement de pied, le conduire sur le nouveau cercle. S'il manque son changement, rester sur le cercle initial.

  • Le changement de pied de juste à faux au passage d'un coin, utilisant le déséquilibre dû à la force centrifuge.

  • Enfin, très exceptionnellement, changement de pied avec inversion du pli, du contre-galop en contre-épaule en dedans à celui du galop à juste, hanches en dedans."

"Aujourd'hui je me borne avec Goepher à une méthode simple pour les changements de pied au galop :

  • départ au contre-galop à une quinzaine de mètre d'un coin

  • cinq ou six mètres avant ce coin, passage au trot

  • inversion du pli et des aides et départ au galop à juste, en prenant garde de ne jamais passer ce coin au contre-galop.

Peu à peu en deux ou trois leçons je diminue le nombre de foulées de trot et, (avec un peu d'hésitation quand même) mon cheval me donne son premier changement de pied en l'air.

Par expérience et en raison de l'inflexion naturelle de Goepher à gauche, j'ai choisi de débuter cet apprentissage à main gauche, gage de plus grande réussite."

"J'efface de mon esprit les mots "changement de pied" pour les remplacer par ceux de "départ au galop". Car finalement qu'est-ce qu'une demande de changement de pied en l'air, si ce n'est une exigence de départ au galop à partir du galop ?

Cette conception énoncée dans les cours que je dispense sur ce sujet, est facteur de succès : en effet nombre d'élèves à la demande de changement de pied en l'air, se crispent sur leurs chevaux, gesticulent, regardent par terre en se penchant. Ils utilisent des aides dures, soulèvent leur assiette et ratent leurs changements de pied, eux qui ne subissent pourtant aucun échec lors de leurs demandes de départ au galop à partir du trot ou du pas !

Parfois le cheval n'ose pas changer de pied ou par maladresse ne change que du devant, mais la patience aidant, ce galop désuni n'est que de très courte durée."

"Mais combien il est difficile de faire agir, en même temps, sa main, son assiette et ses jambes ! J'en veux pour preuve l'anecdote rapportée par André Monteillhet dans son livre Les Maîtres de l’œuvre équestre (Odège 1979) : un grand seigneur de France conduisant son fils chez Monsieur Duplessis lui avait dit en l'abordant : "Je vous prie de bien vouloir enseigner à mon fils à bien accorder à cheval ses jambes et ses mains." L'écuyer répondit : "Monseigneur, il y a environ soixante ans que je travaille pour apprendre cela et vous me demandez là tout ce que j'ambitionne précisément de savoir !"

"A ma demande, elle monte le cheval que je vois rapidement se méjuger au pas de trois sabots sur les diagonales ! Pas avare de conseils, elle me rappelle ce que je sais déjà, mais que sottement je ne fais pas : indications alternées des jambes à la sangle, rythmées sur les pas du cheval.

La méthode a l'avantage de ne pas engendrer de doute dans l'esprit d'un cheval : l'action intermittente des jambes à la sangle commande le pas allongé ; la pression des deux jambes à la sangle provoque le départ au trot."

"[Le travail de Goepher] est fractionné dans la journée afin de le renvoyer au box dès que je suis satisfait. Je consulte ma bibliothèque sur les problèmes relatifs aux changements de pied. Aucun soucis pour leurs auteurs, réussite totale, ça ne m'avance guère, ils sont doués assurément."

"Arrêt d'école : S'arrêtant dans la position de la demi-épaule en dedans, à la fin d'une ligne parallèle à la diagonale du manège, le cavalier enseigne à son cheval l'arrêt d'école correct, car le postérieur externe ne peut s'échapper et le postérieur interne ne peut se soustraire à l'engagement."

"Le passage a quelque peu déréglé le piaffer de Goepher qui rechigne à s'employer sur place et préfère avancer en se rassemblant moins.

Je dois :

  • réfléchir, analyser les causes

  • ne jamais utiliser de méthodes sévères

  • faire preuve d'une patience infinie

  • revenir régulièrement aux exercices de gymnastique de base.

Bien souvent l'ignorance et le manque de technique sont à l'origine de comportements violents. Hélas, combien de cavaliers usent de démesure quand ils n'ont pas de solution à un problème !"

"Pour dénoncer certaines pratiques de moniteurs pour qui le mot "pédagogie" ne veut strictement rien dire, il m'est revenu en mémoire un détestable souvenir : en 1996 (?) aux Saintes-Marie-de-la-Mer au Château d'Avignon, une concurrente est entrée en pleurs sur la carrière pour dérouler une reprise de niveau B. Son entraîneur, jusqu'au dernier instant, l'a littéralement traînée plus bas que terre en public. Il l'attendait à la sortie du rectangle pour l'admonester à nouveau généreusement, provoquant de nouvelles larmes.

Il faut en finir avec ces pratiques d'un autre âge et les vouer aux gémonies. Les cavaliers sont des gens motivés, passionnés, qui paient pour recevoir un enseignement de qualité et non pour être méprisés et insultés. Certains pseudo-enseignants sortiraient grandis en nuançant leurs méthodes.

Un bon professeur vous ouvre des portes, jamais il ne vous les claque au nez !"

"Un général, cavalier médiocre, avait confié le redressage de son cheval indocile au capitaine Charles Raabe. Trois mois plus tard, il avait manifesté le souhait de le remonter au manège. Le général a cheval, exprime alors sa satisfaction :

- Capitaine, je crois que mon cheval me reconnaît !

Silence de l'écuyer. Sur ce, le cheval part en sauts-de-mouton et jette son cavalier à terre. Raabe aidant son supérieur à se relever lui dit en l'époussetant avec respect :

- Vous avez raison mon général, il vous a reconnu..."

L'irrespectueux capitaine écopa de huit jours d'arrêts de rigueur !"

"Depuis bientôt quarante ans, les expériences que j'ai vécues et la fréquentation du monde équestre me font donner raison à Sobène Olstef qui prononça cette phrase criante de vérité : "L'amour et l'équitation sont les deux plus larges carrières que l'homme puisse trouver pour exercer sa maladresse."

Georges Fizet - Du débourrage à la haute-école – Journal de dressage

"Si l'éthologie peut bien évidemment se passer de l'équitation, il n'est pas si sûr que l'équitation puisse se passer de l'éthologie."

Aurore Fougeray 

"Si un cheval ne veut pas marcher sur une bâche, c'est qu'il ne fait pas assez confiance à son humain, qui n'a pas suffisamment de leadership. Il faut donc travailler sur le leadership, par sur la bâche."

"La désensibilisation implique la confiance en l'homme, en ce qu'il demande. En fait quand on fait de la désensibilisation avec un cheval, on ne cherche pas tant à ce que le cheval n'ait plus peur d'un objet particulier, on cherche à ce que le cheval fasse confiance à l'homme et qu'il comprenne que quand le cavalier l'expose à une chose potentiellement flippante, en fait, ce n'est pas dangereux pour lui. C'est le but d'une désensibilisation réussie."

"Il y a la phase d'apprentissage, où l'on utilise que le renforcement négatif avec le principe des 4 phases.

Pour la phase de raffinement, on utilise aussi le renforcement négatif mais en introduisant une phase 0 (la voix) et les phases s'utilisent différemment (on passe de 0/1 à 4). La phase 0 permet de préparer la liberté.

Une fois la bonne réponse obtenue, on utilise le renforcement positif soit continu (à chaque fois) soit partiel."

"La communication non verbale a trois composantes :

  • La communication émotionnelle : même quand on n'en est pas conscient, le cheval ressent nos émotions et notre état émotionnel lui donne des informations. La communication émotionnelle a une incidence sur les deux suivantes.

  • La communication posturale : en gros c'est notre position (buste en avant, redressé, relâché, bras pendants ou tendus...)

  • La communication gestuelle : les gestes que l'on fait, les mouvements.

Les communications posturales et gestuelles dépendent des émotions, il faut donc se rendre compte que le cerveau émotionnel gère tout le reste. Si l'on n'est pas dans une bonne émotion, la communication posturale et gestuelle sera parasitée. Il faut donc prendre conscience de l'importance des émotions et essayer de les contrôler."

"Il y a 4 grandes émotions communes aux hommes et aux chevaux (et à tous les mammifères) : l'attachement à la mère, la joie, la peur et la tristesse. Toutes les autres émotions que l'on ressent sont des combinaisons de ces 4 émotions de base. Si l'on ne réalise pas que les animaux ont des émotions, ça nous permet de tout leur faire, on se dédouane des comportements que l'on peut avoir vis-à-vis d'eux."

"En France, on a l'équitation éthologique, l'équitation naturelle ou encore l'équitation comportementale. Ludovic se reconnaît plus dans le Horsemanship. La définition officielle de ces équitations est la mise en application dans un milieu équestre des connaissances scientifiques. On essaie donc que l'équitation soit la plus naturelle possible pour le cheval, elle devient donc de moins en moins naturelle pour nous. C'est donc à nous que revient la majorité des apprentissages (moteurs, sensoriels et émotionnels)."

Ludovic Fournet

"Les résistances du cheval ont presque toujours pour cause première une souffrance physique provenant souvent de la contrainte qui lui est imposée par la maladresse, l'inexpérience ou la brutalité du cavalier. Peu à peu, du physique, la résistance passe au moral, et devient beaucoup plus difficile à détruire."

"Les figures qui de nos jours composent encore les airs de haute école avaient donc autrefois un but d'utilité qui depuis longtemps a cessé d'exister. Néanmoins c'est sous les règnes de Louis XIII et Louis XIV qu'en conservant les traditions des temps passés, l'art équestre atteignit son plus haut degré de perfection."

"lorsqu'il sera parvenu à assurer les cuisses et les genoux, que le mouvement des jambes n'influera pas sur leur position et leur adhérence aux quartiers de la selle, il aura acquis le sentiment de la tenue."

"Si je n'ai pas parlé de la haute école, c'est que je la juge complètement inutile pour un cavalier"

"On a fait de toute temps beaucoup trop de métaphysique équestre, on s'est trop occupé d'une science dont le but est d'obtenir les allures artificielles indispensables aux airs compliqués de la haute école, et trop négligé l'art d'utiliser les allures simples que le cheval tient de la nature."

"Rien ne conserve autant les membres et la poitrine d'un cheval que le calme dans le travail, de même que rien ne les détruit plus que les corrections injustes et violentes du mors, et les attaques de la colère."

"La faute la plus commune, et aussi la plus redoutable, consiste dans les a coups – pour les éviter, les rênes doivent être tendues, mais sans agir sur le mors, c'est-à-dire que la tension doit s'arrêter au simple poids des rênes."

"Supposons pourtant que par hasard la main n'ait pas imprimé aux épaules un mouvement plus grand que celui nécessaire pour les replacer sur le cercle ; quelque restreint qu'ait été ce mouvement, il aura cependant fait sortir les hanches en dehors du cercle, si elles n'ont pas été maintenues par la jambe gauche, car il en est du cheval non maintenu par les aides comme d'une barre sur un pivot : le mouvement d'une extrémité déplace l'autre."

"Ce livre a aussi pour but de protester contre une grande erreur, à savoir : que l'habitude du cheval suffit pour former un cavalier. L'habitude ne formera jamais qu'un cavalier incomplet, si ce qui constitue les premiers principes de l'équitation ne lui est pas clairement enseigné, s'il ignore les lois d'équilibre naturel, de position et de locomotion qui régissent les allures du cheval, si le physique seul du cavalier agit sans être guidé par l'intelligence.

Cette intelligence doit donc être éclairée ; elle seule peut donner aux aides le degré de délicatesse ou de puissance nécessaire à une bonne exécution ; car il y a deux hommes dans le cavalier : l'homme physique et l'homme moral, la partie intelligente et la partie mécanique."

"Ils sont malheureusement beaucoup trop nombreux, ces cavaliers qui, confiants dans leur solidité, croient pouvoir tout exiger par la force, tandis que la clarté seule des indications, transmises au cheval par le juste emploi des aides, par des effets de tact et d'ensemble, parle à son intelligence et le met à même d'exécuter.

Je mets en fait que les chevaux d'un tempérament faible et nerveux reviendront à la santé lorsqu'ils seront montés par des hommes assez maîtres d'eux-même pour apporter la plus grande douceur dans la force progressive de l'emploi des aides. […]

Et les chevaux les plus difficiles aux hommes les plus calmes et les plus instruits."

"Il est donc bien entendu que l'effet de jambes ne doit pas augmenter l'allure, ni celui de la main la ralentir ; l'un contrebalançant l'autre, le pas doit continuer dans toute sa régularité.

Dans ces conditions d'équilibre des moyens d'aide, le cheval éprouve une légère contrainte qui tend, - par l'effet du mors – à lui faire baisser le bout du nez. En ne le faisant pas de suite, il éprouve d'abord une gêne qu'instinctivement il cherche bientôt à éviter.

A cet effet, il baissera naturellement la tête ; c'est alors que le cavalier, rendant immédiatement, s'empressera de le caresser."

"Le jeu de barres est un exercice dans lequel un cavalier, poursuivi par deux autres, a recours à la ruse, à l'adresse, à la vitesse, pour éviter de se laisser prendre.

Il est pris lorsqu'un des poursuivants parvient à le frapper avec la main droite sur l'épaule.

Ce jeu, que j'ai créé pour le spectacle de l'Hippodrome, peut-être considéré comme la pierre de touche du savoir-faire d'un cavalier, car il demande de la tenue, de l'équilibre, du sang-froid et cependant beaucoup de détermination, ainsi qu'une grande tranquillité dans les aides."

"L'homme est presque toujours cause des actes de rébellion du cheval ; les mauvais traitements, suite de la colère ou de la brutalité, rendre très désagréables souvent même difficile, tel cheval qui, tombé entre bonnes mains, aurait été charmant à monter.

Interrogez les écuyers les plus recommandables, ceux qui ont dressé le plus de chevaux, ils vous répondront (et cela par expérience, car l'homme n'est pas toujours maître de lui-même), ils vous répondrons qu'après avoir monté sagement un cheval pendant quinze jours, ils ont eut souvent tout à recommencer pour s'être laissé emporter le seizième par l'impatience et la colère."

"Les acoups paralysent les mouvements du cheval ; sous l'influence de la douleur, il se contracte et ne se porte plus en avant que par soubresauts, ce qui – tout en ralentissant son allure – détruit l'équilibre du cavalier."

 

"Sois déraisonnable, mais ne fais rien que le cheval ne veuille. Oppose-toi à tes maîtres, mais pas à lui."

Cité par Jerome Garcin

Victor Franconi

"Plus on découvre chez le cheval sa capacité à comprendre et sa finesse de réaction et plus on souhaite être à la hauteur de sa sensibilité."

Garanos Sauvegarde - comm fb

"Être heureux à cheval, c'est être entre ciel et terre, à une hauteur qui n'existe pas."

"Mais c'est un cheval qui m'a donné l'oubli. L'oubli et la présence sur terre. Son dos est le creux de moi même. Et lorsqu'il accepte de casser ses reins blancs, que sa croupe abaissée et ses postérieurs engagés libèrent son poitrail du poids de la vie, que plus rien dans mes mains, dans mes jambes, ne pèse, quand la profondeur de son corps m'appartient, que son souffle scande notre marche, alors je m'envole avec lui et je n'existe plus et pourtant j'existe tant. C'est sa force qui lui donne sa légèreté, il me l'a appris. C'est le don qu'il me fait, il m'oblige et me figure. Et soudain, il nous prend l'envie de danser. Le manège tourne et s'habille. Et nous dansons, seuls au milieu des hommes, oubliés et oublieux. Et je sens la fierté de Danseur et je sais mon bonheur."

"C'est une drogue douce le cheval, une raison de vivre quand la vie est difficile."

"Tout commence avec le spectacle allègre, ludique, insolent, charmeur, des chevaux en liberté. On les admire derrière les lices, on jalouse leur élégance, on s'étonne de leur faculté à être si libres dans leur enclos, si fiers sous le licol. On voudrait qu'ils nous donnent un peu de leur puissance et de leur délicatesse. Ce jour là, on décide d'être cavalier."

 

"Le dernier de ces maîtres, disparu en 1989, fut Nuno Oliveira. […] (il) se méfiait des élégants et des importants qui venaient le solliciter : "Je rencontre souvent des messieurs bien habillés, ayant une belle cravate et de belles manières. Mettez-les à cheval et les voilà qui tapent et qui piquent. Je ne comprends pas cette métamorphose. N'auraient-ils à pied que des apparences d'hommes civilisés."

"L'homme de cheval, qui tient à la fois de l'aristocrate désargenté et du paysan averti, ne parle guère, ne se livre pas, ne fait jamais de gestes brusques et il a des prudences d'exilé. S'il s'exprime, c'est par litotes et prétéritions. Ce n'est pas un bavard, c'est un regardeur. Il a été tellement habitué à comprendre ces grands silencieux que sont les équidés, à soupçonner leurs joies et leurs souffrances inexprimées, à vivre avec eux par intuition, à être senti par eux, qu'il a fini par entretenir avec l'humanité des rapports de la même nature. Il ne vous voit pas, il vous jauge et même vous tâte de l’œil – un inconnu à cheval est lisible comme au scanner. Il discerne aussitôt l'infatué, le ramenard, l'indolent, le mondain et connaît par cœur ces complexés aux grosses cuisses, ces introvertis maladroits, ces désenchantés, ces orphelins qu'attire, entre chien et loup, l'équitation, sport triomphant des timides, épopée cathartique, théâtre itinérant de figures blessées.

J'aime les gens de chevaux parce qu'ils ne parlent jamais pour ne rien dire, parce qu'ils n'ont de manières et de fierté qu'en selle, parce que aucune vanité temporelle ne les détourne de leur travail, parce qu'ils détestent l'épate, parce qu'ils ne pactisent pas avec ce que l'époque produit de plus méprisable, parce que nul ne saurait les duper, surtout avec de grands mots et de belles phrases, parce qu'ils sont durs au-dehors et tendres à l'intérieur, parce que beaucoup de leurs rêves sont irréalisables, parce qu'ils ne cherchent guère à séduire, trop occupés qu'ils sont à se supporter et parce qu'ils demeurent, avec les religieux et les poètes, les derniers inatteignables."

"Le général Oudinot ne sachant pas, des axiomes du comte d'Aurre ou des principes de François Baucher, lesquels devaient être appliqués dans la cavalerie française, il décida de confier le sort de notre armée au tribunal de cette justice qu'on appelle immanente. Il avait un allié en la personne de Lord Seymour. Ce dernier possédait un cheval de trois ans, Géricault, qui avait tellement fait tomber de cavaliers émérites que nul ne voulait plus se risquer sur son dos. Lord Seymour offrit publiquement la monture récalcitrante à celui des deux rivaux, ou de leurs deux meilleurs élèves, qui ferait le tour du Bois sans être désarçonné. Le courageux vicomte de Tournon porta en vain les armes du comte d'Aure et l'oriflamme de la tradition : il se retrouva dans le pâturin, les quatre fers en l'air et le rouge de la honte au front. Le compte de Lancosme-Brèves, qui arborait le blason bauchériste et le gonfalon du modern-style triompha, mais sans gloire : une petite troupe de cavaliers amis serraient en effet Géricault de si près que l'animal ne pouvait dérober. Les observateurs estimèrent que le match était donc presque nul.

1842 allait s'endormir d'ennui quand, soudain, Monsieur Baucher soi-même fît savoir qu'il présenterait six semaines plus tard l'indomptable Géricault au Cirque des Champs-Élysées et témoignerait, en selle, de l'efficacité de sa méthode. […]

François Baucher fit son entrée en musique et, sans que Géricault manifestât la moindre résistance, se lança sur la piste circulaire dans un "galop coulant" pour offrir au Tout-Paris ébaubi une voluptueuse série de pirouettes, appuyers et changements de pieds. Au salut final, les d'auristes quittèrent le Cirque en piteux état et, pendant que l'orchestre jouait La Parisienne, Baucher fut ovationné par la foule qui consacrait ainsi la victoire des libéraux et des romantiques sur "les perruques"."

"Jamais Bartabas, dissimulé sous les voiles de soie, les éventails et d'amples bliauds tel Franconi derrière son masque de cuir – seul le génie de la monte le distingue -, n'était allé si loin dans la rigueur et l'ascèse. "Je suis, confesse-t-il d'ailleurs, à un moment délicat de mon existence. Ma relation avec le cheval est devenue tellement intime, tellement secrète, que je me demande si je ne suis pas parvenu au stade de l'incommunicable. Je ne me pose plus la question de savoir si ce que je fais est réussi ou non. Je me sens, dans ma recherche personnelle, constamment en avance sur ce que peut réaliser la compagnie Zingaro. Tout ce que je voudrai inventer avec le cheval, une vie n'y suffirait pas."

Jerôme Garcin

"Les chevaux ont beaucoup plus à nous apporter si on les écoute que nos ne pouvons leur donner. Ils ont gardé l'instinct, qui est un langage du corps infiniment varié et précis. Nous, pauvres humains, nous avons complètement délaissé l'instinct par fierté d'avoir découvert un langage parlé. Ce langage humain est une grande chose, mais il est amputé d'un bon nombre de nuances que nous n'avons pas su garder. Nous avons humblement beaucoup à réapprendre des animaux, et il est préférable de l'écouter.

On ne sait pas grand chose de l'autre si on parle tout le temps, si on lui dit comment il doit être, et si on ne le laisse pas s'exprimer."

Dominique Giniaux - Les chevaux m'ont dit (essai d’ostéopathie équine)

"Le cheval n'a jamais dit un "OUI" définitif à l'homme, mais un "OUI, à condition que...". Il garde sa marge de liberté, et de révolte si besoin est. C'est peut-être ce qui fait toute sa noblesse et tout son attrait. Si l'on trahit sa confiance, on la perd définitivement la plupart du temps. Parfois ce n'est, comme nous le disions, que maladresse, ou méconnaissance de cet animal. C'est pourquoi il est important de comprendre comment il "fonctionne" physiquement et psychologiquement avant de savoir à quoi sert une jambe isolée ou un cinquième effet de rêne.

Trop de cavaliers venus à l'équitation pour le cheval lui-même et pour le mieux connaître s'en repartent très vite, déçus ; trop de chevaux bien constitués, qui auraient pu être excellents, vont grossir la masse de gâchis qu'entraîne l'ignorance de leur psychisme et les erreurs indélébiles qu'elle entraîne. Il serait par conséquent indispensable que les enseignements prennent sérieusement en compte la psychologie du cheval dès les premières leçons, ce à quoi ne les incitent pas des manuels et examens d'équitation qui continuent de considérer l'animal comme une machine dont il suffit de bine connaître les boutons. Il serait temps de s'apercevoir que c'est un peu plus compliqué et plus passionnant que cela, et qu'il est pour le moins illogique que ce qui constitue la grande originalité de l'équitation comparée aux autres sports, à savoir la nécessité de s'entendre avec un être vivant d'une autre espèce, soit officiellement passé sous silence."

"Psychologiquement non seulement il ne faut pas faire d'erreurs – car avec l'animal cela pardonne rarement – mais il faut savoir où l'on veut aller et pourquoi on fait choix de tel moyen plutôt que de tel autre, qui semblerait parfois plus direct et d'un effet plus immédiat. Et de deux procédés également efficaces physiquement, l'un peut être psychologiquement à éviter absolument avec tel cheval à tel moment. Le cavalier doit monter surtout avec sa tête, et jamais avec ses impulsions, notamment en compétition où l'excitation du moment risque de lui faire oublier que le cheval n'a pas laissé son psychisme au paddock, et que la moindre erreur se paie tôt ou tard."

"Dans la nature ou au pâturage, les chevaux vivent en groupe hiérarchisé. Cependant, ils ne se tiennent pas à proximité les uns des autres comme les moutons en troupeau, gardant – sauf exceptions que nous indiquerons plus bas – une distance minimum de plusieurs mètres entre eux. On dira donc que les chevaux sont des animaux grégaires mais non proxémistes. […] du reste, dans un espace suffisant (>14m x N chevaux), chaque cheval évite de pénétrer par inadvertance dans la bulle d'un autre, excepté en cas d'agression volontaire, et chaque animal a tendance à s'écarter toute naturellement lorsqu'un autre membre du groupe risque d'effleurer involontairement sa bulle. Cela évite aux membres d'un groupe animal de s'épuiser à d'inutiles conflits.

Lorsqu'on s'approche du box d'un cheval et y pénètre, on franchit successivement la distance personnelle, la distance critique et la distance d'attaque (celle où, même dominé et vaincu d'avance, tout animal sauvage acculé fonce sur l'intrus et l'agresseur). Habitué à l'homme dès sa naissance, et si celui-ci s'y prend bien, le cheval peut l'adopter comme compagnon, voire comme compagnon préférentiel, donc accepter sa proximité, et même la souhaiter."

"L'univers du cheval est si peu varié, les conditions de sa domestication, sont telles, il est à ce point privé de jouets (source d'imagination et de créativité), de contacts avec des réalités multiples et avec le langage humain qu'il a bien du mérite à n'être pas aussi idiot qu'il devrait normalement le demeurer !

Plus vous lui consacrerez de temps en dehors du travail et plus vous le verrez s'éveiller et vous étonner par des comportements de plus en plus pensés et élaborés. Par contre, l'inaction est à la fois une cause d'oxygénation insuffisante, d'un manque d'exercice de la mémoire et de l'attention qui, comme nous l'avons vu, sont des éléments indispensables au développement de l'intelligence."

"Après une quinzaine d'années d'observations en ce domaine, je peux dire que les chevaux dont on punit les fautes, fût-ce avec modération, alors qu'on ne récompense jamais les actions correctes ne sont pas très obéissants ; on en trouve même qui, comme certains enfants, désobéissent pour qu'on s'occupe d'eux puisque seule la désobéissance suscite une réaction de la part de l'utilisateur. Par contre, un enfant ou un animal dont on valorise l'attention, la compréhension, l'obéissance et la bonne exécution cherchent à renouveler les occasions de récompenses et de plaisir en étant attentifs, dociles et appliqués.

Aussi (mis à part la gaule de dressage qui sert d'indication par attouchements, qui ne punit jamais et que le cheval ne craint absolument pas), je n'utilise ni cravache ni chambrière ; mais j'ai toujours des éloges, des récompenses et des caresses de réserve ; de cela le cheval ne se blasé jamais ; mieux : il en a besoin, au point qu'il cherche sans cesse à comprendre, à s'appliquer, à réussir pour les obtenir."

"En bref, vous voulez un cheval obéissant ; soyez simplement ferme, sachant ce que vous voulez, dans les plus petits détails de ce qui est nettement à sa portée ; mais, surtout, récompensez-le dans toutes les circonstances suivantes :

  • attention

  • application (même si la réussite n'est pas encore parfaite ; il suffit alors de récompenser un peu moins que si elle l'était)

  • compréhension

  • progrès, même infime

  • réussite

  • effort

  • initiative heureuse.

Evidemment, plus le sujet est indocile, inattntif, rétif au départ, plus il faut le récompenser quand, simplement, son défaut n'apparaît pas. […]

l'absence de récompense est en elle-même une sanction dès que l'on sort de l’extrême facilité. Le cheval n'est pas contrariant de nature, il le devient par la maladresse, l'ignorance, l'absence de psychologie ou de pédagogie de l'utilisateur. Il faut alors changer sa façon de voir les choses en adoptant une attitude plus amicale et astucieuse, tout en restant le meneur de jeu."

"Le rétif est un cheval qui fait des défenses. Il faut donc lui prouver qu'on ne l'attaque pas, ce qui va lui occasionner une grande surprise ; profitons-en pour lui demander quelque chose de très simple qu'il va exécuter machinalement ; tout aussitôt nous allons le récompenser d'une caresse douce et d'une flatterie dont un passé d'affrontements lui avait fait oublier l'existence. Contre quoi se défendrait-il alors qu'on ne le comprime ni dans la main ni dans les jambes, qu'on ne lui demande qu'un travail simple et peu prolongé, se contentant de lui faire tranquillement refaire un mouvement un peu moins précis, le récompensant d'avoir mieux réussi ou simplement d'avoir donné satisfaction ? Il va rentrer à l'écurie sur une bonne impression, ayant compris que l'homme n'est pas forcément un ennemi et qu'il y a plus d'agrément à collaborer qu'à être en conflit avec lui."

 

"Rappelons que les relations entre chevaux sont de deux types : la relation hiérarchique dominant-dominé et la relation de campagnonnage sélectif. Si le premier type de relation s'instaure entre le cheval et le cavalier, ce dernier peut être dominant ou dominé. Celui qui est dominé n'obtient pas grand-chose et prend des risques. Celui qui veut dominer obtient une obéissance contrainte, qui se maintient par une certaine peur préjudiciable au climat de confiance que nécessitent la compréhension et la bonne volonté de l'animal. La domination est un modèle certes naturel mais il est illusoire de croire qu'il s'applique parfaitement au travail car, dans la nature, le dominé ne partage aucune activité avec le dominant, se tenant au contraire à distance de celui-ci.

Rousselet calquait son pacte sur celui, tout aussi naturel mais plus approprié, qui unit à vie deux chevaux amis. Ceux-ci broutent côte à côte, se toilettent et se chassent mutuellement les mouches (position tête-bêche, queue balayant le corps du congénère), jouent ensemble, se protègent parfois mutuellement des agresseurs. Ils ont constamment le souci de ne pas contrarier l'autre ; la hiérarchie est inutile et abolie entre eux : ils on confiance en eux-mêmes et en l'autre et ont spontanément une respectueuse affection l'un pour l'autre."

"Voilà pourquoi, avec les poulains très craintifs, on a tout intérêt à utiliser ce qu'on nomme le "maître d'école", qui n'autre qu'un cheval confirmé sur lequel le poulain ne tardera pas à aligner sa conduite, ce qui amènera la confiance et l'amélioration de la qualité du travail. Car la nervosité comme la décontraction sont infiniment communicatives. Le jeune cheval doit faire connaissance avec tous les objets de son environnement dont les couleurs et les formes ont tôt fait de l'affoler ; mais lorsqu'il verra son aîné passer à côté d'eux sans manifester la moindre réaction, il se rassurera.

Quand aux exercices, il lui sera plus facile au début de les copier que de les comprendre. On les fera donc exécuter par le "maître d'école" en les lui demandant."

"L'homme garde aussi pour le cheval une part d'inconnu. Non seulement il fait partie des espèces prédatrices, mais son comportement, mû par d'obscures raisons aux yeux de l'animal, est d'une trop grande variété pour ne pas l'inquiéter.

Etant complexe, il ne lui paraît pas toujours logique. Et il y a trop de calcul et pas assez d'innocence chez l'homme pour que l'animal, quel qu'il soit, ne conserve pas une certaine méfiance à son égard. D'instinct, le cheval se méfie moins des enfants qui sont plus proches de lui par leur spontanéité et la logique simple de leur attitude ; il les craint moins, et se montre même tolérant, presque protecteur à leur endroit."

"Mis à part quelques sujets héréditairement caractériels, ou victimes de mauvais traitements, d'un débourrage hâtif, de maladresses, d'imprudences, le cheval se montre, avec l'homme, davantage un émotif qu'un agressif. Et, s'il faut se montrer ferme dans les premières minutes avec un dominant qui "tâte le terrain", c'est la douceur patiente mais sans faiblesse qui convient le mieux et assure la meilleure sécurité avec cet animal sensible, que la peur pourrait éventuellement amener à se défendre préventivement.

Non seulement sa peur, mais la vôtre, qui modifie l'odeur de cotre transpiration, l'électromagnétisme de votre peau, la tension de vos muscles. Autant de messages d'alerte qu'l perçoit à distance. Tout comme le chien mordeur qui épargne dix passants indifférents, et se jette sur le onzième qui le craint. J'ai côtoyé un certain nombre d'animaux agressifs ; et s'ils m'ont épargnée, c'est parce que j'ai la chance de réagir spontanément à l'agression par un brusque et total relâchement, un abandon qui déroute l'agresseur. Devenue chose inerte, privée de sensations et de tout sentiment sauf l'amitié, je ne me sens pas concernée.

Le corps produit alors des inhibiteurs perçus par le corps de l'animal qui en produit à son tour (phénomène de résonance biochimique à faible distance, précédé d'un processus olfactif à champ plus étendu). La douceur de la voix peut également jouer un rôle."

Il est utile d'aborder n'importe quel cheval inconnu en ami relaxé et confiant, et ce peut-être une question d'entraînement préalable."

Danièle Gossin - Psychologie et comportement du cheval

"Mon émotion la plus forte est de surprendre à la sortie d'un van plutôt trivial et sale une cavale nue, dont les mouvements de cou ont des préciosités de danseuse noire. Un rien agite cette machinerie d'orage qu'est un cheval de race juché haut sur ses pattes et fraîchement sortit de sa prison roulante. Le lad impur, dans son vêtement banal, à l'air de promener un grand bijou frémissant. La bête tressaute sur ses jambes fragiles. Et son ventre se creuse, miroite au milieu des branches, des pigeons, dans l'odeur amoureuse du fumier et des fleurs."

Patrick Grainville - Le paradis des orages

 

"La perfection dans un cheval consiste à réunir le plus de force possible dans le plus petit espace possible."

Duc de Gramond

"Monter en amazone a longtemps été une obligation pour les femmes qui ne pouvaient adopter une tenue vestimentaire les autorisant à chevaucher à califourchon. Cependant, pendant des siècles, les selles de demandes restèrent des sortent de petits fauteuils, les jambes, qui ne permettaient à leur utilisatrices que d'être assises en travers du cheval tenu en main, leurs pieds reposant sur une sorte de marchepied.

Ce n'est que beaucoup plus tard, probablement au XVIe siècle, que les premiers modèles de selles à "corne" et à étrier, ancêtres de nos selles actuelles, firent leur apparition mais celles-ci ne possédaient pas encore la fourche inférieure qui, nous le verrons, assure la solidité de l'amazone. Les femmes étaient donc réduites à faire de tranquilles promenades sur de douces montures et elles devaient, si elles désiraient participer aux parties de chasse, se limiter à suivre doucement et de loin. Elles portaient, pour monter à cheval, les toilettes encombrantes conformes à la mode de l'époque.

Les plus hardies d'entre elles montaient "en homme", plus ou moins en cachette, portant des robes fendues afin de pouvoir pratiquer une monte plus sportive.

Ce n'est que vers 1830 que l'invention de la fourche inférieure, telle que nous la connaissons actuellement, donne à l'amazone une solidité en selle suffisante pour lui permettre de pratiquer une véritable équitation dans les fourches. Cette amélioration, coïncidant avec une démocratisation toute relative de l'équitation, entraîne une augmentation du nombre d'amazones dont certaines s'illustreront en haute école ou dans les cirques. […]

C'est après la Grande Guerre que les femmes osèrent, sans retenue, la monte à califourchon et que, progressivement, les amazones disparurent."

 

"Ce n'est qu'avec un peu de pratique que l'on découvre que l'amazone, au-delà de l'aspect esthétique, est une forme d'équitation passionnante. L'une des premières constatations que l'on est amené à faire lorsque l'on s'initie à la monte dans les fourches est que l'on est rapidement solide en selle et assise confortablement donc en position d'effectuer un travail de bonne qualité.

L'amazone est aussi une forme d'équitation qui incite à analyser sa pratique équestre. L'obligation de modifier ses habitudes, tout au moins lorsque l'on était un tant soit peu une cavalière confirmée ; amène à réfléchir sur l'utilisation que l'on faisait de ses aides. Le fait de "remplacer l'usage de la jambe droite par celui de la cravache" implique de bien savoir où l'on plaçait sa jambe et dans quel but.

Monter dans les fourches oblige à travailler moins avec le physique et plus avec le mental. L'amazone ne peut rien obtenir en force et fois donc se donner les moyens de résoudre les difficultés autrement. C'est parfois un peu long mais récompensé par un résultat de qualité. Le fait de ne pas pouvoir contraindre le cheval par une "pince" énergique oblige à développer l'usage de l'assiette, à travailler plus en finesse et développe le tact équestre."

Isabelle Groslambert - L'équitation en amazone

 

"Le respect du cheval, c'est le fondement de la liberté."

Alexis Gruss

 

"La connaissance du naturel d'un cheval est un des premiers fondements de l'art de monter, et tout homme de cheval doit en faire sa principale étude."

Robichon de la Guérinière

 

"Ça fait dix mille ans que les humains tentent de dresser les chevaux, dix mille ans qu'on tombe, dix mille ans qu'on se relève, qu'on invente des voitures, des avions. Et pourtant, on continue de monter à cheval. Vous savez pourquoi ?"

Valérie Guignabodet

"Tout travail demande un peu d'effort, mais il devrait toujours être fait avec bonheur. De la façon dont je le vois, être avec les chevaux est une joie constante, libre de toute frustration. Le prérequis le plus important pour cela est : laisser complètement de côté toute ambition et à la place, Écouter et Ressentir."

"L'obsession pour un objectif ne peut pas être la fondation d'un voyage vers les étoiles, car un tel voyage est marqué par une excitation constante, vivre et expérimenter totalement de seconde en seconde, d'un moment à l'autre."

 

"Admettons, apprendre peut être un difficile, très difficile travail mais la chose la plus importante est que ce soit toujours associé au plaisir, à l'évolution et le progrès."

 

"Permettons-nous d'entreprendre ce voyage qui nous amène à vivre entièrement dans l'ici et maintenant - juste comme les chevaux nous l'enseignent."

 

"Quel est en fait l'entièreté, l'essence de l'équitation ? De façon très simplifiée, c'est la communication et l'équilibre."

"Ce n'est pas tant apprendre quelque chose de nouveau mais plutôt désapprendre beaucoup de choses de façon à retrouver le chemin vers ce que vous possédiez : un sentiment instinctif de votre corps, une forme basique de communication archétypale, la capacité à sentir et exprimer le tempo, le rythme et l'équilibre. C'est aussi une redécouverte et un développement de votre assurance naturelle, de votre autodétermination et de votre instinct de survie. L'interaction avec un cheval est l'une des choses les plus naturelles, c'est pourquoi nous devons retourner à notre propre naturel, notre moi originel. Ce n'est pas si compliqué et si nous le faisons, des choses qui nous semblent impossibles deviennent réalisables." 

"Mais le comportement du chien est entièrement cohérent parce que quiconque sait comment être son dominant est aussi aimé. 

Le comportement du chat, d'un autre côté, est l'opposé exact. Presque personne n'envisage d'entraîner ou d'éduquer un chat. Vous ne gagnez pas l'affection ni la confiance d'un chat en étant son dominant. Au contraire, vous l'approchez avec gentillesse et amour, et vous vous adaptez à ses souhaits. Celui qui montre de la patience, de la gentillesse et de la tolérance sera aimé par un chat."

"[...] C'est ce qui distingue les chevaux des autres animaux vivant en troupeaux. Le cheval recherche la protection au sein d'un grand troupeau mais a aussi une relation personnelle et confiante avec habituellement un seul compagnon."

"Si un cheval n'est pas dominé vraiment - et nous en trouvons très peu qui le soient - il se trouve en conflit psychique perpétuel. Sa génétique le pousse à se battre, encore et encore, même si c'est seulement sous la forme de désobéissance occasionnelle. Si nous sommes avec un cheval c'est essentiel pour son bien-être psychique que nous soyons son dominant ! Alors seulement il peut s'occuper de toutes les questions secondaires de la vie, être dans un état-d'esprit calme, et trouver sa stabilité et son équilibre."

"Le magnétisme, la présence, la dignité, la supériorité, la prévenance, l'expérience, l'intelligence, ce sont les qualités qu'un animal de haut-rang hiérarchique doit posséder. Ces armes psychologiques naturelles sont de loin supérieures aux armes strictement physiques."

"Quand, aujourd'hui, dans notre monde réglementé et technologique, jamais autant de gens n'ont été attirés par les chevaux, ce n'est pas parce qu'ils voient le cheval comme un équipement sportif de plus, ou un autre jouet passe-temps, mais plutôt, j'en suis convaincu, parce qu'il reconnaissent intuitivement que le cheval peut leur montrer le chemin vers un monde dont toutes les autres entrées semblent fermées."

"Nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu'un cheval apprenne notre langage, bien que j'ai souvent l'impression que beaucoup de cavaliers n'attendent que cela. Nous, par contre, sommes parfaitement capables d'apprendre le langage des chevaux pour créer une base fantastique de compréhension mutuelle."

"Les chevaux sont souvent brusques et brutaux entre eux mais, ils n'expriment jamais ni colère ni rancœur ; ce sont des qualités typiquement humaines qui n'ont pas de place dans l'interaction avec un cheval. La plus grande des impressions est un signal corporel distinct qui, sans aucune émotion, transmets néanmoins clairement le message voulu. Nous donnons au cheval une récompense amicale dès sa première réponse, et on reprends ensuite comme d'habitude."

"Si nous voulons vraiment parvenir à l'unité avec nos chevaux, nous devons être vraiment conscients que chaque, même minuscule, mouvement de notre corps, contient des informations extraordinairement puissantes, que l'on soit à cheval ou au sol. Si nous voulons communiquer avec nos chevaux nous devons d'abord apprendre cela, pour eux, chaque expression de notre corps a un contenu et une signification. Chaque mouvement devient un mot, une phrase, un paragraphe : de l'information. Tout l'état énergétique d'une personne peut être connu et même transmis au cheval."

"Nous devons apprendre à séparer clairement les informations du bavardage. C'est comme avoir un voisin bavard : il peut nous dire quelque chose digne d'intérêt mais c'est enterré profondément dans le bavardage et les absurdités que nous le perdons après la deuxième phrase pour suivre nos propres pensées. C'est exactement ce que font les chevaux. Cela ne veut pas dire qu'il ne sont pas concentrés, ils sont simplement noyés dans notre bavardage inutile. Communiquer efficacement avec le corps requiert d'éplucher nos mouvement et nos gestes pour ne garder que le plus simple nécessaire." 

"Les chevaux sont souvent punis pour avoir répondu exactement et promptement aux signaux que les gens n'ont pas réalisé qu'ils donnaient."

"Habituellement, les gens bougent sans y penser quand ils sont proches des chevaux. Leurs mouvements sont agités, brusques et incontrôlés. Un cheval non apprivoisé paniquerait dans cette situation, parce que ses récepteurs de mouvement lui signaleraient constamment des alarmes. Nos chevaux, cependant, se sont habitués à cela. Ils se sont refermés, sont devenus moins sensibles, même blasés, et de ce fait ils ne peuvent être travaillés qu'avec des aides plus fortes. C'est exactement ce que nous ne voulons pas ! C'est pourquoi, lorsque nous sommes proches des chevaux, nous bougerons toujours avec précautions et lentement. Tous vos mouvements seront fluides, ronds, presque comme de la danse. Si nous levons légèrement notre petit doigt, notre cheval répondra immédiatement parce qu'il devient sensible aux plus fines et subtiles incitations. 

Tout ce que nous faisons, nous le faisons particulièrement lentement, en y pensant et paisiblement. Ensuite, quand placerons notre hanche d'une certaine façon, volontairement et presque imperceptiblement, par exemple, notre cheval reconnaîtra cela comme une information importante et fera un arrêt complet depuis un bon galop sans avoir besoin d'utiliser du tout la pression des rênes."

 

"Les rênes ne sont pas une aide pour cela, elles sont en fait une entrave. Leur utilisation inappropriée créera exactement l'opposé de la légèreté, de l'équilibre et de l'harmonie que nous désirons."

"Le cheval est un animal de proie, un animal de fuite. C'est crucial pour l'homme de cheval de savoir que dans la nature, la fuite, c'est à dire la panique est pratiquement la seul raison pour laquelle le cheval galope vraiment rapidement, tellement rapidement que sans nécessité il peut travailler contre ses deux principes de base : l'endurance et l'équilibre. Il dépense son énergie dans un temps très court et sacrifie son équilibre en mettant son poids sur l'avant-main. Pour comprendre la suite nous devons garder à l'esprit que la réponse de fuite est toujours associée avec une peur, une montée d'adrénaline et la panique. 

Contrairement à cela, dans une réponse défensive ce n'est pas l'avant-main qui est chargée mais les hanches. Ici l'impulsion et le pouvoir de bondir se développent, ce qui dans dans un combat peut faire la différence entre la victoire et la défaite."

"Le cheval avaient à l'origine 5 vertèbres sacrées. Dans le sport moderne il en a généralement 7. C'est une sacrée longueur et c'est normal qu'un cheval plus grand ait plus de difficulté à se rassembler, cela semble évident."

 

"A partir du moment où je parviens à réussir un arrêt correct, je suis capable de rassembler le cheval sans l'effet mécanique des rênes. De rassembler sans freiner ; pas par une perte d'énergie mais bien par une transformation de l'énergie. La danse commence !"

"Même en position de leader vous devez toujours garder vos yeux sur le cheval et toujours garder votre main de conduite devant votre corps. Le cheval devrait marcher avec les naseaux toujours aux environs de cette main de conduite ! Le cheval ne doit dépasser la main de conduite dans aucune circonstance car vous vous retrouveriez dans la deuxième zone du cercle de position, à l'emplacement exact où l'homme de cheval a le moins de dominance."

"Un signal n'est donné qu'une seule fois. Je vois souvent des amoureux des chevaux occupés, concentrés à longer en cercle, donnant leur consigne encore et encore en rythme régulier. Finalement, après le vingtième "galop", le cheval ne galope toujours pas. Probablement que le signal du galop est donné aussi souvent en selle. Un cheval (dés)entraîné ainsi ne pourra naturellement jamais être capable de répondre à une demande subtile des aides parce qu'il a appris qu'après le premier signal vingt autres allaient suivre, donc il a tout le temps d'y penser." 

"Avec une grande tolérance nous oublierons les erreurs qu'ils feront, mais nous garderons les yeux ouverts pour les bonnes choses qu'ils font et les récompenseront énormément. De cette façon les images négatives disparaissent par manque d'attention, pendant que le positif est favorisé et augmenté. Si l'on agit de la sorte, chaque cheval est victorieux à nos yeux parce que nous nous sommes entraînés à voir le positif et à laisser le reste de côté. Le travail se fait dans une énergie bien plus amicale."

"Nous pouvons seulement attendre de la part du cheval le même degré de sensibilité que nous lui montrons. Nous pouvons seulement attendre le même degré de concentration que nous lui offrons. Le travail avec le cheval commence par là, par nous-même."

"Apprendre est un processus cyclique naturel auquel le cheval est entièrement soumis. Apprendre arrive par vagues."

"L'apprentissage se fait sur deux niveaux, le conscient et l'inconscient. Une fois que le niveau conscient a fait sa part et absorbé les principes élémentaires, alors ce qui a été appris doit continuer à pénétrer dans d'autres niveaux de conscience. Cela nécessite une période de repos - une pause créative."

"La peur est l'expérience la plus primaire et élémentaire pour tout être vivant. La peur bloque toute autre expression ou action. Dans le pire des cas je peux forcer un cheval en le mettant dans un état de peur, mais, dans ces circonstances je ne peux ni l'éduquer raisonnablement et significativement, ni lui apprendre ni le développer."

"La punition est liée à l'émotion ; contrariété, colère, rage, perte de contrôle, manque de jugement, tomber le masque, etc. L'expérience prouve que la simple apparition de ces émotions est interprétée comme une punition, une oppression, parce que le cheval lui-même ne connaît pas ces émotions ! Il emploie juste des méthodes de dominance avec lesquelles il protège son espace personnel mais, comme pour tout ce qu'il fait, il le fait avec son raisonnement et non ses émotions. Donc, si vous êtes en colère ou de mauvaise humeur envers tout et n'importe quoi, alors chaque aide même bien intentionnée ou même positive devient une punition. [...]

Si vous avez frappé votre cheval dans une telle situation, il se mettra immédiatement à reculer et si vous montrez alors de la colère ou pire, si vous le frappez à nouveau, vous allez plus que certainement ruiner de nombreuses semaines de travail. "

"Lorsque je dois me protéger en frappant mon cheval (comme cela arrive assez souvent), non seulement je ne le fais pas avec colère mais, à la place, je deviens vraiment amical dans le même instant et je caresse immédiatement le cheval à l'endroit où je viens de le frapper. Quand vous agissez ainsi vous vous comportez comme un animal de haut rang hiérarchique, et les résultats sont étonnants. Votre cheval n'est pas effrayé ou aigri mais reconnaît avec confiance votre dominance et votre espace personnel."

"Un yogi expérimenté enseignait à un étudiant la merveilleuse réalité du monde. Il lui dit finalement, après plusieurs semaines : Et maintenant continue exactement comme tu l'as toujours fait ! La grande plante qui représente le côté sombre de ta vie a grandit en un arbre puissant. Si tu essaies de l'arracher et de le déraciner cela te coûtera une quantité infinie de force et tout ce que tu gagnera par ces efforts sera un large et douloureux trou béant. Le chemin de l'homme sage est différent. Il plante les graines de bonté en lui sans se préoccuper de l'ombre projetée par l'arbre du mal. Son intérêt et son amour vont aux nouvelles graines. C'est celles qu'il va nourrir et dont il va s'occuper. Ainsi les graines vont pousser, et au fur et à mesure cela s'épanouira à la lumière et ensoleillera l'arbre du mal. Donc, tu va faire une transition progressive qui ne te coûtera pas d'inutiles dépenses de force et surtout, sera une garantie de succès."

Klaus Ferdinand Hempfling - Dancing with horses (traduction de l'anglais par moi-même...)

"Ma rencontre avec mon second maître et ami Nuno Oliveira, voici trente ans, fut l'événement de ma vie équestre. C'est avec lui que je découvris la réalisation de mes ambitions les plus romantiques et que la poésie des écuyers auteurs du XVIIIème siècle qui m'enchantait et me frustrait à la fois, devint sous mes yeux réalité.

C'est pour répondre au besoin de partage de l'émerveillement que j'ai souvent pris la plume, sans prétendre jamais être son porte-parole ou l'expression de sa pensée.

C'est par contre dans le respect de sa philosophie, forgée sur les principes des grands classiques, que j'ai toujours raisonné l'entraînement de mes chevaux.

Je n'ai jamais cessé pour autant de parcourir le monde cavalier, des rives brûlantes du Tage ou du Guadalquivi aux calmes contrées nordiques, de la rigoureuse Allemagne à l'instinctive Russie, de l'efficace Amérique à l'académique Vienne. J'ai conservé de chacun ce que j'ai discerné de meilleur et oublié le reste."

"L'art équestre se distingue de la pratique courante en ce qu'il enseigne davantage qu'il ne routine, qu'il suscite et indique plus qu'il ne contraint. Il s'apparente à la musique et à la danse ; comme elles, il s'accomplit sans laisser subsister d'autres traces que celles d'un sentiment, d'une vision. Il disparaît en se réalisant.

Ce jeu à deux acteurs qui fusionnent jusqu'à n'être plus qu'un n'est admirable que par le dépouillement des moyens, la discrétion des touches utilisables, la subtilité des nuances qui conduisent à l'harmonie gestuelle d'une danse classique. La présentation du ballet équestre est une tragédie chaque fois revécue en ce qu'elle doit exprimer des sentiments partagés par ce couple qui communique par contacts infiniment ténus. C'est de là qu'il peut tirer sa grandeur, c'est à défaut de cela qu'il s'anéantit."

"Le premier élément de la technique équestre est la capacité de se maintenir dans une position dynamique épousant toutes les modifications de l'équilibre juste du cheval. Le corps de l'écuyer doit constamment le partager ou ne s'en dissocier délicatement que s'il recherche, par variation de l'équilibre, à varier l'allure, l'air ou la cadence.

Ces principes forment une base qui s'étend à toutes les disciplines de l'équitation."

"Les rênes dites allemandes ou coulissantes :

Elles ne doivent être utilisées que par des cavaliers très adroits et dans des cas cliniques. Leur action doit être fugitive et presque toujours d'un côté à la fois, celui de la résistance et de la flexion recherchée. Leur efficacité dépend de la rapidité de la cession de la main qui reprend aussitôt le contact avec la rêne du filet. Les effets prolongés enferment les chevaux et les mettent définitivement en arrière de la main."

 

"Les éperons :

Je confesse avoir tenté trois fois de résoudre des problèmes d'impulsion avec des éperons à molettes pointues ; il s'agissait de chevaux très froids et d'un cheval rétif : ce fut sans aucun succès ni amélioration. L'éperon dur contracte plus qu'il ne propulse."

"Préparer, dresser un cheval est une aventure, laquelle, si tout se passe bien, dure cinq à six ans. Six ans d'exercices quotidiens, de soins, d'investissement de soi-même, de beaucoup de déceptions, de petits éclairs de joie et d'espoir qui en font, si l'on y attache de l'importance, une aventure à haut risque."

"La meilleure image que l'on puisse donner du rassembler est celle du fauve qui va bondir sur sa proie : il est parcouru par une vibration qui gagne toutes les parties de son corps, préalablement disposées pour pouvoir instantanément les développer dans une action foudroyante."

"Le maître Oliveria m'a dit un jour : Lorsque je monte un poulain pour la première fois, j'ai déjà le rassembler dans la tête." Cela ne signifie pas qu'il le recherchait dès le débourrage, mais qu'il le préparait dès les premières leçons. Il ne s'agit pas de forcer, mais de favoriser par des couches délicates la mise en équilibre du jeune cheval qui débouchera des années plus tard sur le rassembler."

"Le ramener, qui tend à placer la tête du cheval le plus près possible de la verticale, n'est qu'un élément du rassembler. Il ne peut être envisagé en dehors de lui. Ce faux principe fait actuellement des ravages, la plupart des chevaux d'école se présentant au ramener sans être rassemblés. Cela résulte de la triste génération des rênes coulissantes complétées par le cisaillement à plein bras de la bouche par le mors. Nous sommes en présence de ce que le colonel Podhajsky stigmatise comme le faux rassembler provoqué par la traction d'avant en arrière, l'équitation emboutie."

"Un cheval ne peut tenir le rassembler que si son cavalier se rassemble lui-même, position qui tend à rapprocher chacune des parties de son corps au centre de gravité, par l'engagement profond du rein et la tonicité vibrante de tout son être."

 

"Les déplacements de poids dans l'assiette s'effectuent par variation de l'inclinaison du buste, de son inflexion ou de sa légère torsion autour du bassin, jamais par glissement de l'assiette dans la selle."

"A ce niveau de subtilité, on atteint la perfection de l'art et le véritable bonheur équestre. L'usage des mains et des jambes n'a plus qu'une valeur subsidiaire."

"Une verticale partant de la nuque [du cavalier] doit frôler la première et la dernière vertèbre et d'éventuels éperons. Une verticale tombant du genou doit frôler le pouce du pied. On doit être assis sur le triangle périnée-ischions."

"C'est lorsqu'elle est plus un moyen de contact qu'un moyen de tenue que l'assiette devient une aide primordiale. En effet, tant qu'elle est nécessaire à la tenue par raccrochage des cuisses et des jambes, elle est neutralisée en tant qu'aide : un musicien ne pourrait à la fois jouer et se cramponner à son instrument..."

"La gaule ou la cravache : Pour être utiles, la gaule et la cravache doivent avoir au moins 1m10 et toucher ainsi n'importe quelle partie du cheval sans déplacement des poignets. Elle complète la jambe et s'y substitue dans le travail à pied. Elle est plus indicative que corrective, elle doit agir par tacts délicats sur les parties du corps que le cavalier ne peut atteindre avec sa jambe, elle est indispensable à l'écuyer.

Il est difficile de comprendre pourquoi, classée comme une aide par les maîtres alors que l'éperon n'est pas cité comme tel par le généra Decarpentry, elle est interdite en compétition et l'éperon autorisé !"

 

"La voix : La voix est précieuse parce qu'elle ne provoque par les contractions des aides physiques. Elle prend sa valeur avec les chevaux nerveux ou détraqués que l'approche d'une main ou d'une jambe trouble. […]

Elle est mal vue, interdite même, sans doute parce que trop "cérébrale"."

"La notion de contact :

Cette question importante est délicate entre toutes.

Sa conception et son enseignement, généralement erronés, sont responsables d'une véritable altération de la pratique équestre.

La très discutable instruction équestre recommande sans nuance une recherche de la "tension sur la main". Le cheval doit "courir après son mors". Quant aux jurys de dressage, ils ne manquent pas de sanctionner, même dans des épreuves élémentaires, les jeunes chevaux "insuffisamment tendus".

Ils assisteront ensuite sans sourciller au spectacle de cavaliers de tous niveaux, arc-boutés sur la bouche de leurs chevaux.

Le contact franc et mesuré procède d'un travail délicat et prolongé. Il ne s'impose pas par la force, mais amène le cheval à chercher l'appui léger sur son mors, comme un enfant cherche la main de sa mère."

"La mise au point définitive de l'épaule en dedans au XVIIIème siècle a marqué un progrès dans l'utilisation du cheval de combat au moins aussi grand que l'invention de l'étrier."

"Précisons le soin à apporter aux foulées de pas qui précèdent et engendrent le trot. N'omettez jamais de revenir à l'arrêt régulier dès que l'équilibre est perturbé, quels que soient l'allure et l'exercice. Baucher appelait ça décomposer la force et le mouvement. Disons, plus clairement, rétablir l'équilibre perturbé dans le mouvement par l'immobilité sur des bases régulières."

"En ce qui me concerne, je tiens mes rênes de bride ajustées, d'un centimètre plus long que celles de filet. Dès que le cheval m'oppose une force, je lâche le contact du filet en conservant le réglage de la bride sur laquelle vient se "perdre" cette force. J'ai aussitôt une cession ou un retrait de la force. Dans le même instant, je reviens au réglage précédent sur le filet, et ainsi de suite à chaque résistance ou pesée volontaire de la bouche qui finit par se méfier et respecter le filet auquel elle prête le pouvoir de la bride, qui n'a fait que s'y substituer une seconde.

La règle absolue demeure que jamais la puissance de la bride ne soit utilisée, mais seulement et brièvement la menace qu'elle représente. Si la sensibilité et le bon sens ne suffisent pas à vous convaincre, sachez que la bride utilisée en effet bloquant n'aura que deux résultats possibles : cabrer et renversement pour les animaux à la bouche délicate et insensibilisation par coupure de la circulation, sur les autres."

"On part d'un pas lent dont la rectitude, le léger relèvement et la vibration commune cheval-cavalier contiennent déjà le galop."

 - Gymnase et dressage -

 

"La passion équestre est cette impulsion spirituelle sans laquelle on ne franchira aucune des passes parfois désespérantes de difficultés, qui attendent l'écuyer toute son existence. Cet enthousiasme mêlé aux moments de doute témoigne de la découverte d'une partie inconnue de nous-mêmes et permet la mise à l'épreuve de réflexes et de moyens que nous mettons rarement en jeu dans la vie ordinaire."

"Ne jamais se battre sur des résistances, c'est un principe. Mais par contre, y revenir, un quart d'heure après ou le lendemain."

 

"Le cheval pâtira longtemps de cette absence de distinction entre l'être animé et l'objet technique. Le corps de l'animal est vu comme un ensemble d'articulations et de ressorts dont le principal est la chaîne vertébrale à laquelle se rattachent quatre membres flexibles et propulsifs. […] Cette vision est parfaitement logique lorsqu'il s'agit de pièces mécaniques, mais la manipulation d'un être vivant, souffrant et – on l'admettra bien plus tard – pensant, va provoquer avant ou pendant les effets recherchés, des réactions de protection et d'échappement.

Vont intervenir les moyens instrumentaux destinés à dominer, voire à écraser défenses et réflexes déstabilisants. Les nouveaux maîtres italiens, suivant un schéma technique assez semblable, vont systématiser les moyens de domination et de forcements. Caveçons de fer en dents de scie sur le nez, assortis d'un arsenal de mors aux bras de levier redoutables hérissés de pointes, canons torsadés aux arrêtes tranchantes."

 

"Dès le début du XVIIème siècle, La Broue et ses disciples vont chercher à améliorer l'efficacité du cheval-ressort en rejetant les outils les plus cruels et en multipliant, pour les remplacer, les leçons de flexions combinées aux mouvements latéraux, aux rotations d'épaules et de hanches. Ayant réduit les contractions et les réflexes de douleur et introduit les premiers gestes rationnels, l'affrontement homme-cheval évolue vers une gymnastique qui permet de disposer ses parties flexibles et dynamiques pour en exploiter plus facilement les détentes.

L'objectif reste le même, les moyens s'affinent, les résultats sont évidents."

 

"Nous venons de mettre en scène l'Instruction du Roy sous la gaule magistrale de Pluvinel ; nous le créditons volontiers de sa parfaite maîtrise, mais nous savons par l'histoire et nos expériences l'étendue des ravages infligés aux malheureux chevaux rivés aux piliers et propulsés avec force et frayeur.

Dans l'idéal, le principe du pilier est acceptable, appliqué à des chevaux préparés, c'est-à-dire déjà travaillés sur des courbes et des droites aux trois allures, calmes et droits dans leurs arrêts, mobilisables latéralement et confiants aux aides de leur écuyer tant à pied qu'à cheval.

Cette heureuse évolution récompensera, dit Pluvinel, "le prudent et judicieux chevalier (qui) peut juger de quoi son cheval est capable". Il passe sous silence la destruction de nombreux chevaux en des mains moins expertes."

 

"La Broue qui s'est attaché à une équitation large et dynamique, à base de flexions en place, en marche et de mise en main, annonce et inspirera La Guérinière et les modernes. Son influence sur ce dernier éclate vingt fois dans L'école de cavalerie."

"La Broue, qui a fait connaissance en Italie de l'arsenal considérable des mors diaboliques, des caveçons dentelés ou torsadés aux arêtes tranchantes, pense maintenant qu'avec l'évolution des moyens : "L'art mieux entendu, on doit moins user de diversités de brides puisqu'on s'est enrichi de meilleures règles." Magnifique considération !"

"C'est pourtant à Pluvinel que l'on doit la plus ravissante des maximes équestres : "Prenons garde de ne pas l'ennuyer, si faire se peut et d'étouffer la gentillesse car elle est aux chevaux comme la fleur sur le fruit, laquelle ôtée ne revient jamais."

"En vérité, cette dissension entre deux très grands cavaliers d'origine sociale et de formation équestre totalement différentes, n'eut jamais aucun sens : elle fut provoquée par la malveillance réciproque de leurs entourages et la poursuite par chacun de fins spécifiques ne pouvant être atteintes par la méthode de l'autre.

Baucher va d'abord rechercher les moyens de "s'emparer des forces instinctives du cheval pour les subordonner aux forces transmises par le cavalier" jusqu'à ce qu'il ne soit "plus entre nos mains qu’une machine passive attendant pour fonctionner l'impulsion qu'il nous plaira de lui communiquer." Conception d'une forme d'équitation académique où la priorité est réservée à l'éclat énergique des mouvements dans la soumission à des aides intransigeantes.

D'Aure recherche "une équitation toute naturelle" permettant une pratique libre et perçante, le franchissement des obstacles et la franchise des allures. Au lieu d'éteindre "les forces instinctives", il veut les utiliser, quitte à les opposer dans les transitions, mais toujours dans l'impulsion extrême.

Avec Baucher, le but est l'assouplissement total de toutes les parties, la juste répartition des forces pour exécuter toutes les difficultés de l'art.

Le public équestre divisé en deux camps fut rejoint par des membres de la société mondaine, des lettres, des arts, de la politique."

Michel Henriquet - Les grands maîtres expliqués – 

 

 

"Le cavalier s'oppose au piéton. A cheval, les pectoraux ont peu d'utilité, les jambes ne servent pas à se déplacer... et le piéton que nous sommes tous, doit s'oublier, au profit d'un homme nouveaux appelé le cavalier.

Pénible transformation, qui prend des années, durant lesquelles il faut sans cesse lutter contre des réflexes que l'on adopte... tout le reste du temps."

"Cela semblera évident à tous, pour garder le contrôle permanent de sa monture, le cavalier doit conserver un contact constant avec la bouche de son cheval. Dans le cas contraire, c'est à dire quand les rênes sont longues, non seulement le cavalier ne peut avoir de contrôle (comme tout cycliste qui n'a pas les mains sur le guidon) mais le dialogue avec le cheval est de surcroît impossible." (Ah ah... Ces citations que je relève pour en rire)

Guillaume Henry - L'usage des mains

"Après la guerre, l'utilisation des chevaux se limita bientôt au sport et aux loisirs. L'élevage réagit promptement. Aujourd'hui, les éleveurs proposent des chevaux d'une telle morphologie et d'une telle qualité que même les grands cavaliers d'antan n'auraient pu en rêver. Des cavaliers et des entraîneurs hautement qualifiés présentent des performances inimaginables dans le passé. Mais ces succès – surtout en dressage – ne doivent pas nous leurrer : des irrégularités de locomotion et d'attitude, même chez les chevaux les mieux classés, laissent supposer des méthode de formation dommageables à la santé du cheval. Les prédispositions de ces chevaux incitent à la facilité et l'on force les apprentissages. Malheureusement, on semble considérer de plus en plus que la "voie traditionnelle", qui demandait un long travail de base approfondi, est aujourd'hui dépassée. Or la physiologie, l'anatomie et la biomécanique des chevaux n'ont pas changé depuis."

Préface du Professeur Ulrick Schnitzer

"Seul celui qui connaît parfaitement les chevaux sait orienter ses actions en fonction de la nature propre de l'animal et de sa morphologie, et favoriser ainsi son épanouissement."

"Le livre du Dr Heuschmann nous apprend aussi, page après page, à regarder l'animal en premier – car les chevaux sont aussi des objets de prestige, de réussite, d'élevage ou un capital financier. Et ils ne doivent être considérés comme tels que secondairement, dans la mesure où l'on continue d'abord à les respecter en tant qu'animaux."

"Dans les sociétés industrielles, l'intérêt pour les animaux augmente très rapidement et les défenseurs de tous les animaux vont soumettre l'équitation à une surveillance approfondie, qui donnera lieu à des réactions d'autant plus rapides et vigoureuses qu'ils tomberont sur des faits préjudiciables à l'animal. Si des doutes s'éveillent sur le bien-être des chevaux, l'équitation aujourd'hui considérée comme ne occupation épanouissante avec des animaux exceptionnels, perdra le respect bienveillant dont elle bénéficie, y compris chez ceux qui ne la pratiquent pas. En cas de conflit, la plupart des non-cavaliers se rangeront intuitivement du côté du cheval et contre les cavaliers, les juges et les éleveurs. Les effets secondaires de vraies ou prétendues "tortures infligées aux animaux" seront catastrophiques pour toutes les personnes qui ont à faire plus intensément avec les animaux."

Discours de bienvenue du Prof Kunzmann

 

"Pour toutes ces personnes [impliquées dans le monde du cheval], le motif d'une occupation liée au cheval ou de l'intérêt qu'ils lui portent est certainement en premier lieu l'esthétique de ce merveilleux animal. La plupart d'entre eux recherchent la proximité du cheval pour se détendre, se changer les idées ou tout simplement pour le plaisir de côtoyer des animaux, et ils s'intéressent peu à la performance et au profit. Mais avec le temps, certains d'entre eux sont amenés petit à petit à s'intéresser au succès sportif mais aussi économique. Il semblerait que dans notre société actuelle guidée par le succès, les raisons et les valeurs qui ont poussé les sportifs à choisir les sports équestres se soient déplacées. La course au succès et à la reconnaissance ne laisse plus guère de place à une relation calme et posée avec le cheval ainsi qu'à une formation inspirée par la nature. Il s'est développé une mauvaise pratique de la formation des chevaux, dans lequel les réparateurs – en particulier les vétérinaires – ont une place prépondérante. Suivant le dicton "on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs", on met beaucoup d'assiduité en selle à tirer, écraser, arracher et bien plus encore. Avant tout, parce que les images véhiculées par les médias sur le sport de haut niveau et les compétitions laissent à penser que cette équitation-là serait exemplaire. Ce n'est pas le cas ! Il est grand temps d'élever la voix et de partir en guerre contre cette société d'écraseurs !"

"J'ai le temps – voilà ce que je voudrai lancer à tous les cavaliers qui se retrouvent subitement confrontés à des difficultés avec leurs montures et ont du mal à trouver une entente avec elle. "J'ai le temps", chaque dresseur devrait s'en souvenir et surtout se remémorer le principe que ce n'est que par une progression constante et graduelle que les plus hautes marches de l'art équestre peuvent être atteintes."

 

"En équitation classique les aides sont comprises uniquement en tant que telles, elles ne servent qu'à aider le cheval à comprendre les demandes. Lorsque le cheval les a comprises et les exécute, le cavalier peut alors s'en passer."

 

"Seul le cheval avec ses aptitudes naturelles, et non l'homme, dicte le rythme et la manière de sa formation. Ceci a été formulé dans les principes éthiques de la FN en 1995 : "L'emploi du cheval dans les sports équestres doit s'orienter en fonction de ses prédispositions, ses capacités et ses disponibilités. Une influence sur les capacités du cheval par l'administration de médicaments ou par toute autre action allant à l'encontre de son bien-être, doit être rejetée et punie.""

"Les chevaux ont un odorat presque aussi développé que les chiens, ils voient bien mieux que les hommes, mais leur champ visuel et leur perception des couleurs sont complètement différents. Leur système sensoriel et réactif est basé sur la vie en troupeau dans les steppes et la reconnaissance rapide des dangers potentiels (un prédateur par exemple) afin de pouvoir prendre la fuite rapidement. Arriver à faire coopérer une créature aussi étrange et à relever en commun avec lui des défis importants, demande non seulement de l'empathie, mais aussi des connaissances concrètes sur la nature même des chevaux et leur perception totalement différente du monde. C'est uniquement de cette manière que l'on arrive à partager avec les chevaux le plaisir de les monter ou à les amener au succès en tant qu'athlètes, sans qu'ils en pâtissent."

 

"Une grande partie du poids du cheval est constitué par l'abdomen qui est accroché "librement" à la colonne vertébrale. On peut ainsi comparer le squelette d'un cheval à l'édifice d'un pont dont les membres antérieurs et postérieurs constitueraient les piliers et le segment dorso-lombaire représenterait le plateau."

"Un cheval correctement monté en lui faisant adopter l'attitude d'extension "vers le bas et vers l'avant" est donc capable, par la seule "contraction supérieure", de porter le poids de son tronc alourdi par celui du cavalier, sans devoir abuser pour ce faire de son muscle long dorsal. D'autre part, le jeune cheval apprend très vite, dans cette attitude, à employer son arrière-main de façon dynamique (propulsion des postérieurs) et à laisser passer l'impulsion à travers le dos et la nuque jusqu'au contact de la main. C'est l'unique moyen pour créer le bon contact indispensable de l'arrière vers l'avant."

"Grâce aux liaisons des fascias, les différents groupes musculaires forment un ensemble fonctionnel. Les tensions ne peuvent donc jamais être limitées à un seul groupe musculaire spécifique."

Gerd Heuschmann - Dressage moderne, un jeu de massacre ?

 

"Je ne m'étais plus appartenu, j'avais déposé dès les premières saccades de la course, en regard des émotions nouvelles, ma peur. Ma monture s'était échappée loin devant le groupe de chevaux liés à des adultes et des adolescents, nous étions seuls, et ce trouble merveilleux, prendre de vitesse la vie, foncer vers ma destinée, la précipiter et l'assaillir, me procurait une jouissance première qui effaçait tout ce que j'avais pu connaître. Dès lors, comment ne pas vouloir devenir cavalier, moitié homme, moitié animal, en partie oiseau, guerrier, rapace, forcené, exalté ?"

Homéric - Dictionnaire amoureux du cheval

"Vous rencontrerez certainement beaucoup de gens, vous aurez de nombreuses relations, mais les vrais amis sont rares et précieux. En revanche, chaque cheval que vous montez peut devenir votre ami, et cela simplement parce que vous le lui demandez."

"Quand l'homme appelle le cheval idiot, têtu, etc. Ils travaillent depuis là où ils se placent, pas depuis là où le cheval est."

“You need to do less sooner; you’re always doing too much, late.” (Vous devriez faire moins, plus tôt. Vous faites toujours trop, trop tard."

Ray Hunt 

"Les praticiens de soins naturels des sabots ont mis du temps à comprendre que les systèmes de pensions actuels sont contre-nature (un box fermé, des pâtures vertes, et une mauvaise alimentation) et sapent nos efforts pour former et stimuler des sabots sains vers une forme naturelle. Ces systèmes de pension contre-nature ne sont pas favorables pour des corps et des esprits sains. Bien que beaucoup reconnaissent que les chevaux sont des proies, nous avons créé dans notre ignorance des systèmes d'enfermement qui s'appliquent aux prédateurs. Par exemple, un enfermement étroit, "la vie dans une cave", tels un box ou un paddock – est parfait pour le couguar, un ennemi naturel du cheval dans le monde naturel. Le couguar demande un tel mode de vie (des murs autour de lui, et si possible dans le noir) pour se sentir et être "normal". Mais les mêmes conditions de vie mettent en danger le cheval, le transformant en un paradoxe paresseux, névrosé et affaibli de sa véritable identité : un candidat primordial pour des boiteries. Il doit être naturellement libre de bouger constamment, son état mental et physique en dépendant pour être bien dans sa tête et apte à la monte."

"De ces observations, je me suis rendu compte que la différence essentielle entre les chevaux sauvages et les chevaux domestiques peut être réduite aux termes simples d'une santé optimale et des pieds sains. Par rapport aux chevaux sauvages, les chevaux domestiques ne sont pas en bonne santé et n'ont pas de pieds sains. Ils sont des parodies frêles de leurs homologues sauvages, et peu de propriétaires de chevaux et de professionnels le savent. Et c'est notre faute."

"Étonnement assez simple dans son architecture (bien qu'il soit peut-être un peu bizarre pour l’œil humain accoutumé aux systèmes d'enfermement conventionnels des paddocks ou des pâtures), le Paddock Paradise met les chevaux dans un environnement naturel simulé. Son intention est de stimuler le mouvement naturel et les comportements de socialisation qui sont essentiels pour un cheval sain dans sa biodynamique. Comme exemple, le Paddock Paradise est intrinsèquement l'endroit le plus parfait pour la guérison ou la prévention du syndrome naviculaire, et de la fourbure : les tueurs les plus populaires aujourd'hui de nos chevaux domestiques. Également, il encourage les comportements naturels d'alimentation qui sont cohérents à part entière avec le système digestif du cheval. Et il facilite la mise en œuvre d'un régime sain (anti-fourbure) dans un environnement de distribution de nourriture contrôlable."

"Il suffit de dire que la promesse et l'intention du Paddock Paradise est toujours de livrer un cheval sain du corps et sain des pieds. Exactement comme son cousin sauvage !"

"Pour un œil humain inexpérimenté, il semblera que les déplacements des bandes sont aléatoires, et que la pâture n'a pas de "frontières" pour le cheval. Mais ce n'est pas le cas. L'espace est bien défini et les déplacements bien structurés dans cet espace."

"Au cœur du domaine du Great Basin se trouvent un ou plusieurs points d'eau. Tous les déplacements du troupeau se font autour d'eux. Les pistes partent de ces points d'eau, pour y revenir par la suite en fonction de la température extérieure et de la soif."

"Les responsables du Bureau de Land Management pendant l'administration Reagan ont vite appris que les familles de chevaux sauvages parcourant leurs pistes n'aimaient pas quitter leurs propres pâtures. Les chevaux s'accrochaient avec ténacité à leurs pistes familières, malgré les efforts des rangers gouvernementaux à cheval ou en hélicoptère pour les diriger vers des aires distantes de regroupement. A la moindre réduction de pression des rangers, les troupeaux repartaient dans le sens inverse comme des morceaux de métal attirés par des aimants. […] Nous allons nous rendre compte que les chevaux sont des "sédentaires" qui se plaisent dans leur environnement et leur routine familiale."

"Nous en savons très peu sur le régime alimentaire du cheval sauvage et tant que les chercheurs ne se décident pas à entrer dans le monde naturel du cheval sauvage pour faire une étude systématique, cela restera un grand mystère. Nous avons appris indirectement par des études sur leurs sabots que ce régime alimentaire ne provoque pas la fourbure. Des herbes et des plantes herbacées, et probablement une grande variété de légumes du désert sont les composants de ce régime. Quelques chercheurs ont constaté que les chevaux sauvages passent la moitié de leur journée à manger !"

"Dans le monde naturel du cheval sauvage, il y a des endroits préférés pour dormir loin des menaces perçues, dans des endroits ouverts ou pas trop ouverts où le mouvement d'un prédateur est facilement détectable. C'est une autre "leçon de la nature", et nous devons faire des efforts pour simuler les mêmes sanctuaires pour dormir dans le Paddock Paradise."

"Alors même que la soif et la faim régissent l'amplitude des déplacements au point d'eau, la disponibilité de fourrages et d'autres nutriments vitaux, la rivalité entre étalons, et la peur des prédateurs, ont un impact sur la vitesse de déplacement sur la piste. Ces menaces dans les pâturages vont pousser les bandes à augmenter ou à diminuer la rapidité de leurs déplacements. Telles sont les forces de l'adaptation. Par exemple, une pâture plus abondante va absorber plus l'attention du troupeau qui va ralentir son déplacement sur la piste, qu'une pâture avec moins de végétation. En résumé, les vicissitudes de la vie équine dans le monde naturel règlent par nécessité les déplacements, leur vitesse, et leur concentration."

 

"Pendant cette période [soins à l'élevage Pasos péruviens] j'ai beaucoup appris. D'abord, que le modèle du cheval sauvage pouvait être adapté aux soins du sabot pour chevaux domestiqués. Deuxièmement, que le parage naturel avait une valeur préventive et curative. Et troisièmement, que les chevaux pouvaient être montés pieds-nus."

"Les chevaux et les humains ne traitent pas les informations de la même façon. Et sur ce point, s'accroche l'entière prémisse du Paddock Paradise : notre challenge est de créer un espace vivant pour l'esprit équin, et pas pour le nôtre. Plus précisément, un environnement qui déclenche chez le cheval des réponses pour un comportement naturel. Je crois que le problème avec beaucoup de systèmes de confinement aujourd'hui est qu'ils empêchent de tels comportements, ou récompensent le cheval de ne pas en avoir. De toutes les façons, le cheval ne se comporte pas naturellement et une pléthore de problèmes, de son esprit jusqu'à ses pieds, survient petit à petit."

"La beauté du Paddock Paradise se trouve dans la possibilité de l'appliquer (dans les limites du raisonnable) à tous types de terrains et de climats. La taille, la forme et l'endroit où se trouve le terrain où vous gardez vos chevaux sont moins importants que son utilisation."

"Nous avons plusieurs objectifs pour commencer. D'abord, nous voulons simuler le territoire naturel du cheval sauvage, avec une "piste". Deuxièmement, nous voulons donner au cheval beaucoup de choses à faire le long du chemin, des activités qui stimulent le déplacement naturel lorsqu'il est sur la piste."

"La bonne nouvelle ici, c'est que votre cheval n'a besoin que de marcher, manger et dormir la plupart du temps pour développer un corps sain avec des beaux sabots sains naturellement formés ! Une petite partie du temps (5%) est passée en faisant des comportements vigoureux. Et avec cela, vous n'avez vraiment pas besoin de le monter, car il peut faire son exercice sans vous avec ses copains équins."

 

"J'encouragerais les propriétaires des installations publiques ou privées utilisant les boxes et le réseau de paddocks de ne pas paniquer mais de considérer les mérites de ce que nous essayons d'accomplir ici, puisque les terrains entourant la plupart de ces installations se transforment aisément pour faciliter l'architecture et les dynamiques de la piste de Paddock Paradise."

 

"Bien que nous n'ayons pas encore commencé à étoffer les caractéristiques possibles du Paddock Paradise, des expériences antérieures ont montré que les chevaux commencent immédiatement à avancer sur la piste, et toujours dans le sens des aiguilles d'une montre !"

 

"Ceci peut surprendre beaucoup de propriétaires de chevaux, mais les chevaux passent la plupart de leur temps à manger, et non à se reposer : manger en marchant, rarement stationnaire comme nous avons l'habitude de le voir chez trop de chevaux domestiques qui sont gardés en confinement contre-nature. Des études chez les chevaux sauvages confirment mes propres observations, les chevaux passent plus de la moitié de leur vie en se nourrissant."

"Les chevaux vont profiter d'un foin d'un mélange d'herbe, de l'avoine (sans sucre) en petites quantités, des minéraux, du sel et de l'eau."

 

"Le camping est accepté, mais il ne doit pas être basé sur un comportement pour se nourrir. Je le comparerais au syndrome opportuniste des pâtures vertes. Dès que nous les faisons entrer dans le Paddock Paradise, nos chevaux vont commencer à explorer la piste en sa totalité, soit par la curiosité, soit pour chercher à manger. Alors qu'ils découvrent une nouvelle "poignée" de foin, ils voudront avancer pour trouver la prochaine, et avant qu'ils aient terminé ce qu'ils sont commencé. Bien sûr, la concurrence pour le fourrage des autres membres de la bande va aider à entraîner ce syndrome. Donc tout le monde a la pression pour avancer pour trouver à manger. Et c'est bon pour eux. L'alternative, la gloutonnerie – mangeant de gros repas sur place – est à mon avis une ordonnance pour la colique et la fourbure."

"Je vous recommande de casser en gros morceaux le sel, les minéraux et le calcium pour enterrer les morceaux rassemblés juste en dessous de la surface du sol. L'idée est d'encourager le comportement de gratter le sol – pour stimuler le cheval à creuser pour aller le chercher. Nous voulons que les sabots travaillent autant que possible dans le Paddock Paradise. Creuser le sol pour des nutritifs vitaux fait partie du télos du cheval, et nous devons essayer de trouver des moyens intelligents pour l'inciter à "gagner sa vie"."

"Comme avec le foin, les graines, le sel et les minéraux, nous voulons fournir l'eau à même le sol. Il y a plusieurs façons de le faire, mais probablement la solution la plus naturelle serait que le cheval puisse se tenir dans l'eau lorsqu'il boit. D'ailleurs, en poussant plus loin, il faut prévoir de créer un "point d'eau" assez grand pour que vos chevaux puissent y patauger et s'y baigner."

"Les chevaux dans le Paddock Paradise doivent pouvoir se reposer et dormir dans la journée. Et s'il y a des multi-bandes rivales sur la piste, ou sur une piste ségrégée, il faut s'attendre à des rugissements de telles sortes dans la nuit. […] Nos chevaux n'ont pas besoin de bouger constamment pour générer de beaux sabots. Ils préfèrent camper dans des endroits différents comme les chats domestiques (pas les chiens) des endroits préférés, je dirais. En conséquence, je créerais plusieurs endroits plus larges pour camper le long de la piste. Je recommande un endroit dans une forêt et un autre endroit dans une clairière, à une altitude plus haute que le reste de la piste. Vos chevaux pourraient choisir un autre endroit pour camper, et dans ce cas, il faudrait élargir cet endroit pour que tout le monde puisse y entrer confortablement."

"A partir du moment où il est né, le poulain doit vivre sa vie sur la piste, en se déplaçant avec le nouveau "courant" du mouvement établi par les juments alpha et les mâles alpha. Quelques heures après leur naissance, les poulains sont prêts à partir. C'est ainsi que la nature le prévoit. En séparant les poulains des autres membres de la bande, incluant leurs pères ou leurs remplacements mâles, en d'autres mots, casser l'unité familiale équine, est probablement une invitation à des comportement agressifs ou animaux et à des modèles de socialisation contre nature. Le Paddock Paradise encourage l'interaction sociale saine en fournissant l'environnement correct pour les familles équines."

"L'idée est de convaincre nos chevaux qu'il y a une menace de prédateur, sans que nous les mettions dans la situation réelle. Les chasseurs de gibier utilisent des sons et des odeurs pour attirer leur proie. Au contraire, nous avons besoin de l'odeur du couguar pour inciter nos troupeaux à faire des formations défensives et de fuite lorsqu'ils sont sur la piste pour réagir aux mouvement basés sur la peur. Ces stimulants doivent être utilisés judicieusement, peut-être une ou deux fois par mois, afin de réveiller les sens d'odeur et d'ouïe du cheval."

"Dans le monde naturel, les chevaux forment des relations basées sur la dominance et la coopération. Comme chaque humain sur la planète ne va pas s'entendre avec tout le monde, il va de même dans le monde des chevaux. Nos chevaux doivent avoir le droit de choisir leurs amitiés, leurs alliances, et les positions relatives dans l'ordre hiérarchique nature de la bande ou du troupeau. Ce n'est pas quelque chose que nous choisissons pour eux."

Jaime Jackson - Paddock Paradise

"Il est facile de monter sur ses grands chevaux, mais essayez donc d'en descendre gracieusement !"

Franklin P. Jones

"Une merveille de galop, qui réconcilie avec la terre et le ciel."

Guilhem Jouanjordi - Histoires d'amour (et de chevaux)

"Chaque demande du cavalier oblige le cheval à une certain attention. Il en résulte une fatigue des facultés psychiques beaucoup plus rapide que la fatigue physique. Cette fatigue conduit à l'énervement et, de là, aux défenses que l'on a tort de prendre pour un "mauvais vouloir". Il est donc nécessaire de donner des repos fréquents et de savoir récompenser dès que le cheval a bien exécuté."

Jousseaume

"Considéré comme une spécialité, le dressage n'a de sens que s'il résulte d'une recherche des procédés les plus justes, c'est-à-dire à la fois efficaces et doux, parce que conformes à la nature du cheval."

"Depuis quelques années, sous la pression des éthologues et autres "chuchoteurs", les manuels de dressage ont consenti à quelques pages sur les aspects psychologiques de l'équitation.

C'est ainsi que les "principes d'équitation" du Livre I, rappellent judicieusement les traits dominants de la "nature du cheval" et en tirent des prescriptions générales :

"Le dressage d'un cheval ne se juge pas seulement à la qualité de ses allures sous le cavalier, mais aussi à la sauvegarde de son naturel et de sa personnalité. Ce sont ces chevaux, épanouis et prêts à livrer le meilleur d'eux-même dans le travail quotidien, qui réalisent une stable et harmonieuse relation entre l'homme et le cheval. Ces bases sont fortifiées et développées par la patience, le sens de la psychologie et de fréquentes récompenses.""

"Le cheval ne nous doit rien, c'est nous qui devons nous en faire comprendre. "Un relais est indispensable entre les gestes du cavalier et ceux du cheval ; ce relais n'est autre que l'intelligence du cheval et son consentement moral." [M.Hontang – Psychologie du cheval]"

"Schéma d'apprentissage type :

  1. Langage des aides > S'assurer que le cheval possède bien toutes les aides nécessaires à l'apprentissage envisagé.

  2. Objectif > Déterminer le plus petit progrès possible, compte tenu des acquis du cheval. Des exigences déplacées ou excessives constitueraient autant d'agression

  3. Préparation > Concentrer l'attention du cheval sur les exercices réunissant les conditions favorables à l'exercice à venir.

  4. Évaluation > Mettre le cheval dans une situation nouvelle (position, équilibre, locomotion) à laquelle il réagira naturellement et à coup sûr, ne serait-ce que par une amorce du comportement recherché.

  5. Récompense > Récompenser immédiatement pour confirmer au cheval qu'il a bien fait.

  6. Répétition > En reproduisant l'évaluation et sa récompense, on confirme, fixe et perfectionne le nouveau comportement. Nécessaire à toute acquisition, la répétition amène souvent le cheval à répondre par anticipation, durant la séquence préparatoire.

Ce comportement relève de la bonne volonté, et même du zèle... Ne jamais réprimender le cheval. En revanche, reprendre fréquemment la préparation, et la maintenir sans exécution de la réponse. Récompenser tout autant ce résultat qu'une réponse parfaite. Ainsi le cheval apprend à rester attentif au cavalier et attendre une demande qui viendra... peut-être.

  1. Perfectionnement > Plus le comportement nouveau s'imprime dans le psychisme du cheval, plus la préparation s'estompe au profit des aides déterminantes. A terme les aides d'exécution se suffisent à elles-mêmes, et se miniaturisent jusqu'à devenir quasi-invisibles. Il semble qu'il suffise au cavalier de penser un mouvement pour que le cheval l'exécute. Le mythe du centaure n'exprime rien d'autre.

  2. Bilan > Un acquis n'a de réelle valeur que s'il s'inscrit dans un tout cohérent, bonifiant les étapes antérieures, et servant de référence aux expériences à venir."

"Éviter de répéter et prolonger inutilement un exercice ou un air. Le dressage "kilométrique" use le capital physique du cheval, en anesthésiant son attention et en atrophiant son intelligence."

"Du fait même de leur conception, les épreuves de dressage font la promotion de la mécanisation et de la routine. Les cavaliers peuvent répéter à satiété les mêmes programmes dans le milieu intangible et aseptisé du rectangle réglementaire. […] Imagine-t-on ce qu'il adviendrait du saut d'obstacle, travail des chevaux et intérêt du public tout à la fois, si les épreuves se déroulaient constamment sur des terrains identiques et parcours semblables : mêmes obstacles, aux mêmes cotes et aux mêmes distances ? Ce serait désastreux."

"On pourrait envisager qu'à chaque niveau le cavalier sache quels exercices et quels airs sont à son programme, mais n'ait jamais connaissance ni des figures ni des enchaînements.

Un jury compétent livrerait son texte de reprise comme on affiche un parcours d'obstacles... au dernier moment. Textes dictés au cavalier, bien entendu."

"Dès la naissance, en raison de la position fœtale dans laquelle il s'est développé, le poulain se trouve dissymétrique... plus court d'un côté que de l'autre. Tous les chevaux ne sont pas pliés à droite, loin s'en faut. Que le phénomène résulte de la génétique ou du hasard, peu importe... statistiquement, on doit tourner autour d'une proportion 50 – 50%"

"Redressement par la rêne d'appui : le cheval creux à droite apprend d'abord à refouler la masse vers l'épaule droite sous l'action d'une rêne d'appui gauche pour tourner vers la droite dans le contre-pli. Par la suite, un léger pli à gauche assorti d'un appui de la rêne gauche contre l'encolure suffiront à redresser le cheval."

"Bâti pour la fuite et la vitesse, le cheval est naturellement établi sur les épaules."

"Tout son travail consistera en une gymnastique progressive tendant vers une répartition plus équitable du poids entre l'avant et l'arrière main. Seul "l'équilibre instable" peut garantir une mobilité immédiate en tous sens. De ce point de vue, le cavalier se rapproche de l'équilibriste. Le concept équestre du rassembler correspond à cette recherche de l'équilibre instable.

On peut dire que toute l'équitation tient dans cette capacité à modifier à volonté l'équilibre du cheval."

"Comment réaliser cet équilibre instable, gage de mobilité et d'aisance ? Par le relèvement de la base de l'encolure, sa verticalisation au-dessus des appuis antérieurs, et par le raccourcissement du polygone de sustentation."

"L'équilibre ne s'améliore que si l'engagement des postérieurs est associé à un maintien de la verticalité de l'antérieur à l'appui. Le cheval se trouve ainsi réellement en équilibre horizontal. L'expression est employée à tort pour désigner le cheval dans une attitude étendue. Dans ce cas, sa silhouette est certes horizontale, nullement son équilibre. L'équilibre horizontal est la condition minimum nécessaire à un piaffer correct."

"Le cavalier est satisfait, il juge son cheval "décontracté" et "en équilibre", car pensant moins sur la main. En fait, il est fort établi sur les épaules et très mal à l'aise, et ne pèse moins sur l'embouchure que dans la mesure où il passe derrière la main. Equilibre et contact se trouvent ainsi découplés, et coupés de la réalité.

Le cheval apprend à ne plus tendre les rênes, en se rétractant. Ce passage "en arrière de la main" contient en germe un risque de passage "en arrière des jambes", voire de rétivité."

à propos du Rollkur

"Le règlement FEI recommande aussi : "le chanfrein légèrement en avant de la verticale." Pourtant, on voit se classer et gagner même à haut niveau, des chevaux régulièrement enfermés, qui amblent en guise de pas rassemblé et piaffent sous eux du devant. A quoi rime une discipline quand son règlement n'est pas appliqué ? Elle érige la faute en norme et le pire en exemple."

"Seule l'extension d'encolure permet d'étirer et d'arrondir la ligne du dessus, de gérer l’équilibre naturel et le mouvement en avant dans des conditions optimales de confort pour le cheval débutant.

Les insertions antérieures des ilio-spinaux avancent, ce qui met ces muscles en élongation. Le segment dorsolombaire remonte et se tend. Le cheval s'arque sous la charge et porte mieux.

Les brachio-céphaliques se rapprochent de l'horizontale en s'étirant. Ils peuvent ainsi tirer les épaules loin en avant.

Étendre l'encolure, c'est apprendre au cheval à tendre les rênes dans la direction du mouvement, chanfrein restant toujours en avant de la verticale. Une encolure longue pour des allures naturelles étendues... quoi de plus normal !

Une encolure étendue gagne en flexibilité latérale. Elle sera plus aisée à ployer et participera pleinement aux ondulations périodiques de la tige vertébrale, nécessaires à des allures amples. Le pas sera préservé, voire amélioré.

L'extension d'encolure est un facteur déterminant du mouvement en avant, car elle avance le centre de gravité, favorise les gestes étendus et fait tendre les rênes."

"Si le cheval est amené en pli prononcé de l'encolure, splénius, complexus et brachio-céphaliques du côté concave se raccourcissent, tandis que ceux du côté convexe s'allongent.

Anatomiquement, mécaniquement, il y a incompatibilité entre le pli prononcé de l'encolure et son renversement d'une part, son encapuchonnement d'autre part."

"Si le cavalier sait comment ployer amplement l'encolure, il donne au cheval des assouplissements latéraux qui déterminent rapidement son extension, sans force parce que naturellement."

"Donc, limiter le pli de l'encolure aux possibilités du segment dorsolombaire revient à ne presque pas la ployer, car ce dernier est très peu flexible, et sur moins de la moitié de sa longueur. Dans ces conditions, comment parler d'exploitation maximale de la flexibilité ?

Comment assouplir l'ensemble sans utiliser et développer la flexibilité de la partie la plus libre de la tige vertébrale, au bénéfice des autres ?"

 

"La Guérinière : "Il faut donc lorsqu'on tire la rêne droite pour plier un cheval à droite, que le sentiment de la rêne du dehors reste dans la main gauche, afin que le pli vienne du garrot et non du bout du nez, qui est une vilaine action."

 

"Les entraîneurs, tous sports confondus, savent qu'il n'est de travail musculaire prudent et utile qui ne commence par des séances d'élongations : stretching. Le cheval est un athlète, et le cavalier doit se comporter en entraîneur compétent. Il se gardera bien de figer l'encolure et de la raccourcir, mais l'utilisera pour étirer la musculature du cheval... une moitié après l'autre, par des flexions latérales prononcées et répétées. Ce qui amènera inéluctablement une élongation longitudinale (extension d'encolure), par une gymnastique et sans aucun forcement.

Principe à retenir : la flexibilité longitudinale résulte du développement de la flexibilité latérale."

"Montant un cheval neuf et donc dans une attitude naturelle, le cavalier qui tient ses rênes tous doigts serrés et fixe ses mains basses l'incite immédiatement à se défendre.

Ainsi établie, la main oppose à la bouche un point fixe et lui impose un contact très dur. Quel doigté avoir à partir d'un point fermé sur les rênes ? Aucun. On peut jouer de la grosse caisse ou du clairon avec des gants de boxe, de la guitare ou du piano... impossible.

Résultat, le cheval cherche désespérément à passer au-dessus de la main. Une logique de confrontation s'instaure d'entrée de jeu."

"Qu'elle résiste ou qu'elle agisse, plus la main se trouve basse, plus ses effets portent sur la langue. Or, c'est un organe très vascularisé, très innervé, tapissé de tissus muqueux... et donc hypersensible. Pour protéger sa langue des agressions que cette main lui fait subir, le cheval va selon les cas, la remonter dans le fond de la gorge, la sortir de côté, la passer par-dessus l'embouchure, etc.

Solution : emploi de muserolles spécialement conçues pour être verrouillées à bloc. On les trouve, simples, doubles... sans doute triples un de ces jours !

Elles n'ont d'autre office que d'étouffer les protestations du cheval, de masquer les effets pervers d'une main qui agresse la bouche : logique de contrainte par le recours à des instruments de contention... encore une fois !

Curieux dialogue que celui dans lequel l'un exige grossièrement et l'autre se trouve condamné au bâillon !"

"Le cavalier qui force la flexion de la nuque à l'aide d’enrênements et verrouille la bouche avec des muserolles spéciales n'agit guère mieux qu'un éducateur qui bâillonne un enfant et le ligote sur sa chaise pour le réduire au silence et lui imposer le calme."

"Expérience : Prenez un cheval ayant résisté à tous les acharnements possibles, et demeurant mordicus au-dessus de la main, nuque et encolure tétanisées. Montez-le et, à l'arrêt, cherchez à le faire céder en fixant vos mains de chaque côté du garrot et de toutes vos forces. Résultat : Rien. Maintenez vos mains dans cette position "réglementaire". Puis demandez à un aide de venir desserrer la non moins réglementaire muserolle, et de donner quelques morceaux de sucre au cheval. Pour les prendre le cheval va déverrouiller les mâchoires... pour les déguster et les déglutir, il va mobiliser sa langue et saliver.

Pendant tout ce temps il va aussi jouer avec son embouchure, puis arrondir la nuque de lui-même... vous donnant l’exquis sentiment d'une bouche vivante, en aimable et totale adéquation avec votre main.

C'est le cheval "galant de la bouche" de la Guérinière, et la "manifestation de légèreté" fruit de la "cession de mâchoire" chère à Baucher. En tout cas, cela veut dire, sans conteste, que le siège des problèmes n'est pas au niveau de la nuque, mais de la relation entre la main et la bouche."

"Quand l'action de l'embouchure porte fortement sur la langue, organe hypersensible, le cheval appréhende la main comme vous craignez la douleur chez le dentiste.

Filons la métaphore : si par maladresse le praticien vous pince fort la langue avec son davier... vous allez réagir brutalement en arc-boutant tout le corps, nuque renvoyée en arrière.

Si de plus, loin de s'excuser, il conclut : "Vous avez des problèmes de nuque !" vous allez hurler à l'incompétence et à la mauvaise foi.

Il ne restera plus au charlatan qu'à vous bâilloner pour ne plus subir vos protestations !"

"La langue, le pharynx, le larynx sont greffés sur une pièce ostéo-cartilagineuse, l'hyoïde, situé entre les branches du maxillaire inférieur.

Or, la mobilisation de la langue dépend de muscles reliant l'hyoïde au sternum (sterno-hyoïdien) à la tête (occipital) et aux épaules (aponévroses scapulaires).

L'hyoïde et la langue se trouvent donc être un carrefour de tout ce qui concerne l'avant-main... Rien ne se fait qui ne passe par là.

Mains basses résistant ? C'est maltraiter la langue et provoquer un blocage de l'hyoïde avec contraction généralisée des mâchoires, de la nuque, de l'encolure et des épaules.

Plus le cavalier résiste, plus le cheval a mal, plus il se contracte, plus le cavalier doit résister... cercle vicieux. […]

A l'inverse, le sucre amène une mobilisation du maxillaire inférieur et de la langue. Cela libère l'hyoïde et décontracte par conséquent la nuque, l'encolure et les épaules. Décontracté, le bout de devant redevient flexible, et le cheval n'a plus les raisons ni les moyens de lutter contre la main."

"Un mors de bride : embouchure conçue en bras de levier et dont l'action puissante s'exerce sur les barres, mais surtout sur la langue... d'avant en arrière, et ce, quelle que soit la position de la main.

C'est donc par nature une embouchure rétroactive, agressive et facteur de contraction. D'où, évidemment, la nécessité de pouvoir à tout moment interrompre son action, le bridon prenant le relais pour décontracter, etc. Une fois admis et compris, le mors de bride ne contribue valablement à fléchir la nuque et fixer la tête que si le cheval ne cesse pas de livrer sereinement sa bouche.

Bien compris, le bridon et le mors de bride ont donc des effets diamétralement opposés et complémentaires : l'un est par nature releveur-extenseur, l'autre fléchisseur-abaisseur... si tant est que le cheval les accepte et les comprenne.

Sachant cela, travailler sur quatre rênes tendues, celles du bridon tenues plus bas dans la main que celles du mors, relève du grossier contresens."

"Tout cela signifie que, pour changer de direction, l'aide la plus naturelle consiste à pousser l'encolure vers l'épaule du dedans tout en la ployant vers le dehors... C'est par définition ce qu'on appelle : une rêne d'appui."

"Le dressage officiel se porte en gardien du temple de l'équitation classique, sacrifiant au culte de La Guérinière et brûlant le faux dieu : Baucher.

Or, de bout en bout, la question fondamentale de l'emploi de la main montre qu les préceptes de La Guérinière se trouvent en flagrante adéquation avec les derniers enseignements de Baucher, et en total désaccord avec les manuels de dressage.

Le cumul de tant de contrevérités relève de l'imposture."

"Le cheval en main : La définition doit autant à La Guérnière qu'à Baucher : c'est un cheval qui livre moelleusement sa bouche et accompagne fidèlement la main dans tous ses déplacements. La mise en main ne peut se réduire à une position, fût-elle correcte... sa définition est à géométrie variable."

"En conséquence, la fameuse main fixe doit d'abord l'être par rapport à la bouche, et non au dos. Elle ne se fixe par rapport à ce dernier que dans la mesure où les progrès de la mise en main stabilisent la tête.

Ce n'est pas la main qui cherche à imposer la fixité de la tête, mais la tête qui autorise le cavalier à fixer progressivement la main. Monter son cheval avec une main fixe constitue donc un objectif, mais ne doit en aucun cas être un moyen de dressage."

"Chronologie de la mise en main :

  • Décontracter en provoquant une cession de mâchoire.

  • Rendre le cheval flexible en ployant son encolure à volonté

  • et en déduire la flexion de la nuque et l'extension d'encolure.

Une fois confirmé ce premier stade de la mise en main, le relèvement progressif de l'encolure, et la flexion accrue de la nuque, accompagneront les progrès de la gymnastique d'ensemble."

"La main peut agir :

  • par serrement des doigts et lente élévation des deux mains, pour la cession de mâchoire

  • par élévation lente d'une seule maine pour la flexion latérale d'encolure

  • par soutiens vifs et répétés pour des transferts de poids vers l'arrière : demi-arrêts, arrêts, reculers...

  • par des effets latéraux : se portant contre l'encolure ou s'en écartant pour des transferts de poids entre les deux épaules.

La main cède par desserrement des doigts et retour à sa position initiale (descente de main). Elle rend en s'avançant vers la bouche ou en laissant les rênes s'allonger."

"Le cavalier qui use "plus fort" de ses jambes quand son cheval ne réagit pas convenablement se met dans la position du professeur qui hurle un mot parce que son élève ne le comprend pas... Il ajoute le grotesque à l'inefficace !"

"Méthode appliquée à la leçon de jambe :

  1. Toute légère pression du bas des jambes (au maximum de quoi écraser une mouche) doit se traduire par une accélération franche et immédiate.

  2. En cas de carence, la pression des jambes est prolongée, dans la seconde, d'une intervention déterminante de la cravache (touches à fréquences et intensités croissantes, jusqu'à l'obtention d'une réaction vive)

  3. Laisser le cheval s'exprimer, le cavalier cessant toute action : descente de jambes. Après un tour de manège, maximum, l'arrêter, le flatter. Repos complet, les rênes libres.

  4. Répéter l'opération jusqu'à ce que le cheval anticipe l'effet de la cravache. Pas de cravache, et récompenser d'abondance.

  5. Tout ralentissement non sollicité doit être l'objet d'un rappel immédiat, non de la jambe, mais de la cravache.

En agissant de la sorte, on fait partir au galop, de l'arrêt et par le vent de la botte, en quelques minutes, des chevaux réputés insensibles et paresseux invétérés. Mais […] la compréhension du cheval et sa totale fidélité à la jambe imposent que le cavalier ne marque aucune opposition de la main à ses effets."

"Un cheval ne peut à la fois se mouvoir et maintenir sa tige vertébrale dans une position, quelle qu'elle soit."

"En mouvement, dans les faits, le cavalier n'a strictement aucun pouvoir de maintenir incurvé le corps du cheval avec ses pauvres petites jambes. Qu'il oublie ses prétentions !

S'il peut maintenir à volonté le pli de l'encolure, pour le reste, il interviendra de la jambe intérieure au cas où le cheval cherche à se traverser vers le dedans, et de la jambe extérieure s'il tente de porter ses hanches vers le dehors... c'est tout !

Autrement dit, les jambes du cavalier n'incurvent pas le cheval, elles canalisent ses hanches pour les garder dans l'exacte ligne des épaules. C'est déjà une belle ambition !"

"Au final, le cavalier use bien plus souvent de ses jambes pour contenir, réduire, ou annuler le mouvement en avant que pour le produire. D'où la débauche d'éperons, de cravaches et d'assistance à pied quand il s'agit d'enseigner le piaffer. Cela donne une équitation musculaire et laborieuse, travaillant le cheval en force et par compression. Il n'est pas étonnant que ces conceptions œuvrent à la sélection de chevaux exceptionnels d'aptitude et de bonne volonté... eux seuls ont une petite chance de surmonter ces "épreuves".

"La gravité universelle et l'équilibre des corps superposés l'imposent : le centre de gravité du cavalier doit se porter dans le sens du déplacement réclamé au cheval. Le pli d'encolure n'a rien à voir là-dedans... et la flexion costale encore moins, puisqu'elle est une illusion."

"Il faut choisir : ou bien le cavalier se sert de la nuque comme d'un frein à main (au mépris de l'équilibre), ou bien il use de l'encolure comme d'un balancier."

"Cette image du reculer, obtenu en faisant rebondir le mouvement en avant sur une "main active", est séduisante pour les esprits mécaniciens, mais se heurte à deux problèmes :

Elle ne correspond à aucune réalité pour le cheval. Le reculer n'est pas du mouvement en avant transformé en mouvement rétrograde. Le cheval se propulse vers l'avant par extension du postérieur à l'appui, passant en arrière de la verticale. Il se tire vers l'arrière par flexion du postérieur à l'appui, passant en avant de sa ligne d’aplomb. En terme de locomotion, ce sont donc deux mécanismes diamétralement opposés.

Enfin, le cheval n'a rien à voir avec une automobile : le cheval que vous dressez au reculer n'a pas de marche arrière. Et si une voiture n'a pas de marche arrière, vous pouvez toujours essayer d'accélérer en première et d'actionner en même temps le frein à main ! Vous casserez tout, mais jamais elle ne reculera !"

"Pourquoi faudrait-il qu'un cheval recule sur des aides d'assiette et de jambes fondamentalement dévolues au mouvement en avant ? Le cheval qui recule de la sorte apprend à douter du rôle impulsif des jambes, et s'en souviendra à l'heure de l'étude du rassembler, du piaffer en particulier."

"Le cavalier n'envisagera pas le reculer tant qu'il ne se sera pas donné les moyens de provoquer l'extension d'encolure par les mains seules."

"Reculers élémentaires pour les chevaux aptes à remonter la base de l'encolure :

Prolonger les aides utilisées pour le ralentissement, au-delà de l'arrêt : le cavalier se grandit, efface ses épaules et place ses jambes en retrait (simple code). Par soutien de la main, il augmente le relèvement de l'encolure jusqu'à obtenir un début de reculer."

"Métaphore de la pâte à modeler :

Pour transformer un bloc durci de pâte à modeler (cheval brut) en masse aisément mobilisable en tous sens (cheval bien mis), vous devrez en tirer une masse en équilibre instable (rassembler). Pour ce faire, vous commencerez par ployer et pétrir ce bloc jusqu'à le rendre malléable (décontraction et flexibilité). Puis, vous le roulerez progressivement en tous sens... de droite et de gauche (courbes et deux pistes)... en avant et en arrière (transitions et reculer)... jusqu'à en tirer une sphère quasi-parfaite, d'une immédiate et totale mobilité (piaffer).

Aussi équipé et habile que vous soyez, par compressions successives entre deux planchettes, vous dépenserez beaucoup d'énergie sans jamais atteindre un résultat comparable."

"La compétition de dressage est par nature subjective car elle dépend d'un jugement humain. Sujette à manipulations, elle a généré le monopole absolu d'une seule conception. En revanche, en CCE et CSO, disciplines plus objectives car dépendant surtout de l'obstacle et du chronomètre... il n'y a pas de domination écrasante et les résultats sont riches de diversité."

"Les résultats sont là, mais à quel prix ?

La proportion de chevaux que le système ruine irrémédiablement dans les premières années de leur exploitation est énorme. Les instances officielles prétendent ne pas disposer de données chiffrées sur le sujet. On en est réduit aux sources privées. Par exemple, une étude présentée à Giessen en 1977 par le Dr. H. Gutekunst sous la direction du Professeur Dr. J. Nassal, livrait les éléments suivants :

  • Statistiques de la société fédérale des Assureurs de biens matériels, et concernant les chevaux de selle en République d'Allemagne, entre les années 1971 et 1974... Etude portant sur 6 464 cas.

  • Durée moyenne d'utilisation des chevaux de selle et de compétition : 5,54 années.

  • Âge moyen de réforme : entre 8 et 9 ans

  • Causes principales de réforme : maladies de l'appareil locomoteur (usure prématurée liée à une utilisation précoce et irrégulière) […]

Il est de plus en plus fréquent que des personnalités, parmi lesquelles des vétérinaires, émettent de sérieuses réserves... pour l'heure sans effet. Il serait éclairant que des autorités compétentes réalisent des statistiques sur les 20 ou 30 dernières années, car une rumeur persistante circule disant même que les chevaux de dressage auraient la durée moyenne de vie la plus courte."

"Seule référence en matière de formation au dressage, la compétition du même nom pèse lourdement sur la culture équestre mondiale. Elle gomme les spécificités en tirant l'ensemble vers le bas. A des degrés variables, mais sans exception, les dérives du dressage moderne polluent gravement toutes les grandes écoles d’Europe. Si elle ne se remet pas radicalement en question, la compétition de dressage se condamne à n'être qu'une spécialité à finalités économiques, générant ses propres règles, repliée sur elle-même, coupée aussi bien des autres disciplines que de la Culture équestre... et donc inapte à former des enseignants valables.

Censée être le tronc commun à toutes les disciplines équestres, le dressage est la base de la formation des cavaliers. Or, les enseignants sont formés à un dressage qui se résume à la recherche de résultats en compétition de dressage... système oblige."

Philippe Karl - Dérives du dressage moderne

"Pour l'étalon, son allure tenait moins de la course que du vol. Suspendu, étendu dans l'air, il ne touchait le sol que pour s'en détacher d'un seul battement. Et Ouroz, le visage contre la crinière flottante, le corps léger, délié, comme fluide, n'avait point d'autre vœu que de flotter ainsi qu'il le faisait au-dessus de la steppe et si près d'elle que cette terre, cette herbe et sa propre essence lui semblait confondues."

Jospeh Kessel - Les cavaliers​​

"En octobre 1983, j'ai déménagé mes animaux (12 chevaux, 20 bovins, 2 paons, 9 poules, 5 chiens) passant du climat doux du Sussex à l'île sauvage et froide de Mull. La première chose que j'ai pu constater, c'est que les chevaux, comme les enfants, ont une faculté d'adaptation phénoménale. Ici, ils grimpent comme des chèvres de montagne et nagent comme des poissons, bien qu'ils n'en aient jamais eu l'expérience auparavant."

"Ce livre est volontairement contestataire. A la lumière de la connaissance que nous avons acquise du comportement animal, il devient de plus en plus évident que la plupart des installations équestres modernes semblent toutes désignées pour engendrer des troubles du comportement chez les chevaux."

"Mais, me direz-vous, le cheval a tellement changé durant tout le processus de domestication, aussi bien du point de vue physique que comportemental, que le comportement du cheval sauvage n'a plus rien à voir avec celui du cheval domestique. Il est vrai que le physique du cheval a beaucoup changé : certains sujets, comme le cheval de trait, sont sensiblement plus grands que l'Equus Caballus, le Preswalski ou le Tarpan, alors que d'autres, comme le Shetland, sont plus petits. Il y a une énorme variété de couleurs de robes et de tempéraments qui vont du pur-sang hyper-réactif au placide cheval lourd. En dépit de tous ces changements évidents, que nous pourrions comparer à la décoration d'un gâteau, tous les chevaux ont gardé la même structure et la même physiologie. Ils ont la même structure osseuse, la même dentition et le même appareil digestif, etc. Si tout le système de base est resté inchangé, pourquoi leur comportement aurait-il dû tellement se transformer ? Mais en fait, a-t-il vraiment changé ?

La réponse est que, chez le cheval comme chez n'importe quel autre mammifère domestique étudié jusqu'à présent, l'organisation sociale de base comme le mode de communication n'ont pas changé. Cette assertion est prouvée par l'étude comparative de l'organisation sociale chez divers groupes de chevaux vivant dans des habitats différents."

"Chez le cheval monté, les cellules les plus intéressantes sont celles qui appartiennent à un groupe de cellules réceptives, appelées "nocicepteurs". Il existe de très nombreux types de ces cellules, et toutes ont un seuil placé très haut. Lorsqu'un cavalier exerce une pression avec ses jambes, il active ce type de cellules lesquelles ont la particularité de moins réagir si le stimulus est répété à des intervalles de moins de 30 secondes. Ainsi lorsqu'on voit un cheval promener son cavalier, insouciant de l'action pressante de ses jambes, on peut facilement conclure que le cheval n'est probablement plus en mesure de ressentir quoi que ce soit !

Devoir répéter ou intensifier l'action d'une aide (ou stimulus) en l'absence de réponse du cheval ets une idée communément admise, or il est important pour chacun de réaliser à quel point cela est faux.

En fait, c'est plutôt le contraire qui se produit : plus le message que l'on veut transmettre au cheval est faible en intensité, plus le cheval devient sensible, facile et agréable à monter. Il faut donc que les stimuli soient à peine perceptibles. Augmenter le stimulus en l'absence de réponse pourrait être comparé à quelqu'un qui, pour essayer de se faire comprendre d'un étranger, se mettrait à hurler !"

"Il est probable que les chevaux aient une tête très allongée afin de laisser suffisamment d'espace à leur muqueuse olfactive (membrane détectant les odeurs)."

"Chez beaucoup d'espèces, y compris le cheval, ce champ visuel périphérique est aiguisé par rapport au champ visuel central dont la zone la plus sensible est la fovéa. Ainsi, même les objets familiers, s'ils apparaissent à la périphérie de son champ visuel, peuvent surprendre le cheval, puisqu'il ne le voit pas clairement. Les mêmes objets apparaissant dans le milieu du champs visuel ne provoquent aucune réaction. On peut vérifier ce phénomène en agitant avec précaution un bras derrière l’œil d'un cheval – attention aux réactions !

Le champs visuel binoculaire restreint doit être pris sérieusement en compte lors du saut d'obstacle, par exemple. Il est vivement conseillé de laisser au cheval la liberté de détendre son encolure lorsqu'il aborde l'obstacle, pour lui permettre d'estimer correctement la distance et de déterminer le moment où il décollera du sol. En effet, l'estimation de la distance est effectuée par le cerveau qui compare les images renvoyées par les deux yeux."

"Nous verrons que le cheval apprend extrêmement vite et qu'il peu souvent exécuter un exercice après une seule "explication". Ainsi, nous ne devrions pas sous-estimer le bon usage qu'ils font de leur cerveau antérieur. Nous devrions aussi formuler l’hypothèse qu'il se passe dans leur tête beaucoup de choses que nous ne comprenons pas, voire que nous ne soupçonnons même pas. Je suggérerais de se montrer prudents lorsque nous rabaissons les chevaux au rang d'animaux stupides. Il se pourrait bien que les stupides soient ceux qui ne sont pas en mesure de les comprendre. […] Nous sommes beaucoup moins efficaces qu'eux dans la compréhension des langages en général. En effet, ils nous comprennent mieux que nous ne les comprenons."

"Chez l'homme, il existe un centre spécialisé dans la parole qui se trouve dans l'hémisphère gauche, appelé "aire de Broca".

Les chiens et les chats ont été étudiés en détail pour savoir s'il leur manquait des muscles ou des nerfs, les empêchant ainsi de parler. Cela ne semble pas être le cas. Même les chimpanzés en sont incapables. Les Kellogs (1933) élevèrent un chimpanzé avec leur propre enfant, passant de nombreuses heures chaque jour à essayer d'apprendre au singe à prononcer des mots. Au bout de plusieurs années, ils ne parvinrent péniblement à lui faire articuler que deux mots.

Il est donc probablement juste de dire que si beaucoup d'espèces sont pourvues de tous les organes nécessaires à l'usage de la parole, leur cerveau ne peut néanmoins en assurer le contrôle."

"En fait, Clever Hans interceptait les messages subliminaux (de très légères contractions musculaires) que les personnes présentes aux expériences lui envoyaient, inconsciemment, lorsqu'il avait atteint le nombre de coups correspondant à la réponse exacte. A ce moment-là, les spectateurs devaient imperceptiblement se raidir ou se détendre. Le cheval avait appris cette technique par lui-même, son entraîneur n'ayant pas pu la lui enseigner puisqu'il ne comprenait pas lui-même comment son cheval faisait. De plus, ces mouvements musculaires étaient si subtils que les humains (non spécialisés dans ce mode de communication) ne pouvaient absolument pas les déceler. […]

Cette histoire illustre à quel point les chevaux sont surdoués dans la perception des signaux visuels. Elle démontre aussi que le cheval a vraisemblablement un système de communication visuelle extrêmement complexe et élaboré, sans doute beaucoup plus sophistiqué que le nôtre. L'homme, s'étant spécialisé dans la communication verbale, a moins développé et perfectionné les autres moyens dont il aurait pu disposer."

 

"Quel que soit le niveau ou la discipline équestre, la communication marche dans les deux sens. Il ne s'agit pas seulement de donner un ordre qui doit être exécuté, il faut également apprendre à devenir aussi sensible que le cheval. Une fois qu'il y parvient, le cavalier peut réagir au moindre mouvement musculaire de sa monture, ce qui l'aidera à repérer le bon moment pour formuler une demande et avoir en retour une réponse positive du cheval. Une mauvaise compréhension de ce phénomène d'échange conduit, au mieux, à de l'obéissance, mais quelle que soit la forme d'équitation ou d'approche du cheval, elle ne mène qu'à des résultats médiocres. En effet, obtenir une obéissance passive n'a jamais grand intérêt.

La raison fondamentale qui nous pousse à monter à cheval, c'est justement de sentir cet échange entre nos deux espèces dont ne peut plus se passer après y avoir goûté."

"Dans l'hémisphère nord, la jument peut donc concevoir au printemps et en été (du mois d'avril au mois de septembre) mais en est incapable en automne et en hiver. Ce qui semble logique puisque la gestation dure onze mois. Ainsi, le poulain naît quand le climat est plus clément et la nourriture plus abondante, pour que la mère, devant nourrir sa progéniture, puisse satisfaire des besoins alimentaires accrus.

Contrairement au veau, le poulain est un "suiveur", il suit sa mère partout. Si elle se met à brouter par un temps froid, dans un endroit exposé aux intempéries, le nouveau-né encourt de gros risques. Tous ceux qui ont vécu l'expérience d'une naissance automnale gardent cette image pitoyable d'une petite créature frêle et tremblante de froid, résolue à demeurer en dépit de tout auprès d'une mère indifférente qui broute tranquillement sous une pluie glaciale, alors qu'il y a de nombreux abris dans les parages.

A l'opposé, le veau, qui ne suit pas sa mère, reste blotti dans l'abri avec les compagnons de son âge.

Ainsi, pour que le poulain ait des chances de survivre, selon la stratégie que l'évolution de l'espèce équine a sélectionné, il doit naître dans des conditions climatiques favorables. C'est la raison pour laquelle les naissances sont saisonnières. […]

De nos jours, le monde des courses et, par un effet pervers, le milieu de la compétition, voient leur intérêt à faire naître leurs poulains plus tôt dans l'année, avant la période biologique souhaitable. Les poulains doivent naître à la date la plus proche possible du 1er janvier. A cette fin, les biologistes ont mis au point un véritable arsenal pharmaceutique pour provoquer l’œstrus chez les juments en plein hiver (Dawson 1984)."

 

"Nous avons remarqué que, chez les chevaux et les vaches (au pré ou en stabulation), les comportements pacifiques étaient plus nombreux que les comportements agressifs. […]

Cependant, lorsque les conditions changent, par exemple lors d'un conflit pour un rationnement de nourriture ou d'espace, les manifestations agressives augmentent. Dans ce cas, on peut voir apparaître une hiérarchie de dominance."

 

"En fait, le cheval n'est pas agressif de nature, mais il peut le devenir après un dressage plus basé sur un rapport de force – quand on veut montrer "qui est le chef" – que sur une véritable connaissance de l'organisation sociale équine plutôt complexe et pacifique.

Les préférences que les chevaux montrent envers certains de leurs congénères sont de première importance, car ce phénomène peut s'étendre à l'homme. La première chose à faire est donc de chercher à s'en faire un ami plutôt que de vouloir le dominer !"

"Les relations entre chevaux sont aussi complexes que celles entre les humains. Les résumer à un simple rapport de "dominant à dominé" serait inadéquat et arbitraire."

"Il est bien connu que l'appareil digestif du cheval est conçu pour digérer et extraire les substances nutritives d'une nourriture riche en fibres et relativement pauvre en substances tels que les protéines et les féculents. Il existe donc, dans cette espèce, certaines caractéristiques bien spécifiques à la digestion, à commencer par les dents. Elles sont faites pour broyer les plantes afin que la cellulose puisse être écrasée. A cet effet, le cheval a beaucoup de dents plates et une tête allongée pour pouvoir les loger. Leur utilisation intense fait qu'elles subissent une érosion très importante ; elles s'usent beaucoup plus que les dents humaines par exemple. L'évolution a remédié à ce problème en permettant aux dents du cheval de pousser tout au long se sa vie."

"Renforcement continu :

Lorsqu'on entreprend un nouveau conditionnement, il est important de récompenser systématiquement. On appelle cela le renforcement continu. Il a été démontré chez les rats (à qui l'on doit la plupart de nos connaissances) que le renforcement continu aboutit à un conditionnement plus rapide, jusqu'à ce que la réponse soit bien établie (c'est à dire quand environ 90% des stimuli conditionnés provoquent une réponse conditionnée).

Renforcement partiel :

Par la suite, c'est le renforcement partiel qui semble donner les meilleurs résultats. Le renforcement partiel consiste à ne récompenser que certaines réponses, généralement choisies au hasard, afin que le cheval ne sache pas exactement quand il recevra la friandise. Il s'efforce alors de faire de son mieux, au cas où...

Extinction :

Lorsqu'on n'obtient plus aucune réponse conditionnée à un stimulus, on a affaire à ce que l'on appelle l'extinction. Ce phénomène se produit surtout quand une réponse n'est pas suivie d'un renforcement, qu'il soit positif ou négatif. Quand un cheval se décide enfin à monter dans un van qu'il trouve effrayant, on lui donne une récompense (friandises et caresses). Mais si après plusieurs répétitions il n'obtient aucune récompense, il pourrait bien estimer que le jeu n'en vaut pas la chandelle et refuser d'y monter une nouvelle fois. Quand cela se produit, son propriétaire, ou la personne qui s'en occupe, se fâche, ne comprend pas la raison de ce refus ; il embarquait si bien jusqu'à présent ! […]

Généralisation :

Lorsqu'une réaction conditionnée à un stimulus se produit à l'occasion d'autres stimuli, il y a généralisation. Les chevaux y sont sujets. C'est pourquoi il n'est pas conseillé d'apprendre au cheval un mouvement élaboré avant que son apprentissage de base ne soit bien établi."

"Une partie de ce qui constitue "l'attitude" d'un individu dépend de son état émotionnel qui se répercute sur l'apprentissage. Fiske (1979) a pu noter que les chevaux excitables, à sang chaud, apprenaient plus difficilement à sortir d'un labyrinthe que les chevaux placides. Les chevaux excitables et émotifs passent aussi plus de temps dans le labyrinthe parce qu'ils sont méfiants et distraits. Autrement dit, ils sont moins motivés pour accomplir leur tâche, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas capables de faire aussi bien."

"L'école classique d'équitation, en particulier celle de Vienne, soutient que tout ce qu'elle enseigne aux chevaux est issu des mouvements naturels qu'ils accomplissent normalement en liberté. Elle revendique une nette différence entre les mouvements qu'elle enseigne (équitation classique) et ceux que l'on peut voir au cirque (comme le pas espagnol), qu'elle considère comme des "tours" et donc qu'elle méprise.

Les chevaux à l'état libre ne font jamais de levade, ni de cabriole, ni de piaffer, encore moins de palissade ou de courbette. Si un cheval exécutait certains mouvement de la même façon qu'il les accomplit en liberté, il obtiendrait à peine un point dans un concours de dressage... En effet, lorsqu'ils décrivent une courbe au galop, les chevaux tournent naturellement la tête vers l'extérieur. Leur corps n'est pas incurvé vers l'intérieur du cercle ; c'est pourtant cela qui est considéré comme correct et qui est enseigné. A l'état naturel le cheval accomplit tous ces mouvements, ou bien d'autres encore, y compris le pas espagnol, mais d'une façon très différente de celle à laquelle il est conditionné à les effectuer pour satisfaire l'homme.

L'apprentissage de ces mouvements est donc un processus hautement conditionné qui s'établit pas à pas."

"Avant de qualifier votre cheval de stupide lorsqu'il semble ne pas vous comprendre, souvenez-vous de deux choses : premièrement, pourquoi devrait-il s'embêter à coopérer avec vous ? Après tout rien ne l'y oblige : il est plus grand que vous, plus fort et pourrait même vous tuer s'il le voulait. Deuxièmement, ne serait-ce pas plutôt vous qui seriez stupide et incompétent alors que lui sait parfaitement se soustraire à vos demandes, et pour des raisons qui lui sont propres ?"

"La nature n'a-t-elle pas prévu que les sabots restent remplis de terre, gravillons, etc quand personne n'est là pour les curer ? Les chevaux vivant à l'état sauvage développent rarement des pathologies aux pieds dues à l'humidité, même dans les lieux marécageux et humides. Leurs sabots se sont adaptés à ces conditions. Le cheval n'est certes pas fait pour rester longtemps sur les substances acides contenues dans l'urine et le crottin ; si l'on cure les pieds d'un cheval au box, ils se remplissent inévitablement des excréments qu'il piétine. C'est du fumier qui sera en contact avec la sole, et non de la terre et de la boue."

"les poulains mangent les crottins frais de leur mère et il n'y a rien de préoccupant à cela, car il s'agit d'un comportement normal.

En effet, le poulain, en ingérant les fèces de sa mère, absorbe les bactéries nécessaires à la constitution d'une microflore qui l'aidera à digérer la cellulose et les fibres."

"Les chevaux en stabulation libre qui forment des noyaux familiaux bougent considérablement plus que ceux qui sont rentrés au box, même si l'espace alloué à chacun est identique. Ce facteur est un autre avantage de la stabulation libre, lorsqu'on désire que les chevaux soient à l'intérieur.

L'anatomie même du cheval est conçue pour qu'il bouge quasiment en permanence. Un de ses problèmes physiques majeurs que l'on rencontre surtout chez les chevaux de concours ou de course, c'est leur tendance à s'ankyloser ; leurs jambes enflent lorsqu'ils restent trop longtemps confinés au box. Ce phénomène est la conséquence d'une alternance d'immobilité trop prolongée et d'exercices de courte durée mais qui demandent tout de même d'intenses efforts physiques. Ce procédé n'est certainement pas le meilleur pour garantir une bonne santé et une longue vie aux chevaux.

En tant que cavalière d'endurance, je me suis rendue compte qu'il était essentiel d'assurer au cheval une liberté constante de mouvement. Dans un grand box, il ne bougera pas plus, sauf s'il est en compagnie d'un congénère."

"la règle d'or est de ne jamais demander à un cheval une chose que l'on n'est pas en mesure de lui faire faire, ou pour laquelle on ne dispose pas du temps nécessaire pour attendre qu'il la fasse."

"Si les chevaux sont nourris avec des aliments concentrés pauvres en fibres et servis sous une forme qui leur permet de consommer la totalité de leur ration journalière en une ou deux heures, une question demeure : "Comment vont-ils occuper les 14 heures restantes durant lesquelles ils devraient normalement continuer à manger ?"

"Les pires ennemis du cheval sont les personnes trop traditionalistes qui ont réponse à tout et qui, refusant d'emblée toute argumentation rationnelle, ont des opinions bien arrêtées qui demeurent inébranlables."

Marthe Kiley-Worthington - Le comportement des chevaux

"Nous nous devons de comprendre la nature du cheval et de respecter sa personnalité profonde sans jamais chercher à l'éradiquer par le dressage. Il n'y a qu'ainsi que le travail est juste."

Reiner Klimke - Dans le Dressage avec la méthode Tellington

"A un cavalier qui me demande conseil, je réponds souvent qu'il faut de la patience et de l'écoute. Les chevaux, particulièrement les jeunes, ont soif de sécurité : ils doivent savoir que leur cavalier est là pour eux, pour les guider et leur apporter cette sécurité dont ils ont tant besoin."

"Votre cheval s'inquiète d'une situation inhabituelle ? Ne l'obligez pas à avancer coûte que coûte : rendez-lui les choses plus gérables, pour lui donner confiance en vous. Ainsi, le moment d'angoisse passé, vous y aurez survécu ensemble sans nuire à votre relation. Le cheval a besoin de pouvoir faire confiance à l'homme. Confronté à l'inconnu, paniqué ou simplement hésitant, il a besoin de réconfort et non de sanction. De même, il a besoin de savoir qu'il a bien travaillé, il a soif de reconnaissance et de félicitations, même au beau milieu d'un concours."

Ingrid Klimke - Dans le Dressage avec la méthode Tellington

"L'animal ne doit jamais faire son travail par soumission, mais par plaisir et par envie. C'est l'homme qui doit s'adapter aux traits de caractère de son cheval. Car chaque cheval a son caractère et doit être traité individuellement en fonction de ce caractère [...]. S'il y a réticence, c'est que c'est la méthode qui est défectueuse. Et c'est la méthode qu'il faut corriger. Et non imposer au cheval une méthode défectueuse [...]."

"Une seule réaction incontrôlée (de notre part) peut anéantir en quelques secondes un travail de dressage qui a pris des mois [...]. L'homme est alors impuissant face aux débris de son travail, et il ne peut s'en prendre qu'à lui-même et à son absence de maîtrise."

Frédy Knie JR - Les chevaux de Frédy Knie

"Les chevaux demandent de l'authenticité à chaque instant. Pour y arriver, les cavaliers doivent développer un état mental alerte et cependant méditatif, une approche créative de la résolution des problèmes et une capacité à fixer un but à long terme sans montrer d'impatience face au défi ni d'attachement à des préjugés sur la manière d'atteindre cet objectif.

Les chevaux réagissent à l'intégrité personnelle, à l'équilibre physique et mental, à la cohérence émotionnelle, à la flexibilité, à la réceptivité, à la clarté des intentions et à la gestion subtile de l'énergie.

Ils récompensent leur cavalier, même pour la plus infime des approximations concernant ces vertus, par une attention accrue, la coopération et l'affection, en agissant comme un baromètre infaillible dans le travail du développement des personnes."

Linda Kohanov - Le tao du Cheval

"Des hommes ont compris qu'une équitation fondée sur la compréhension du cheval et de sa vraie nature (celle d'une proie toujours prête à fuir à la moindre alerte) était bien mieux appropriées qu'une domination physique."

"Avec un horseman, le cheval apprend à devenir plus calme, plus futé, plus courageux et plus athlétique, et réciproquement, grâce au cheval, l'homme développe toutes les caractéristiques du leader : avoir une patience infinie, être plus affirmé tout en étant moins agressif, être stable sur les plans mental et émotionnel, être responsable de ses décisions."

"Savez-vous comment les chevaux pensent ? Comment ils apprennent ce qui est important pour eux ? Comment ils communiquent ? En les comprenant, vous allez les aider à exploiter tout leur potentiel.

Les résultats naturels s'obtiennent non en recourant à des principes mécaniques, à la crainte, à l'intimidation, mais grâce à la communication, la compréhension et à la psychologie."

"Chaque technique utilisée doit présenter les ingrédients suivants : la bonne attitude, le focus, le feel, le timing et l'équilibre. La force n'a pas sa place dans ce bouquet qui permet au cheval de réfléchir et de choisir sa réponse."

"Posez-vous la bonne question : Le cheval est une récréation pour moi, mais suis-je une récréation pour lui ?

Comme nous, le cheval a fortement tendance à éprouver de l'ennui et de la frustration quand on lui fait faire toujours la même chose. Même en apprentissage, il faut qu'il s'amuse. Il a véritablement besoin d'être stimulé de façon positive sur trois plans ; mental, émotionnel et physique. C'est l'imagination qui fait la différence et, à en faire preuve, vous vous attirez la gratitude et l'intérêt de votre compagnon."

"Les humains ont beaucoup de difficultés pour être fermes sans s'énerver ou devenir méchants. C'est pourtant ce que vous allez apprendre à faire car, lorsque le cheval perçoit qu'à l'action sont associées des émotions, il réagit par peur ou agressivité. De plus, s'il est un tant soit peu futé, il identifie rapidement ces émotions à des signes de faiblesse et il ne tarde pas à faire en sorte que vous perdiez le contrôle de vous-même.

Si vous sentez monter la colère, caressez votre cheval, excusez-vous auprès de lui et laissez-le ! Vous ferez une nouvelle tentative après avoir retrouvé votre calme pour pouvoir appréhender les choses sous un autre angle."

"Revenons-en au fameux : "Il faut montrer au cheval qui est le chef." Voici comment Parelli le reformule : "Montrez-lui que vous êtes meilleur que lui selon ses propres critères : plus calme, plus intelligent, plus en forme aux plans mental, émotionnel et physique. Si vous faites preuve des qualités du leader et que vous lui offrez votre amitié, la sécurité et l'opportunité de jouer, le cheval vous respectera et vous obéira sans conditions."

"N'oubliez jamais que, dans tout cheval sauvage il y a un gentil cheval qui sommeille, et dans tout gentil cheval il y a un cheval sauvage qui sommeille !" [Ronnie Willis]

"Si vous marchez sur un ligne et que vous voulez tourner à droite, sur quel pied allez-vous vous appuyer pour tourner ? Sur le gauche ! Le poids de votre corps étant déporté à gauche, votre pied droit va pouvoir facilement se lever et changer de position pour prendre la direction souhaitée. C'est exactement la même chose pour le cheval !"

"Mettez-vous dans la peau d'un cheval : Imaginons que vous partez en voyage en Amazonie, que votre avion s'écrase et que vous vous retrouvez avec un groupe d'amis dans une région peuplée de cannibales. […] Hé ! Bienvenue dans le monde des proies !

Supposons maintenant qu'un de vos amis soit le leader de ce groupe : il est taillé comme un athlète, il est calme et confiant. A chaque fois que vous entendez quelque chose d'inquiétan, vous surveillez ses réactions : s'il reste calme, vous vous apaisez mais, s'il se contracte et ouvre grands les yeux, vous y lisez clairement un "sauve qui peut !".

Et voilà que des cannibales sortent des bois et vous capturent. Une fois au camp, ils vous isolent les uns des autres. Vous avez le triste pressentiment que vous allez y passer et la peur vous torture ! Vos sens sont tellement en éveil que vos terminaisons nerveuses semblent hurler : vous entendez exagérément, vous ressentez exagérément, vous voyez exagérément ! Cette montée d'adrénaline vous aide à survivre. Vous avez une force et une endurance surhumaines et, si un cannibale vient à votre portée, vous êtes bien résolu à ne pas vous laisser faire : ce sera lui ou vous !

Il y en a bien un qui a essayé de sympathiser avec vous, mais vous restez sur vos gardes car vous savez que c'est un mangeur de chair humaine ! Il essaie de vous amadouer, mais impossible de vous convaincre de rester calme. C'est alors qu'il va chercher une corde et vous attrape par la cheville pour vous neutraliser ; C'est la panique : vous vous débattez, vous utilisez vos mains, vos dents, vos pieds, tout ce que vous pouvez pour vous échapper. Vous luttez pour votre survie, par pur instinct. Vous n'avez pas une seconde à consacrer à la réflexion.

Finalement, il vous ligote et, une foi que vous êtes sans défense, il s'approche de vous. Dans un sursaut, vous essayez de le mordre, de crier, d'appeler, mais le cannibale vous sourit, lève son bras et son fouet dans votre direction et voilà que... gentiment, il vous caresse !

Combien de temps vous faudra-t-il pour vous ôter de l'esprit qu'il veut vous manger ? Avouez qu'il vous faudra peu de choses pour détruire cette confiance !"

"Même si la plupart de nos chevaux n'ont jamais connu le véritable état sauvage et qu'en général ils ont été manipulés dès la naissance, imaginez ce qu'ils vivent !

Même s'ils ont appris que l'humain pouvait être sympathique, apporter des pommes ou faire des caresses, des millions d'années pèsent sur eux et leur souffle : "Méfie-toi !" A n'importe quel moment, la proie peut réapparaître chez n'importe quel cheval domestiqué. On le constate tous les jours avec ces chevaux qui tirent, s'emballent, ruent, cassent leur longe, tirent au renard, trépignent... […]

Maintenant vous savez que c'est à vous de faire en sorte que votre cheval ne se retrouve jamais dans cet esprit là !"

"Pour comprendre la psychologie du cheval, il est nécessaire d'intégrer ce rapport à la survie. Gravez à jamais dans votre esprit qu'un cheval qui s'effraie a peur, non pas d'être blessé, mais bien d'être tué !"

"Dès qu'il sait que sa vie n'est pas en danger, le cheval concentre ses efforts dans la recherche du confort. S'il dispose à la fois de la sécurité et de ce bien-être, il va jouer car, même si beaucoup l'ignorent, le cheval est un animal très joueur. Puis il s’inquiétera de sa nourriture.

En schématisant on peut dire qu'il existe chez cet animal quatre choses importantes classées par priorité décroissante : la sécurité, le confort, le jeu et la nourriture."

"Les chevaux ne comprennent par la punition. Elle est une agression, un acte de prédateur souvent lié à la colère.

Tant que l'homme punit le cheval ou se montre coléreux ou agressif, le cheval le considérera toujours comme un prédateur en qui il ne peut pas avoir confiance. Doté d'une bonne mémoire, il se souviendra et craindra ses actions émotionnelles, ce qui affectera forcément une relation !"

"Le réflexe d'opposition est une attitude instinctive qui pousse le cheval à faire l'inverse de ce que souhaite un prédateur. C'est une réaction d'auto-défense que l'on observe en cas de peur, de douleur, de colère, de mauvaise compréhension ou par manque de respect. Ces manifestations peuvent être très diverses : il peut mordre, donner des coups de pieds, se cabrer, partir brusquement, ruer, fouailler de la queue, grincer des dents, coucher les oreilles, refuser de bouger, tirer à gauche quand on attend de lui qu'il aille à droite... On a toujours tendance à prendre ces manifestations pour des attitudes vicieuses ou des désobéissances. Elles sont en fait nettement plus liées à la relation et au manque de confiance en l'homme."

"La crainte de l'homme est innée chez le cheval. Pour lui, il n'existe pas de grand ou de petit prédateur, il n'existe que des prédateurs qui peuvent le tuer et le dévorer à tout instant !"

"S'il utilise son hémisphère droit, le cheval n'est pas capable de penser et réagit comme à l'état sauvage. Pour une proie en danger de mort, il n'y a pas une seule seconde de réflexion, et c'est précisément ce type de réactions instinctives qui lui sauve la vie. Vous pouvez redouter que le pire se produise en une fraction de seconde : vous n'êtes pas forcément la cible, mais seulement sur la mauvaise trajectoire !

A l'inverse, le cheval utilisant l'hémisphère gauche du cerveau est calme et apte à penser : il est confiant, n'a pas peur et agit de façon délibérée, que vous perceviez son acte comme positif ou négatif."

"Il y a trois choses à se rappeler quand vous apprenez quelque chose de nouveau à votre cheval :

  • Il faut que le cheval fasse ce que vous lui demandez sans hésitation

  • Qu'il le fasse en utilisant son hémisphère gauche

  • que vous répétiez l'exercice jusqu'à ce que vous ayez atteint ces deux premiers objectifs. Cela peut prendre une minute comme deux heures !"

"Quatre responsabilités pour l'humain :

  • N'agis pas en prédateur !

  • Acquiert une assiette indépendante

  • Pense comme un horseman

  • Exploite la puissance naturelle du focus

Quatre responsabilités pour le cheval :

  • N'agis pas en proie

  • Ne change pas d'allure

  • Ne change pas de direction

  • Regarde où tu mets tes pieds

Si vous prenez sous votre coupe les responsabilités dévolues au cheval et que vous négligez vos propres responsabilités, vous créez un tel contexte qu'il ne peut pas y avoir de partenariat. Vous êtes plus dominant, mais aussi moins efficace, et la situation est complètement débilitante pour le cheval."

"Les quatre phases sont un instrument de justice : elles vous évitent d'agir par excès ou insuffisance ! Elles constituent une conséquence graduée. Le cheval doit apprendre qu'à petite faute, petite conséquence, mais qu'à grosse errer, grosse conséquence.

N'oubliez jamais : un cheval réagit à un renforcement, qu'il soit positif ou négatif, mais la punition est un acte qu'il ne comprend pas !"

"Agissez comme si vous étiez sous calmant, autrement dit en veillant à la lenteur de vos mouvements. Vous devez être maître de la lenteur dans l'accentuation du feel, pour laisser au cheval un laps de temps lui permettant de réfléchir à ce que vous souhaitez. Très vite il n'éprouvera plus le besoin de s'arc-bouter ou de résister."

"Les chevaux ont des tempéraments de suiveurs, ils recherchent leur leader naturel. C'est en jouant ce rôle que vous pourrez dissiper leur peur et les rendre plus confiants, plus calmes et plus à l'écoute."

"Apprenez à utiliser les phases en actionnant les articulations de votre bras les unes après les autres. (Doigt, poing, coude, épaule)"

"Pour que le cheval devienne plus léger et plus alerte, il faut absolument que vous arrêtiez de le stimuler au moment où il commence à répondre dans le sens que vous souhaitez ! C'est à ce moment là que le cheval va apprendre qu'il fait bien !"

"Quand un cheval les bouscule, la plupart des humains réagissent en esquivant ou en frappant le cheval : deux réponses inefficaces !

Si vous esquivez, le cheval croit que c'est un nouveau jeu de dominance. Si vous le frappez, ou bien vous l'effrayez s'il est peureux, ou bien il tourne ça en jeu et tente de vous mordre avant de s'esquiver !

Avec une obstruction, le cheval ressentira votre énergie et comprendra votre intention : "N'envahis pas mon espace personnel". Faites ces obstructions trois fois en rythme et sans bouger les pieds. Non seulement le cheval ne va pas pénétrer dans votre espace, mais cette répétition va vous empêcher de réagir avec énervement. Il est en effet difficile de faire la même chose trois fois de suite quand on est sous l'effet de la colère."

"L'approche des prédateurs est directe, avec les yeux posés sur ce qu'ils désirent. Lorsque le cheval observe ce comportement, ses signaux d'alarme se mettent à sonner car il sait que ce type de prédateur va essayer de le capturer ! Pour certains, il s'agit d'une petite sonnette ais pour d'autres, c'est l'alarme !

Dans tous les cas, nous ne devons pas les approcher de cette façon.

L'une de nos responsabilités est de veiller à ce que jamais un cheval ne ressente le besoin de s'éloigner : il vous appartient de le convaincre que, dorénavant, et en aucune circonstance, jamais vous ne vous conduirez comme un prédateur !"

"Mon cheval tape ou essaie de mordre quand je le touche à certains endroits : N'essayez pas de prévenir ses réactions et surtout ne le culpabilisez pas d'être sur la défensive. Faites preuve de cette persévérance passive. Utilisez la technique de l'approche et du retrait pour gagner sa confiance. Gardez des mouvements fluides et rythmés. Restez calme e souriez jusqu'à ce que le cheval ne se sente plus menacé.

Dès qu'il change de comportement, arrêtez toute action et relaxez-vous. Laissez-le mâchouiller puis recommencez en partant d'un endroit accepté par le cheval en progressant dans un mouvement de flux et de reflux vers l'endroit sensible. Si vous restez calme et amical, sans le blâmer, vous serez surpris de voir à quelle vitesse les chevaux cessent d'être sur la défensive."

"Souvent, cela semble une éternité alors qu'en réalité, il ne s'agit que de quelques secondes. Les chevaux savent bien que les humains abandonnent souvent rapidement ! A vous d'adopter cette nouvelle perspective : "Ça ne prendra jamais plus de deux jours !"A partir de là, deux minutes vous paraîtront vraiment bien courtes et puis, jour après jour, cela prendra de moins en moins de temps pour vous et votre cheval !"

Les savoirs d'équitation éthologique 1 et 2

"Rien ne justifie qu'un cheval subisse la brutalité, la contrainte ou la force mécanique ; rien ne justifie non plus que l'homme soit exposé aux frustrations et aux dangers qui en résultent.

Si vous n'éprouvez pas pour les chevaux un amour véritable, si vous ne souhaitez pas changer dans l'intérêt de votre monture, aucune technique ne parviendra à faire de vous un héros aux yeux de votre cheval."

"Les sept jeux représentent une approche systématique fondée sur les jeux que pratiquent les chevaux entre eux pour se prouver leur amitié ou déterminer la domination de l'un d'entre eux."

"Quand un cheval est engagé, il a beaucoup de force dans ses postérieurs, il est prêt pour l'action. A l'inverse, quand un cheval se désengage, sa puissance diminue nettement. Le désengagement s'avère donc tout indiqué pour contrôler un cheval qui veut s'échapper, ruer ou se cabrer. Ce désengagement de l'arrière-main s'obtient en utilisant une rêne indirecte. A un stade supérieur, une fois que le contrôle ne vous posera plus de problème, vous l'utiliserez pour préparer le cheval à des tâches plus complexes."

"L'erreur la plus fréquente que font les cavaliers lorsqu'ils veulent diriger leur cheval est de le faire tomber dans la direction où il tourne. Pour vous en convaincre : mettez tout votre poids sur votre pied droit. Maintenant essayez de le lever : c'est dynamiquement impossible ! Si vous voulez le lever, vous devez enlever du poids !"

"Vos jambes font ce que vos mains font !

Cela veut dire que si votre bras vient contre votre corps, votre jambe fera la même chose du même côté, et comme votre autre main est relaxée, c'est ce que fera votre autre jambe."

"Imaginons que vous ayez un poignard entre les mains. Pour la rêne d'arrêt d'urgence, vous planteriez ce poignard dans votre cuisse ! Pour la rêne indirecte, il viendrait se planter dans votre nombril. Quand à la rêne directe, c'est un peu comme si vous vouliez poignarder un géant !"

"Ne regardez pas votre cheval sans cesse pour voir s'il va changer de couleur !"

"Lorsque votre cheval veut faire demi-tour et s'enfuir, l'action la plus efficace est de le tourner pour qu'il se retrouve face au danger. Dans cette position, il a encore la possibilité de s'échapper en reculant même s'il est moins rapide qu'en avançant. Ce mouvement de recul lui fera utiliser l'hémisphère gauche de son cerveau. Vous gardez ainsi le contrôle tout en restant détendu.

Votre cheval a réellement peur alors ne le blâmer pas pour ça !"

"Veillez à lui accorder une bonne longueur de corde en tenant la corde de 3m70 par l'extrémité. Si cela ne lui suffit pas pour se déporter autant qu'il a besoin, utilisez une corde de 7m. Plus vous tenez le cheval court, plus vous déclenchez ses réactions claustrophobes, ce qui augmente sa peur. Faites ce que vous pouvez pour faciliter sa dérive, mais sans perdre le contrôle de la zone 1 : autrement dit, ne le laissez pas se détourner du danger."

"Rappelez-vous que passer du normal au naturel ne va pas toujours de soi."

"Pour qu'un cheval réponde à un contact léger, il faut savoir relâcher la pression au moment précis où le cheval commence à répondre. C'est ce supplément de confort qui lui apprend à réagir vite et oriente sa pensée et ses actes dans le sens que nous désirons. L'humain doit réussir à penser en phase avec le cheval.

A l'inverse, si l'on tarde à relâcher la pression, le cheval va perdre un peu de sa vivacité parce qu'en dissociant la conséquence de la cause, nous ne lui montrons pas de façon explicite pourquoi nous lui provoquons du bien-être."

"Supposons que vous souhaitiez que le cheval pose un pied sur un objet, saute un obstacle, ou entre dans un van. Pour y parvenir, il faut que vous fassiez semblant que l'action attendue ne constitue pas le point le plus important de l'exercice. Concentrez-vous sur le principe, sur les jeux qu'il implique, sur la qualité de la réponse du cheval et sur son niveau de respect pour vous : c'est par ce biais que vous obtiendrez ce que vous voulez, bien plus rapidement que si vous cherchiez absolument à demander au cheval un mouvement spécifique."

"Une fois que vous avez pris le pas sur les réflexes d'opposition, il s'agit d'aller au-delà et d'obtenir des réflexes positifs. Le cheval doit non seulement cesser de résister, mais aussi répondre sans hésitation, et cela aussi bien à pied que monté."

"Vous ne serez plus ce cavalier qui interdit à son cheval de faire ceci ou cela, mais vous allez devenir celui qui sait demander de telle sorte que sa réponse soit toujours affirmative. Vous êtes là non pas pour le juger, mais pour l'aider !"

"Trop de gens perdent patience au bout de quatre minutes et les chevaux le savent : ils apprennent à en jouer puisque pour être gagnant, il leur suffit de résister plus de quatre minutes."

"S'il se met à tourner autour de vous, vous pouvez vous adosser à un mur pour l'empêcher de faire des cercles. En ayant à changer très souvent de côté, il aura tendance à revenir côté gauche du cerveau."

"A Cheval City, c'est celui qui bouge les pieds de l'autre qui est le gagnant !"

Les savoirs d'équitation éthologique 3 et 4

Manuels La Cense - Pat Parelli

"Heureusement Crin-Blanc s'arrêta, et, inquiet, se retourna pour voir ce qui le suivait ainsi partout. Il vit ce petit sauvage tout noir de boue qui le regardait comme on regarde un ami. Et lorsque Folco se leva et s'approcha de lui, Crin-Blanc se laissa caresser pour la première fois."

Albert Lamorisse - Crin Blanc

"Lorsque dans un avenir fort lointain l'étude de la psychologie du cheval fera partie de l'éducation des écuyers, le dressage deviendra une opération beaucoup plus simple et beaucoup plus rapide qu'aujourd'hui."

"Le cheval léger est une notion aussi vague que celle de la température avant l'invention du thermomètre."

Gustave Le bon

"Au contact de l'homme, le cheval garde son langage et devient vite perturbé s'il s'aperçoit qu'il n'est pas compris. Imaginez-vous projeté dans un lieu inconnu où personne ne comprendrait rien à vos paroles ni à vos gestes ! Vous tendez la main pour dire bonjour et vous recevez un coup de poing en pleine figure !"

"Criez, gesticulez, frappez et jamais vous n'entrerez en communication avec un cheval, celui-ci vous considérera comme un prédateur hostile et dangereux et vous n'obtiendrez de lui qu'une soumission craintive ainsi qu'une hostilité permanente. On peut rencontrer des chiens rampants aux pieds d'un maître stupide et brutal, pas un cheval !"

"Les chevaux éduqués et dressés par un honnête homme de cheval progressent méthodiquement du connu à l'inconnu et du simple au compliqué. Quand votre élève butte sur un exercice revenez tout de suite en arrière pour le rassurer dans ses compétences. Redevenu sûr de lui vous pourrez alors reformuler votre demande en faisant tout votre possible pour être clairement compris."

Jean-Max Lecaille - Le paradis est à cheval

"Tu dois te fondre dans ton cheval, ne faire qu'un, jusqu'à sentir en toi le sol au bout de ses pieds. Alors tu deviens cavalier."

Elodie Lefebvre

"Toutes les fois que le cheval est placé dans les conditions naturelles l'éclairant sur ce qu'il a à faire, le seul instinct de l'animal devient pour l'emploi de ses forces un guide autrement plus sûr que les aides du cavalier."

"Point n'est besoin, d'ailleurs, d'allures artificielles pour perfectionner le talent de l'écuyer. Cette perfection s’acquerra, pour beaucoup moins de danger pour le cheval et bien plus de profit pour son emploi, en faisant usage des seules allures naturelles. Pouvant être nuancées, pour ainsi dire à l'infini, elles suffisent à alimenter l'intérêt chez l'écuyer."

"Rien chez le cavalier ne doit faire pressentir l'effort ni mettre en évidence ses moyens de conduite : le cheval devant obéir à l'effleurement des aides, qui toujours discrètes, doivent même devenir secrètes. Le cavalier doit se faire oublier en quelque sorte en ne faisant qu'un avec le cheval dans lequel il doit se fondre."

"Les livres traitant de l'équitation n'ont vraiment d'utilité que pour le cavalier déjà complètement familiarisé avec la pratique du cheval. L'art ne s'apprend pas dans les livres, qui n'instruisent guère que ceux qui savent déjà."

"Pour diriger le cavalier d'une manière constante dans sa pratique, il lui faut d'autres guides plus simples. Il les trouvera dans la succession des buts à poursuivre, parce que , simples à envisager et peu nombreux, ils peuvent être toujours présents à son esprit.

Quant aux moyens à employer pour les atteindre, il varient à l'infini et comprennent presque tout l'art équestre.

Ces buts peuvent s'exprimer en trois mots : Calme, en avant, droit. Pour le cavalier peu habile, au lieu de droit, je dirai : direction.

L'ordre, dans lequel ces trois buts doivent être poursuivis, est invariable, absolu, et il ne faut rechercher le suivant qu'après avoir atteint le précédent."

"Chacun n'a qu'à faire appel à ses souvenirs, pour être assuré que tout travail entrepris sur un cheval irrité, impatient, inquiet, préoccupé de ce qui l'entoure ou en crainte de son cavalier, ne peut être que mauvais."

"Pour l'écuyer, tout travail juste, aisé et brillant, repose sur le cheval droit et les hanches vibrantes, donnant finalement ce résultat qui doit être constamment ambitionné : le cheval allant et se maniant comme de lui-même."

"D'une manière générale, les conséquences du manque d'impulsion s'étendent à toutes les actions du cheval, qui ne se présentent plus qu'appauvries, à tous ses moyens de conduite, quels qu'ils soient, et qui bientôt ne trouveront même plus sur quoi s'exercer. Pour tout dire en deux mots : plus d'impulsion, plus de cheval."

"La marque de la haute-école, de l'équitation savante, artistique, haute équitation, comme on voudra l'appeler, se trouve donc, non dans des mouvements plus ou moins extraordinaires, mais dans la parfaite légèreté ; que les mouvements soient simples ou compliqués."

"Certainement, on domine et dirige le cheval en agissant sur ses deux bouts , mais des faits, qui se présentent journellement, prouvent que ce sont les hanches, bien plutôt que le bout de devant, qui impriment la direction."

"En raison du mode de rapport existant entre le cavalier et son cheval, toute résistance du bout de devant est aussitôt perçue par le cavalier ; sa main l'en avertissant dès qu'elle se manifeste. Mais il n'a pas toujours dans son assiette le sentiment nécessaire pour se rendre compte, avec la même évidence, des résistances émanant des hanches.

Il en résulte que, souvent, l'impression ressentie par sa main, trompant le cavalier et lui faisant prendre l'effet pour la cause, le porte à trop concentrer ses efforts sur la mâchoire et sur l'encolure. Qu'il interroge aussi les hanches, leur demandant de s'actionner, de dévier à droite, à gauche, en se détachant nettement avec légèreté, et il verra combien de fois les résistances perçues par sa main avaient leur source dans l'inertie des hanches."

"C'est ainsi qu'à l'aide de son seul instinct, que la nature lui donne pour guide, le cheval peut atteindre, pour lui-même, une adresse que l'écuyer le plus habile, avec tout son talent, serait impuissant à lui faire jamais acquérir.

La nature est le premier des maîtres. Son livre est le plus juste, le plus savant des livres, le plus utile à consulter. Des effets qu'enregistrent ses pages, il nous conduit aux causes qui les engendrent. Mieux que les plus séduisantes théories, les plus belles dissertations, il nous éclaire et nous guide dans notre pratique."

Général L'Hotte - Questions équestres

"La bonne main peut et doit se cultiver jusqu'à ce qu'on ai l'impression d'avoir les mains dans la crème, ou dans la plume..."

"L'équitation est du savoir-faire. On ne peut bien faire que quand on sait. Savoir d'abord, essayer de bien faire ensuite."

"Pas de chevaux qui tirent : des cavaliers qui tirent. Pas de chevaux qui ont la bouche dure : des cavaliers qui ont la main lourde. Pas de chevaux désobéissants : des cavaliers qui ne font pas ce qu'il faut."

Commandant Licard

"Ma deuxième parenthèse est une espèce d'avertissement, une mise au point. […] Un cheval n'est pas un animal de compagnie, ce n'est ni un chien, ni un chat. Un cheval ne joue pas, il travaille. Un poulain cajolé, choyé, tripoté comme une grosse peluche devient un danger public. […] Mes chevaux ne jouent pas, ils s'intéressent à leur travail, c'est bien différent. Et jamais je ne les laisse déborder de ce cadre."

"Il n'y a pas de honte à reconnaître ses limites ; au contraire, j'ai toujours considéré ça comme une belle preuve d'intelligence."

"J'espère avoir été assez clair, mais, de toute façon, rien ne peut remplacer un on maître, qui rectifie les erreurs et aide à résoudre les problèmes au fur et à mesure qu'ils se présentent. Car un livre parle de certains chevaux que l'on a dressés et d'une certaine expérience, mais non du cheval que vous montez, vous. Vous le savez déjà, je ne vous apprends rien : il n'y a pas de secret en matière de dressage, seulement du travail."

Mario Luraschi - Mes secrets de Dressage

"Mon cheval est extrêmement poli : il a attendu, pour faire tout ce qu'il savait déjà faire, que je sois capable de le lui demander."

"Votre cheval vous ressemble comme votre reflet dans un miroir."

John Lyons

 

"Communauté de hasard, de tous âges et horizons sociaux, les cavaliers ont de bonnes raisons de s'entendre : en plus de l'amour des chevaux, ils ont choisi des vacances rustiques, sans confort. Tous sont logés à la même enseigne : que le soleil cogne ou que la pluie se prolonge, chacun participe aux tâches du camp, met la main à la pâte, donne le meilleur de lui-même et reçoit le meilleur des autres, une vraie fratrie. On ne se reverra peut-être plus, mais pendant la randonnée chacun a une famille et des amis.

En même temps que le hâle sur la peau, la patine et l'odeur de fumée sur les vêtements, naît une symbiose palpable entre humains, chevaux et nature. Les sentiments sont vrais : joie, camaraderie, amitié, tendresse ; j'ose dire "bonheur"."

"Les chevaux ne sont pas pris en main avant trois ans afin que chaque animal puisse développer pleinement son tempérament propre. En réalité ils gardent toujours un côté indompté.

En Islande, on ignore le pansage, on laisse les chevaux se rouler, et le vent, ou la pluie, fait le reste. La première fois que j'ai vu une selle prête à être posée sur un dos crotté de boue, j'ai demandé : "Vous ne brossez pas le dos ?" Le guide a eu un moment d'hésitation, a soufflé sur le dos et a posé la selle. Je ne me souviens pas d'avoir vu en Islande des blessures de harnachement." (Islande)

"Un cheval est désigné par le nom de sa robe, qui le distingue de tout autre dans un troupeau. Il existe plus de trois cent noms de robes de chevaux. La préférée est l'alezan brûlé avec une étoile en tête, le khongor." (Mongolie)

"Il faut savoir que le cheval proposé au cavalier en Patagonie, en Islande ou au Mali, ne connaît pas le vocabulaire des traités d'équitation : les effets de rênes ou d'assiette, le vent de la botte et autres raffinements des équitations élaborées leur sont inconnus. Il est toujours prudent de se faire expliquer le langage auquel le cheval est habitué. En Ethiopie, la mise en selle s'effectue par la droite et le cavalier dispose d'une seule rêne ; attention à l'effet levier du hackamore ou à la brutalité du mors arabe ; en Mongolie, le galop se demande à la voix par un "Tchou !" énergique, impossible d'avoir un contact du mollet avec les selles kazakhes ou westerns, etc.

A voyager à cheval par le monde, on se rend compte qu'en matière de pratique équestre et de soins aux chevaux, on fait là-bas presque le contraire de ce qui se pratique ici et que cela fonctionne aussi bien partout ! A ce petit jeu, une fois encore, les chevaux font preuve d'une sacrée dose d'adaptabilité et de bonne volonté."

Anne Mariage - Chevaux d'aventure

"J'essaie de donner à mon cheval le meilleur de moi-même et de le convaincre de me rendre la politesse. Parfois, j'y arrive ; parfois moins. Je ne me glorifie de rien. Je travaille. Et, à 74 ans, je découvre tous les jours que je n'ai aucune certitude définitive, que ce qui est ma vérité aujourd'hui pourrait bien être erreur demain… Je récuse toutes les chapelles, surtout celles où les sectaires tiennent le maître-autel. Mais je continue à croire à la sagesse des chevaux et je les écoute avec de plus en plus d'attention, maintenant que l'âge m'a fait don de la patience et de l'humilité."

Bernard Mathié 

"Nouer et dénouer cheveux et crins, comme une promesse, une union entre le sacre et le souffre. Le temps d'une absence, d'une petite mort, d'une étreinte, d'un galop. Devenir lui, posséder et pénétrer son âme, jouer de son corps pour appartenir à l'absence, combler les manques, se soustraire à la pesanteur, semer la mort en chemin.

Que drôle de sentiment que cette sensation d'appartenance au monde lorsque les frontières s'estompent, lorsque les liens qui nous retiennent à ce que nous sommes se rompent. C'est dans le clair-obscur du temps des rêves que je suis lui et qu'il devient moi. C'est dans cet espace, niché peut-être dans l'inconscient, peut-être dans la glaise d'une enfance sauvage, que les sens s’exacerbent, que la fusion s'opère et me font craindre la lumière crue du réveil."

Karine Lou Matignon - Eros & Hippos

"Je me glissai dans un massif où je demeurai accroupi, contemplant toujours ce défilé de mes meubles, car ils s'en allaient tous, l'un derrière l'autre, vite ou lentement, selon leur taille et leur poids. Mon piano, mon grand piano à queue, passa avec un galop de cheval emporté et un murmure de musique dans le flan […]"

Guy de Maupassant - Qui sait ?

"Le concept de soumission est donc directement lié à l'ordre hiérarchique et à l'obéissance. Dans toutes les disciplines, les entraîneurs compétents savent reconnaître la soumission ou le manque de soumission, et savent comment la rétablir et la maintenir. Mais la base comportementale de la soumission est un aspect de la psychologie équine que tout cavalier devrait connaître, et qui devrait faire partie de la formation professionnelle de tout enseignant. Il est réellement atterrant de constater que ce phénomène est encore si peu compris, malgré les nombreuses incursions faites par la science dans divers domaines équestres.

Nous sommes par exemple devenus si obsédés par la mécanique équestre que nous ne voyons plus le couple cheval-cavalier que comme un système musculaire, et ne réussissons pas à enseigner aux cavaliers des techniques d'éducation du cheval adéquates; nous échouons également souvent à reconnaître la tendance à contracter des habitudes que présente le cheval, excepté quand ces habitudes sont mauvaises."

"La relaxation qui se crée chez le cheval lorsqu'il adopte, de manière correcte, une attitude longue et basse dans son dos et son encolure n'a pas pour origine première l'extension des muscles tout au long de sa colonne vertébrale, mais est en fait une conséquence directe du port de tête lui-même. Il s'agit d'une attitude de soumission, et cette posture est universellement répandue dans le règne animal. Quand le cheval abaisse sa tête ou que celle-ci est baissée manuellement par le cavalier, il devient plus calme, et ainsi, progressivement, l'abaisse encore plus."

"Les chevaux apprennent dès leur naissance que la tête en position basse est associée au calme et à la soumission, et qu'en position élevée elle l'est à la peur et à l'adrénaline. La posture entraîne l'adoption du comportement (A supposer que le cheval soit libéré de toute pression quand il baisse la tête.) et vice versa. Il faut environ 30 secondes pour atteindre la relaxation à partir du moment où le cheval a abaissé sa tête, même s'il venait auparavant d'avoir une montée d'adrénaline.

Cela ne veut pas dire que le cheval de sport n'est pas heureux de faire son travail; il l'est en raison de sa tendance à contracter des habitudes. Un cheval heureux est un cheval ayant des habitudes claires, solides et cohérentes. On pourrait dire à la limite qu'un poney au fond d'une mine de charbon est heureux dans ses habitudes, parce que toute routine, s'il n'y a pas de conflit, l'amène au contentement une fois que les habitudes sont acquises."

"Ceci nous amène à la présomption incorrecte suivante, qui est que les chevaux ne peuvent être satisfaits que s'ils sont égaux. Cette supposition est elle aussi purement romantique. Le cheval est le plus heureux quand il vit dans une hiérarchie stable, comme cela a été le cas depuis des millions d'années, et comme cela l'est toujours pour tous les animaux vivant en ordre hiérarchique."

"Quand deux chevaux donnent l'impression qu'ils sont en train de devenir égaux, des comportements conflictuels ne tardent pas à émerger; les animaux deviennent anxieux et commencent à manifester des comportements dominants afin de sortir de l'impasse. Ces comportements vont en s'intensifiant, passant des gestes aux menaces, pour finalement déboucher sur des comportements agressifs si la situation n'a pas encore été clarifiée, la paix réelle ne pouvant régner de nouveau que par le retour à une hiérarchie structurée. Donc, à tous égards, l'égalité dans l'ordre hiérarchique est étrangère au cheval et est pour lui une source d'anxiété. En résumé, on peut dire que le cheval a besoin de savoir qui commande, mais qu'il lui importe peu que ce soit vous ou lui, à partir du moment où l'un de vous deux détient clairement l'autorité."

"La confiance réelle ne peut être établie solidement que sur des bases de respect, à savoir que votre cheval doit vous respecter en tant que chef de harde, exactement de la même manière qu'il le ferait dans la nature vis-à-vis d'un cheval dominant. Toute interaction cheval-humain implique la hiérarchie sociale."

Andrew Mc Lean

 

"Pour savoir quel genre de phase 4 utiliser avec un cheval, il faut se demander comment il se comporte lorsqu'il joue avec d'autres chevaux : est-ce que c'est plutôt un cheval très physique ou plutôt discret ? Avec un cheval physique, qui monte facilement sur les autres chevaux, on utilisera une phase 4 beaucoup plus physique. Avec un cheval plus discret, notre phase 4 sera également plus discrète. Il faut toujours caler notre énergie sur l'énergie du cheval."

Aurélie de Mevius​​

"L'hiver venu, Gardefort prétendit enseigner à son épouse des rudiments de la haute école : elle ne dépassa pas les appuyers.

- Les chevaux ne sont pas faits pour s'en aller de côté, comme des crabes, gémissait-elle.

- Tu n'as donc pas de point d'honneur ?

- Non. Je préfère faire comme tout le monde.

- Tout le monde fait mal.

- C'est trop difficile.

- Tu n'es pas digne d'être ma femme. C'est une honte !

[…] Ce fut le divorce. Il fit défaut en conciliation. "Elle refuse d'engager les postérieurs sous la masse", écrivit-il à l'avoué."

"Il sentait vivre sous lui cet être qui le prolongeait, qui était lui-même, qui, chaque fois qu'il s'engageait en avant, le secouait, l'aidait à quitter le sol, comme un dieu, l'emportait dans sa lente ou rapide cadence, comme une femme enceinte emporte son enfant..."

"Laissez-vous faire, monsieur ! N'intervenez donc pas et, à votre insu, Milady vous apprendra peut-être à monter à cheval !"

"- Mais enfin, mon cher commandant, qu'est-ce-que c'est, selon vous, que monter à cheval ?

- C'est promener un certain nombre de kilos de bidoche humaine et chevaline d'avant en arrière, ou inversement. Voilà tout. Un cheval, c'est une balance.

- Bref, que peut-on faire, selon vous, de plus difficile ?

- […] Un cheval travaillé sur le cercle (à moins naturellement, d'être monté par un fantassin ou par un marin) on peut toujours en faire quelque chose. Ce qui est beau, monsieur, c'est de le tenir à sa merci, entre la fuite et la révolte, c'est de l'avoir tout entier, de rester en scène malgré ses défenses et de l'obliger alors à quelque chose d'extraordinaire. Je ne connais que Milady qui soit capable de ça... Mais il faut que je la reprenne en main. […] Ce que j'entends faire, monsieur l'écuyer amateur ? Reprit-il, très exalté : Mar-cher droit ! Je vais vous montrer, moi, comment on marche droit, monsieur Grumbach !"

"- Fracture du bassin et fracture du crâne, déclara le médecin. Je ne crois pas qu'il en réchappe.

- Une chute de trente mètres ! Fit Grumbach.

- Comment n'a-t-il pas été tué net ? Demanda le chef de la gendarmerie.

- Sa jument a amorti le choc : elle est d'ailleurs morte sur le coup.

- Mais aussi, quelle folie !

- Il l'avait très bien passé, son aqueduc, dit Gumbach. Il l'avait traversé au pas, posément, assis dans sa selle. Son cheval n'avait pas eu un instant d'hésitation en s'engageant sur le parapet ; il était là-dessus comme sur une route ; ils marchaient tous deux, vrais somnambules, sans voir le vide sous leurs pas, les yeux fixés sur la ligne droite... […] Il touchait au but. Il n'avait plus qu'à laisser aller les rênes sur le cou et sa monture l'aurait déposé tout doucement dans la forêt. Au lieu de ça, il s'est arrêté. […] Mais j'ai nettement l'impression qu'il a jeté sa jument dans le vide. Il l'a forcée à appuyer sur la droite ; elle résistait."

Milady

"Un célèbre écuyer avait coutume de dire à ses élèves : "Il y a deux sortes de cavaliers, les pommes cuites et les pommes crues ; mettez une pomme cuite en selle : aux premiers mouvements du cheval, elle s'aplatit ; plus les réactions sont vives, mieux elle adhère pour ne pas tomber ; une pomme crue, au contraire, rebondit comme la balle sur la raquette et s'en va rouler au fond du manège ; le bon cavalier, le cavalier pomme-cuite, descendra dans sa selle au premier trot et au premier galop multipliera les points de contact avec le cuir ; le cavalier pomme-crue tendra les muscles, creusera le rein, accusera les effets à chaque cabriole sans en absorber aucune et ne tardera pas à mordre la poussière."

Paul Morand

 

"Le cheval est la projection des rêves que l'homme se fait de lui-même : fort, puissant, beau, magnifique. Il nous offre la possibilité d'échapper à la monotonie de notre condition."

Walt Morey

 

"Il ne faut jamais oublier que quand on monte sur un cheval, on monte sur un être qui a son histoire, des sentiments, des sensations, des rêves, des souffrances, des peurs..."

"Comprendre et communiquer avec un cheval, signifie aussi savoir accepter que, certains jours, il n'est pas en mesure de donner ce qu'on lui demande ; il faut donc pouvoir attendre le jour suivant, en respectant ses temps à lui."

"Nous avons souvent tendance à nous faire plaisir, à oublier que l'équitation n'est pas seulement un sport, tout du moins pas un sport comme les autres. […] Dans l'équitation il y a une donnée qui change tout : nous avons affaire à un être vivant. Nous pouvons choisir notre rapport avec l'animal : prendre l'option de communiquer avec lui, ou décider de le rendre esclave. Communication ou esclavage, voilà les deux seules solutions que nous avons à notre disposition. C'est à nous de choisir."

"L'art est un rêve, la poésie est un rêve, un tableau est un rêve comme toute choses qui est créée par le côté le plus noble existant dans l'âme humaine. On est loin de la rationalité et des idées schématiques. Écrire un livre est un rêve, car il s'agit d'idées que l'on a envie de communiquer et de partager avec le monde."

"L'équitation prend son véritable sens quand le cavalier devient un véritable leader pour le cheval et quand ce dernier le reconnaît comme tel. Pour pratiquer l'équitation, notre force réside dans la volonté et le leadership. Si notre comportement est juste, le cheval va apprendre, comme il l'a fait, poulain, avec sa mère. Tout est très simple. Ce sont les hommes qui ont compliqué la situation !"

"Un décalage important se creuse désormais entre les rythmes de vie des animaux et ceux des hommes modernes. Les animaux regardent la vie pressée de l'homme, mais l'homme ne s'arrête jamais pour observer le calme de certains animaux, comme le cerf.

Le fossé s'aggrave car nous n'avons même plus le temps de transmettre l'importance et les valeurs de la nature à nos enfants. Nous ne savons plus leur dire à quel point la nature est belle, faite d'un ensemble d'équilibres très complexes qui sont reliés les uns avec les autres, que la nature est une source d'énergie sans fin pour les être humains et que tout vient de la nature, même nos médicaments. Nous ne sommes plus capables de dire ce genre de choses, parce que nous ne les savons plus."

Alessandra Moro-Buronzo - Savoir écouter les chevaux

"Beaucoup de cavaliers montent à l'extérieur sans but, sans direction bien définie et sans travailler de façon précise. Il n'y a pourtant pas tant d'heures à gaspiller inutilement en selle !"

"Les mains et le poids du cavalier doivent à mon avis rester aussi passifs et discrets que possible de l'appel à la réception, et ils ne doivent interférer en aucune manière au planer.

Le cheval doit être parfaitement libre une fois en l'air et, chose plus importante encore, rien ne doit détourner son attention du travail qu'il accomplit à ce moment là, à savoir, sauter."

"Il y a deux sortes de remises de main : la longue et la petite. La longue, nous l'avons vu à propos des débutants, suppose que l'on déplace les mains environ du tiers à la moitié de l'encolure. Elle procure ainsi au cheval un maximum de liberté pendant le saut, et au cavalier, un minimum de contrôle. La petite remise de main, à l'inverse assure le maximum de contrôle pour un minimum de liberté, bien que le cheval ne doive à aucun moment sentir d'à coup sur la bouche lorsqu'il saute.

Dans la remise de main dite "longue" les mains appuient sur le haut de l'encolure tandis que dans la "petite", elles se placent seulement à quatre ou cinq centimètres en avant du garrot."

"Avant d'aller plus loin, sachez qu'il y a une différence essentielle entre apprendre à un cheval à sauter un obstacle inquiétant ou difficile et le lui montrer ouvertement.

Personnellement, je préfère conditionner mes chevaux à sauter d'emblée, aussi bine que possible et sans hésitation majeure, tout ce qui se présente devant eux. On prend un risque, à mon avis, en permettant aux chevaux d'examiner un obstacle avant de sauter et à sauter seulement après. […] En un sens, en marchant jusqu'à l'obstacle et en s'arrêtant, on a provoqué un refus."

"un cavalier entretient et améliore sa technique à force de monter toutes sortes de chevaux, chacun avec ses problèmes et son niveau de dressage spécifiques. Un cavalier compétent ne l'est tout à fait que s'il est capable de contrecarrer toutes les résistances qu'un cheval peut lui opposer SANS AFFECTER ni son tempérament ni son système nerveux. Un cavalier qui punit ses chevaux outre mesure et les monte en force n'est pour moi qu'un "boucher". Et un boucher produit automatiquement un cheval nerveux, tendu, rigide et insensible aux aides fines et subtiles.

Ce genre de cheval n'est jamais suffisamment libre mentalement et physiquement pour travailler au mieux de ses possibilités ou donner le meilleur de lui-même."

"La compétition : un simple test. A partir du moment où la victoire a plus d'importance que l'apprentissage, le vrai but se trouve perdu de vue."

George H. Morris - Équitation – Style et CSO

 

 

"Dès le moment où mon cheval veut me suivre pour aller là où je vais, je peux commencer son éducation, pas une seconde avant."

HJ Neuhauser

 

"Souvent les gens comme moi participent aux compétitions avant de savoir faire du cheval, et nous faisons du cheval avant de comprendre le cheval. Cela doit changer."

David O'Connor

"Du ciment si le cheval résiste et du beurre dès qu'il cède."

"Demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup."

"On a tendance, de nos jours, à oublier que l'équitation est un art. Or, l'art n'existe pas sans amour. Mais celui qui n'a pas la discipline nécessaire et qui ne possède pas la technique ne peut prétendre à l'art. L'art, c'est la sublimation de la technique par l'amour. L'amour, afin qu'après la mort du cheval, vous ayez gardé en votre cœur le souvenir de cette entente, de ces sensations qui ont quand même élevé votre esprit au-dessus des misères de la vie humaine."

"L'art équestre commence par la perfection des choses simples. Délaissez un peu la technique et montez avec votre cœur. Il faut sentir et aller jusqu'à l'émotion. Le tact équestre, c'est non seulement la délicatesse des aides, mais aussi le sens du choix des aides à employer, et c'est le velouté dans l'action d'ensemble. Faites en sorte que le cheval se livre volontiers à l'exercice et non sous la contrainte."

"Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous verrez quel ami extraordinaire il est."

"Avec les chevaux, de la douceur, est-ce que ça en vaut la peine ? … Oui, toujours !"

"Je demande aux cavaliers qui me lisent et qui dressent leurs chevaux de regarder leur monture lorsqu'ils mettent pied à terre après une séance de travail, de contempler son œil et de faire un examen de conscience pour se demander s'ils ont bien agit envers cet extraordinaire être vivant, ce compagnon adorable : le cheval."

"C'est en travaillant son cheval avec l'idée qu'il soit heureux, qu'on devient moins égoïste et plus généreux."

"Finalement, dresser un cheval, ce n'est pas en faire un robot ni une machine quelconque mais, en lui gardant sa fraicheur, un collaborateur obéissant."

"Le cheval est le meilleur juge du bon cavalier, pas le spectateur. Si le cheval a une haute opinion du cavalier, il va se laisser guider, si ce n'est pas le cas il résistera."

"Il faut monter beaucoup, tout en ne laissant pas les livres se couvrir de poussière sur les étagères."

Nuno Oliviera

 

"On ne peut prétendre maîtriser un cheval tant qu'on est pas capable de se maîtriser soi-même."

"C'est simple mais ce n'est pas facile pour autant."

"Sois aussi doux que possible, mais aussi ferme que nécessaire. Si tu es ferme, ne cède pas à l'énervement ou à la méchanceté ; si tu es doux n'agis pas en couard."

"La seule différence entre un cheval et un écureuil est de l'ordre de 400 kilos."

Pat Parelli

 

"Franchissez l'obstacle avec votre cœur, et le reste suivra."

Norman Vincent Peale

 

"Très souvent, je m'aperçois que l'on parle pour soi, le langage est un peu utilisé pour exprimer une certaine tension personnelle. On entend souvent, "Ne fais pas ceci, ne fait pas ça", ce qui exprime une crainte, un stress, et c'est dans ce moment là qu'il faut tirer la sonnette d'alarme : si parler c'est ça, effectivement, mieux vaut ne pas parler car ça ne sert à rien. Si c'est pour communiquer votre stress, non, ne parlez pas à vos chevaux !

Mais dans des moments où le cheval a peur, si l'on est capable de se contrôler, si le langage est raisonné, si la voix est capable de se poser, alors le langage a un intérêt."

"Parler c'est communiquer, il faut donc rester attentif à comment le cheval reçoit notre ordre vocal."

"Je suis persuadé que les chevaux apprécient qu'on leur parle car ils sont intéressés à communiquer de toutes les façons possibles avec nous."

Article dans Cheval pratique

"Le cheval porte un rêve car, malgré sa puissance physique et son indépendance de caractère, il accepte une forme de collaboration avec nous. Dans l'imaginaire collectif, j'ai l'impression que se rejoue là le grand lien originel entre les espèces, une union, une alliance entre l'homme et la nature. Notre lien est comme une fenêtre ouverte sur le paradis perdu."

"Bien que le cheval se soit adapté aux exigences de l'homme de bien des façons, il semblerait que son instinct de fuir devant le danger soit resté une constante de son comportement. C'est pour cela que mon premier objectif est de devenir un refuge vers lequel le cheval se tourne naturellement, ou vers lequel il retourne, quand sa nature lui intime de s'échapper.

Des heures et des journées de travail avec lui réduiront, progressivement, la fréquence de ces accès de panique où il est tenté de s'enfuir."

 

"Le cheval a étonnement bien accepté le mode de vie et les exigences de l'homme. N'est-il pas temps que l'homme reconnaisse ce qu'il a pris au cheval et qu'il se demande ce qu'il pourrait lui donner en retour ? Nous avons obligé le cheval à se plier à nos besoins et à nos désirs ; serions-nous capables de nous plier aux siens ? Nous devrions consacrer nos vies de cavaliers à nous y efforcer tout en essayant de parvenir à nos fins – du moment qu'elles sont raisonnables."

"Nous lui procurons donc une écurie, un pré où il peut brouter et passer du temps avec quelques congénères. Globalement, nous assurons sa survie en le mettant à l'abri des diverses menaces – faim, soif, froid, prédateurs... Est-ce suffisant ? Je suis convaincu que non. Rien ne peut remplacer ce que le cheval a perdu, mais si nous pouvions au moins apprendre à le traiter avec le respect qu'il mérite, nous ferions un pas dans la bonne direction. Le traiter avec respect signifie renoncer à employer la coercition avec lui – c'est la principale source de stress. Pour y parvenir, il nous faut le comprendre mieux que nous ne le faisons pour l'instant. Quand on aborde l'équitation, on devrait apprendre à bien traiter un cheval et à décrypter ses besoins avant d'apprendre à donner des jambes, à tenir les rênes et à adopter une bonne position."

"Dans le monde des hommes, les dirigeants deviennent souvent arrogants et abusent de la confiance qu'on a placée en eux. Je pense que ce genre d'arrogance n'a pas d'équivalent dans le monde des chevaux, qui se concentrent simplement sur le maintien de leur position hiérarchique jusqu'à ce qu'un autre animal prenne de l'importance et finisse par les défier et se poser en leader."

"Un cheval domestique qui a une existence protégée est moins stressé qu'un animal sauvage qui est responsable de sa survie. Au lieu de substituer au stress de la vie sauvage une autre forme de stress en cherchant à le soumettre, à le dominer, ou à le contraindre, nous devrions adopter le rôle de "décideur". Nous devrions aussi nous efforcer de garder à l'esprit que les règles varient en fonction de chaque cheval."

"Les chevaux ne font jamais l'erreur de se croire complètement à l'abri du danger. Ils cherchent toujours celui ou celle vers qui ils pourront se tourner en cas de situation incompréhensible ou menaçante. […] C'est l'une des principales raisons – peut-être la principale &n